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Ces 12 (très gros) problèmes qui devraient empêcher les Européens de dormir

Au lendemain des élections en France et en Grèce, le temps semble orageux. Au programme : une réunion de la Banque Centrale Européenne (BCE) et la “menace Moody’s” qui pourrait déclasser 114 banques européennes. Le point de vue de l’économiste Nicolas Bouzou.

La crise semble être entrée dans une nouvelle phase : des injections massives de liquidités ont permis à des pays comme l’Espagne, l’Italie ou le Portugal de bénéficier d’une période de répit. Toutefois, seule la capacité des dirigeants européens à promouvoir la croissance et à imposer des réformes durables permettra de savoir si la zone euro  - telle que nous la connaissons – va survivre ou mourir.

1 – Dégradations des notes souveraines

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Allemagne : Interdiction de contester le Pacte budgétaire ?

Un an après le mouvement du 15M, lancé par les indignés espagnols, c’est au tour des mouvements sociaux allemands d’appeler à l’occupation du quartier des banques et de la Banque centrale européenne (BCE), qui a son siège à Francfort, du 17 au 19 mai (lire l’appel).

 

Objectif : s’opposer à l’austérité et à la ratification du « Pacte budgétaire » voulu par Angela Merkel, qui impose une règle d’équilibre permanent des finances publiques, avec un déficit « structurel » qui ne pourra plus jamais dépasser 0,5 % du PIB, interdisant tout investissement et politique de relance.

Les autorités allemandes et les financiers de Francfort ont-ils pris peur devant la mobilisation ? Arguant de possibles « violences », le chef de la police de Francfort a interdit toute manifestation. Les autorités locales – la ville est depuis peu gouvernée par les sociaux-démocrates du SPD – redoutent en particulier l’action de blocage de la BCE et du quartier des banques prévue le 18 mai.

Pour les organisateurs, « cette interdiction est une violation manifeste du droit constitutionnel à manifester » (voir la pétition).

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Une équation économique redoutable pour le nouveau Président

Pour établir son programme électoral, François Hollande s’est calé sur les données officielles, affichées par l’équipe Sarkozy : une très faible croissance cette année (0,7%), qui reprendrait un peu de tonus en 2013 (+1,75%). Ce scénario prévisionnel – qui n’a pas fait vraiment débat entre les deux candidats finalistes – est bien trop optimiste.

La tempête de l’austérité dans la plupart des pays européens, qui a entrainé une récession dans la zone euro, accentue les problèmes structurels de l’économie française. Le prochain gouvernement va devoir faire face à une situation économique, financière et sociale très dégradée. Mais les mesures d’urgence ne devront pas retarder la mise en œuvre d’un plan de redressement structurel du tissu productif, qui ne produira ses effets qu’à long terme.

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L’euro est en train de tuer le sud de l’Europe

L’Espagne, le Portugal, la Grèce et les leçons du modèle argentin.

L’Espagne est dans la crise jusqu’au cou. Son taux de chômage (24,4%) est plus élevé que celui des Etats-Unis au pire de la crise de 1929 et, cette fois-ci, aucun New Deal n’est prévu pour renverser le cours des choses. La longue malédiction du chômage de masse va dégrader les compétences des travailleurs et empêcher les jeunes d’acquérir de l’expérience.

Les Espagnols les plus compétents et audacieux vont émigrer à l’étranger et les sociétés espagnoles vont (en toute logique) cesser d’investir dans l’amélioration de la productivité de leurs employés. Cette sombre perspective va décourager les investisseurs et le gouvernement espagnol, à court d’euros, va alors s’embarquer dans une nouvelle vague de hausses d’impôts et de réductions de budgets, ce qui va encore affaiblir un peu plus l’économie nationale. En plein essor il y a quelques années encore, l’Espagne semble aujourd’hui courir à sa perte.

La leçon argentine

Il existe peut-être toutefois une solution pour sortir de cette crise, comme nous le laisse penser l’expérience récente de l’Argentine, pays qui connaît le plein emploi à l’heure actuelle.

L’Espagne et l’Argentine font face à des problèmes similaires. Toutes deux anciennes dictatures, elles sont réputées pour leur climat agréable, leur cuisine savoureuse, leur population sympathique, leur mauvaise gestion macroéconomique et leur faible productivité. Et après s’être débattus quelque temps avec leurs problèmes, les deux pays ont trouvé une solution similaire: externaliser leur gestion macroéconomique.

Et… quitter l’euro?

Une union monétaire n’est pas la même chose qu’un taux de change fixe et l’abandon de l’euro créerait à court terme encore plus de remous que la cessation de paiement de l’Argentine. Mais un pays économiquement souverain a au moins la chance de pouvoir essayer de remettre les choses en ordre, tandis qu’un pays dépendant des choix macroéconomiques d’une autre nation ne peut qu’espérer qu’on lui fasse l’aumône.

Si en Espagne, et ailleurs, les gouvernements n’ont pas encore songé à la possibilité de quitter la zone euro, ils devraient peut-être y réfléchir…

Slate

Sortir du cadre !

Chacun le sait (ou devrait le savoir), nous sommes confrontés à une triple crise. Celle dont il est le plus question dans ce blog, est, bien sûr la crise économico-financière, qui, dans la foulée de la crise des subprimes est loin d’avoir été résolue.

Elle se conjugue avec deux autres crises qui sont comme les deux faces d’une même médaille, la crise énergétique et la crise climatique. La crise énergétique résulte d’une exploitation toujours plus effrénée des sources d’énergie fossile depuis une centaine d’années, sources qui, en conséquence, commencent à se tarir. L’approvisionnement énergétique n’est pas encore très gravement menacé, mais tout laisse présager qu’il le sera bientôt.

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Australie : “La plus grande bulle économique de l’histoire récente”

“La bonne tenue de l’économie australienne serait “la plus grande bulle économique de l’histoire récente”, selon Albert Edwards, économiste de la Société Générale. L’économie se dirige vers “une chute brutale”, écrit-il dans un rapport.

L’économiste affirme que la dépendance du pays des kangourous envers le géant chinois explique la création de cette bulle. Le secteur des ressources naturelles, qui pèse lourd dans l’économie, est grandement influencé par l’appétit chinois.

L’économiste n’y va pas avec le dos de la cuillère. “Tout ce que nous avons en Australie, c’est une bulle de l’endettement permise par un boom dans les ressources naturelles, boom qui dépend, pour sa part, d’une encore plus grande bulle du crédit en Chine”, déclare-t-il.

Olivier Demeulenaere

(Merci à Romégas)

Retraites : la gauche face à des comptes plus dégradés que prévu

Le Conseil d’orientation des retraites publiera fin 2012 de nouvelles prévisions financières pour les régimes de retraite. Elles tiendront compte d’hypothèses économiques dégradées par la crise, à la veille de la réforme globale annoncée par François Hollande.

Après une première « mesure de justice » rétablissant le départ à 60 ans pour une catégorie de salariés, François Hollande a promis une « réforme globale des retraites ». Elle fera l’objet d’une négociation avec les partenaires sociaux d’ici à juin 2013. La nouvelle majorité devra alors tenir compte de nouvelles projections financières réalisées par le Conseil d’orientation des retraites (COR).

Cette instance de concertation et de débat, instaurée par le gouvernement Jospin, doit en effet actualiser ses prévisions au cours des prochains mois. Démarré au second semestre – en juillet ou plus vraisemblablement en septembre -, cet exercice aboutira à de nouveaux chiffrages « fin 2012, début 2013 », a précisé le président du COR, Raphaël Hadas-Lebel, sur BFM Business.

Des prévisions trop optimistes Lire la suite

L’U.S. Army prête à “rééduquer” le dissident US en citoyen-Système

Un manuel de l’U.S. Army circule actuellement sur Internet. Il s’agit d’un très copieux document de 300 pages, intitulé FM 3-39.40 Internment and Resettlement Operations datant du 12 février 2010.

Le manuel décrit la façon dont doivent être organisés des camps d’internement de personnes arrêtées pour activités politiques suspectes, pour soi-disant terrorisme, opposition à la “légalité”, résistance, etc.

Le fait important est que ce programme implique essentiellement une “rééducation” des prisonniers, notamment à l’image de ce qui se faisait dans les camps soviétiques, chinois, nord-coréens, nord-vietnamiens puis vietnamiens, etc., c’est-à-dire tout l’appareil de concentration et d’endoctrinement forcé du système pénitentiaire idéologique communiste.

Pour les Américains, la référence la plus fameuse concerne les camps nord-coréens pendant la guerre de Corée, pour les Français ce sont les camps vietminh ; dans les deux cas, des militaires US et français furent soumis à ces procédures de rééducation et d’endoctrinement.

Voici un long extrait publié le 4 mai 2012, qui insiste surtout sur l’aspect de la détention de citoyens US sur le territoire national, aspect qui avait fait l’objet de polémique chez les lecteurs.

La suite de l’article : Dedefensa.org

La Grèce risque une sortie de l’euro

La Grèce risque de sortir de la zone euro, si elle dénonce les accords passés avec l’UE et le FMI pour qu’ils la sauvent de la faillite en échange de son ajustement budgétaire, a mis en garde mercredi le conseiller économique du gouvernement grec sortant.

Si nous disons non à tout, nous sortons de l’eurozone,” a prévenu Ghikas Hardouvelis, qui a conseillé pendant sept mois le chef du gouvernement Lucas Papademos. Le pays, dont l’électorat a massivement rejeté dimanche l’austérité dictée par UE et FMI a une marge de renégociation sur le contenu des mesures qu’il doit prendre d’ici à 2015, mais il ne faut pas la surestimer et penser que tout d’un coup quelque chose a changé en Europe parce que le peuple ici a crié non, a ajouté cet ex-banquier.

Nous avons vu les réactions des dirigeants européens (…) la seule chose qu’ils disent est que la Grèce se dirige vers la sortie de l’euro, a-t-il insisté, jugeant qu’il revenait aux Grecs de rentrer dans la logique de leurs partenaires car c’est eux qui donnent de l’argent. [...]

De leur côté, les chefs des deux partis gouvernementaux socialiste et conservateur ont aussi indiqué vouloir renégocier les termes du programme de redressement assigné au pays, sur lesquels ils s’étaient engagés par écrit avant d’être désavoués par les électeurs.
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Mais où sont passés les produits financiers?

par Myret Zaki

La profusion de véhicules de placement a laissé place à un désert depuis 2008. La faute aux clients, aux banques ou aux régulateurs? Décryptage d’un bouleversement dans l’industrie de l’investissement.

Jusqu’à 2008, l’industrie des produits financiers battait son plein. Les banques lançaient à un rythme frénétique de nouveaux fonds de placement, produits structurés ou fonds de hedge funds. Chaque jour, les établissements communiquaient sur le dernier-né de leur gamme barrier reverse convertible, ou vantaient leur dernier fonds Greater China. En feuilletant les journaux, on voyait se multiplier les maxipages d’annonces flattant le coupon prodigieux d’un structuré, accompagné d’un graphique éloquent. Mais depuis la faillite de Lehman Brothers fin 2008, tout a changé: l’industrie des produits financiers a connu un coup d’arrêt dont elle ne s’est pas encore relevée. Les sorties de produits se sont raréfiées, et plusieurs types de véhicules – comme les structurés à barrière, les warrants, les fonds thématiques ou les fonds absolute return – sont sortis du marché. Alors que le cash dans les portefeuilles des investisseurs reste à des niveaux records, les fonds de placement peinent à y dépasser une part de 35%, et les structurés n’en composent que 4,5%. La commercialisation de produits bancaires semble traverser une refonte de son modèle d’affaires. Que s’est-il passé?

Les clients restent très frileux

La première cause est à trouver dans le manque d’appétit des clients. Qu’ils soient privés ou institutionnels, les investisseurs n’ont pas gagné d’argent depuis 2008, y compris dans les hedge funds (de septembre 2008 à ce jour, les fonds alternatifs ont perdu 2,7%, selon l’indice général HFRX).

Une explication importante réside dans la disparition d’un certain nombre d’acteurs: Lehman Brothers, Clariden, qui a été intégrée à Credit Suisse le 2 avril, Sal. Oppenheim, rachetée par Macquarie en 2010, et la Banque Sarasin vendue à Safra fin 2011. “La qualité de l’émetteur est importante, or beaucoup d’entre eux ont connu des débâcles, surtout ceux qui avaient été portés aux nues pour la qualité de leurs produits et leur innovation“.

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Argent Public : “Prends l’oseille et tire toi”

Extrait du film « Argent public : prends l’oseille et tire-toi ! », un reportage diffusé vendredi 18 septembre dans l’émission Spécial Investigation sur Canal+.

Dans le secteur de l’industrie pharmaceutique, de la « high tech » et de l’automobile, Spécial investigation a enquêté sur plusieurs sociétés ayant déménagé leur entreprise ou licencié leur personnel, après avoir reçu des centaines de milliers, voire des millions d’euros de subventions.

Pierre Rabhi : « Si nous nous accrochons à notre modèle de société, c’est le dépôt de bilan planétaire »

Et si, après une stressante campagne électorale, on respirait un peu ? Quelle société voulons-nous aujourd’hui construire ? « La croissance est un problème, pas une solution », affirme Pierre Rabhi, paysan-philosophe. Face à la disparition des questions écologiques dans le débat politique, et à la frénésie marchande qui nous a pris en otages, il invite à repenser la vie sur un mode à la fois « sobre et puissant ». Et à inventer, pour éviter des explosions sociales et un chaos généralisé, un autre modèle de civilisation. Entretien.

Basta ! : Vous défendez une société de la sobriété. Les crises actuelles et l’austérité qui menace vont-elles permettre de remettre en question le système économique dans lequel nous vivons ?

Pierre Rabhi : Je ne me réjouis pas de cette situation, mais je me dis finalement que l’être humain a besoin d’entrer dans des impasses pour mieux comprendre. Les impasses peuvent soit finir sur un chaos généralisé, soit permettre d’initier autre chose. Le chaos est tout à fait possible : une sorte de cocotte-minute d’incertitudes et d’inquiétudes est en train de miner les âmes et les consciences. Qu’une seule ville explose et toute la France explose. Le problème aujourd’hui n’est pas de se réjouir de cela, mais de voir ce qu’on peut tirer de cette évolution. Notre modèle de société montre son inadéquation, son incapacité à continuer. Si nous nous y accrochons, ce sera le dépôt de bilan planétaire. Tous les pays émergents veulent vivre à la moderne. Où va-t-on puiser les ressources ? C’est totalement irréaliste. Il y a aujourd’hui à repenser la vie sur un mode qui soit à la fois sobre et puissant. Je crois beaucoup à la puissance de la sobriété. Je ne crois pas à la puissance des comptes en banque. La vraie puissance est dans la capacité d’une communauté humaine à se contenter de peu mais à produire de la joie. Notre société déborde de tout, mais nous sommes un des pays les plus consommateurs d’anxiolytiques, pour réparer les dégâts que produit la « société de la matière » ! Nous sommes une espèce de planète psychiatrique. Combien de souffrances produisons-nous ?

Pendant la campagne électorale, l’écologie a quasiment disparu du débat politique. Qu’en pensez-vous ?

C’est parce que les citoyens ne sont pas véritablement conscients de l’enjeu de l’écologie que nous sommes obligés d’avoir une écologie politique pour lui donner une place au forceps. Dans la réalité, l’écologie concerne absolument tout le monde. Je suis évidemment reconnaissant envers ceux qui essayent de placer l’écologie dans le débat politique. Mais c’est une anomalie. Car l’écologie est une affaire de tous. C’est ce qui détermine l’existence de tout individu, du phénomène de la vie. Nous sommes donc tous concernés.

Selon vous, le progrès technologique nous asservirait ?

La civilisation moderne est la civilisation la plus fragile de toute l’histoire de l’humanité. Plus d’électricité, de pétrole, de télécommunications et la civilisation s’écroule. Elle ne tient sur rien du tout. Le progrès ne libère pas. Plusieurs avancées ont apporté un certain bien-être. Mais ce bien-être n’est pas forcément partagé. Il faut que l’humanité se pose la question : le progrès, pour quoi faire ? Et avant : qu’est-ce que vivre ? S’il s’agit juste de consommer, je n’appelle pas ça la vie, cela n’a aucun intérêt. Nous sommes devenus des brigades de pousseurs de Caddie. Cela me terrifie. Nous sommes revenus au néolithique : nous sommes des cueilleurs, nous passons dans les rayons et nous cueillons. Tout cela n’est pas bon. On a évoqué la décroissance, qui est considérée comme une infamie dans le monde d’aujourd’hui : remettre en cause la croissance ! Au Moyen Âge, j’aurai été brûlé vif.

Basta !

Ça gagne combien, un président à la retraite ?

A peine son mandat achevé, le président sortant, Nicolas Sarkozy, doit songer à sa reconversion. Mais Challenges nous rassure, ce choix ne devrait pas se faire dans la précipitation faute de ressource financière. A l’instar de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy “percevra une indemnité de 6.000 euros brut, accordée à tous les ‘ex’, quelle que soit la durée de leur séjour à l’Elysée ».

A cette retraite de base s’ajoute également une indemnité mensuelle de 11.500 euros net s’il décide de siéger au Conseil constitutionnel. C’est le cas de ses aînés en la matière, Jacques Chirac et Valéry Giscard d’Estaing, bien que ce dernier avait choisi dans un premier temps de ne pas siéger au Conseil. Le nouveau président de la République, François Hollande, a toutefois promis de “supprimer cette disposition qui permet aux anciens présidents d’être nommés à vie dans cette institution, mais si elle est approuvée par le Parlement, cette remise en cause ne devrait pas avoir de caractère rétroactif », rappelle le magazine. Lire la suite

Jeremy Rifkin : “La troisième révolution industrielle est en marche”

Dans son nouveau livre, « La Troisième Révolution industrielle », sorti en France début février, Jeremy Rifkin annonce l’avènement d’une nouvelle économie, fondée sur le mariage entre Internet et les énergies nouvelles.

Quand est née l’idée de la troisième révolution industrielle ?

Dans les années 1970. En 1973, j’avais organisé la première manifestation contre l’industrie pétrolière à Boston, en rassemblant 20.000 personnes. Puis vint, en 1980, mon livre, intitulé « Entropie », qui fut le premier à ouvrir le débat public sur le changement climatique. Depuis, il est devenu une référence pour les mouvements politiques écologiques. Au début des années 1980, à la suite de la flambée des cours du brut lors de la crise pétrolière, j’ai commencé à prendre conscience que nous allions arriver à un pic de production dans les vingt-cinq ou trente ans à venir, et qu’il fallait déjà envisager une nouvelle révolution énergétique. Ce n’est que dans les années 1990 et la révolution Internet que j’ai fait le lien entre les communications et l’énergie. Quand Internet est apparu, il est devenu le catalyseur. Et j’ai compris que les grandes révolutions énergétiques de l’histoire coïncidaient avec de nouveaux modes de communication.

Vous pouvez expliquer ?

Les changements économiques et sociaux proviennent toujours d’une rencontre entre une nouvelle énergie et un nouveau mode de communication. Au XIX e siècle, la machine à vapeur et le charbon ont amélioré la vitesse de l’information. Ils ont permis de produire en masse des journaux à des prix concurrentiels, accroissant du même coup la proportion d’une population éduquée. Si nous n’avions pas eu cette main-d’oeuvre cultivée, que l’école publique a aussi favorisée en France, nous n’aurions pas pu gérer la première révolution industrielle comme l’a fait l’Internet. Au XX e siècle, il y a eu une autre convergence entre l’électricité, le téléphone, puis la radio et la télévision. Nous étions entrés dans la société de consommation.

Et maintenant ?

Cette deuxième révolution a commencé à mourir en 2008. Pour remédier à cette crise de croissance, il faudrait une nouvelle matrice, une nouvelle convergence entre énergie et communication. Ce sera le mariage de nouvelles sources d’énergie et d’Internet. Je m’explique : quand le cours du pétrole a franchi les 147 dollars le baril, en juillet 2008, tous les autres prix des produits dérivés ont flambé et les moteurs économiques ont stoppé. Soixante jours plus tard, c’était le krach sur les marchés financiers. De nouvelles secousses sont à prévoir. D’autant que, selon l’AIE, la production du pétrole a atteint son pic en 2006. Aujourd’hui, elle n’est plus en mesure de faire face aux demandes croissantes de la Chine et de l’Inde. Ce que je vois, ce sont des cycles de croissance qui s’arrêtent brutalement tous les quatre à six ans et ceci pendant vingt-cinq ans. L’inflation a augmenté. Et le pouvoir d’achat a baissé. Au-dessus de 150 dollars le baril, ce n’est pas tenable.

En quoi consiste la troisième révolution industrielle que vous décrivez ?

La première étape, c’est le passage aux énergies renouvelables. Les énergies fossiles sont de plus en plus chères. A contrario, le soleil brille tous les jours. Le vent souffle tous les jours quelque part. Un grand nombre de pays ont des côtes avec des vagues et des marées. Les montagnes peuvent favoriser l’hydroélectricité. Et puis, il y a la gestion des déchets, qui ouvre la voie à la biomasse. N’oublions pas la géothermie. Mais on ne peut gérer une économie mondiale si ces énergies sont distribuées sur le modèle du pétrole et du gaz, c’est-à-dire de façon centralisée. Aujourd’hui, 23 % de la population mondiale n’a pas accès à l’électricité. Et 25 % que partiellement. Cela prouve que le mode actuel de diffusion de l’énergie ne peut pas satisfaire la demande. Dans ma révolution industrielle, chaque immeuble, chaque maison deviendront une source de production d’énergie. Il faudra donc un réseau de communication pour la distribuer. L’Internet, par essence collaboratif, offre cette possibilité.

Les Échos