LEAP : les quatre points individuels de défaillance du système mondial au second semestre 2010

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), 15 juin 2010

Caspar David Friedrich, Entrée de cimetière (1825)

L’actualité confirme chaque jour combien la crise systémique globale est désormais entrée dans sa phase de dislocation géopolitique mondiale, même si les médias ne commencent que timidement à interpréter les bouleversements historiques qui se déroulent sous nos yeux. Lire la suite

Déjouer le piège de la rigueur et le verrou de l’Euro

Par Jacques Sapir

Sommes-nous donc en 1931 ? Alors que les annonces de plans dits «de rigueur» ou «d’austérité» se multiplient à travers l’Europe, il est aujourd’hui évident que l’ordre du jour des divers gouvernements est dominé par la réduction des déficits publics. Se répètent ainsi les erreurs commises lors de la « Grande Dépression » [1]. Ceci n’est pas – seulement – dû à un oubli de l’Histoire. La crise que connaît la zone euro, et qui n’en est qu’à son commencement, a joué dans ce tournant un rôle à la fois décisif et pernicieux. C’est elle qui a lourdement pesé dans la conversion actuelle des principaux gouvernements à la «rigueur».

Ils sacrifient ainsi la substance – à savoir la dynamique économique qui fonde en réalité la possibilité réelle de la zone euro à se maintenir – à l’apparence : les conditions immédiates de son maintien face à la spéculation des marchés. Il est donc à craindre que l’Europe et la France n’entrent dans une période prolongée de récession sous l’impact cumulé de ces politiques restrictives. Des mesures radicales s’imposent, mais, pour les évaluer, il faut d’abord procéder à un bilan de la situation.

Le piège de la rigueur ne se comprend pas hors du verrou de l’euro. Pour autant, l’adhésion à ce dernier n’a pas reposé que sur des considérants idéologiques. Il y a bien eu des facteurs réels qui ont convaincu les gouvernements d’accepter cette solution de la monnaie unique dont les inconvénients étaient pourtant connus dès l’origine. Le délitement de ces facteurs pose la question de la possibilité de la survie de la zone euro et, au-delà, des solutions alternatives qui s’offrent à nous.

Vers la récession

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Une masse monétaire constante est-elle le gage de la stabilité économique ?

Par Frank Shostak, professeur d’économie australien, de tendance “autrichienne”, et directeur de la recherche économique de M.F. Global.

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Selon le prix Nobel d’économie Milton Friedman et ses disciples, plus connus sous le nom de monétaristes, la volatilité du taux de croissance de l’offre de monnaie est la source majeure des cycles économiques alternant phase de croissance et récession.

Le monétarisme argue qu’à court terme, les augmentations du taux de croissance de l’offre de monnaie font augmenter le taux de croissance de biens réels. Et inversement, une baisse de ce taux induit une baisse de la production réelle.

A long terme, les variations de la monnaie n’ont aucun effet sur la production réelle et n’affectent que les variations de niveaux de prix. En d’autres termes, selon le monétarisme, la monnaie est neutre pour l’économie réelle à long terme mais elle ne l’est pas à court terme.

La principale raison de cette différence, selon les monétaristes, c’est le fait que les variations de l’offre de monnaie à long terme sont entièrement anticipées et donc escomptées. Cependant, à court terme, les variations de l’offre de monnaie ne sont pas prévisibles. Les monétaristes maintiennent pourtant que la banque centrale peut rendre la monnaie neutre à court terme. Selon eux, cela peut être obtenu en fixant un pourcentage de croissance de la masse monétaire constant et le maintenant pendant un laps de temps infini. Le point clef de cette théorie, c’est qu’il n’existe pas de relation entre le taux de croissance monétaire à un rythme constant et le taux de croissance de la production réelle.
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