En 2009, les patrons du CAC 40 ont gagné en moyenne 190 fois le smic

Les rémunérations des patrons d’entreprises du CAC 40 ont baissé de 14 % par rapport à 2009, mais elles tournent encore en moyenne aux alentours de 3 millions d’euros, selon une étude du cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest, diffusée mardi 14 décembre.

Selon le document, la rémunération totale des présidents exécutifs du CAC 40 s’est élevée en 2009 à 3,06 millions d’euros en moyenne, stock-options et actions gratuites comprises. Cela représente 190 fois le smic annuel.

Sur le podium des patrons les mieux payés, on retrouve Carlos Ghosn (Renault-Nissan) avec 9,2 millions d’euros par an, Christopher Viehbacher (Sanofi-Aventis) avec 8,2 millions et Bernard Arnault (LVMH) avec 7,6 millions.

En outre, poursuit l’étude, les revenus des patrons d’entreprises du CAC 40 sont restés, en 2009, sans commune mesure avec ceux des petites et moyennes entreprises.

Le salaire moyen des dirigeants de PME était de 61.300 euros nets annuels en 2008, selon l’Insee, et « auront sans doute baissé en raison de la crise » en 2009, rapporte Jean-François Roubaud, le président de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

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LEAP – 1er trimestre 2011 : franchissement du seuil critique de la dislocation géopolitique mondiale

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 novembre 2010

Comme l’avait anticipé le LEAP dans sa lettre ouverte aux leaders du G20 publiée dans l’édition mondiale du Financial Times le 24 Mars 2009, à la veille du sommet de Londres, la question d’une réforme fondamentale du système monétaire international est bien au cœur de toute tentative de maîtrise de la crise actuelle.

Mais hélas, ainsi que vient de le démontrer à nouveau l’échec du sommet du G20 de Séoul, la fenêtre d’opportunité pour réussir pacifiquement une telle réforme s’est bien refermée après l’été 2009 et elle ne se rouvrira plus avant 2012/2013 (1).

Le monde est en effet bien engagé dans la phase de dislocation géopolitique mondiale dont nous avions annoncé le début pour la fin 2009 et qui se traduit, moins d’un an plus tard, par la multiplication rapide des mouvements, des difficultés économiques, des défaillances budgétaires, des conflits monétaires… prémices de chocs géopolitiques majeurs.

Avec le sommet du G20 de Séoul, qui marque la prise de conscience planétaire de la fin de la domination américaine sur l’agenda international et de son remplacement par un « chacun pour soi » généralisé, une nouvelle étape de la crise vient de s’ouvrir qui incite l’équipe du LEAP à lancer une nouvelle alerte.

En effet, le monde est en train de franchir un seuil critique de la phase de dislocation géopolitique globale. Comme tout franchissement de seuil critique dans un système complexe, cela va générer dès le premier trimestre 2011 un cortège de phénomènes non-linéaires, c’est-à-dire, d’évolutions échappant aux « règles habituelles » et aux « projections traditionnelles » tant en terme économiques que monétaires, financiers, sociaux et politiques.

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[«] Sans papiers [»] : l’Aide médicale d’Etat dans le viseur

L’Aide médicale d’Etat (AME) devrait être retouchée lors du débat parlementaire sur le budget 2011, des députés de l’UMP pressant le gouvernement de restreindre ce dispositif destiné aux sans-papiers, tandis que les associations dénoncent une stigmatisation des étrangers.

Plusieurs députés ont lancé une offensive pour restreindre cette couverture médicale gratuite pour les étrangers en situation irrégulière aux faibles ressources (moins de 634 euros par mois pour une personne seule), qui bénéficie à 215.000 personnes et donne lieu, selon eux, à de coûteux abus.

(…)  l’AME permet actuellement une prise en charge à 100% du tarif de la Sécurité sociale, sans avances de frais, des soins de maladie et de maternité, ainsi que du forfait hospitalier.

(…) le monde associatif se mobilise. « L’attaque du dispositif AME, c’est faire passer des impératifs sécuritaires devant des impératifs de santé publique », a déclaré jeudi le Dr Jean-François Corty, de Médecins du Monde (MDM), lors d’une conférence de presse.

Entouré de représentants du Ciss (associations de patients) ou encore de l’ODSE (Observatoire du droit à la santé des étrangers), il a fait valoir qu’un bon accès aux soins des sans-papiers, au-delà des questions éthiques, coûtait moins à la collectivité que des soins urgents trop tardifs.

Pour les associations, l’idée selon laquelle des étrangers viendraient en France attirés par l’AME relèverait du « mythe ».

« Pourquoi voulons-nous un statut de stigmatisation pour cette population étrangère ? », s’est interrogé le président du Ciss, Christian Saout.

Alors que des chiffres parfois fantaisistes ont circulé sur le coût de l’AME, le ministère de la Santé fait état d’un coût de 540 millions d’euros en 2010.

La forte progression (+13%) enregistrée par rapport à 2009 est liée pour moitié à la hausse des effectifs, explicable en partie par la hausse du nombre de déboutés du droit d’asile ou encore du basculement vers l’AME de certains ressortissants communautaires inactifs.

De sources concordantes, le gouvernement envisage plusieurs mesures de régulation du dispositif.

Il s’agirait notamment d’exclure du champ de l’AME pour les adultes certains actes jugés « superfétatoires », comme les fécondations in vitro (FIV). Une contribution forfaitaire des bénéficiaires, déjà évoquée par Roselyne Bachelot, devrait être proposée, autour de 30 euros par an. (…)

Déjà en 2006… (Merci à Virginie)

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L’Europe victime du protectionnisme mondial ?

223 mesures de restriction des échanges sont actuellement appliquées par les principaux partenaires commerciaux des pays de l’UE. Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire et l’automobile.

La Commission européenne a exhorté lundi 25 octobre ses partenaires commerciaux à lever leurs barrières protectionnistes afin de ne pas pénaliser la reprise mondiale, en présentant un rapport sur ce sujet à l’approche du sommet du G-20 de Séoul.

« La reprise économique étant encore fragile, les grandes économies mondiales doivent lever les mesures de restriction des échanges qui entravent la croissance. Nous devons supprimer ces obstacles, afin que l’économie mondiale se redresse », a estimé le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, cité dans un communiqué. « Le G-20 devra endosser un rôle de chef de file sur cette question lors du sommet de Séoul » les 11 et 12 novembre, a-t-il ajouté.

Selon un rapport de la Commission publié lundi, les principaux partenaires de l’UE ont mis en place 332 mesures de restriction des échanges depuis le début de la crise financière en 2008. La Commission en dénombrait une centaine de moins (223) à l’automne dernier.

Sur la seule période comprise entre mai et septembre 2010, 66 nouvelles mesures ont été introduites, en dépit de la reprise économique dans de nombreux pays, souligne-t-elle. Par ailleurs, à peine 10% des mesures protectionnistes (37) mises en place depuis l’automne 2008 ont été supprimées, contrairement aux engagements pris par le G-20, le forum des vingt principaux pays développés et émergents de la planète, regrette-t-elle.

Les mesures prises en compte vont des interdictions d’importation à l’augmentation des droits de douane ou aux politiques incitant à acheter des produits nationaux. Elles proviennent essentiellement de Russie (60) et d’Argentine (62), suivies par l’Indonésie (34), les Etats-Unis (23) et la Chine (20). Par ailleurs, l’exécutif européen se dit toujours préoccupé par la politique d’incitation à l’achat de produits nationaux, avec de nouvelles mesures prises par le Brésil.

Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire (54 mesures), l’automobile (42), l’acier et autres métaux (39), les services (35) et le textile et l’habillement (35). Le rapport de la Commission porte sur 30 partenaires commerciaux de l’UE, sur la période allant d’octobre 2008 à septembre 2010.

L’Expansion

Le nombre des plans sociaux a plus que doublé l’an dernier

Le ministère du Travail a recensé plus de 2.200 plans sociaux l’année dernière, soit plus du double par rapport à 2008. Désormais, les salariés concernés se mobilisent parfois davantage pour obtenir des indemnités plus importantes que pour sauvegarder l’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en janvier sera connu aujourd’hui [24 février 2010].

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Ce n’est pas à proprement parler une surprise, mais 2009 risque bien de rester dans les mémoires et les statistiques comme une année particulièrement noire sur le plan social.

Selon les recensements du ministère du Travail, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) a plus que doublé l’an passé, à 2.242 cas, contre 1.061 en 2008 et 957 en 2007. Un record depuis au moins dix ans, date de la publication de la série longue par le ministère.

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USA : les jeunes, principales victimes de la crise

La précarité dans laquelle vivent les moins de 30 ans a encore été aggravée par la période de récession que viennent de traverser les Etats-Unis.

"Le Rêve Américain, c'est fini"

L’époque actuelle se montre particulièrement dure pour les jeunes Américains. Cette population vit des jours sombres, très sombres, depuis l’effondrement de l’activité économique, qui a continué de plonger tout au long de l’année 2009.

En septembre, le taux de chômage des 16-24 ans s’est maintenu à 18,1 %, ce qui représente près du double de la moyenne nationale pour ce même mois. Plus de 2,5 millions de salariés de cette tranche d’âge ont perdu leur emploi depuis le début de la crise, en décembre 2007, ce qui fait d’eux la population la plus durement touchée par la récession.

Et ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Les chiffres du sous-emploi sont encore plus préoccupants. Encore une fois, ce sont les jeunes qui souffrent le plus. Au cours du deuxième trimestre de 2009, par exemple, le taux de sous-emploi chez les travailleurs de moins de 25 ans a atteint le chiffre alarmant de 31,9 %. Pour les travailleurs de 25 à 34 ans, il était de 17,1 %.

“Les jeunes de moins de 30 ans ont été beaucoup plus durement touchés par la récession que les autres tranches d’âge”, affirme Andrew Sum, ­professeur de sciences économiques et directeur du Centre d’études sur le marché du ­travail de la Northeastern University, à Boston.

Les raisons qui expliquent cette situation sont multiples et complexes. Les jeunes invoquent souvent la redoutable concurrence à laquelle ils sont désormais confrontés : leurs aînés bardés de diplômes universitaires et forts de dizaines d’années d’expérience soumettent aujourd’hui leur candidature à des postes de débutants. En outre, les jeunes qui ont eu la chance de trouver un emploi sont souvent victimes du vieux principe “dernier embauché, premier viré”. Résultat, depuis la crise de 1929, les jeunes n’ont jamais aussi peu travaillé.
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Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant.

Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael T. Klare (professeur de peace and world security studies – études sur la paix et la sécurité mondiale – au Hampshire College, dans le New Hampshire, spécialiste des questions d’énergie, historien et auteur respecté) en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue, il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël.

Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Note à l’attention de la CIA : vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité. Lire la suite

Hausse des salaires : la Chine va-t-elle fermer l’atelier du monde ?

L’empire du milieu réévalue à la hausse les salaires des Chinois sur fond de crise sociale. Si c’est une bonne nouvelle pour le marché intérieur chinois, les vendeurs de vêtements et accessoires au détail songent désormais à délocaliser vers des pays tels que le Vietnam et l’Inde, dont la main-d’œuvre est moins chère. La Chine peut-elle rester l’atelier du monde ?

Les vendeurs de vêtements et accessoires au détail, tels que l’américain AnnTaylor Stores Corp. et Coach Inc., songent à relocaliser une partie de leur production dans des pays bon marché. Même envie chez la marque Guess, qui compte désormais construire sa capacité de production au Vietnam, au Bangladesh, au Cambodge et en Inde.

Le coût de la main-d’oeuvre s’élève à 1,84 dollar par heure en Chine chez les producteurs de vêtements, en hausse de 14% en 2009. En Inde, la main-d’oeuvre se paie plus cher, à 2,99 dollars par heure, en hausse de 17% en 2009. La meilleure opportunité pourrait bien être le Vietnam où la main-d’oeuvre se paie 49 cents par heure avec une hausse de 2% en 2009.

Les récentes augmentations du salaire minimum ont fait augmenter le coût de la main d’œuvre chinoise de 5% à 15% en moyenne cette année (+20% dans la province de Guangdong).

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Le nombre de millionnaires a crû de 14 % en 2009

La crise a glissé sur les plus fortunés. Ou presque. Selon le dernier rapport annuel « Global Wealth 2010 » présenté hier, à New York, par le Boston Consulting Group (BCG), le niveau global de la richesse privée a opéré un « remarquable come-back » en 2009 avec un rebond de 11,5 % (contre une chute de 10 % en 2008).

A 111.500 milliards de dollars, le niveau global de richesse estimé par montants d’actifs sous gestion a pratiquement retrouvé son pic de 2007 (111.600 milliards de dollars).

Stimulé par la poussée des économies émergentes, le nombre global des foyers millionnaires a également bondi de 14 %, à 11,2 millions de foyers, soit moins de 1 % des foyers de la planète qui se répartissent quelque 38 % de la richesse privée mondiale.

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Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

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L’économie sud-africaine est-elle vraiment dopée par le foot ?

La Coupe du monde de football démarrera le 11 juin dans un pays qui a enregistré une croissance de 4,6% au premier trimestre 2010, après une récession de -1,8% en 2009.

Un effet ballon rond ? Pas si sûr…

Pour le ministre des finances sud-africain, Pravin Gordhan, la chose est entendue : la Coupe du monde de football apportera 0,5 point de croissance à une hausse de PIB qui atteindrait 2,3% en 2010.

Problème, l’effet positif de la Coupe du Monde sur l’activité d’un pays n’est absolument pas avéré.

Une étude menée par Bank of America-Merrill Lynch sur la période 1954-2006, montre que les pays organisateurs ont, en moyenne, enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.

L’Afrique du sud est toutefois assurée de déroger à cette règle. Mais surtout en raison de la crise mondiale qui a plongé le pays dans la récession au dernier trimestre 2008, et ce pour la première fois en 17 ans.

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Revenus 2009 des [grands] patrons : un recul en trompe-l’oeil

En renonçant à lever leurs stock-options, les grands patrons ont fait légèrement baisser leur rémunération globale… dont toutes les autres composantes ont crû malgré la crise.

Les salaires de base

Que les résultats soient bons ou mauvais, le salaire minimal tourne autour de 1 million d’euros en moyenne pour l’élite du CAC.

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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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La dette publique des Etats-Unis est pire que celle de la Grèce

En 2009, aux Etats-Unis, le déficit primaire structurel atteint 7,3% du PIB et, au Royaume-Uni, 6,8% du PIB. Cela paraît incroyable, mais il est pire que les 6% de la Grèce.

Quiconque aimerait savoir qui créera des emplois ces prochaines années peut exclure le secteur public. La dette des Etats est telle que les dépenses publiques devront baisser. Certains crieront au diktat des marchés, mais les Etats ne pourront se soustraire à l’arithmétique la plus élémentaire. Même la France, qui depuis 1974 n’a pas connu un seul budget en équilibre. Les décisions de ce week-end n’y changeront rien. Elles ne permettent que de gagner du temps.

D’une façon générale, la situation a tendance à empirer. Dans cinq ans, il n’y aura plus aucun pays muni d’un rating de AAA, selon une admirable étude de Willem Buiter, chef économiste de Citigroup. Cet ancien membre du comité de politique monétaire de la Banque d’Angleterre est une personnalité réputée et s’exprimait aussi mardi lors de la conférence de la BNS et du FMI, à Zurich.

Nous sommes presque au point où il n’existe plus d’obligation sans risque, selon Willem Buiter. Le kilo d’or n’est pas par hasard à 42 000 francs [suisses]. Même les Etats-Unis et l’Allemagne ne sont plus sûrs : le CDS spread (mesure du coût de la protection) de l’Etat américain s’élève à 40 points de base. En clair, cela signifie que la probabilité des Etats-Unis d’être en défaut sur leur dette atteint 3,5% à 5 ans. Pour l’Allemagne, la probabilité est de 2,8%.

Le pire se trouve-t-il d’ailleurs à Athènes ? Si l’attention se porte avec raison sur le sud de l’Europe, les finances publiques britanniques et américaines sont dans une position aussi catastrophique.

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Obligations (USA) : l’apocalypse est pour demain

En 2012, les entreprises américaines vont devoir rembourser une montagne d’emprunts obligataires. Le pire est à craindre.

Lorsque les Mayas ont prédit la fin du monde pour 2012 – si l’on en croit Hollywood –, ils n’ont pas inclus les junk bonds [obligations pourries] au nombre des périls qui menaceraient la planète. Pourtant, 2012 est également le début d’une période triennale au cours de laquelle plus de 700 milliards de dollars [524 milliards d’euros] de dettes à hauts rendements et à hauts risques arriveront à échéance, mettant ainsi, redoutent certains, une pression terrible sur les marchés du crédit. Comme l’Etat fédéral américain devra régler une énorme facture au même moment, les entreprises risquent d’avoir du mal à obtenir de nouveaux prêts, ce qui déclencherait une vague de défauts de paiement et de faillites.

Ces prévisions apocalyptiques ­ne sont pas l’apanage des éternels cassandres et autres spéculateurs à la baisse. Même Moody’s, connu pour la sobriété de ses déclarations, tire la sonnette d’alarme. “En 2012 et au-delà, une avalanche emportera les entreprises si elles ne se sauvent pas à temps”, avertit Kevin Cassidy, analyste pour cette agence de notation financière.

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CAC 40 : les actionnaires d’abord

Malgré la crise, les entreprises du CAC 40 ont réalisé des profits élevés en 2009. Et elles distribuent beaucoup de dividendes.

Alors que la hausse du chômage se poursuit, les entreprises du CAC 40 ont publié, ces dernières semaines, des résultats relativement bons pour l’année 2009. Elles ont, en effet, engrangé quelque 47 milliards d’euros de profits cumulés, en recul tout de même de 20% par rapport à 2008. Quant à leur chiffre d’affaires, il a baissé de 10% en moyenne.

Comment expliquer cette relative résistance ? En grande partie, par la nature de l’activité des champions français. Parmi les entreprises les plus profitables en 2009, on trouve en effet, en premier lieu, les banques, à l’exception notable de la Société Générale, qui n’en finit pas de payer le prix de la priorité qu’elle a accordée aux activités de marché, et des actifs toxiques, qu’elle avait inconsidérément accumulés jusqu’à la crise financière.

Les banques commerciales récoltent le fruit de l’aide des Etats et des banques centrales. Ces dernières ont en effet abaissé les taux d’intérêt à court terme quasiment à zéro, pour inciter les banques commerciales à prêter aux particuliers et aux entreprises à des taux attractifs. Ce qu’elles n’ont fait que de façon très limitée. Elles ont, en revanche, profité de cette aubaine pour gonfler leurs marges.

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Les PME ont consenti des sacrifices pendant la crise

Les entrepreneurs français ont personnellement investi 17 milliards d’euros pour sortir de la crise en 2009, selon une étude de l’assureur Hiscox sur les sacrifices consentis par les PME l’an dernier.

Ce calcul est effectué sur la base du nombre de petites et moyennes entreprises de moins de 50 salariés et des résultats de l’étude effectuée par Hiscox en février 2010.

L’assureur a interrogé au total 970 dirigeants de PME en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni sur les moyens qu’ils ont mis en oeuvre pour traverser la crise et leurs anticipations pour l’avenir.

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Le commerce mondial n’avait pas connu un niveau aussi bas depuis 1945

Le volume des échanges commerciaux dans le monde a enregistré l’an dernier un recul de 12% en raison de la crise, un chiffre sans précédent depuis 1945, a annoncé mercredi 24 février le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, lors d’une conférence à Bruxelles.

Cette baisse de 12 % est aussi supérieure aux plus récentes prévisions de l’OMC, qui tablait encore début décembre sur un repli de 10%. La contraction sans précédent des échanges mondiaux est une conséquence de la récession économique qu’ont connue les grands pays industriels l’an dernier, suite à la crise financière.

L’activité économique mondiale a reculé l’an dernier “d’environ 2,2%” et le nombre de chômeurs a atteint un niveau sans précédent de 200 millions de personnes, selon l’Organisation internationale du travail (OIT), a souligné M. Lamy. Globalement, l’OIT estime que la crise a fait perdre leur emploi à 20 millions de personnes dans le monde depuis octobre 2008.

Cette situation, qui menace d’exacerber les réflexes protectionnistes, rend aux yeux de M. Lamy d’autant plus impératif de relancer les négociations dites du cycle de Doha sur la libéralisation des échanges mondiaux.

Les négociations sont au point mort depuis des mois, en raison, notamment, de l’absence notoire d’implication des Etats-Unis. Ce cycle de négociations a débuté en 2001 et a mis l’accent sur le démantèlement des obstacles au commerce pour les pays pauvres. Mais les échéances fixées pour conclure les pourparlers, ont été manquées à plusieurs reprises.

Le Monde

En 2009, la France a connu la pire récession depuis 1945

Le produit intérieur brut (PIB) de la France a reculé de 2,2 % en 2009, soit la baisse la plus importante depuis l’après-guerre, après une hausse plus importante que prévu de 0,6 % au quatrième trimestre, selon les résultats publiés vendredi par l’Insee.

Le chiffre de + 0,6 % pour le quatrième trimestre avait été annoncé quelques minutes plus tôt par la ministre de l’économie, Christine Lagarde, sur RMC.

La contraction sur l’ensemble de 2009 est conforme à l’estimation du gouvernement (- 2,25 %), qui attend une reprise de 1,4 % en 2010.

Une hausse de “0,6 %, ça veut dire deux fois mieux qu’au printemps, trois fois mieux qu’à l’automne”, s’est félicitée Christine Lagarde. “C’est un résultat satisfaisant (…). J’avais dit qu’on terminerait l’année sur les chapeaux de roue, il y a beaucoup de gens qui se sont moqués de moi à ce moment-là”, a-t-elle poursuivi.

Au quatrième trimestre, l’Insee, dans ses dernières prévisions, tablait sur une croissance de 0,4 %, et Christine Lagarde avait plusieurs fois dit espérer “un peu mieux” que 0,3 %.

L’Allemagne a annoncé au même moment une croissance inchangée au quatrième trimestre, en deçà du consensus qui était de + 0,2 %. Le chiffre pour l’ensemble de la zone euro sera annoncé à 11 heures.

Selon les données préliminaires de l’Insee, les dépenses de consommation des ménages français ont augmenté de 0,9 % en octobre-décembre alors que leurs investissements, essentiellement en logement, ont baissé de 2,7 %.

Les dépenses des administrations publiques ont progressé de 0,7 %, reflétant l’impact du plan de relance.

Les investissements des entreprises non financières ont baissé de 0,8 % pour un recul de 7,7 % sur l’ensemble de l’année.

Le Monde

L’emploi salarié a perdu 412.000 postes en 2009

L’emploi salarié a continué de baisser fin 2009 en France, même si le rythme des destructions d’emplois a un peu ralenti, a annoncé l’Insee.
Dans les secteurs principalement marchands, les effectifs ont baissé de 0,4% au quatrième trimestre, avec 56.500 postes perdus contre 76.100 (-0,5%) les trois mois précédents, selon ces chiffres provisoires qui sont corrigés des variations saisonnières.

Sur un an, l’emploi salarié a baissé de 2,5% à 16.019.000 personnes occupées, soit 412.000 postes perdus après déjà 144.500 en 2008.

Les données préliminaires de l’Insee n’englobent pas les entreprises de moins de 10 salariés, ce qui pourra entraîner des révisions importantes lorsque la statistique révisée sera publiée le 11 mars.

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Consommation : les Français ont mangé leur pain blanc en 2009…

Par Alexandre Bourgeois, économiste chez Natixis

C’est un fait entendu : de tous les « grands pays », la France est celui qui, durant cette crise, a le mieux résisté. Au classement des bons élèves de l’Union à vingt-sept, notre pays, avec un recul maximal de son PIB de 3,5 %, occupe même une très bonne quatrième position, loin toutefois derrière la Pologne (dont le PIB n’a pas reculé), la Grèce (- 1,7 %) et la Suède (- 2,3 %). A l’arrivée, l’écart de croissance avec la zone euro devrait dépasser les 1,5 point en moyenne cette année, un sommet depuis plus de vingt ans.

Ce serait toutefois un contre-sens de penser que l’économie française va bien.

En effet, comme la très grande majorité des économies occidentales, la France a connu en 2009 sa crise la plus grave depuis la Deuxième Guerre Mondiale. L’intensité de la récession a ainsi été presque trois fois supérieure à celle de la grave crise de 1992-93.

Heureusement, la consommation des ménages, principal moteur de l’économie hexagonale depuis dix ans, a bien résisté.

De manière surprenante en effet, malgré la hausse du chômage, malgré le ralentissement des salaires, malgré un indice de confiance à son plus bas niveau historique, les Français n’ont pas réduit leurs dépenses de consommation durant cette crise.

Deux explications principales peuvent être mentionnées pour expliquer ce phénomène. Lire la suite

Bourse : +22%, mon Dieu que c’est bon !

Haut les cœurs braves gens, la Bourse de Paris a enregistré une hausse de 22% en 2009. Mais ce qui est plus que jamais en augmentation, c’est l’optimisme de nos «zéditorialistes» et de nos «zexperts»…

La Une du Figaro, lundi 04 janvier 2009

Il y a les hausses qui font mal au porte-monnaie des Français (comme l’augmentation des tarifs de la SNCF ou du forfait hospitalier) et celles qui font frémir de plaisir les grands « zéditorialistes » : +22% pour la Bourse de Paris en 2009 ! L’extase !

Du coup, l’optimisme est de mise. Les « zexperts », nous dit Le Figaro dans son édition de ce lundi, « tablent sur une nouvelle hausse de 10% des actions en 2010 ».

+22% à 3 936 points ? Dieu que c’est bon, surtout quand les commentateurs ont à l’esprit que le 9 mars 2009, la Bourse de Paris avait chuté à 2 520 points.

Mais ce +22% serait vraiment bon, si seulement il n’était pas calculé au regard d’une année 2008 terrible et à la fin de laquelle le CAC 40 avait clôturé à près de 3 218, soit une baisse de 43%.

+22% à 3 936 ? C’est moins bien qu’en 2005, 2006 et 2007.

+22% à 3 936 ? C’est largement derrière les 5 926 de l’année 2000, année de tous les records et… de l’explosion de la fameuse « bulle Internet ».

+22% à 3 936 ? C’est une peccadille, au regard des augmentations hallucinantes enregistrées, l’année passée, par d’autres places boursières et relevées par Slate.fr : « 128% de hausse à Moscou, 115% à Buenos Aires, 79% à Bombay, 78% à Shanghai ».

+22% à 3 936 ? Un résultat obtenu grâce, notamment, à un secteur automobile lui-même dopé artificiellement par la prime à la casse : +95,15% pour Renault et +94,77% pour Peugeot.

Le tout, en dépit du maintien d’un chômage musclé et des inquiétudes sur le pouvoir d’achat et surtout la protection sociale : les Français, pourtant parmi les mieux protégés du monde, consacrent 17% de leurs revenus à l’épargne. On n’atteint pas encore les taux chinois (jusqu’à 60%) mais tout de même.

Si une leçon n’a pas été tirée de la crise c’est bien celle-là : chacun s’est complètement habitué au décalage entre la Bourse et l’économie réelle. Au point de préférer regarder les courbes sur son i-Phone plutôt que son voisin…

Mais qu’importe, on a échappé au pire, +22%, c’est bon : il faut coûte que coûte se réjouir et même jouir. Ils sont forts ces « zéditorialistes » et ces « zexperts ». Ils ont de l’optimisme à revendre. Mais, s’il était coté en Bourse — cet optimisme —, les petits épargnants seraient bien inspirés de ne pas miser un kopeck dessus : il est régulièrement contredit par les faits…

Marianne2

L’économie souterraine, un excellent rempart à la crise

La corruption et la malhonnêteté sont peut-être les remparts les plus efficaces à la crise. C’est ce que révèle une note de recherche rédigée par Sebastian Kubsch, l’un des experts de la très sérieuse Deutsche Bank. Chiffres à l’appui.

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Le document dévoilé par le Financial Times le 28 décembre et intitulé “L’économie parallèle défie la crise” explique que les pays ayant une économie souterraine conséquente – elle inclut le travail au noir, l’évasion fiscale, le trafic de drogue etc. – ont globalement mieux résisté à la tempête en 2009.

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La dette de la France à 1.457 milliards d’euros au 3ème trimestre

La dette publique de la France a augmenté de 29,4 milliards d’euros au troisième trimestre 2009 pour atteindre 1.457,4 milliards, soit environ 75,8% du PIB, selon les données publiées mercredi par l’Insee.

Ce pourcentage représente une hausse de 1,9 point par rapport à la fin du deuxième trimestre quand la dette au sens de Maastricht s’élevait à 1.428,0 milliards d’euros ou 74% du PIB (73,9% en première estimation).

Sous l’effet de la hausse de l’endettement, la dette de l’Etat a augmenté de 23,4 milliards d’euros au troisième trimestre pour s’élever à 1.158,8 milliards, précise l’Insee dans un communiqué.

Outre la dette de l’Etat, la dette publique au sens du traité de Maastricht prend en compte celle des administrations de sécurité sociale (47,6 milliards), des administrations publiques locales (141,6 milliards) et des organismes divers d’administrations centrales (Odac, 109,4 milliards).

La dette des administrations de sécurité sociale a augmenté de 5,9 milliards d’euros et celle des administrations publiques de 0,5 milliard, “un mouvement comparable à ceux observés lors des troisièmes trimestres des années précédentes”, précise l’Insee.

Dans la loi de finances 2010, le gouvernement prévoit que la dette publique passera de 67,4% du PIB en 2008 à 77,1% en 2009, 84,0% en 2010, 88% en 2011, 90% en 2012 et 91% en 2013.

Le seul déficit public [annuel], lui, devrait représenter 116 milliards d’euros en 2009 ou 8,2% du PIB.

Le traité de Maastricht, mis en veilleuse par la crise, plafonne le déficit public à 3% du PIB et la dette à 60%.

La Commission européenne a donné à la France jusqu’à 2013 pour ramener son déficit sous les 3% mais Paris ne juge cet objectif réalisable que si la croissance revient à un niveau de 2,5% ou 3% à partir de 2011, bien au-dessus de la prévision de +0,75% retenue pour 2010.

Dans son communiqué, l’Insee souligne que le profil de la dette trimestrielle demeure révisable pendant plusieurs trimestres et que sa seule observation ne permet pas de présager celle du déficit public.

Reuters

2009 : année record pour l’automobile en France, contrecoup attendu en 2010

En dépit de la crise, l’année 2009 sera un très bon cru pour le marché automobile français grâce aux aides gouvernementales, au moment où leur baisse prochaine pousse les clients à commander leur voiture avant le 31 décembre, alors qu’un contrecoup est attendu pour 2010.

Près de 2,27 millions de voitures devraient être immatriculées en France cette année, soit une progression de plus de 10% par rapport à 2008, a annoncé le ministère de l’Industrie, en saluant une année “record”.

Malgré la crise économique, 2009 sera ainsi la meilleure année depuis 1990, grâce à la prime à la casse et aux bonus écologiques.

Le mois de décembre est aussi marqué par des commandes de dernière minute de la part de clients soucieux de profiter à plein de ces aides gouvernementales, qui vont diminuer ou seront plus dures à obtenir au 1er janvier.

En cette fin d’année, “il y a plus de monde” dans les concessions automobiles et “les gens qui viennent sont quasi-systématiquement des acheteurs”, témoigne Olivier Lamirault, représentant des concessionnaires au Conseil national des professions de l’automobile (CNPA).

Les prises de commandes en ce dernier mois de l’année pourraient s’établir “15 à 20% au-dessus” du niveau enregistré un an auparavant, prévoit-il.

Les clients anticipent en effet la baisse progressive des aides gouvernementales, qui arrivera avec la nouvelle année.

La prime à la casse doit passer de 1.000 euros actuellement à 700 euros pour les voitures commandées à partir du 1er janvier 2010. La prime baissera ensuite à 500 euros au second semestre et à 300 en 2011.

Le bonus écologique doit aussi se durcir l’an prochain: pour le décrocher, il faudra acheter un véhicule qui émet moins de CO2 et la prime sera moins élevée.

Ces nouvelles conditions – moins favorables – font craindre aux professionnels un contrecoup sur le marché en 2010. Lire la suite

Un point officiel sur la crise en France

Les mauvais chiffres de l’emploi au troisième trimestre et un deuxième mois de baisse de la production industrielle viennent entretenir le doute sur la solidité de la reprise en France.

L’annonce d’une croissance de 0,3% au troisième trimestre, deux fois plus faible qu’attendu, avait déjà suscité des interrogations le mois dernier, mais la promesse d’un chiffre meilleur en octobre-décembre avait effacé la déception.

La croissance du produit intérieur brut devrait certes s’accélérer sur les trois derniers mois de l’année, mais uniquement sous l’effet de facteurs techniques et temporaires, à l’image de la “prime à la casse” qui sera réduite le 1er janvier en France et a d’ores et déjà été supprimée en Allemagne.

“Parce qu’on est parti de très bas et grâce au mouvement de déstockage qui touche à sa fin, les chiffres des comptes nationaux donnent l’illusion d’une reprise. Mais la demande intérieure, que ce soit l’investissement ou la consommation, reste en baisse”, remarque Olivier Bizimana, économiste au Crédit agricole.

“Faute de demande, le rebond ne sera que technique et les derniers chiffres de la production industrielle font craindre qu’il sera moins fort que ce qu’on anticipait”, ajoute-t-il en tablant sur une hausse de 0,5% du PIB au quatrième trimestre.

Alors que les économistes prévoyaient en moyenne une hausse de 0,7%, la production manufacturière a encore baissé de 0,8% en octobre après un recul de 1,1% en septembre, selon les chiffres communiqués jeudi par l’INSEE.

Cette faiblesse de l’activité, également illustrée par la baisse de 1,3% des exportations en octobre, risque d’alimenter les destructions d’emplois qui ont été au nombre de 93.100 dans les secteurs marchands au troisième trimestre, autant que lors des trois mois précédents. Lire la suite

Le gouvernement ne connaît pas la crise

Le député apparenté socialiste René Dosière jette un sacré pavé dans… le pot de confiture. Lisez plutôt.
Alors que le gouvernement mène une politique drastique de réduction du nombre des fonctionnaires dans les administrations, l’analyse approfondie du document budgétaire consacré aux Cabinets ministériels montre que les effectifs globaux des Cabinets ont augmenté, eux, de 11,1% en 2009.

S’agissant des rémunérations, l’augmentation atteint la progression vertigineuse de 56,8% (38,6 millions d’euros contre 24,6 millions en 2008).

En outre, les indemnités de sujétions particulières (autrement dit les primes de Cabinet) augmentent de 20,6% (31,7 millions en 2009 contre 26,2 millions en 2008). Ces augmentations démesurées sont incompréhensibles dans la période de crise qui frappe durement les Français.

Pendant qu’il réduit les moyens humains et matériels de ses administrations, le gouvernement ne cesse d’augmenter son train de vie : les emplois d’intendance (cuisiniers, hôtellerie) augmentent de 17,8% et on compte un chauffeur pour deux collaborateurs de cabinet !

Quelle confiance peut-on accorder à un gouvernement dont la devise est :

« Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. » Lire la suite

Les investissements pétroliers ont chuté en 2009

La crise n’a pas épargné l’industrie pétrolière mondiale dont les investissements en exploration et production ont chuté cette année de 16%.

La baisse est particulièrement marquée en Amérique du nord (37%) selon le bilan annuel dressé lundi par l’Institut français du pétrole (IFP).

En revanche, le flux est resté stable en Asie. «Cette année, les gagnants sont les grandes compagnies pétrolières chinoises», résume Nathalie Alazard-Toux, directrice de l’économie et de la veille à l’IFP, responsable de l’étude. Les géants pétroliers chinois, tous liés à l’Etat, ont continué de dépenser dans l’exploration mais aussi dans l’acquisition de sociétés étrangères pour sécuriser les approvisionnements, l’obsession légitime de Pékin. Les douanes chinoises ont confirmé hier l’appétit de l’Empire du Milieu pour l’or noir en indiquant que la demande est en hausse de 10% sur un an (chiffre d’octobre).

Les perdants ? «Les compagnies de taille moyenne, les indépendants américains ou de la mer du Nord», poursuit Nathalie Alazard-Toux, privés d’accès au crédit. Par ailleurs, l’effondrement du prix du baril, en janvier 2009, à 35 dollars, après le pic record de 147 dollars de l’été 2008, a rendu non rentables beaucoup d’investissements. Les «majors» (ExxonMobil, Exxon, BP, Shell, et autre Total) ont les reins suffisamment solides pour avoir maintenu leurs investissements.

Traduction sur le terrain de la baisse des investissements: le nombre de forages a reculé, sur terre (-33%) comme sur mer (-11%). Lire la suite

Recul mondial des salaires

Les rémunérations réelles ont baissé dans la plupart des grandes économies mondiales, selon le Bureau international du travail.
“Sur un échantillon de 53 pays pour lesquels des données existent, la croissance des salaires réels moyens (…) est passée de 4,3% en 2007 à 1,4% en 2008″, a expliqué le Bureau international du travail (BIT) qui a procédé à une actualisation de son Rapport mondial sur les salaires publié en novembre 2008.

Concernant une dizaine de pays du G-20, la croissance des salaires réels est passée en moyenne “de 1% en 2007 à -0,2% en 2008″, ajoute-t-il. Les salaires ont stagné [toujours en 2008] notamment dans des pays comme les Etats-Unis, l’Autriche et baissé en Allemagne (-0,6%) et au Japon (-0,9%).

Le BIT prévoit par ailleurs que le tableau continue de s’assombrir en 2009, malgré les signes de reprise économique, en raison notamment de l’augmentation du chômage. Ainsi, “les salaires réels du premier trimestre 2009 ont diminué dans plus de la moitié des 35 pays pour lesquels on dispose de données récentes”, souligne le BIT.

Aux Etats-Unis, “les salaires ont baissé de 2% depuis le début de l’année”, a expliqué un des auteurs du rapport, Patrick Belser, lors d’une conférence de presse. Lire la suite