La crise imposera des ajustements douloureux… pour certains

La crise implique une perte irréversible de PIB (Produit Intérieur Brut) dans les pays de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques).

En effet, elle voit disparaître la partie de la demande intérieure qui était financée par la hausse de l’endettement.

Autrement dit, avant la crise, le PIB était dopé par le crédit, et cette partie du PIB disparaît.

La crise est alors particulièrement sévère, parce qu’elle implique la baisse de tout ce qui était proportionné au niveau antérieur de PIB : du côté des entreprises, les capacités de production et l’emploi ; du côté des États, les dépenses publiques.

L’ajustement (rétrécissement) des entreprises étant beaucoup plus rapide que celui des États, la situation des finances publiques se dégrade fortement.

Par ailleurs, si l’exigence de rentabilité du capital, dans les pays de l’OCDE, reste la même que ce qu’elle était avant la crise, le freinage durable de la croissance imposera aux entreprises, pour maintenir les revenus des actionnaires, de comprimer fortement les coûts salariaux, comme on l’a vu au Japon et en Allemagne depuis 10 ans.

L’arrêt de la hausse des taux d’endettement conduirait donc, en raison de son effet négatif sur la croissance, à une inégalité croissante du partage des revenus, au détriment des salariés, avec les conséquences sociales prévisibles.

Sauf si l’exigence des actionnaires des entreprises diminuait, en ce qui concerne la rentabilité du capital.

Il est permis de rêver…

Source NATIXIS: document 1, document 2

Les conséquences néfastes du soutien de l’économie par le crédit

Le soutien de la demande par le crédit, qui a été très important de 1996 à 2007, et que les gouvernements voudraient faire réapparaitre aujourd’hui, a bien sûr des inconvénients financiers : excès d’endettement, niveau élevé des défauts d’emprunteurs dans les récessions, risque de crise bancaire, etc.

Mais il existe une autre conséquence structurelle néfaste, peu analysée, de l’utilisation du crédit pour stimuler la demande : la déformation de la structure de l’économie vers les biens et les secteurs liés au crédit au détriment des autres.

Il s’agit d’abord de biens de consommation durables, le problème pour les pays de l’OCDE étant qu’il s’agit de biens massivement importés ; il s’agit ensuite de secteurs domestiques utilisant des emplois peu sophistiqués : construction, distribution…

L’utilisation du crédit pour stimuler la croissance conduit donc d’une part à la hausse de la part des produits importés dans la demande intérieure, d’autre part à ce que les emplois qualifiés détruits (dans l’industrie) sont remplacés par des emplois peu qualifiés dans les secteurs liés au crédit et non par d’autres emplois qualifiés.

NATIXIS

La taxe carbone est une discrimination économique

Evens Salies, économiste à l’OFCE, revient sur la Contribution climat énergie et l’abandon du principe de taxe carbone appliquée à l’électricité.

“Une taxe carbone sur les énergies fossiles est justifiée sur le plan de la théorie économique si elle reflète le coût supplémentaire que la pollution par le carbone inflige à la société.

Mais fonder une taxe s’appliquant aux ménages à partir d’un prix du CO2 sur le marché des émissions pour les entreprises, c’est du pifomètre. La taxe devrait être d’un montant progressif, en fonction des revenus. En effet, la demande des ménages les plus riches -qui sont aussi les plus gros consommateurs- est moins sensible à une variation du prix. Leur facture énergétique représente une plus petite part de leurs revenus que dans le cas des plus modestes. Ils possèdent des équipements de confort consommateurs d’énergie –piscines, climatisation- tout en se souciant moins du prix de l’électricité.

Si on voulait instaurer un système équitable, il fallait que le montant de la taxe tienne compte de ces différences. Le plus simple aurait été de taxer plus ceux qui sont les moins sensibles, c’est-à-dire les plus riches, qui sont donc généralement ceux qui consomment plus. Il s’agit d’une discrimination justifiée sur le plan de la théorie économique.E24

(Merci à Léonidas)

Incertitude sur les vrais chiffres du chômage

Les statistiques de l’emploi pour le deuxième semestre, ont été publiées le 10 septembre 2009.

Quant à leur interprétation, des divergences opposent le Ministère de l’Emploi, l’INSEE, l’UNEDIC et le Pôle Emploi, d’une part, aux URSSAF, d’autre part.

Selon l’AFP, tout le monde constate que les destructions d’emplois ont continué. Mais le chiffre de l’augmentation du chômage varie presque du simple au triple selon les organismes ! Les désaccords portent notamment sur l’évolution de l’intérim.

Selon l’INSEE, il y a eu 106.800 destructions nettes d’emplois dans le privé (-0,6% sur trois mois, -2,1% sur un an), après 178.700 au premier trimestre.

La dégradation exponentielle constatée depuis presque un an, semble donc ralentir. Sur douze mois, pour l’INSEE, les pertes nettes ont atteint 381.000. Le nombre de salariés n’était plus que de 17,9 millions fin juin 2009. Lire la suite

Le dynamisme des marchés boursiers est trompeur

Les indices boursiers franchissent des seuils exceptionnels. Le Footsie britannique est passé au-dessus des 5 000 points, tandis que le Standard & Poor’s 500 de la Bourse de New York s’est maintenu au-delà des 1 000 points pendant plus d’un mois. Quelle peut en être la raison ?

L’envolée de ces indices – le MSCI, composé de valeurs internationales, a progressé de 63 % depuis mars – pourrait signifier que la panique bancaire de 2008 a pris fin. La peur et la raréfaction du crédit ont conduit l’an dernier à un effondrement rapide de l’activité des entreprises. Mais ce genre de crise est immédiatement suivi d’un rebond du PIB.

Ce rebond ressemble au sursaut d’un patient qui se réveille à la suite d’une longue intervention chirurgicale ayant nécessité une anesthésie générale puissante. Le Livre beige de la Réserve fédérale (Fed), qui passe en revue l’économie américaine, a été publié mercredi. Il montre que les ventes de détail stagnent, que la demande est faible sur le marché immobilier professionnel et que l’activité dans le bâtiment continue de baisser. Le Baltic Dry Index, mesurant l’activité du commerce mondial, a reculé de 42 % depuis juin.
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Une forte majorité de Français s’opposent à la réforme des retraites

Le Conseil d’Orientation des Retraites va réévaluer à la hausse le besoin de financement des retraites.

Les dernières projections de 2007 se fondaient sur des hypothèses trop optimistes. La crise les a rendues totalement obsolètes. Dans ses nouvelles projections, le Conseil ferait l’hypothèse d’une progression continue de la durée de cotisation jusqu’en 2050, à au moins 43 ans. Le Conseil d’orientation des retraites prévoyait jusqu’alors un déficit annuel de près de 25 milliards d’euros en 2020 et de 70 milliards d’euros en 2050 pour l’ensemble des régimes de retraite. (Source)

En parallèle, « une forte de majorité de Français refusent de renoncer à leurs acquis en matière de retraite « (sondage du 07 septembre 2009).

Aucune des trois pistes possibles pour réformer les retraites en France n’est jugée acceptable par les personnes interrogées :

• 89,5% des sondés estiment inacceptable une baisse des pensions,

• 65,9% refusent toute augmentation de la durée de cotisation,

• 63% sont contre un relèvement de l’âge de départ. » (Source)

(Lire les commentaires : FDS)

L’agriculture connaît la crise la plus grave depuis trente ans

L’agriculture traverse « la crise économique la plus grave de ces trente dernières années », a affirmé lundi le ministre de l’Agriculture, Bruno Le Maire, évoquant les difficultés du secteur laitier et de la filière fruits et légumes.

Tout en excluant un retour « à des prix administrés et à des quotas », M. Le Maire a appelé à « une nouvelle régulation européenne du marché laitier » qu’il entend « construire » avec l’Allemagne.

A propos des producteurs français, M. Le Maire a annoncé le déblocage immédiat des 30 millions d’euros du plan d’aide, promis en juillet. Il s’est aussi engagé à verser le 16 octobre les avances sur les aides européennes.

Une réunion est prévue mercredi avec les banques afin de tenter de résoudre les problèmes de trésorerie des producteurs laitiers. Lire la suite