La nouvelle bombe démographique

L’auteur de cet article est consultant auprès du gouvernement des USA (il a, par exemple, influencé Condoleeza Rice, quant à l’Iran).

Nous ne publions pas ce texte en raison d’une quelconque adhésion à son contenu, mais parce qu’il nous paraît révélateur d’un certain état d’esprit des élites étasuniennes, voire d’une stratégie sous-jacente.

La rédaction de Fortune

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D’ici à 2050, la démographie du monde va beaucoup évoluer et pose de nouveaux problèmes, bien différents de ceux de la surpopulation.

Il n’est pas possible de parler du développement économique sans évoquer une constante majeure : la démographie.

Dans un essai qui vient de paraître («The New Population Bomb, The Four Megatrends That Will Change the World», Foreign Affairs, janvier-février 2010), le professeur Jack A. Goldstone résume avec une pertinence décapante les enjeux d’un monde en pleine transformation, mais très largement sous-estimés.

Il rappelle qu’il y a quarante ans tout juste, le biologiste Paul Ehrlich lançait un cri d’alarme qui marqua les esprits. Au rythme actuel, écrivait-il, l’explosion de la population mondiale conduit à une famine massive à l’horizon des années 1970. Ce pronostic, qui marqua les esprits, ne s’est pas produit ; la révolution verte et le planning familial permirent de l’éviter.

Selon Jack A. Golstone, la «bombe» démographique demeure, mais elle a changé de nature. Ce n’est pas tant la surpopulation que l’on doit redouter mais l’inégalité de son développement qui engendrera des tensions nouvelles ; en particulier, l’accroissement spectaculaire des habitants dans une majorité de pays pauvres et le vieillissement des vieilles nations industrialisées.
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Retraites : travailler plus longtemps ne suffira pas

Le gouvernement ne cesse de le répéter, les Français vont devoir travailler plus longtemps. Mais à quel point ? Cotiser 45 ans jusqu’à 63 ans ne réglera que la moitié des problèmes de financement du système des retraites, selon le Conseil d’orientation des retraites.

Optimiste, le COR table sur un taux de chômage de 4,5 % (chiffre jamais plus atteint en France depuis… 1977 !)


Les déficits des retraites prévus pour 2020, 2030 et 2050 suivant différents scénarios d’évolution de l’économie Lire la suite

La dette, ligne de mire des présidentielles de 2012

Les élections présidentielles de 2012 auront pour principal enjeu la réduction de la dette. La campagne électorale s’annonce intéressante et le vainqueur sera obligé de prendre en compte ce paramètre pour mettre en place son programme.

La campagne présidentielle de 2012 risque d’être – enfin – une campagne sérieuse, parce que le scénario-catastrophe vers lequel nous semblons évoluer obligera enfin les différents candidats à s’en tenir aux problèmes de fond soigneusement esquivés en 2007 et en 2002.

Avec une croissance prévue de 0,8 % en 2010, la France ne voit toujours pas son économie redémarrer ; et, pour 2011, l’OFCE prévoit un maigre 1,5 %.

L’OFCE révèle que la croissance réellement perdue est de 7 % étalés jusqu’en 2020, soit 140 milliards d’euros de PIB, dont 75 de pertes de recettes pour le budget de l’Etat et des régimes de Sécurité Sociale, auxquels il faut ajouter les déficits cumulés actuels ; sur la base du scénario le plus optimiste et le moins probable, celui d’une croissance annuelle de 2,5 % et d’une baisse du chômage de 1% par an, la France mettrait 10 ans à sortir de la récession mondiale.

Forte dégradation des comptes publics et des comptes sociaux, montée de l’endettement, croissance insuffisante, mécontentement social : tel est le contexte dans lequel Sarkozy risque de devoir se battre pour sa réélection… Mais il empêchera aussi l’opposition de mettre en avant un contre-projet économique et social irresponsable, sous peine d’être à nouveau battue faute de crédibilité : le « demain, on rasera gratis » ne marchera pas.
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Prévisions alarmantes sur la dette des États

Le vieillissement de la population et le déséquilibre entre actifs et retraités vont creuser les déficits.

Obama portant des seaux aux noms évocateurs (banques, AIG, constructeurs automobiles, crédits immobiliers...) et allant traire la vache à lait du Trésor public : "Bon-jour, Rayon de Soleil !" (titre d'une chanson)

Le diagnostic est connu. La crise est historique ; les finances publiques en chute libre. Déficits et dettes ont augmenté de façon exponentielle sous le coup des plans de relance, des sauvetages de banques et de la baisse d’activité. L’OCDE prévoit en 2011 une dette des pays industrialisés à plus de 100 % du PIB. Un niveau difficilement soutenable. Mais si ces dettes s’envolaient à 200, 300, voire 400 %… Ce scénario catastrophe n’est pas tiré d’un livre de science-fiction mais d’une étude de la très sérieuse Banque des règlements internationaux (BRI).

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Selon le C.O.R., des perspectives économiques plus sombres que jamais

Selon le Conseil d’orientation des retraites, le retour au plein emploi serait repoussé de 9 ans. L’impact de la crise sur l’économie pourrait être plus violent que prévu. Seule certitude : la facture devrait avoisiner les 100 milliards d’euros en 2050.

Le Conseil d’orientation des retraites (COR) vient d’envoyer à chacun de ses membres, en vue de la réunion plénière qui doit se tenir mercredi, une révision de ses prévisions macroéconomiques afin de pouvoir réajuster fin avril ses projections financières des différents régimes de retraite à terme.

«Les dernières projections du COR ont été réalisées en 2007», indique le conseil en introduction. «Elles sont donc antérieures à la crise économique et financière qui a débuté en 2008 et a contribué à une dégradation plus rapide que prévu des comptes des régimes».

Selon lui, l’impact de la crise sera important mais reste difficile à chiffrer. «Les conséquences à plus long terme de la crise sur les perspectives financières des régimes de retraite, dépendent de fait des effets de la crise sur la croissance et le chômage à moyen et long terme, qui sont incertains», confirme le COR qui fait donc trois scénarios d’évolution, entre autres, de ces deux paramètres fondamentaux.

Alors qu’il anticipait, dans son scénario de base, en 2007, un retour au plein emploi huit ans plus tard – c’est-à-dire un taux de chômage de 4,5 % -, il le repousse désormais de neuf ans, en 2024. Dans le meilleur des cas.

Pis, il indique dans son scénario C, le plus noir, que le taux de chômage pourrait plafonner à 7 % à partir de 2022 et donc ne jamais atteindre le plein-emploi.

La croissance potentielle ? Elle pourrait être, selon les nouvelles projections du COR, de 1,7 % entre 2009 et 2013, de 2,1 % entre 2014 et 2020 puis de 1,9 % jusqu’en 2050. Dans cette hypothèse, «la crise n’aurait aucun effet, en niveau, sur le PIB à long terme» et impacterait la croissance potentielle jusqu’en 2013, en la réduisant de 0,4 point par rapport à celle observée entre 1999 et 2008.

Enfin, là encore, dans le meilleur des cas, car les deux autres scénarios évoqués sont bien moins optimistes.
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