Sexus Economicus

C’est le dernier tabou des affaires : rares sont les grands contrats qui se concluent sans d’agréables « à côtés » pour les décideurs et les intermédiaires. Certains salons professionnels, voyages d’études et séminaires sont l’occasion de cadeaux d’affaires personnalisés. Et nombreux sont les grands patrons du CAC 40 dont la vie sexuelle agitée n’a rien à envier à celle des politiques. Une tradition que l’intérêt supérieur des entreprises ou des États commande de passer sous silence.

Mais aussi un danger potentiel : dans la guerre économique mondiale, certains n’hésitent plus à frapper en dessous de la ceinture. L’énergie sexuelle des dirigeants peut alors se retourner contre eux : qu’un concurrent obtienne des secrets stratégiques « sur l’oreiller » ou qu’un maître chanteur les entraîne dans un traquenard, et ces P-DG deviennent un véritable danger pour leur entreprise.

Pour le première fois, le gotha des affaires nationales et internationales est ici mis à nu : BTP, automobile, distribution d’eau, armement, pétrole, médias, finance, etc. L’auteur étudie les dessous – plus ou moins chics – de la prostitution de luxe internationale, où plusieurs grands réseaux se disputent l’héritage de Madame Claude, et les liens secrets de certains industriels avec le monde du porno et de l’échangisme.

Il apporte de nouveaux éclairages sur la dimension sexuelle de scandales marquants comme la mort violente du financier Édouard Stern, l’éviction de Jean-Marie Messier de la direction de Vivendi, ou encore les secrets inavouables du prince Albert de Monaco, piégé par son ancien espion. Il livre des scoops comme l’implication de Dick Cheney, ancien P-DG de Halliburton, dans une affaire de prostitution de luxe ; les « voyages d’études » offerts à nos élus municipaux par un grand groupe de l’eau, ou encore le rôle récent de belles espionnes chinoises dans la déstabilisation d’industriels français de l’armement.

Mettant fin à plusieurs décennies d’hypocrisie, ce livre jette une lumière crue sur la place et les dangers du sexe dans l’économie, en particulier chez des dirigeants sous pression, qui en ont fait leur drogue.

Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

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C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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