Espagne : la malédiction du « ladrillo »

Tous, absolument tous les maux de l’Espagne, aujourd’hui, se résument en un seul mot : « ladrillo ». Ce terme, qui veut dire « brique » en français, est souvent utilisé de l’autre côté des Pyrénées pour parler de la folie immobilière des années 2000.

Une frénésie qui a conduit le pays à construire, au plus fort du boom, autant de logements qu’en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne réunies ! Une bulle d’illusions qui a érigé le pays en modèle de croissance dans toute l’Europe, avant de le faire sombrer dans une crise sans précédent : explosion du déficit public, hausse inexorable du taux de chômage et ébranlement profond du secteur bancaire.

Une étude attentive des revenus fiscaux de l’Espagne durant ces dix dernières années fait apparaître une effrayante réalité : en 2009, les administrations publiques (l’Etat et les régions) ont collecté 144 milliards d’euros d’impôts, contre 200 milliards en 2007, année du pic du boom immobilier. Une chute des recettes de 56 milliards en deux ans ! Pas étonnant, dès lors, que l’Espagne soit brutalement passée d’un surplus budgétaire de 1,9 % du PIB en 2007 à un déficit de 11,1 % en 2009. Lire la suite

« Géopolitique de la France, plaidoyer pour la puissance »

Philippe Conrad s’entretient avec Pascal Gauchon autour de son dernier ouvrage, « Géopolitique de la France » (Presses Universitaires de France, 2012).

La France est une puissance moyenne… mais c’est une des premières puissances mondiales. On l’oublie trop. C’est dans beaucoup de domaines la principale puissance européenne, on n’y pense jamais assez. Voici un livre pour remettre quelques idées en place et en rappeler les évidences. Une potion anti-autodénigrement.


Le livre de Pascal Gauchon. « Géopolitique de la France » est de cette sorte de livres qu’il faudrait garder à porter de main, pour les moments de spleen. Son sous-titre, « Plaidoyer pour la Puissance », présente un livre, qui peut se concevoir comme une potion contre les désordres mentaux causés par les inconséquences des Agences de notation, le déferlement des « modèles », dont le dernier en date, l’Allemand, et par les accusations de type guerre civile venant de générations autoproclamées « spoliées par leurs ainées ».

C’est un livre qui énonce, sans fard ni outrance que si la France n’est qu’une puissance moyenne, elle est toujours parmi les cinq premières puissances du monde pour le PNB, pour les exportations, que, parmi les nations européennes, elle est au premier rang dans un nombre impressionnant de domaine et que, dans le futur, elle sera première par sa population.
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Notation des entreprises: démanteler l’oligopole des Agences américaines

Dans le précédent article, « les agences de notation sont-elles condamnables« , on avait insisté sur les responsabilités des investisseurs trop contents de s’appuyer sur la note « absolutoire » d’une Agence de notation pour fonder leurs décisions. Cela coûterait moins cher? Comme s’il était tolérable qu’une banque délègue ses décisions de crédits à une Agence irresponsable!

Là, me dira-t-on, franchement, vous n’allez pas barguigner les mérites des agences de notation! On sait bien que vous êtes réservé à l’égard de la notation de la dette  souveraine. La notation de la dette des entreprises,  il n’y a pas de raison. Les entreprises de notation s’y adonnent depuis plus de cent ans. Personne n’y a trouvé à redire….
A ce stade les remarques qui pourraient être faites à l’encontre des Agences de notation sembleraient être injustifiées et même injustes.

Si, il y a à voir et beaucoup plus que ce que les Agences de notation n’en ont envie. Et d’abord, il y a une de ces petites choses sans intérêt qu’on ne regarde plus parce que …franchement… c’est un peu mesquin de s’y intéresser : le prix de l’information ou de l’opinion puisque coter c’est, nous serinent sans cesse les agences de notation, fournir une opinion. Quand on achète un journal d’information financière, quand on paye un abonnement internet, on paye de sa propre poche l’information et l’opinion dont on souhaite disposer. Or, ce n’est précisément pas le cas des Agences de notation. Autrefois, leur business model était celui d’un journal d’information financière. Elles étaient des journaux ou des périodiques de ce type. Aujourd’hui, ce n’est pas l’investisseur qui vient « acheter de l’opinion », c’est l’émetteur de la dette, l’emprunteur. Donc, l’intéressé, celui qui va essayer de vendre en bourse les obligations ou les emprunts dont il a besoin, paiera l’Agence de notation pour qu’elle conduise les études destinée à délivrer une notation. Cette évolution, récente, du business model des Agences ne cesse de surprendre. Les critiques se retrouvent des deux côtés de l’atlantique pour dénoncer ce genre de pratique.

Revenir sur les « avantages acquis » des Agences de notation

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LEAP : 2ème semestre 2012 – Convergence de quatre facteurs explosifs : Banques-Bourses-Retraites-Dettes

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, 15 mai 2012

Les quatre cavaliers de l'Acropol...ypse

En attendant que l’Euroland se dote, d’ici la fin 2012, d’un projet politique, économique et social commun de moyen et long termes, suite notamment à l’élection du nouveau président français François Hollande, anticipée depuis de nombreux mois par le LEAP, les opérateurs resteront prisonniers des réflexes de court terme liés aux soubresauts politiques grecs, aux incertitudes sur la gouvernance de l’Euroland et aux risques sur les dettes publiques.Parallèlement, aux Etats-Unis, la dissipation de l’illusion d’une reprise (1) cumulée au renouveau d’inquiétudes sur l’état de santé du secteur financier américain (dont JPMorgan vient d’illustrer la fragilité) et au grand retour du problème de l’endettement du pays conduisent les acteurs économiques et financiers à envisager un avenir de plus en plus inquiétant (2).

Au Royaume-Uni, le retour en récession du pays se conjugue à l’échec de maîtrise des déficits et à la montée d’une colère populaire face à une austérité qui n’en est pourtant qu’à ses débuts (3).

Au Japon, l’atonie économique et l’affaiblissement des exportations dans un contexte de récession mondiale (4) font ressortir le spectre de l’endettement excessif du pays.

Dans ce contexte, selon le LEAP, le second semestre 2012 va être le moment privilégié de la convergence de quatre facteurs explosifs pour les économies occidentales : banques, bourses, retraites et dettes. Lire la suite

Neuromarketing : Consommateurs pris au piège

Enquête sur le neuromarketing mis en place par la grande distribution et les commerçants pour inciter à acheter : cette méthode redoutable incite à l’achat.

Les magasins manipulent les sens des clients grâce à de la musique, des parfums et des visuels. Ces astuces permettent de déclencher l’acte d’achat. Les professionnels du marketing détournent des technologies médicales directement liées à l’étude du cerveau.

Cette méthode, appelée neuromarketing, permet ainsi de deviner ce que veut le client sans même que ce dernier ait à y réfléchir. Ce business importé des États-Unis séduit les industriels français, qui le développent pour augmenter leurs ventes.

(Merci à Romégas)

Crise grecque : Adieu l’Euro ?

Débat fort animé entre économistes :

- Jean-Jacques Rosa, auteur de « L’Euro, comment s’en débarrasser? »

- Philippe Dessertine, Directeur Institut des Hautes Finances,

- Jean-Dominique Guiliani, Président de la Fondation Robert Schuman.

Partie 1:

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Olivier Delamarche : «On a faillit tous périr à cause de JP Morgan»

Olivier Delamarche, du groupe Platinium Gestion, le 15 mai 2012 sur BFM Radio, met les points sur les i, dans l’émission « Intégrale Bourse. »

« Dans ce genre de banques il n’y a pas contrôle qui soient opérés, on continue à prendre les mêmes risques – Ils sont assurés par les banques centrales, donc il n’y a pas de raison de ne pas continuer – Il faut aller plus loin que le Glass-Steagall Act et que ces banques soient reprises par l’État – Le boulot des banques n’est pas de jouer sur les marchés. »

La fin du téléphone ?

La lecture de la semaine est un article de l’essayiste Tom Vanderbilt, paru tout récemment dans The Wilson Quaterly. Il s’intitule “L’appel du futur”.

L’auteur commence par rappeler que ces derniers temps, a été annoncée à plusieurs reprises (TechCrunch, Wired) la fin du téléphone, en tant que transmission d’informations par la voix. Il y a selon lui des signes à ce changement culturel majeur : on utilise nos téléphones plus qu’avant, certes, mais la part de la voix diminue. Pour preuve, le temps de la communication vocale est en forte baisse : de 3 minutes en moyenne en 2003, on est passé à 1 minute et 47 secondes en 2010. Que se passe-t-il donc, se demande Vanderbilt ? Il identifie 3 causes majeures à cette évolution.

L’une est économique : dans beaucoup de pays d’Europe, par exemple, envoyer des textos est moins cher que de téléphoner. Mais il y a aussi des raisons de convenance, et l’impression qu’un coup de fil est moins une invitation à la prise de contact qu’une expérience troublante et potentiellement disruptive : après l’avoir oublié pendant longtemps, on renouerait avec l’impression qu’un coup de téléphone interrompt d’abord notre interlocuteur dans son activité. D’où la question que se pose l’auteur : avant de se demander ce que serait demain le téléphone, n’est-il pas plus intéressant de se souvenir de ce que c’était qu’un appel téléphonique ?

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Le mensonge de Fukushima

Ce documentaire cherche à comprendre comment et pourquoi cette catastrophe a pu se produire, et comment les patrons du nucléaire et le gouvernement y ont fait face.

L’enquête montre qu’avant même la catastrophe, il existait un réseau criminel dans l’industrie de l’énergie, qui a gardé secrets de graves erreurs et défauts afin de réduire les coûts.

Pendant des décennies, de nombreux travailleurs et fonctionnaires de haut niveau sont contraints au silence. Des témoins bien informées, comme Kei Sugaoka, ancien ingénieur en sécurité nucléaire, parlent des pratiques criminelles de la société TEPCO…


Le « factchecking » est en train de nous détruire

Les seuls débats économiques du moment sont des débats de chiffres. Chiffres inutiles, chiffres illusoires, ils masquent l’essentiel de la situation qu’ils prétendent décrire, et permettent aux responsables politiques d’oublier qu’ils sont en charge de notre avenir.

«Quel est le pays, le pays, il y en a un, qui n’a pas connu un trimestre de récession depuis 2009? C’est la France. [...] Y a-t-il un pays au monde qui a fait mieux? Y a-t-il un pays d’Europe et de l’OCDE qui a fait mieux en termes de croissance que la France depuis 2009? Il n’y en a pas.» Cette phrase aurait pu être l’axe central de la campagne électorale. Cette phrase de Nicolas Sarkozy ouvre tous les débats qui doivent être ceux de notre pays. On n’en retiendra pourtant qu’une polémique totalement vaine sur les performances comparées des différents Etats de l’OCDE et la définition même du mot « récession ».

Cette phrase est appuyée sur un fait, qu’aucun camp politique ne peut revendiquer, parce que c’est le résultat de 60 ans d’action publique : la France est un des pays qui a le mieux protégé le niveau de vie de sa population pendant la crise. Elle ouvre une question : quel est le prix de cette résistance ? Elle devrait nourrir le débat de tous les débats : le modèle français de protection sociale issu de la résistance est-il encore viable aujourd’hui et si oui à quelles conditions ? La taille de notre secteur public est-elle encore soutenable aujourd’hui, et si oui, à quelles conditions ? Je vais même plus loin, est-ce une fin en soi de résister à la récession ? Ne serait-il pas souhaitable d’avoir un modèle beaucoup plus dynamique qui épouse davantage les cycles du monde. Je n’en sais rien (ou plutôt si, j’ai mon idée, mais ce n’est pas le sujet).

Ce ne sont pourtant pas les questions sur lesquelles s’est porté le débat public. Non, ce que j’ai lu, entendu, ce sont des « mises au point » sur la définition de la récession, sur les résultats meilleurs visiblement de la Suisse ou de la Suède, sur tel ou tel trimestre, de tel ou tel pays, dans le seul but de  savoir si la phrase était « juste » ou pas.

Misère! Le « factchecking » venait de prendre le pouvoir !

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Avec Hollande, la fin de la Françafrique ?

Depuis l’élection de François Hollande, la presse africaine francophone ne manque pas de rappeler les nombreux défis que le président français devra relever pour répondre aux attentes du continent. Revue de presse.

Dessin de Damien Glez

« Les Africains auraient-ils le coeur à gauche ? » s’était interrogé le portail d’information Gabonlibre pendant la campagne présidentielle française en raison de l’enthousiasme sur le continent qu’avait globalement suscité la candidature de François Hollande. « Pour toutes ces raisons liées à l’histoire et à la géographie, rien de ce qui se passe dans l’Hexagone ne nous est indifférent. Surtout l’élection présidentielle pour laquelle, consciemment ou non, le coeur et la raison des Africains ont voté pour Hollande », lui avait répondu le portail d’information sénégalais Rewmi.

Après cinq ans de sarkozysme, le nouveau président français cristallise de nombreuses attentes en Afrique, notamment sur la fin de la fameuse Françafrique. Rewmi, portail d’information sénégalais, titrait « François Hollande président. Un nouvel espoir pour l’Afrique ». Principales raisons de cet engouement ? « Il a redonné un peu d’espoir aux Africains en se montrant favorable à l’accueil des étudiants étrangers et en s’engageant à réduire les délais d’attente de l’examen des dossiers concernant les demandeurs d’asile », explique le site.

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Pierre-Joseph Proudhon sur le crédit

Ces lignes, extraites de l’Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, déjà cité, ont 160 ans :


Pierre-Joseph Proudhon

« De toutes les forces économiques, la plus vitale, dans une société que les révolutions ont créée pour l’industrie, c’est le crédit. La bourgeoisie propriétaire, industrielle, marchande, le sait bien : tous ses efforts depuis 89, sous la Constituante, la Législative, la Convention, le Directoire, l’Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet, n’ont tendu, au fond, qu’à ces deux choses, le crédit et la paix. Que n’a-t-elle pas fait pour se rallier l’intraitable Louis XVI ? Que n’a-t-elle pas pardonné à Louis-Philippe ? — Le paysan le sait aussi : de toute la politique il ne comprend, comme le bourgeois, que ces deux choses : la diminution de l’usure et de l’impôt.

Quant à la classe ouvrière, si merveilleusement douée pour le progrès, telle est l’ignorance où elle a été entretenue sur la cause réelle de ses souffrances, que c’est à peine si, depuis février, elle commence à bégayer le mot de crédit et à voir dans ce principe la plus grande des forces révolutionnaires. En fait de crédit, l’ouvrier ne connaît que deux choses : la taille du boulanger et le Mont-de-piété.

Le crédit est à une nation vouée au travail ce que la circulation du sang est à l’animal, l’organe de la nutrition, la vie même. Il ne peut s’interrompre que le corps social ne soit en péril. S’il est une institution qui, après l’abrogation des droits féodaux et le nivellement des classes, se recommandât avant toute autre aux législateurs, assurément c’était le crédit. Eh bien ! aucune de nos déclarations de droits, si pompeuses ; aucune de nos constitutions, si prolixes sur la distinction des pouvoirs et les combinaisons électorales, n’en a parlé.

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Europe : Petits conflits entre amis

Dans les premières années du XXIe siècle, l’Europe affiche son désir de mettre à la tête de l’Union européenne un président fort qui la représente sur la scène politique mondiale en affirmant son identité face à des puissances telles que les États-Unis et la Chine. Il faut pour cela modifier la présidence tournante tous les six mois et installer à plus long terme une personnalité solide, qui accompagne l’élargissement prévu de l’Union de manière plus efficace, plus démocratique et plus transparente.

Le documentaire suit l’évolution européenne de 2001, date du traité de Nice, à 2009 au moment de l’élection de Herman Van Rompuy comme président permanent du Conseil européen, en passant par la signature du traité de Lisbonne en 2007. On y voit comment l’enthousiasme des débuts se perd peu à peu dans la gestion des affaires courantes.

Tandis que, de plus en plus, les protagonistes servent des intérêts purement nationaux, le rêve d’une constitution européenne périclite au même titre que le désir d’une présidence forte.

Les témoignages d’hommes politiques aussi divers que Romano Prodi, Herman Van Rompuy, Anders Fogh Rasmussen, Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Joschka Fischer soulignent, d’une certaine manière, l’échec du processus d’unification. Ce que Romano Prodi résume en ces termes : « D’un point de vue historique, nous avons perdu une occasion unique. J’espère seulement qu’elle se représentera (…). Car nous sommes en train de passer d’un monde unipolaire à un monde multipolaire et ne nous voilons pas la face : nous avons raté l’occasion d’être l’un de ces pôles.« 

Quand Apple rejouait la Seconde Guerre Mondiale contre IBM et Microsoft

Un court-métrage destiné exclusivement aux employés d’Apple et datant de l’époque des premiers ordinateurs Macintosh vient de faire surface sur le Web. Il met en scène la firme à la pomme aux prises avec IBM et Microsoft dans un cadre qui n’est pas sans rappeler la Seconde Guerre Mondiale.

Steve Jobs cessera-t-il un jour de nous étonner ? Que vous soyez fans ou non du personnage, force est de constater qu’il a su réaliser de grandes choses. Et surtout avec des méthodes souvent fort peu orthodoxes. Une nouvelle preuve de cet état de fait vient de faire surface sur le Web, sous la forme d’une vidéo bien particulière.

La vidéo en question est un court-métrage commandé par Apple et destiné initialement à ses employés uniquement. On y voit Steve Jobs prendre la tête d’une armée de soldats aux casques frappés d’une pomme dans un cadre qui rappelle celui de la Seconde Guerre Mondiale. Le court-métrage en question date des jeunes années d’Apple, à l’époque des premiers Mac, lorsque les ennemis jurés s’appelaient Microsoft et IBM.

Malgré le ton belliqueux, les troupes d’Apple utilisent des logiciels et des Macintosh pour seuls armes. Ils prennent d’assaut des bureaux en guise de champ de bataille. Et tous les bureaucrates utilisant des ordinateurs IBM errent comme des zombies avant de se voir libérer par les Mac. Bref, il s’agit d’un sacré court-métrage quand on pense qu’il a été réalisé uniquement dans un but interne et qu’il a mis près de trente ans à se dévoiler au reste de la planète.

Divergences en Europe sur les moyens de relancer la croissance

Le Chypriote Panicos Demetriades, nouveau membre du conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne, a plaidé samedi pour une stimulation de la croissance au moment où le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, répétait son hostilité à tout financement des mesures de relance par des fonds publics.

« Un filet de sécurité solide pour l’emploi et le niveau de vie des citoyens interrompra la baisse des revenus de l’Etat et par conséquent, l’accroissement des déficits (budgétaires) », a estimé le nouveau gouverneur de la Banque centrale de Chypre lors de sa première conférence de presse à Nicosie.

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Grèce : La faim s’établit

Les paroles d’encouragement de la politique ont pour de nombreux Grecs un ton cynique. Après trois ans de récession et d’innombrables mesures d’austérité, ils sont découragés et accablés. La faim et le désespoir se déploient.

Athènes. Sotiris Panagopoulos recompte son argent. Mais il n’y en aura pas plus pour autant. 599,95 euros: Avec ça il devra dans les quatres prochaines semaines entretenir sa femme et ses deux enfants en bas âge. «Comment va-t-on y arriver?» demande cet homme de 35 ans désespérément. 320 euros sont réservés pour la location, en plus il faudra payer les factures d’eau et d’électricité. «En fait, il ne nous reste qu’à peine sept euros par jour pour vivre.» Il y a cinq mois, il a perdu son travail de plombier. L’entreprise a fait faillite d’un jour à l’autre, 23 personnes se sont retrouvées dans la rue.

Les Grecs en troisième année de crise: un peuple découragé et désespéré, accablé par toujours plus de mesures d’austérité. Depuis le début de la crise, l’économie s’est dégradée de presque 15%. Selon l’institution des statistiques de l’UE, Eurostat, déjà 28% des Grecs entre 18 et 64 ans vivent au seuil de la pauvreté. Selon un sondage, une PME sur quatre craint de devoir fermer son entreprise «prochainement».

Panagopoulos n’est pas le seul qui, en ce matin pluvieux, va chercher son allocation chômage à l’agence de l’emploi de Perama. La file d’attente s’allonge chaque mois. Perama se situe à une petite heure à l’ouest d’Athènes sur le golfe Saronique, autrefois, la ville était le centre de l’industrie de la construction navale grecque. Aujourd’hui, ce lieu de 25 000 habitants détient le record du taux de chômage en Grèce: environ 60%. La plupart des entreprises ont des problèmes depuis des années, parce qu’elles ne peuvent plus concurrencer les grands chantiers navals d’Asie. La récession a fait le reste.

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Michéa : L’illusion du clivage droite-gauche

Conférence de Jean-Claude Michéa autour de son essai Le complexe d’Orphée (Ed. Flammarion). Conférence animée par Vincent Taissere, libraire responsable du rayon Philosophie, politique et pensée critique, coordinateur du cycle de conférences La Fabrique de Philosophie.

«  Déracinés de tous les pays, unissez-vous sous l’égide du marché mondial ! » ; tel pourrait donc être, en somme, le nouveau mot d’ordre de la gauche libérale. 

Partie 1:


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L’impôt sur les fainéants

Une chanson interprétée pas Marti en 1931, paroles de Montéhus.

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Que l’on impose les très grandes richesses
Ceux qui possèdent des châteaux, des palais
Ceux dont la vie n’est faite que d’allégresse
Sans nul souci, ne travaillant jamais

Que l’on impose les archimillionnaires
Mais qu’ désormais on laisse à l’ouvrier
Intégralement l’argent de son salaire
Pour qu’il n’y ait plus d’ misère à son foyer
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Ces Européens révoltés

par Paul Krugman

Les Français se rebellent. Les Grecs aussi. Et il était grand temps!

Il s’est tenu des élections dans ces deux pays dimanche, qui se sont révélées être des référendums à propos de la stratégie économique européenne actuelle, et dans les deux pays, les électeurs l’ont rejetée. Il n’est pas évident de savoir comment ces votes vont mener à des changements rapides de politique, mais le temps semble compté pour la stratégie de la relance par l’austérité – et c’est une bonne chose.

Qu’est-ce qui ne va pas dans cette ordonnance qui prescrit des coupes dans les dépenses comme étant le remède des maux de l’Europe ? L’une des réponses tient au fait que la fée de la confiance n’existe pas – c’est-à-dire que les affirmations selon lesquelles les réductions drastiques des dépenses de l’état encourageraient les entreprises et les consommateurs à dépenser davantage ont été réfutées de façon indiscutable par les deux années que nous venons de vivre. Ainsi, la réduction des dépenses dans une économie déprimée ne fait que renforcer la dépression.

L’une des réponses – une réponse qui est plus sensée que ce que presque tout le monde en Europe est prêt à admettre – serait de casser l’euro, la monnaie unique de l’Europe. L’Europe ne se trouverait pas dans cette situation si la Grèce avait encore la drachme, l’Espagne sa peseta, l’Irlande sa livre, et ainsi de suite, parce que la Grèce et l’Espagne auraient ce qu’elles ne possèdent pas aujourd’hui : un moyen rapide de restaurer la compétitivité et de donner un coup de fouet aux exportations, à savoir une dévaluation.

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