Le vrai coût des Coupes du monde de football

Avant d’être un événément médiatiquement rentable, le Mondial est d’abord un événement… ruineux pour ses organisateurs. La preuve…

Lors de la première Coupe du monde en Uruguay, en 1930, la Fifa (fédération internationale de football association) n’était pas assez riche pour fournir des ballons aux équipes.

Le 30 juillet 1930, lors de la finale entre l’Uruguay, le pays d’accueil, et l’Argentine, l’arbitre dut recourir au tirage au sort pour trancher entre le ballon uruguayen et le ballon argentin. L’histoire ne dit pas quel ballon fut choisi, toujours est-il qu’il permit à l’Uruguay de l’emporter par 4 buts à 1. A l’époque, les dépenses du pays organisateur se sont limitées à la construction d’un nouveau stade et au remboursement des frais de transport et d’hébergement des équipes.

Vingt ans plus tard, la situation a changé du tout au tout: après le match final entre le Brésil et l’Uruguay, la Fifa comprend que l’argent va couler à flots sur le football. Les pays organisateurs comprennent tout l’intérêt d’accueillir cette compétition.

Du coup, un jeu à sommes non nulles se met en place: dans l’espoir de retombées économiques appréciables, les pays hôtes se mettent à investir des sommes considérables dans leurs infrastructures. Les investissements évoquent une fusée à trois étages: d’abord, l’organisation de l’événement, généralement gérée par un Comité d’organisation. Ce Comité est chargé par la Fifa de la billetterie des stades, du recrutement des personnels, et de l’animation des enceintes sportives.

Les pays émergents plus dépensiers
Lire la suite

Les classes moyennes des pays émergents deviennent plus exigeantes

Les classes émergentes adoptent de nouveaux comportements. Elles obligent les entreprises présentes dans les pays en développement à tenir compte de leurs revendications.

Les manifestations en Inde le mois dernier pour le statut des femmes en attestent. Comme d’ailleurs les mouvements sociaux en Afrique du sud, où le chômage des jeunes dépasse 40 % ; la crise en Russie à la fin de 2011 ou encore les printemps arabes. Beaucoup de tensions qui secouent les pays émergents agissent comme le révélateur des transformations sociales enclenchées par l’augmentation du niveau de vie.

En fer de lance de ces revendications, les classes moyennes, ces consommateurs en herbe qui, tout en accédant à un mode de consommation à l’occidentale, développent des exigences sociétales de plus en plus fortes. Celles-ci vont souvent dans le même sens : une plus grande transparence de l’Etat, moins de corruption ou encore un respect accru des libertés publiques.

Lire la suite

Fin annoncée de l’ère du billet vert

« Le parcours du dollar américain est insoutenable, et ne sera pas soutenu », affirme James Rickards, auteur de Currency Wars, paru en février chez Portfolio Penguin. Certains jugent que ce livre a des relents de scénario catastrophe, mais il demeure que plusieurs experts consultés par Finance et Investissement s’entendent pour dire que d’ici environ cinq ans, le règne sans partage du billet vert aura cessé. Toute la question est de savoir si cette fin sera ordonnée ou chaotique.

Vérité - Prochaine sortie

Il est certain qu’à court et moyen termes, le dollar reste le maître. Quand il compare le dollar, l’euro et le yen, Jean-René Adam, chef des placements adjoint et vice-président, marchés nord-américains, chez Hexavest, affirme qu’il « aime mieux détenir des dollars américains, car les États-Unis apparaissent comme la zone la moins mal en point ».

Certes, plusieurs critiquent la Réserve fédérale américaine (Fed) et sa manie d’imprimer de l’argent à qui mieux mieux, mais l’Union européenne aussi s’en donne à coeur joie, et le Japon en fait autant depuis 20 ans. À ce jeu, « les monnaies maintiennent tant bien que mal leurs rapports entre elles », fait remarquer André Marsan, président de Sigma Alpha Capital.

Pourtant, sous ces apparences tranquilles s’agitent de puissants courants de fond qui oeuvrent à transformer radicalement le paysage des monnaies au cours des prochaines années. James Rickards assure qu’une guerre des monnaies se déroule, dont la première salve a été lancée en 2009 avec la première ronde d’assouplissement quantitatif de la Fed. Lire la suite

LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

Lire la suite

Une masse monétaire constante est-elle le gage de la stabilité économique ?

Par Frank Shostak, professeur d’économie australien, de tendance “autrichienne”, et directeur de la recherche économique de M.F. Global.

1604511130_small_dbd43

Selon le prix Nobel d’économie Milton Friedman et ses disciples, plus connus sous le nom de monétaristes, la volatilité du taux de croissance de l’offre de monnaie est la source majeure des cycles économiques alternant phase de croissance et récession.

Le monétarisme argue qu’à court terme, les augmentations du taux de croissance de l’offre de monnaie font augmenter le taux de croissance de biens réels. Et inversement, une baisse de ce taux induit une baisse de la production réelle.

A long terme, les variations de la monnaie n’ont aucun effet sur la production réelle et n’affectent que les variations de niveaux de prix. En d’autres termes, selon le monétarisme, la monnaie est neutre pour l’économie réelle à long terme mais elle ne l’est pas à court terme.

La principale raison de cette différence, selon les monétaristes, c’est le fait que les variations de l’offre de monnaie à long terme sont entièrement anticipées et donc escomptées. Cependant, à court terme, les variations de l’offre de monnaie ne sont pas prévisibles. Les monétaristes maintiennent pourtant que la banque centrale peut rendre la monnaie neutre à court terme. Selon eux, cela peut être obtenu en fixant un pourcentage de croissance de la masse monétaire constant et le maintenant pendant un laps de temps infini. Le point clef de cette théorie, c’est qu’il n’existe pas de relation entre le taux de croissance monétaire à un rythme constant et le taux de croissance de la production réelle.
Lire la suite