Les stocks alimentaires sont remis au goût du jour

Ils étaient accusés jusqu’à présent de fausser les marchés agricoles mais aujourd’hui les stocks de denrées ne sont plus tabous, s’il s’agit de préserver la sécurité alimentaire.

Distribution de nourriture au Niger

La libéralisation des échanges dans les années 1980 et 1990 avaient rendu les stocks alimentaires caducs. Fini les stocks de céréales ou de poudre de lait en Europe. Achetés par Bruxelles pour soutenir le revenu des agriculteurs, lorsque les cours s’effondraient, les stocks alimentaires étaient accusés par les pays producteurs libéraux d’Océanie de fausser les échanges mondiaux.

Pourtant, depuis les émeutes de la faim déclenchées par la hausse vertigineuse des prix des céréales en 2008, les stocks ne sont plus tabous aux yeux des organisations internationales ou des bailleurs de fond. Le consensus prévaut sur la nécessité de constituer des stocks d’urgence, dans les pays déficitaires en céréales.

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Islande : poursuites de banquiers en préparation

L’Islande prépare de vastes poursuites judiciaires contre des banquiers pour leur responsabilité dans la crise qui avait ruiné le système financier de l’île en 2008, affirmaient mardi les médias locaux.

Selon la radio-télévision publique RUV et le quotidien Frettabladid, le parquet devrait annoncer dans les jours à venir la mise en cause d’une quinzaine d’anciens dirigeants de banques.

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Les Pays-Bas nationalisent le groupe financier SNS Reaal

Les Pays-Bas ont annoncé vendredi la nationalisation du groupe de banque et d’assurances SNS Reaal, incapable de trouver des capitaux privés, une opération de sauvetage en urgence dont le coût global pour l’Etat sera proche de 10 milliards d’euros.

Cette nationalisation aura pour conséquence d’alourdir le déficit budgétaire néerlandais 2013, déjà attendu au-dessus du seuil de 3% fixé par l’Union européenne, et devrait raviver dans l’opinion publique locale les critiques récurrentes sur les milliards d’euros apportés aux banques alors que les ménages continuent de subir l’austérité.

La Commission européenne a déjà pris contact avec le gouvernement pour obtenir des précisions sur le dossier, a déclaré un porte-parole de l’exécutif communautaire à Bruxelles. Le plan de sauvetage devra être soumis aux autorités européennes, qui veilleront à ce qu’elle ne se traduise pas par une distorsion de concurrence.

L’Etat néerlandais a déjà déboursé près de 40 milliards d’euros pour sauver son secteur financier en 2008, en apportant des capitaux frais à ING, Aegon et SNS Reaal tout en [nationalisant] ABN Amro.

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La France, l’adieu aux armes ?

Respectée pour ses compétences par ses alliés, l’armée française appartient encore au club restreint des puissances militaires autonomes. Mais elle est aujourd’hui face à un tournant pour maintenir ses ambitions opérationnelles pourtant déjà en mode de “juste suffisance”. La très forte contrainte budgétaire et surtout la rédaction d’un nouveau Livre Blanc vont avoir certainement des conséquences sur ses moyens, et donc son fonctionnement. C’est ce qui ressort des auditions à l’Assemblée nationale des quatre grands patrons de l’armée française réalisées en juillet. Le premier des cinq états des lieux proposés par “latribune.fr” montre que les trois armées n’ont plus la capacité aujourd’hui de répondre à certains contrats opérationnels tels qu’ils ont été définis par le Livre Blanc rédigé… en 2008.

Le constat est clinique et l’aveu du chef d’état-major des armées, l’amiral Edouard Guillaud, terrible. “S’agissant du contrat de projection de 30.000 hommes (sur un an, ndlr), non, il n’est pas atteignable en l’état”, affirme-t-il. Ce contrat avait été pourtant défini en 2008 dans le Livre blanc par l’ancien président de la République… Aujourd’hui, les trois armées ne sont plus capables de répondre à certains de ses contrats opérationnels, dont plusieurs de sécurité publique, en raison d’un manque d’effectifs, de moyens et de crédits.

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Comment l’Islande traque les “banksters”

A Londres, Barclays a falsifié les taux d’intérêts des prêts entre banques. A Madrid, Bankia aurait manipulé ses comptes pour entrer en Bourse. Comment obliger les banques fautives à rendre des comptes ? En Islande, des enquêteurs recherchent les fraudeurs pour les traduire en justice. Extraits.

Avant la crise économique, Olafur Hauksson était commissaire de police à Akranes, petit port de 6.500 habitants planté au bout d’une péninsule glacée, à une cinquantaine de kilomètres de Reykjavik. Depuis janvier 2009, il cherche et traduit en justice ceux qui ont joué un rôle dans l’effondrement économique du pays.
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Pourquoi le protectionnisme progresse dans le monde

Alors que le protectionnisme revient au cœur des discours politiques en France depuis l’entrée en campagne des candidats à la présidentielle, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) s’est inquiétée, lors de sa dernière conférence interministérielle à la mi-décembre, de la montée des barrières douanières depuis le début de la crise financière en 2008.

Nos élites font du ski... (caricature anglaise, 2009)

Selon l’OMC, le nombre de mesures protectionnistes initiées en 2011 s’élève à 340, contre 220 en 2010.

De son côté, l’organisme suisse Global trade alert (GTA) – qui recense l’ensemble des mesures commerciales dans le monde – avertissait, dans un rapport publié en novembre 2011, que trois mesures protectionnistes sont prises pour une mesure libéralisante depuis juillet 2011, et que les tensions commerciales ont atteint leur plus haut niveau depuis le “pic” de 2009.

UNE PERTE POTENTIELLE DE 800 MILLIARDS DE DOLLARS
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Astronomique… Les 40.000 milliards de dollars empruntés par les États de l’OCDE aux marchés depuis 2008

La dépendance des États aux marchés financiers pourrait leur coûter cher…

Ne vous étonnez pas que les marchés nous dictent leur loi… Savez-vous combien auront emprunté les seuls États de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) entre 2008 et 2012 sur les marchés financiers ? 40.000 milliards de dollars !

Pour mettre ce chiffre en perspective, les gigantesques réserves de change de la Chine dont on parle tant, sa phénoménale « force de frappe », s’élèvent à… 3.300 milliards de dollars.

40.000 milliards… C’est une preuve aussi éclatante que terrifiante de notre dépendance aux marchés financiers. Il ne faut pas s’étonner ensuite que ces mêmes marchés nous dictent leur loi. Pourquoi diable nous sommes-nous mis dans une telle situation de dépendance…

Ne nous sommes nous pas livrés pieds et poings liés aux marchés à force de leur emprunter du cash pour assurer depuis des décennies notre train de vie ? Train de vie que nous n’avons jamais su financer par nous même, en créant effectivement de la richesse ?

10 500 milliards de dollars à trouver rien qu’en 2012 !
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L’inquiétante volatilité des prix des matières premières agricoles

Le rapporteur spécial pour le droit à l’alimentation de l’ONU tire le signal d’alarme sur la hausse des prix des denrées alimentaires.

Carte publiée en juin 2009 - Cliquez dessus pour l'agrandir

« Les stocks ont été regarnis en 2008 et en 2009, mais l’écart entre la réalité de ces stocks et l’évolution des prix sur les marchés est parfois considérable. En ce sens, nous vivons aujourd’hui le début d’une crise alimentaire similaire à celle de 2008 », s’inquiète, mardi 11 janvier, Olivier de Schutter, dans Les Echos, en référence à l’explosion des prix alimentaires de 2008, qui avait provoqué des émeutes de la faim dans une trentaine de pays dans le monde.

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Vers l’intégration transatlantique ?

Les Etats-Unis cherchent à intégrer l’Union Européenne dans un espace économique et juridique sous leur entière hégémonie.


Les Etats-Unis planifient l’intégration de l’Union Européenne dans leur propre espace économique et juridique, en accord avec les législateurs de Bruxelles et de Strasbourg. Washington espère ainsi construire un marché puissant de 800 millions de citoyens sous le régime normatif et hégémonique du seul droit américain.

Lors d’une réunion commune entre Américains et Européens dans le cadre du « Conseil Economique Transatlantique » (CET), les Etats-Unis et l’UE ont mis au point un projet pour élaborer des critères communs dans de nouveaux secteurs comme le développement de la production technologique, la nanotechnologie et les automobiles électriques. Réunion qui a suscité un grand enthousiasme chez les fonctionnaires américains…

Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont décidé de développer un « système d’alerte précoce », grâce auquel tant Bruxelles que Washington s’échangeront des connaissances sur les nouveaux systèmes de régulation en chantier, en particulier pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie.

Les règles ne seront pas d’emblée les mêmes pour les deux parties concernées, mais celles-ci ont néanmoins décidé d’arriver à « une coopération accrue sur le plan normatif ». Au cours de la réunion, les parties se sont mises d’accord sur une série de principes communs qui devront encadrer la réglementation future : cette série comprend la transparence, la participation publique et la réduction au minimum des charges pour les entreprises.

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Etat-Unis : ne pas relever le plafond de la dette serait «catastrophique»

Un conseiller de Barack Obama a averti dimanche que ne pas relever le plafond de la dette des Etats-Unis serait une «folie» aux conséquences «catastrophiques», telles que le défaut de paiement des obligations américaines, une première dans l’histoire de ce pays.

L'Oncle Sam devant la corne d'abondance de la dette (caricature américaine, 2010)

«Ce n’est pas un jeu. Il ne faut pas s’amuser avec le plafond de la dette», a dit sur la chaîne ABC Austan Goolsbee, qui dirige la commission des conseillers économiques de la Maison Blanche.

Il ne reste plus que 400 milliards de dollars aux Etats-Unis avant d’atteindre le plafond actuellement fixé à 14.300 milliards de dollars. Mais l’opposition républicaine au Congrès s’oppose à augmenter cette limite, la jugeant déjà suffisamment élevée.

Pour M. Goolsbee, refuser d’augmenter le plafond résulterait «essentiellement à être en défaut de paiement de nos obligations, ce qui est totalement sans précédent dans l’histoire américaine».

«L’impact sur l’économie serait catastrophique. Ce serait une crise économique et financière bien pire que tout ce nous avons vu en 2008», a-t-il ajouté.

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L’Europe victime du protectionnisme mondial ?

223 mesures de restriction des échanges sont actuellement appliquées par les principaux partenaires commerciaux des pays de l’UE. Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire et l’automobile.

La Commission européenne a exhorté lundi 25 octobre ses partenaires commerciaux à lever leurs barrières protectionnistes afin de ne pas pénaliser la reprise mondiale, en présentant un rapport sur ce sujet à l’approche du sommet du G-20 de Séoul.

« La reprise économique étant encore fragile, les grandes économies mondiales doivent lever les mesures de restriction des échanges qui entravent la croissance. Nous devons supprimer ces obstacles, afin que l’économie mondiale se redresse », a estimé le commissaire européen au Commerce Karel de Gucht, cité dans un communiqué. « Le G-20 devra endosser un rôle de chef de file sur cette question lors du sommet de Séoul » les 11 et 12 novembre, a-t-il ajouté.

Selon un rapport de la Commission publié lundi, les principaux partenaires de l’UE ont mis en place 332 mesures de restriction des échanges depuis le début de la crise financière en 2008. La Commission en dénombrait une centaine de moins (223) à l’automne dernier.

Sur la seule période comprise entre mai et septembre 2010, 66 nouvelles mesures ont été introduites, en dépit de la reprise économique dans de nombreux pays, souligne-t-elle. Par ailleurs, à peine 10% des mesures protectionnistes (37) mises en place depuis l’automne 2008 ont été supprimées, contrairement aux engagements pris par le G-20, le forum des vingt principaux pays développés et émergents de la planète, regrette-t-elle.

Les mesures prises en compte vont des interdictions d’importation à l’augmentation des droits de douane ou aux politiques incitant à acheter des produits nationaux. Elles proviennent essentiellement de Russie (60) et d’Argentine (62), suivies par l’Indonésie (34), les Etats-Unis (23) et la Chine (20). Par ailleurs, l’exécutif européen se dit toujours préoccupé par la politique d’incitation à l’achat de produits nationaux, avec de nouvelles mesures prises par le Brésil.

Les secteurs les plus fortement touchés sont l’agroalimentaire (54 mesures), l’automobile (42), l’acier et autres métaux (39), les services (35) et le textile et l’habillement (35). Le rapport de la Commission porte sur 30 partenaires commerciaux de l’UE, sur la période allant d’octobre 2008 à septembre 2010.

L’Expansion

La Société Générale et son boulet à 1,1 milliard

Grâce à un dispositif fiscal, la banque a récupéré une partie des pertes liées à l’affaire Kerviel, à hauteur de 1,1 milliard d’euros. Mais le fisc pourrait être fondé à demander la récupération de cette somme. Explications.

La Société Générale a-t-elle joué avec le feu ? La banque a déduit fiscalement une partie de la perte qu’avait engendrée le comportement frauduleux de son ex-trader Jérôme Kerviel. Ce qui lui a permis de récupérer 1,1 milliard d’euros selon Le Monde, 1,7 selon Europe 1.

Un crédit d’impôt à la hauteur des sommes gigantesques en jeu dans cette affaire, puisque les pertes du trader s’étaient élevées à 4,9 milliards, une somme égale aux dommages et intérêts qu’elle a obtenus de la Justice le 5 octobre dernier.

Le problème, c’est que la Société Générale n’avait peut-être pas le droit d’opérer cette déduction. Elle a beau dire que le « traitement fiscal des pertes liées aux agissements frauduleux de Jérôme Kerviel a été fait en toute transparence, en conformité avec la réglementation fiscale », la jurisprudence n’est pas si claire.

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Vous devez absolument voir le film Wall Street II… et enfin comprendre !

Par Paul Dontigny (Québec)

Je vous conseille fortement de louer le film Wall Street de 1987 et de l’écouter avant de voir le II.

Et petite parenthèse : lorsque j’ai vu Wall Street 1, j’avais environ l’âge de Bud Fox, le personnage interprété par Martin Sheen. J’avais commencé cette année-là, à 21 ans, à travailler comme courtier et ce que je voyais dans ce film représentait la réalité de ce qui se passait ici [au Québec] à plus petite échelle, dans le contexte des nouvelles émissions Réa [fonds d'investissement de la Banque Nationale du Canada] et le reste…

Le insider trading [trading d'initiés] et le sentiment de pouvoir relié à la capacité potentielle de faire toujours plus d’argent. Les avocats, comptables, le « gang » de financement corporatif et des élites des dirigeants qui vendaient leur stock [portefeuille d'actions] au public.

La focalisation ultime, voire l’obsession envers l’argent à tout prix. C’était ce que j’ai souvent qualifié de « la culture de Wall Street » et elle existe depuis que la première action a transigé [été vendue], et elle existera encore dans 100 ans.

Je racontais ce qui se passait dans cette industrie à mon père qui était médecin et il ne me croyait pas. Il m’avait dit : « la plus grande firme au Canada ne laisserait pas faire de telles choses au détriment des clients » et j’avais répondu qu’elle ne laissait pas faire, elle encourageait et protégeait ces activités… comme tous les autres. En fait, le véritable problème est que les organismes de réglementation essaient de faire croire au public qu’il est protégé…

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Le nombre des plans sociaux a plus que doublé l’an dernier

Le ministère du Travail a recensé plus de 2.200 plans sociaux l’année dernière, soit plus du double par rapport à 2008. Désormais, les salariés concernés se mobilisent parfois davantage pour obtenir des indemnités plus importantes que pour sauvegarder l’emploi. Le nombre de demandeurs d’emploi inscrits à Pôle emploi en janvier sera connu aujourd’hui [24 février 2010].

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Ce n’est pas à proprement parler une surprise, mais 2009 risque bien de rester dans les mémoires et les statistiques comme une année particulièrement noire sur le plan social.

Selon les recensements du ministère du Travail, le nombre de plans de sauvegarde de l’emploi (PSE) a plus que doublé l’an passé, à 2.242 cas, contre 1.061 en 2008 et 957 en 2007. Un record depuis au moins dix ans, date de la publication de la série longue par le ministère.

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Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant.

Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael T. Klare (professeur de peace and world security studies – études sur la paix et la sécurité mondiale – au Hampshire College, dans le New Hampshire, spécialiste des questions d’énergie, historien et auteur respecté) en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue, il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël.

Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Note à l’attention de la CIA : vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité. Lire la suite

Le virus mutant de la crise

Entretien avec Jacques Sapir

1.- Vous affirmez que l’on ne doit pas confondre le capitalisme et le marché. Quelle est la différence entre l’économie capitaliste et l’économie de marché ?

On a en effet souvent tendance à confondre ces deux notions. Or elles ne sont pas synonymes. Le marché, pris au sens théorique du terme, est un mode de coordination, mais il n’est pas le seul. On constate que, partout où l’on trouve des marchés, on trouve aussi d’autres modes de coordination, comme les réseaux et les hiérarchies, et surtout des institutions sans lesquelles les marchés ne sauraient fonctionner.

Au sens strict du terme, une économie de marché utiliserait uniquement le « marché » comme mode de coordination. Les entreprises n’y existeraient pas. Dans un sens moins strict, on utilise souvent le terme en opposition à « économie mixte » ou encore à « économie planifiée » en oubliant que, dans ces économies, les marchés sont aussi présents. Le problème, avec ceux qui parlent d’économie de marché, est qu’ils ne savent pas à quels marchés ils font référence, et qu’ils ignorent, ou feignent d’ignorer, que certains marchés sont des institutions et parfois même, comme dans le cas des Bourses du monde entier, des entreprises. L’économie de marché, au sens d’une économie entièrement régie par le principe du marché, me semble une impossibilité théorique. Elle relève d’une utopie libérale, au même titre que la société sans classes et sans État.

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L’économie sud-africaine est-elle vraiment dopée par le foot ?

La Coupe du monde de football démarrera le 11 juin dans un pays qui a enregistré une croissance de 4,6% au premier trimestre 2010, après une récession de -1,8% en 2009.

Un effet ballon rond ? Pas si sûr…

Pour le ministre des finances sud-africain, Pravin Gordhan, la chose est entendue : la Coupe du monde de football apportera 0,5 point de croissance à une hausse de PIB qui atteindrait 2,3% en 2010.

Problème, l’effet positif de la Coupe du Monde sur l’activité d’un pays n’est absolument pas avéré.

Une étude menée par Bank of America-Merrill Lynch sur la période 1954-2006, montre que les pays organisateurs ont, en moyenne, enregistré pendant l’année de la compétition une croissance économique inférieure à leur rythme habituel.

L’Afrique du sud est toutefois assurée de déroger à cette règle. Mais surtout en raison de la crise mondiale qui a plongé le pays dans la récession au dernier trimestre 2008, et ce pour la première fois en 17 ans.

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La crise ? Quand c’est fini, ça recommence !

Par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui, depuis l’été 2007, ne loupent pas une occasion de se féliciter que « le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée ». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certain, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. Stupéfiante comme elle devient, la situation ne laisse cependant pas trop le loisir de s’appesantir sur ce genre de chose – et puis le compte-rendu de la cécité réjouie est devenu une entreprise sans espoir.

Caspar David Friedrich, Naufrage, 1822 (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Stupéfiante, la situation l’est, sans l’être tout à fait. Car la mutation de la crise de finances privées en crises de finances publiques, et leurs métamorphoses subséquentes en crises monétaires et en crises politiques, étaient prévisibles dès la fin 2007.

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