Que ce soit avec Hollande ou Sarkozy : « La France va dans le mur »

Selon Nicolas Bouzou, économiste chez Asteres, les programmes des deux poids lourds des candidats ne sont pas de nature à rassurer les marchés financiers. Il estime que toute augmentation brutale des dépenses sera très rapidement sanctionnée par les investisseurs.

Si les marchés financiers se crispent, je crains que le prochain projet de loi de finances soit des plus austères. Avec les conséquences sociales que l’on peut imaginer.

La zone euro va-t-elle à nouveau être victime de la défiance des marchés financiers ?

Cette défiance est déjà perceptible vis-à-vis de certains pays fragiles. C’est le cas de l’Italie mais surtout de l’Espagne, en témoigne la récente et brutale augmentation des spread entre les taux espagnol et allemand à 10 ans.
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Les assistés de la France d’en haut sont-ils « intouchables » ?

Les plus favorisés sont aussi assistés que les autres. La leçon d’assistanat donnée à la France d’en-bas est moralement inacceptable et politiquement risquée.

Certaines aides sont même ciblées sur les plus riches. C’est le cas par exemple des très nombreuses réductions d’impôt (aussi appelées « niches fiscales »). Elles vont coûter en 2012 la bagatelle de 66 milliards d’euros à la collectivité en pertes de recettes fiscales.

Ainsi, les femmes de ménage et autres personnels à domicile – comme ceux qui entourent François Cluzet dans le film Intouchables – sont largement subventionnés. En 2008, cette niche fiscale a coûté 2,3 milliards d’euros de recettes à l’État. Des travaux à domicile en passant par les investissements dans les Dom-Tom ou l’immobilier locatif, ces niches vont pour l’essentiel aux plus aisés. Ainsi, les deux tiers des baisses d’impôt pour l’emploi de personnel à domicile sont allés aux 10 % des contribuables les plus favorisés selon un rapport officiel d’évaluation des niches fiscales paru en juin 2011 (consulter en ligne).

Le mécanisme du quotient familial de l’impôt sur le revenu, même plafonné, procure un avantage qui augmente avec le niveau de vie et le nombre d’enfants : 10 milliards sont ainsi distribués [3]. L’avantage se monte à 2 300 euros annuels à partir de 5 000 euros de revenus mensuels, pour les familles avec deux enfants, à 4 600 euros au maximum à partir de 6 000 euros mensuels, pour les familles avec trois enfants et atteint 9 000 euros à partir de 7 500 euros mensuels.

Tout en critiquant le niveau de protection sociale dont disposent les plus faibles, les hauts dirigeants négocient pour eux-mêmes des protections financées par l’entreprise, qui les mettent à l’abri pour plusieurs générations en cas de départ involontaire. Ainsi par exemple, Anne Lauvergeon, débarquée d’Areva (nucléaire) l’an dernier, recevra 1,5 million d’indemnités de départ, plus d’un siècle de Smic. Elle touchait déjà un revenu d’un million par an. Au-delà, les revenus qu’ils s’octroient suffisent à se protéger du besoin pour plusieurs générations. Ainsi, à 70 ans, Maurice Levy, président du directoire de l’agence de publicité Publicis va recevoir pas moins de 16 millions d’euros de rémunération différée (bonus) pour avoir « rempli ses objectifs »… L’équivalent de 1 300 ans de Smic.

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Le chômage des jeunes explose

La moitié des Grecs et des Espagnols de moins de 25 ans sont sans emploi. Les experts accusent la rigidité du marché du travail.

Manifestation à Madrid, avril 2011 - "Jeunesse sans futur - Sans logement, sans boulot, sans retraite, sans peur"

En Europe, décrocher un emploi lorsque l’on a moins de 25 ans est devenu un défi quasi insurmontable. Une chance sur deux, à peine, de le relever à Athènes. Le chômage, qui frappe désormais 21,08% de la population active dans le pays (ce taux a doublé en un an), grimpe à 50,8% pour les moins de 25 ans, selon les données du mois de janvier, publiées le jeudi 12 avril.

La Grèce, aspirée par la récession et minée par le surendettement, est l’un des cas les plus dramatiques de la zone euro sans, pour autant, être un cas isolé. Le pays vient de dépasser le « record » de l’Espagne, où 50,5% de la jeunesse est sans emploi et assombrit un panorama sinistré en Europe. Au Portugal (35,4%), en Italie (31,9%) et, dans une moindre mesure, en France (21,7%), le chômage frappe la nouvelle génération dans des proportions spectaculaires.

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Inde : La « Révolution verte », évolution ou régression ?

Suite à la prise de son indépendance en 1947, l’Inde a directement voulu amorcer un processus d’industrialisation massive de son outil de production. Un tel projet ne pouvait être envisagé sans le développement préalable d’un secteur agricole suffisamment robuste pour subvenir aux besoins alimentaires primaires d’une armée de potentiels travailleurs industriels.

C’est par le biais d’une Révolution verte, dans les années 1960, que l’Inde a pu développer considérablement son agriculture. Notamment grâce à l’utilisation massive d’engrais chimiques et de pesticides. A court terme, ces produits ont engendré des rendements faramineux, bien au-delà des espérances des 650 millions de paysans indiens. Mais l’illusion verte a été de courte durée : terres rendues stériles, appauvrissement des sols, perturbation de l’équilibre de la biosphère,…

Autant de conséquences du productivisme démesuré en mal de rendements immédiats et nullement respectueux du processus long et laborieux de régénération des terres. A l’heure où des centaines de paysans indiens ne voient d’autres solutions que le suicide face à leurs difficultés, peut-on encore parler de « révolution » pour qualifier le développement agricole indien? L’industrialisation de l’Inde devait-elle se faire au détriment de sa population, pour la plupart dépendante du secteur agricole ?

Les conséquences économiques et écologiques de la Révolution verte en Inde

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La terre est-elle une marchandise comme une autre

Entretien avec Alexis Marant, réalisateur du documentaire « Planète à vendre » prix spécial du jury 2012 au FIGRA. Il nous explique la mainmise des terres cultivables par les pays riches et émergents dans les pays en voie de développement.

Wall-Street a-t-elle trouvé la pierre philosophale financière ?

D’après un récent sondage IFOP, deux tiers des Français estiment que l’or est une valeur sûre. Le placement de « bon père de famille » par excellence, avec l’immobilier. Dans ce cas pourquoi le spéculateur Georges Soros (dont on peut penser ce que l’on veut mais qui a du flair pour les bonnes opportunités) a-t-il récemment déclaré : « L’or est la bulle ultime » ? Associer une valeur sûre, l’or, à une bulle spéculative pourrait sembler contradictoire au premier abord.

Les financiers ressemblent à des nuées de sauterelles qui dévastent méthodiquement des cultures. Quand ils ont fini quelque part, après avoir provoqué une crise au passage, ils se déplacent vers des territoires encore inexploités. D’abord les matières premières agricoles (2007), les subprimes et les CDS (2008), les dettes souveraines (2011). Depuis 2011, la spéculation bat son plein sur les métaux précieux.

Une chose est sure en revanche, d’après certains audit récents, il manquerait des dizaines de milliards d’or physique dans le système pour pouvoir garantir l’or-papier en circulation sur les marchés financiers. Et cela ne va pas s’arranger, vu que tout le monde se rue sur les ETC.

Les financiers viennent donc d’inventer la pierre philosophale du XXIème siècle : ils transforment sans scrupules dans le chaudron de Wall Street le papier en or.

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La capitale bulgare livrée à dix mille chiens errants

Après la mort à Sofia d’un professeur à la retraite déchiqueté par une meute, l’indignation est à son comble.

Dans une main la laisse enserrant le cou de Laura, un jeune cocker à la robe abricot, dans l’autre un bâton de hockey. « J’ai peut-être l’air ridicule, mais ainsi je crains un peu moins leurs assauts », explique Ivan Draganov, un ingénieur à la retraite du quartier d’Iztok, à Sofia.

Cet arrondissement plutôt chic n’échappe pas à ce fléau de la capitale bulgare : les chiens errants. « Ils sont la cause de mes pires cauchemars », souffle Svetlana, mère de deux enfants en bas âge. Tous les ans, la presse rapporte des cas d’attaques - certaines aux conséquences dramatiques pour les victimes. « C’est, de loin, notre plus gros problème », reconnaît la maire de Sofia, Iordanka Fandakova (Gerb, le parti au pouvoir). Lire la suite

Les BRICS et la chute de l’autre mur

Quand les pays émergents dessinent le nouveau monde. Le système créé à Bretton Woods il y a 70 ans est sur le point de s’effondrer. Il ne s’agit pas d’un naufrage abrupt mais de l’érosion lente de sa légitimité et de la capacité de diriger les questions mondiales. A sa place, lutte pour naître un nouvel ordre dont les fondations ont commencé à construire le IV Sommet des BRICS à New Delhi.

Nous vivons un partage des eaux, assure l’historien Paul Kennedy. L’historien préfère ne pas aborder les changements brusques comme les grandes guerres, mais « l’accumulation lente de forces transformatrices, en grande partie invisibles, presque toujours imprévisibles, tôt ou tard, qui finissent par transformer une époque en une autre distincte ».

Dans son analyse, il remarque quatre « forces transformatrices ». La première est l’érosion constante du dollar qui a cessé de représenter 85 % des devises internationales pour se situer autour de 60%. Nous marchons vers un monde dans lequel il y aura seulement trois grandes devises de réserve : le dollar, l’euro et le yuan. La deuxième est la paralysie du projet européen. La troisième est l’ascension de l’Asie qui suppose la fin de « 500 ans d’histoire » sous l’hégémonie de l’Occident. La quatrième est la décrépitude des Nations Unies.

Le regard sur le long terme de l’historien pourrait être complété par le court terme de l’analyse stratégique comme celle qu’ ébauche le Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (Leap) dans l’analyse des tendances globales de la dernière année : « En mars 2011 nous étions encore dans le monde unipolaire post 1989. En mars 2012 nous sommes déjà dans le monde multipolaire post crise qui hésite entre confrontations et collaborations » (Geab No. Le 63, 17 mars 2012). En résumé, nous sommes arrêtés sur une articulation /conjonction de changements profonds qui laisseront leur empreinte sur le monde du 21e siècle.

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Les robots cherchent du boulot

Techniquement, les nouvelles machines sont prêtes à devenir manutentionnaires, co-workers et même CEO. Y aura-t-il assez d’emplois ?

Foxconn est une entreprise monde. Le groupe taiwanais qui emploie 1,5 million de personnes en Chine continentale pour assembler les iPhone et autres iPad est, sans doute, le plus grand employeur privé de la planète. Malgré cela, l’entreprise a du mal à suivre les commandes frénétiques de son principal client: Apple. Il y a deux ans, cette situation a conduit à une vague de suicides d’ouvriers pressurisés. Foxconn a répondu avec des moyens classiques: cellule de crise, audit et augmentations de salaire. Mais elle a aussi pris une décision parfaitement inattendue pour une entreprise chinoise: le recrutement d’un million de robots. A elle seule, cette décision va doubler la population mondiale de robots d’ici à trois ans.

Foxconn embauche en ce moment même 2000 chercheurs dans un nouveau centre de recherche et développement à Taiwan pour déployer ces robots fin 2013. Mi-mars à Lyon, au salon Innorobo, le principal rendez-vous du secteur en Europe, la stratégie de Foxconn était une des histoires les plus commentées par les professionnels.

C’est qu’entre le plongeon du prix des composants, l’explosion de la puissance de calcul – démultiplié par l’informatique à distance du cloud computing – et les avancées de la recherche, les nouveaux robots dits de services (par opposition aux robots aveugles, sourds et stupides de l’industrie classique) sont prêts à travailler. Toutefois, comme le relève Nicola Tomatis, CEO de l’entreprise lausannoise BlueBotics: «La question que se pose désormais tout le secteur, c’est de savoir pour quel emploi?» Selon Martin Hägele, le directeur de la robotique du Fraunhofer Institute de Stuttgart, il y a dans le monde aujourd’hui 250 entreprises de robotique de services dont une centaine en Europe et une dizaine en Suisse. Certaines ont trouvé des applications à succès comme Intuitive Surgical avec son robot chirurgien Da Vinci (1 500 vendus), Lely avec son robot-trayeuse (12 500) ou bien encore Kiva Systems, une entreprise cofondée par le professeur de l’ETH Zurich Raffaello D’Andrea, qui cartonne dans les centres de stockage.

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Les cités de la peur

A quoi ressembleraient les plus grandes villes du monde, le jour d’après ? Des villes totalement vidées de toute présence humaine et animale, sans voitures, sans mouvement, sans âme qui vive.

C’est l’objet de Silent World, cette série de photos réalisées par Lucie & Simon, deux artistes-photographes parisiens, qui ont passé à l’aspirateur à humains plusieurs clichés pris à Paris, New York, Londres ou encore Pékin, ne laissant comme repère qu’un survivant au milieu de nulle part.

La technique employée est celle d’un filtre spécial à densité neutre qui permet de très longues expositions (là je sens que les photographes professionnels vont se dépêcher de venir me corriger), ce qui élimine tous les objets en mouvement. Une technique utilisée par la NASA pour analyser les étoiles.

Le résultat : cette vidéo aussi fascinante qu’inquiétante, dont le côté dramatique est largement renforcé par le choix de l’illustration sonore signée Philip Glass et Daft Punk, où les villes sont devenues des déserts urbains.

Europe : les traders siffleront bientôt la fin de la récré

par Jacques Sapir

Contrairement à ce que prétend le président sortant, la crise est toujours là. Selon l’économiste Jacques Sapir, elle éclatera à nouveau cet été, peut-être même avant. Après avoir diagnostiqué les raisons de ce rebond de la crise des dettes souveraines, Jacques Sapir s’engage et affirme que les principaux candidats n’y sont pas préparés et semblent dans le déni de réalité.

Depuis le début de cette semaine, les opérateurs des marchés financiers signifient à tout le monde que la crise de l’euro est toujours d’actualité. Le mercredi 4 avril, l’Espagne a placé avec beaucoup de difficultés un emprunt d’un peu plus de 2,5 milliards avec des taux qui sont passés de 3,38% à 4,42%. La décote sur le marché secondaire de cet emprunt implique un taux d’intérêt de revente de ces titres à 4,8%. Encore ne s’agit-il que de titres à court terme. Les obligations à dix ans espagnoles, qui étaient tombées au début du mois de mars à 5%, sont aujourd’hui à 5,7%.

En fait, le phénomène de baisse générale des taux que l’on observait depuis début janvier, et qui était le produit de l’injection massive de liquidités par la Banque centrale européenne (BCE) au profit des banques commerciales (489 milliards en décembre 2011 et 529 milliards en mars, à 1% d’intérêt), s’est arrêté. La BCE a accru son bilan de 30% en quatre mois, mais pour un résultat des plus limités. Le mouvement de hausse des taux a repris.

L’Espagne, qui a une dette publique encore relativement réduite (69% en 2011) voit son économie s’effondrer. On y annonce une contraction de -1,7% de la production, mais il ne fait guère de doute que celle-ci soit plutôt comprise entre -2,5% et 3%. Le chômage y atteint 23,6% de la population active au 1er mars 2012. Ceci a provoqué une contraction des recettes budgétaires. Le déficit sera donc, en 2012, très supérieur aux 6% annoncés.

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Halte au tabou, il faut ouvrir le débat sur le protectionnisme

Par Jean-Luc Gréau

Une usine en Chine

Quand on les interroge sur la question du libre-échange et de la protection commerciale, différentes personnalités publiques réagissent par la même pétition de principe : « Le protectionnisme, c’est ringard et réactionnaire ». Comment se fait-il que Gérard Longuet, Manuel Valls, Nicolas Baverez et Mathieu Pigasse, pour citer les plus notoires, s’expriment d’une même voix, comme s’ils n’étaient que les perroquets d’un discours élaboré par d’autres qu’eux pour les besoins de la cause libre-échangiste ?

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Espagne : La santé et l’éducation sacrifiées sur l’autel de la rigueur

Annoncée en plein lundi de Pâques, la nouvelle coupe budgétaire de 10 milliards d’euros par le gouvernement Rajoy a surpris les Espagnols. La santé et de l’éducation sont touchées de plein fouet. Lundi de Pâques, le gouvernement de Mariano Rajoy a annoncé par communiqué de presse, une diminution de 10 milliards d’euros des budgets de l’éducation et de la santé.

Luis de Guindos, ancien président exécutif de Lehman Brothers pour l’Espagne et le Portugal, actuel ministre espagnol de l'économie et de la compétitivité, et Jean-Claude Junker, à Bruxelles le 12 mars 2012 (merci à @Harzach pour l'illustration et ses précisions)

Ceci, une semaine après les 27 milliards d’euros d’économies décidés lors de la présentation du budget 2012. Dans un pays où une grande partie du pouvoir est décentralisé, ces nouvelles coupes budgétaires concernent, au premier chef, les gouvernements régionaux.

N’étant pas tous à droite comme le gouvernement central, Madrid laisse aux régions le choix de certaines coupes budgétaires afin de ramener le déficit public à 5,3% du PIB (contre 8,5% l’année dernière).

« Les régions sont responsables des dépenses sanitaires et d’éducation » a justifié le ministre de l’économie, Luis de Guindos. Cayo Lara, de la fédération d’opposition UI, juge que les villes et les régions vont devoir faire le choix de l’offre de soins qu’ils mettront en place et que cela créera des discriminations suivant le lieu de résidence.

Le gouvernement a tenté de calmer le débat en précisant qu’aucun plan d’action n’est pour l’instant validé et que les choix ne se feront qu’après des négociations avec les régions.

La santé pour soigner le pays
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Onde(s) de choc, jusqu’où les mènera la crise ?

Que se passe-t-il lorsqu’une usine ferme ses portes ? Trois ans après la fin de New Fabris, à Châtellerault, le web-documentaire « Onde(s) de choc » vous emmène sur place. Que deviennent les ouvriers ? Entre galères, espoirs, remises en question et secondes chances… Ils nous entraînent dans leur nouvelle vie. Découvrez jusqu’où les mènera la crise…

Onde(s) de choc prendra d’abord la forme d’un blog : pour raconter notre enquête au gré des rencontres avec les anciens de New Fabris. Au bout de l’enquête, les témoignages de nos personnages prendront place dans un web-documentaire interactif, mêlant la photo, le son et la vidéo.

WebDocu

1972-2012 : le Club de Rome confirme la date de la catastrophe

Il y a quelques semaines, le Club de Rome célébrait le quarantième anniversaire de son célèbre rapport (surnommé « Halte à la croissance ? »), dit aussi Rapport Meadows, du nom de son principal rédacteur. Ce rapport avait été présenté au public le 1er mars 1972, à partir d’une commande faite par le même Club de Rome (créé en 1968) au Massachusetts Institute of Technology (MIT) en 1970.

Cette célébration a donné lieu à un symposium le 1er mars 2012, dont les conclusions sont présentées sur le site du Club de Rome. Dans le même temps, un des organisme en charge du rapport, le Smithsonian Institution, rend public une version actualisée pour 2012 du rapport de 1972. Il s’agit, en fait d’un second rapport, utilisant la même méthodologie que le premier, avec les mêmes acteurs, le Club de Rome commanditaire et le MIT exécutant. Les instruments d’analyse ont cependant été modernisés, pour tenir compte des importants progrès accomplis dans les méthodes d’observation et de prévision.

Le point essentiel, que tous les gouvernements, que toutes les entreprises, tout les média auraient du noter, est que le rapport de 2012 confirme celui de 1972. Celui-ci donnait soixante ans au système économique mondial pour s’effondrer, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement. La situation est confirmée par la formule du Smithsonian Magazine, « The world is on track for disaster… », autrement dit, “tout se déroule comme prévu pour que survienne le désastre”.

Ce désastre, comme le résume le physicien australien Graham Turner, qui a succédé à Dennis Meadows comme rédacteur coordonnateur, découlera du fait que, si l’humanité continue à consommer plus que la nature ne peut produire, un effondrement économique se traduisant pas une baisse massive de la population se produira aux alentours de 2030.

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