Nouveau : Web TV Fdesouche

Crise grecque : Les banques françaises résisteraient au pire des scénarios

Les établissements financiers français sont capables de résister au pire scénario grec, y compris une sortie de la zone euro. C’est le message délivré par le gouverneur de la Banque de France.

Je ne connais aucun groupe qui serait mis en difficulté par un scénario extrême sur la Grèce”.Le gouverneur de la Banque de France n’a eu de cesse lundi 14 mai de répeter ce message.

En marge de la présentation du rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel qu’il dirige, Christian Noyer a voulu écarter tout risque. Même en cas de sortie de la Grèce de la zone euro.

Il est très clair : “Quoi qu’il arrive, ce ne sera pas un problème pour le secteur financier français”.

Et pour cause ! Il rappelle que les banques françaises ont déjà provisionné 75 % de leurs titres de dettes grecs. En effet, si l’on regarde dans le détail, chacune des grandes banques françaises ne portent plus que quelques centaines de millions d’euros d’exposition résiduelle à la dette grecque. Alors pour Christian Noyer, “les 25 % restants” ne peuvent pas être un problème.

Lire la suite de l’article.

Image de prévisualisation YouTube

Olivier Delamarche : «On a faillit tous périr à cause de JP Morgan»

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 15 mai 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission “Intégrale Bourse.

« Dans ce genre de banques il n’y a pas contrôle qui soient opérés, on continue à prendre les mêmes risques – Ils sont assurés par les banques centrales, donc il n’y a pas de raison de ne pas continuer – Il faut aller plus loin que le Glass-Steagall Act et que ces banques soient reprises par l’État – Le boulot des banques n’est pas de jouer sur les marchés. »

La fin du téléphone ?

La lecture de la semaine est un article de l’essayiste Tom Vanderbilt, paru tout récemment dans The Wilson Quaterly. Il s’intitule “L’appel du futur”.

L’auteur commence par rappeler que ces derniers temps, a été annoncée à plusieurs reprises (TechCrunch, Wired) la fin du téléphone, en tant que transmission d’informations par la voix. Il y a selon lui des signes à ce changement culturel majeur : on utilise nos téléphones plus qu’avant, certes, mais la part de la voix diminue. Pour preuve, le temps de la communication vocale est en forte baisse : de 3 minutes en moyenne en 2003, on est passé à 1 minute et 47 secondes en 2010. Que se passe-t-il donc, se demande Vanderbilt ? Il identifie 3 causes majeures à cette évolution.

L’une est économique : dans beaucoup de pays d’Europe, par exemple, envoyer des textos est moins cher que de téléphoner. Mais il y a aussi des raisons de convenance, et l’impression qu’un coup de fil est moins une invitation à la prise de contact qu’une expérience troublante et potentiellement disruptive : après l’avoir oublié pendant longtemps, on renouerait avec l’impression qu’un coup de téléphone interrompt d’abord notre interlocuteur dans son activité. D’où la question que se pose l’auteur : avant de se demander ce que serait demain le téléphone, n’est-il pas plus intéressant de se souvenir de ce que c’était qu’un appel téléphonique ?

Lire la suite

Comment le Japon se passe du nucléaire

Alors que le gouvernement japonais vient de se fixer pour objectif de réduire de 20% la consommation d’électricité du pays cet été, tour d’horizon des moyens, plus ou moins sérieux, d’y arriver…

Avant...

Après.

La règle de base: supprimer les consommations inutiles

Tokyo scintillant de mille néons publicitaires pourrait bien devenir une image de carte postale. Dans les villes japonaises, depuis un an, on a coupé toutes les lumières inutiles dans les bureaux et les administrations.

La nuit, pas question de laisser son ordinateur allumé ou même en veille, les ascenseurs sont mis hors service dès le dernier employé parti et dans les gares, les métros et les centres commerciaux, les escalators se reposent. Les distributeurs de boissons ont été montrés du doigt par le gouverneur de Tokyo, qui les a accusé de consommer «autant que plusieurs réacteurs nucléaires»: fini les sodas frais, on emmène sa gourde isotherme avec soi.

A la maison, on change de mode de vie

Chez eux, les Japonais réduisent l’usage de tous les appareils électroménagers, des cuiseurs à riz aux lave-vaisselle. Des recettes de cuisine ne nécessitant pas de cuisson s’échangent, à base de tofu, d’algues ou de cornichons. Les sashimis, des tranches de poisson cru, ont la cote. En hiver, pour se réchauffer, on consomme de la bière chaude avec du sucre et des épices, comme le propose un brasseur local.

L’hiver devient plus convivial: on s’équipe de bouillottes et de chaufferettes pour affronter les grands froids sans monter le chauffage, on se rassemble dans la même pièce pour faire marcher la chaleur humaine et on dort (au moins) à deux pour ne pas grelotter.

En revanche, l’été, inutile de dormir tout nu: cela ne rafraîchit pas. Il vaut mieux se raconter des histoires qui font peur avant de s’endormir, histoire de se glacer le sang… Et on laisse les enfants s’adonner aux joies de l’uchimizu, une tradition qui consiste à asperger d’eau le pas de sa porte pour faire baisser la température. Pour ceux qui ont craqué pour un ventilateur, les autorités conseillent de placer devant une bouteille d’eau glacée qui en optimise l’effet. Beaucoup de Japonais ont également entrepris d’isoler leur maison, soit à l’aide de films plastique (à l’efficacité relative), soit avec des rideaux végétaux.

Lire la suite de l’article.

 

Le mensonge de Fukushima

Ce documentaire cherche à comprendre comment et pourquoi cette catastrophe a pu se produire, et comment les patrons du nucléaire et le gouvernement y ont fait face.

L’enquête montre qu’avant même la catastrophe, il existait un réseau criminel dans l’industrie de l’énergie, qui a gardé secrets de graves erreurs et défauts afin de réduire les coûts.

Pendant des décennies, de nombreux travailleurs et fonctionnaires de haut niveau sont contraints au silence. Des témoins bien informées, comme Kei Sugaoka, ancien ingénieur en sécurité nucléaire, parlent des pratiques criminelles de la société TEPCO…


Le “factchecking” est en train de nous détruire

Les seuls débats économiques du moment sont des débats de chiffres. Chiffres inutiles, chiffres illusoires, ils masquent l’essentiel de la situation qu’ils prétendent décrire, et permettent aux responsables politiques d’oublier qu’ils sont en charge de notre avenir.

«Quel est le pays, le pays, il y en a un, qui n’a pas connu un trimestre de récession depuis 2009? C’est la France. [...] Y a-t-il un pays au monde qui a fait mieux? Y a-t-il un pays d’Europe et de l’OCDE qui a fait mieux en termes de croissance que la France depuis 2009? Il n’y en a pas.» Cette phrase aurait pu être l’axe central de la campagne électorale. Cette phrase de Nicolas Sarkozy ouvre tous les débats qui doivent être ceux de notre pays. On n’en retiendra pourtant qu’une polémique totalement vaine sur les performances comparées des différents Etats de l’OCDE et la définition même du mot « récession ».

Cette phrase est appuyée sur un fait, qu’aucun camp politique ne peut revendiquer, parce que c’est le résultat de 60 ans d’action publique : la France est un des pays qui a le mieux protégé le niveau de vie de sa population pendant la crise. Elle ouvre une question : quel est le prix de cette résistance ? Elle devrait nourrir le débat de tous les débats : le modèle français de protection sociale issu de la résistance est-il encore viable aujourd’hui et si oui à quelles conditions ? La taille de notre secteur public est-elle encore soutenable aujourd’hui, et si oui, à quelles conditions ? Je vais même plus loin, est-ce une fin en soi de résister à la récession ? Ne serait-il pas souhaitable d’avoir un modèle beaucoup plus dynamique qui épouse davantage les cycles du monde. Je n’en sais rien (ou plutôt si, j’ai mon idée, mais ce n’est pas le sujet).

Ce ne sont pourtant pas les questions sur lesquelles s’est porté le débat public. Non, ce que j’ai lu, entendu, ce sont des « mises au point » sur la définition de la récession, sur les résultats meilleurs visiblement de la Suisse ou de la Suède, sur tel ou tel trimestre, de tel ou tel pays, dans le seul but de  savoir si la phrase était « juste » ou pas.

Misère! Le « factchecking » venait de prendre le pouvoir !

Lire la suite

Grèce : La sortie de l’euro, un gouffre financier pour la France

En cas de retour à la drachme, les contribuables européens – allemands et français en particulier – devront mettre la main au portefeuille.

L’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro se rapproche. “Si un membre d’un club ne respecte pas les règles, il est préférable qu’il quitte le club”, a lâché José Manuel Barroso lundi. “Si la Grèce ne tient pas parole, il n’y a pas de raison de la soutenir financièrement”, a renchéri Jens Weidmann, gouverneur de la BCE et patron de la Bundesbank avant la réunion des ministres des Finances, qui devait se tenir lundi après-midi.

Derrière ces discours de fermeté, les Européens sont en réalité bien embarrassés. Car le retour à la drachme à Athènes pourrait leur coûter une petite fortune. La dévaluation qui suivrait le retour à la monnaie nationale entraînerait en effet une explosion de la dette grecque, libellée en euro, ce qui la rendrait impossible à rembourser en intégralité. Or, depuis l’effacement de plus de 50 % de la dette grecque détenue par les créanciers privés, ce sont les États européens qui détiennent l’essentiel de la dette souveraine grecque…

Lire la suite

Avec Hollande, la fin de la Françafrique ?

Depuis l’élection de François Hollande, la presse africaine francophone ne manque pas de rappeler les nombreux défis que le président français devra relever pour répondre aux attentes du continent. Revue de presse.

Dessin de Damien Glez

Les Africains auraient-ils le coeur à gauche ?” s’était interrogé le portail d’information Gabonlibre pendant la campagne présidentielle française en raison de l’enthousiasme sur le continent qu’avait globalement suscité la candidature de François Hollande. “Pour toutes ces raisons liées à l’histoire et à la géographie, rien de ce qui se passe dans l’Hexagone ne nous est indifférent. Surtout l’élection présidentielle pour laquelle, consciemment ou non, le coeur et la raison des Africains ont voté pour Hollande », lui avait répondu le portail d’information sénégalais Rewmi.

Après cinq ans de sarkozysme, le nouveau président français cristallise de nombreuses attentes en Afrique, notamment sur la fin de la fameuse Françafrique. Rewmi, portail d’information sénégalais, titrait “François Hollande président. Un nouvel espoir pour l’Afrique ». Principales raisons de cet engouement ? “Il a redonné un peu d’espoir aux Africains en se montrant favorable à l’accueil des étudiants étrangers et en s’engageant à réduire les délais d’attente de l’examen des dossiers concernant les demandeurs d’asile », explique le site.

Lire la suite

Pierre-Joseph Proudhon sur le crédit

Ces lignes, extraites de l’Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, déjà cité, ont 160 ans :


Pierre-Joseph Proudhon

« De toutes les forces économiques, la plus vitale, dans une société que les révolutions ont créée pour l’industrie, c’est le crédit. La bourgeoisie propriétaire, industrielle, marchande, le sait bien : tous ses efforts depuis 89, sous la Constituante, la Législative, la Convention, le Directoire, l’Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet, n’ont tendu, au fond, qu’à ces deux choses, le crédit et la paix. Que n’a-t-elle pas fait pour se rallier l’intraitable Louis XVI ? Que n’a-t-elle pas pardonné à Louis-Philippe ? — Le paysan le sait aussi : de toute la politique il ne comprend, comme le bourgeois, que ces deux choses : la diminution de l’usure et de l’impôt.

Quant à la classe ouvrière, si merveilleusement douée pour le progrès, telle est l’ignorance où elle a été entretenue sur la cause réelle de ses souffrances, que c’est à peine si, depuis février, elle commence à bégayer le mot de crédit et à voir dans ce principe la plus grande des forces révolutionnaires. En fait de crédit, l’ouvrier ne connaît que deux choses : la taille du boulanger et le Mont-de-piété.

Le crédit est à une nation vouée au travail ce que la circulation du sang est à l’animal, l’organe de la nutrition, la vie même. Il ne peut s’interrompre que le corps social ne soit en péril. S’il est une institution qui, après l’abrogation des droits féodaux et le nivellement des classes, se recommandât avant toute autre aux législateurs, assurément c’était le crédit. Eh bien ! aucune de nos déclarations de droits, si pompeuses ; aucune de nos constitutions, si prolixes sur la distinction des pouvoirs et les combinaisons électorales, n’en a parlé.

Lire la suite

Europe : Petits conflits entre amis

Dans les premières années du XXIe siècle, l’Europe affiche son désir de mettre à la tête de l’Union européenne un président fort qui la représente sur la scène politique mondiale en affirmant son identité face à des puissances telles que les États-Unis et la Chine. Il faut pour cela modifier la présidence tournante tous les six mois et installer à plus long terme une personnalité solide, qui accompagne l’élargissement prévu de l’Union de manière plus efficace, plus démocratique et plus transparente.

Le documentaire suit l’évolution européenne de 2001, date du traité de Nice, à 2009 au moment de l’élection de Herman Van Rompuy comme président permanent du Conseil européen, en passant par la signature du traité de Lisbonne en 2007. On y voit comment l’enthousiasme des débuts se perd peu à peu dans la gestion des affaires courantes.

Tandis que, de plus en plus, les protagonistes servent des intérêts purement nationaux, le rêve d’une constitution européenne périclite au même titre que le désir d’une présidence forte.

Les témoignages d’hommes politiques aussi divers que Romano Prodi, Herman Van Rompuy, Anders Fogh Rasmussen, Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Joschka Fischer soulignent, d’une certaine manière, l’échec du processus d’unification. Ce que Romano Prodi résume en ces termes : “D’un point de vue historique, nous avons perdu une occasion unique. J’espère seulement qu’elle se représentera (…). Car nous sommes en train de passer d’un monde unipolaire à un monde multipolaire et ne nous voilons pas la face : nous avons raté l’occasion d’être l’un de ces pôles.

Quand Apple rejouait la Seconde Guerre Mondiale contre IBM et Microsoft

Un court-métrage destiné exclusivement aux employés d’Apple et datant de l’époque des premiers ordinateurs Macintosh vient de faire surface sur le Web. Il met en scène la firme à la pomme aux prises avec IBM et Microsoft dans un cadre qui n’est pas sans rappeler la Seconde Guerre Mondiale.

Steve Jobs cessera-t-il un jour de nous étonner ? Que vous soyez fans ou non du personnage, force est de constater qu’il a su réaliser de grandes choses. Et surtout avec des méthodes souvent fort peu orthodoxes. Une nouvelle preuve de cet état de fait vient de faire surface sur le Web, sous la forme d’une vidéo bien particulière.

La vidéo en question est un court-métrage commandé par Apple et destiné initialement à ses employés uniquement. On y voit Steve Jobs prendre la tête d’une armée de soldats aux casques frappés d’une pomme dans un cadre qui rappelle celui de la Seconde Guerre Mondiale. Le court-métrage en question date des jeunes années d’Apple, à l’époque des premiers Mac, lorsque les ennemis jurés s’appelaient Microsoft et IBM.

Malgré le ton belliqueux, les troupes d’Apple utilisent des logiciels et des Macintosh pour seuls armes. Ils prennent d’assaut des bureaux en guise de champ de bataille. Et tous les bureaucrates utilisant des ordinateurs IBM errent comme des zombies avant de se voir libérer par les Mac. Bref, il s’agit d’un sacré court-métrage quand on pense qu’il a été réalisé uniquement dans un but interne et qu’il a mis près de trente ans à se dévoiler au reste de la planète.

Divergences en Europe sur les moyens de relancer la croissance

Le Chypriote Panicos Demetriades, nouveau membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a plaidé samedi pour une stimulation de la croissance au moment où le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, répétait son hostilité à tout financement des mesures de relance par des fonds publics.

Un filet de sécurité solide pour l’emploi et le niveau de vie des citoyens interrompra la baisse des revenus de l’Etat et par conséquent, l’accroissement des déficits (budgétaires) », a estimé le nouveau gouverneur de la Banque centrale de Chypre lors de sa première conférence de presse à Nicosie.

Lire la suite

Grèce : La faim s’établit

Les paroles d’encouragement de la politique ont pour de nombreux Grecs un ton cynique. Après trois ans de récession et d’innombrables mesures d’austérité, ils sont découragés et accablés. La faim et le désespoir se déploient.

Athènes. Sotiris Panagopoulos recompte son argent. Mais il n’y en aura pas plus pour autant. 599,95 euros: Avec ça il devra dans les quatres prochaines semaines entretenir sa femme et ses deux enfants en bas âge. «Comment va-t-on y arriver?» demande cet homme de 35 ans désespérément. 320 euros sont réservés pour la location, en plus il faudra payer les factures d’eau et d’électricité. «En fait, il ne nous reste qu’à peine sept euros par jour pour vivre.» Il y a cinq mois, il a perdu son travail de plombier. L’entreprise a fait faillite d’un jour à l’autre, 23 personnes se sont retrouvées dans la rue.

Les Grecs en troisième année de crise: un peuple découragé et désespéré, accablé par toujours plus de mesures d’austérité. Depuis le début de la crise, l’économie s’est dégradée de presque 15%. Selon l’institution des statistiques de l’UE, Eurostat, déjà 28% des Grecs entre 18 et 64 ans vivent au seuil de la pauvreté. Selon un sondage, une PME sur quatre craint de devoir fermer son entreprise «prochainement».

Panagopoulos n’est pas le seul qui, en ce matin pluvieux, va chercher son allocation chômage à l’agence de l’emploi de Perama. La file d’attente s’allonge chaque mois. Perama se situe à une petite heure à l’ouest d’Athènes sur le golfe Saronique, autrefois, la ville était le centre de l’industrie de la construction navale grecque. Aujourd’hui, ce lieu de 25 000 habitants détient le record du taux de chômage en Grèce: environ 60%. La plupart des entreprises ont des problèmes depuis des années, parce qu’elles ne peuvent plus concurrencer les grands chantiers navals d’Asie. La récession a fait le reste.

Lire la suite

Michéa : L’illusion du clivage droite-gauche

Conférence de Jean-Claude Michéa autour de son essai Le complexe d’Orphée (Ed. Flammarion). Conférence animée par Vincent Taissere, libraire responsable du rayon Philosophie, politique et pensée critique, coordinateur du cycle de conférences La Fabrique de Philosophie.

«  Déracinés de tous les pays, unissez-vous sous l’égide du marché mondial ! » ; tel pourrait donc être, en somme, le nouveau mot d’ordre de la gauche libérale. 

Partie 1:


Lire la suite

L’impôt sur les fainéants

Une chanson interprétée pas Marti en 1931, paroles de Montéhus.

Clip audio : Le lecteur Adobe Flash (version 9 ou plus) est nécessaire pour la lecture de ce clip audio. Téléchargez la dernière version ici. Vous devez aussi avoir JavaScript activé dans votre navigateur.

Que l’on impose les très grandes richesses
Ceux qui possèdent des châteaux, des palais
Ceux dont la vie n’est faite que d’allégresse
Sans nul souci, ne travaillant jamais

Que l’on impose les archimillionnaires
Mais qu’ désormais on laisse à l’ouvrier
Intégralement l’argent de son salaire
Pour qu’il n’y ait plus d’ misère à son foyer
Lire la suite

Ces Européens révoltés

par Paul Krugman

Les Français se rebellent. Les Grecs aussi. Et il était grand temps!

Il s’est tenu des élections dans ces deux pays dimanche, qui se sont révélées être des référendums à propos de la stratégie économique européenne actuelle, et dans les deux pays, les électeurs l’ont rejetée. Il n’est pas évident de savoir comment ces votes vont mener à des changements rapides de politique, mais le temps semble compté pour la stratégie de la relance par l’austérité – et c’est une bonne chose.

Qu’est-ce qui ne va pas dans cette ordonnance qui prescrit des coupes dans les dépenses comme étant le remède des maux de l’Europe ? L’une des réponses tient au fait que la fée de la confiance n’existe pas – c’est-à-dire que les affirmations selon lesquelles les réductions drastiques des dépenses de l’état encourageraient les entreprises et les consommateurs à dépenser davantage ont été réfutées de façon indiscutable par les deux années que nous venons de vivre. Ainsi, la réduction des dépenses dans une économie déprimée ne fait que renforcer la dépression.

L’une des réponses – une réponse qui est plus sensée que ce que presque tout le monde en Europe est prêt à admettre – serait de casser l’euro, la monnaie unique de l’Europe. L’Europe ne se trouverait pas dans cette situation si la Grèce avait encore la drachme, l’Espagne sa peseta, l’Irlande sa livre, et ainsi de suite, parce que la Grèce et l’Espagne auraient ce qu’elles ne possèdent pas aujourd’hui : un moyen rapide de restaurer la compétitivité et de donner un coup de fouet aux exportations, à savoir une dévaluation.

Lire la suite

Fin annoncée de l’ère du billet vert

« Le parcours du dollar américain est insoutenable, et ne sera pas soutenu », affirme James Rickards, auteur de Currency Wars, paru en février chez Portfolio Penguin. Certains jugent que ce livre a des relents de scénario catastrophe, mais il demeure que plusieurs experts consultés par Finance et Investissement s’entendent pour dire que d’ici environ cinq ans, le règne sans partage du billet vert aura cessé. Toute la question est de savoir si cette fin sera ordonnée ou chaotique.

Vérité - Prochaine sortie

Il est certain qu’à court et moyen termes, le dollar reste le maître. Quand il compare le dollar, l’euro et le yen, Jean-René Adam, chef des placements adjoint et vice-président, marchés nord-américains, chez Hexavest, affirme qu’il « aime mieux détenir des dollars américains, car les États-Unis apparaissent comme la zone la moins mal en point ».

Certes, plusieurs critiquent la Réserve fédérale américaine (Fed) et sa manie d’imprimer de l’argent à qui mieux mieux, mais l’Union européenne aussi s’en donne à coeur joie, et le Japon en fait autant depuis 20 ans. À ce jeu, « les monnaies maintiennent tant bien que mal leurs rapports entre elles », fait remarquer André Marsan, président de Sigma Alpha Capital.

Pourtant, sous ces apparences tranquilles s’agitent de puissants courants de fond qui oeuvrent à transformer radicalement le paysage des monnaies au cours des prochaines années. James Rickards assure qu’une guerre des monnaies se déroule, dont la première salve a été lancée en 2009 avec la première ronde d’assouplissement quantitatif de la Fed. Lire la suite

Goldman Sachs : Enquête sur une société secrète

Par Marc Roche

Content, de son sort, de son employeur, Yoël Zaoui affirmait sans broncher que tout allait bien dans le meilleur des mondes. C’était en octobre 2008, la clameur de la crise financière semblait bien éloignée de la salle de réunion glacée de Goldman Sachs International à Londres où le Français, à l’époque codirecteur de la banque d’investissement en Europe, nous avait longuement reçu dans le cadre d’une enquête du Monde sur la banque la plus puissante de la planète.

Trois ans et demi plus tard, le petit prince de cette finance impitoyable est tombé de son piédestal. Après vingt-quatre ans de bons et loyaux services à Goldman Sachs, celui qui avait obtenu le statut d’associé en 1998 avant d’être désigné au saint des saints de la banque d’affaires – le management committee (comité de gestion) – a démissionné début avril, à 51 ans. Le diplômé de HEC et de l’université Stanford aux États-Unis, premier Européen à faire partie du comité de gestion de GS, avait été rétrogradé un an auparavant puis privé en mars 2012 de son strapontin au conseil d’administration de la filiale européenne. Goldman finit toujours par brûler ceux qu’elle a portés au pinacle.

L’histoire – et celle des entreprises n’y échappe pas – a souvent de mordantes ironies. En même temps que la banque avait annoncé le 14 avril le doublement de ses bénéfices, au-delà de toute attente, on apprenait que 70 associés sur 400, les locomotives du business, avaient quitté l’établissement au cours des dix-huit derniers mois.

A première vue, cette hémorragie de banquiers chevronnés aurait dû avoir un effet psychologique déplorable. Il n’en est rien. Car ces départs sont inhérents à la culture d’entreprise exceptionnelle de Goldman Sachs pour laquelle, à rester trop longtemps à leur poste, les banquiers s’engourdissent, se reposent sur leurs lauriers et commettent des erreurs.

Lire la suite