Le rat est-il une poule aux oeufs d’or ?

Dans les jardins du Louvre, à Paris, dans le métro de New-York, dans des hôpitaux chinois, mais aussi dans nos campagnes, les rats prolifèrent. En France, selon les pompiers, ils seraient responsables du tiers des incendies inexpliqués. Sur la planète, ils détruiraient chaque année 15% de la production mondiale de riz, blé et céréales. De quoi nourrir 600 millions d’humains.

En cause, des négligences en matière d’hygiène, mais pas seulement. Depuis quelques années, les raticides anticoagulants fabriqués par les géants de la chimie et utilisés par les «dératiseurs» ne suffiraient plus à éliminer les rats. Car de plus en plus de rongeurs seraient désormais « résistants » à ces raticides anticoagulants.

En France, ces nouveaux «rats résistants» ont déjà été repérés dans 41 des 92 plus grandes villes. Résultat paradoxal : les industriels vendent toujours plus de raticides, mais ces raticides sont de moins en moins efficaces. Allons-nous être envahis par les rats ? Pourquoi les géants de la chimie ne commercialisent-ils pas de nouvelles molécules raticides plus efficaces ?

Partie 1:

Partie 2:
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Fondation Louis Vuitton : La marchandisation de l’art à son paroxysme ?

Le 27 octobre, la Fondation Louis Vuitton doit ouvrir ses portes à Paris. « Sur le papier », elle semble incarner ce que les oligarques du marché de l’art contemporain ont fait de la création artistique : un produit mercantile, spéculatif, spectaculaire, et instrumentalisé.

Gursky Andreas : 99 Cent II Diptychon

Comment « traiter » ses actionnaires dans les colonnes ou sur les plateaux des médias qu’ils possèdent ? L’exercice demeure, pour tout journaliste et directeur de rédaction, délicat. Du Monde au Figaro, les situations l’attestent. Et en l’occurrence, l’examen interroge moins la forme intrinsèque du traitement que les interprétations, sous jacentes, qu’il fait porter sur la marchandisation et la mercantilisation de l’art. Ce, même si la profusion d’élogieux épithètes fait sourire, une fois juxtaposée sur le lien capitalistique de Bernard Arnault avec le titre concerné.

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La France convoite le trésor des fonds souverains

Ce soir [lundi 20 octobre 2014], François Hollande doit recevoir à dîner plusieurs représentants des grands fonds souverains. Une opération séduction importante pour la France, en mal de compétitivité et engluée dans ses déficits publics.

L’Élysée déroule le tapis rouge aux grands investisseurs internationaux. Ce lundi soir, François Hollande doit recevoir à dîner plusieurs représentants des grands fonds souverains, dont Adia, le premier des Émirats arabes unis, et l’un des plus gros au monde, assis sur un trésor de guerre de 626 milliards d’euros, le China Investment Corporation (CIC), ou encore Temasek de Singapour.

Une opération séduction importante pour la France, en mal de compétitivité et engluée dans ses déficits publics.

À eux seuls, les fonds souverains représentent une manne de quelque 4.700 milliards d’euros, issus surtout des ressources pétrolières. L’événement s’inscrit dans la séquence sur l’attractivité et l’inauguration à Paris du siège de l’IIR, un club d’investisseurs internationaux, lancé en 2011 sur une initiative canadienne.
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Moscou : Christophe de Margerie, PDG de Total, meurt dans le crash de son jet

Le PDG de Total Christophe de Margerie, 63 ans, s’est tué lundi soir dans le crash d’un jet à l’aéroport Vnukovo à Moscou, selon les agences de presse russes Interfax et Ria Novosti. Le jet privé à bord duquel le patron du groupe français avait embarqué s’est écrasé au décollage après avoir percuté une déneigeuse sur la piste.

Les trois membres d’équipage ont également été tués. Selon LiveNews, le pilote a émis des signaux de détresse juste après avoir décollé, indiquant que l’un des moteurs était en feu et que le fuselage avait été endommagé. Contraint à un atterrissage forcé avec un train visiblement endommagé, l’appareil s’est alors écrasé sur la piste.

«Une enquête criminelle a été ouverte pour violation des règles de sécurité après le crash d’un jet à l’aéroport de Vnukovo», a indiqué à l’agence Ria Tatyana Morozova, une responsable des autorités aériennes.

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La revanche des cancres

Ils ne sont pas passés par les grandes écoles, ils ne sont pas non plus diplômés de l’enseignement supérieur… et pourtant, à 25 ans à peine, ils sont déjà chefs d’entreprise.

Jason qui était en échec scolaire, dirige aujourd’hui une société d’aide à la personne et emploie 15 salariés. Après un bac pro, Paul, lui, a lancé une entreprise de lunettes fantaisie. Il est désormais invité dans les écoles de commerce pour donner des conseils aux étudiants.

Microcrédit : 1.000 euros suffisent pour créer une entreprise

Le microcrédit pour changer de vie. Ancien agent immobilier au chômage, Alain Ribaut s’est reconverti. Il est aujourd’hui négociant en vin. Son affaire, il a pu la lancer grâce à un microcrédit délivré par l’Adie, une association qui aide les personnes exclues du marché du travail à lancer leur boîte.

Grâce aux 1 000 euros qu’on lui a prêtés, Alain a pu remettre le pied à l’étrier. Et retrouver confiance. C’est que l’entrepreneur revient de loin. Il y a dix ans, il a tout perdu : faillite de son agence immobilière, chômage, divorce… “Quand vous êtes en liquidation judiciaire, interdit bancaire, que vous n’avez pas droit au chômage, ce n’est pas facile…“, raconte-t-il.

Le coup de pouce de l’Adie a payé : six après le lancement de son activité dans le vin, Alain emploie une vingtaine de commerciaux et vend 200.000 bouteilles par an. A 61 ans, il est de nouveau chef d’entreprise.

Après la « ferme des 1.000 vaches », la ferme des 250.000 poules (Màj vidéo)

Addendum du 19/10/2014 : Au cœur de la « ferme des 1.000 vaches »

Rien ne semble devoir stopper le développement des fermes-usines en France. Après l’ouverture de la très controversée «ferme des 1.000 vaches» à Abbeville, c’est un autre projet, encore plus ambitieux, qui devrait voir le jour dans la Somme selon le Journal du Dimanche.Un établissement capable d’accueillir 250.000 poules pondeuses doit ouvrir ses portes dans quelques mois à Beauval dans la Somme, à 40 kilomètres seulement de… la ferme des 1.000 vaches.
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La montre dans tous ses états

Chaque année, 14 millions de montres sont vendues en France. Outil du quotidien et objet de collectionneurs, elle reste toujours aussi populaire. Comment la montre, un produit de grande consommation, a-t-elle évolué à travers le temps?

Ce n’est qu’en 1904 que la montre passe de la poche au poignet. Louis Cartier lance la première montre à bracelet : l’aviateur se plaignait de ne pas pouvoir lire l’heure en plein vol.

Mais la montre reste un luxe jusque dans les années 70 et l’arrivée du quartz. Une espèce minérale qui vibre à une fréquence rapide et régulière, et qui va détrôner le mouvement à balancier. La production de masse est lancée. La montre s’habille de plastique et devient vraiment abordable dans les années 80.

Aujourd’hui, c’est un accessoire de mode. On peut la personnaliser de A à Z. La montre de demain, elle, sera connectée à Internet. Il s’agira d’un vrai assistant qui nous aidera au quotidien.

Mensonges d’Etat : l’affaire du sang contaminé

En avril 1991, la journaliste Anne-Marie Casteret publie dans l’hebdomadaire L’Événement du Jeudi un article prouvant que le Centre national de transfusion sanguine (CNTS) a sciemment distribué à des hémophiles, de 1984 à la fin de l’année 1985, des produits sanguins dont certains étaient contaminés par le virus du sida. L’ancien Premier ministre socialiste Laurent Fabius et les anciens ministres socialistes Georgina Dufoix et Edmond Hervé ont comparu du 9 février au 2 mars 1999 devant la Cour de justice de la République pour « homicide involontaire ». Cette cour a rendu son verdict par un arrêt qui les innocente.

Loïc Le Ribault et le silicium organique G5

En 1971, Loïc Le Ribault invente l’Exoscopie des Quartz, une méthode révolutionnaire d’analyse des sables qui permet de retracer leur histoire géologique au moyen du microscope électronique à balayage.

Il fait de nombreuses communications sur ce sujet, notamment à l’Académie des Sciences. Des chercheurs du monde entier s’adressent à lui pour faire analyser leurs échantillons.

L’Exoscopie est alors appliquée en archéologie, travaux publics, géologie minière, sédimentologie, exploration pétrolière et océanographie. Loïc Le Ribault a alors l’idée de créer un laboratoire…

Serge Latouche : “La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique”

Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.

Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection ”Les précurseurs de la décroissance” aux éditions Le Passager Clandestin. Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites.

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Grands patrons ou grands satans?

Historiquement caricaturés cigare au bec et ventre arrondi, dépeints en exploiteurs du peuple froids et impitoyables, obsédés par le profit et le pouvoir qu’ils exerceraient véritablement dans l’ombre du monde politique, l’image traditionnelle des Grands patrons en France n’est pas franchement positive.

Malaimés, les patrons fascinent aussi. En période de crise, ils sont parfois présentés comme les capitaines courageux du navire France qu’ils empêcheraient de couler, véritables héros du capitalisme national dans la mondialisation, étouffés par des charges sociales excessives et accablés de reproches infondés.

Toutes ces représentations, parfois fausses ou injustes ont été relayées par deux cent ans d’histoire des luttes sociales, par la littérature qui, de Hugo à Zola, n’est généralement pas tendre à l’égard des grands patrons, et par une Gauche française traditionnellement offensive sur ce sujet. La perception du patronat traduit une certaine histoire de France depuis la Révolution industrielle.

Elle tient également à la relation complexe des Français à l’argent, à notre méconnaissance collective des enjeux économiques – savamment entretenue par la sphère politique – ou à l’histoire parfois ambiguë du patronat, notamment pendant la seconde Guerre Mondiale.
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« Au-delà des clivages… ! »

Il y a un débat qui ne me lasse pas de me laisser coi. L’éternel débat entre les kéneysiens ou les néo-kéneysiens et les libéraux ou les néo-libéraux. Entre ceux qui pensent qu’il faut augmenter les salaires pour augmenter la consommation et donc augmenter l’investissement des entrerpises, ce qui finira par créer de l’emploi, et ceux qui pensent qu’il faut commencer par permettre aux entreprises d’investir pour qu’elles augmentent leurs capacités, ce qui va créer de l’emploi et de la consommation. Ce débat est totalement dépassé, à tel point d’ailleurs qu’on peut le comparer à la ligne Maginot à la veille de l’attaque allemande.

Plus rien ne fonctionne parce que nous avons de mauvais outils

Disons-le, il faut dépasser ce clivage économique historique car il ne répond tout simplement pas à la nouvelle économie et à nos nouvelles contraintes. Dans ces deux cadres intellectuels qui ont tous les deux deux siècles, tout est basé quoi qu’ils en disent tous sur une idée totalement partagée de la distribution de la richesse créée par le travail.

Dans ces deux systèmes de pensée, c’est par le travail que la création de valeur est redistribuée. Dans aucun de ces deux systèmes on ne sait où on est en mesure de répartir la richesse autrement qu’à travers l’idée de travail, or le travail est en voie de disparition.

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Être ou avoir ? Pour une économie de services

Par Didier Schmitt (Conseiller scientifique auprès du Président de la Commission européenne)

Une bonne partie de notre économie est fondée sur le cercle vicieux qu’est l’acquisition, l’obsolescence et la réacquisition d’objets. Pour contrebalancer le besoin inné de posséder, un cercle plus vertueux devient impératif, avec des services moins délétères pour l’environnement, les ressources et le climat.

Axer une société sur la possession fait que la responsabilité du devenir des produits de consommation passe du producteur à l’acheteur. Ce dernier n’aura pas d’autre choix que de s’en défaire comme il peut, après usage ; d’où un gaspillage et une accumulation de déchets.

Une économie fondée sur les services aurait l’avantage de la durabilité et de la « réparabilité » des produits. En effet, un prestataire de service a tout intérêt à allonger la durée de vie d’une marchandise, surtout s’il a la responsabilité de son recyclage.

En séparant la possession de l’utilisation, on peut également rechercher un gain d’efficacité : rappelons que la voiture d’un particulier, par exemple, n’est utilisée que 5 % de son temps ; le parc automobile est donc démesuré par rapport à son utilité réelle. Se déplacer peut parfaitement se concevoir au travers d’un service.

Disposer de l’usage des choses sans devoir les posséder
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L’empowerment ! De quoi s’agit-il ?

Dans ce premier article consacré à l’empowerment, nous vous proposons un panorama des différentes acceptions de ce mot importé du monde anglo-saxon au début des années 2000. Difficile à traduire en français, il recouvre en effet différentes pratiques et peut, selon la définition qu’on lui donne, cautionner des interventions de natures très différentes. Le concept d’empowerment est par ailleurs assez proche de celui d’émancipation. La comparaison des notions deux fera l’objet d’un autre article. Petit tour d’horizon d’un concept déjà ancien et pourtant encore mal appréhendé par ceux à qui il s’adresse.

Traduction : “TOUS ENSEMBLE NOUS POUVONS LE FAIRE”

(…) Au cœur de la définition du concept d’empowerment, réside la notion de « pouvoir ». L’empowerment, c’est l’accroissement d’un pouvoir exercé à titre individuel ou collectif. Ce pouvoir est autant un état (avoir du pouvoir) qu’un processus d’apprentissage (acquérir du pouvoir) ou qu’une dynamique au sein de rapports de force (exercer du pouvoir). L’accroissement du pouvoir concerne à la fois des individus et des groupes ou des « communautés ». Le pouvoir peut s’exprimer dans le domaine économique, dans celui des rapports humains et dans celui des institutions sociopolitiques. (…)

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Les mensonges d’Etat : 26 avril 1986, Tchernobyl

26 avril 1986, l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, en Ukraine, génère un nuage chargé de particules radioactives. Ce nuage se dispersera sur une large partie de l’Europe occidentale. Sauf en France, selon les déclarations de l’époque. A grand renfort de cartes météorologiques, on assure que les Français n’ont rien à craindre, contrairement à leurs voisins européens. En effet, l’anticyclone des Açores présent sur le pays forme une barrière naturelle. 25 ans après, retour, vidéos à l’appui, sur la façon dont les autorités françaises ont géré la catastrophe.

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