« Géopolitique de la France, plaidoyer pour la puissance »

Philippe Conrad s’entretient avec Pascal Gauchon autour de son dernier ouvrage, « Géopolitique de la France » (Presses Universitaires de France, 2012).

La France est une puissance moyenne… mais c’est une des premières puissances mondiales. On l’oublie trop. C’est dans beaucoup de domaines la principale puissance européenne, on n’y pense jamais assez. Voici un livre pour remettre quelques idées en place et en rappeler les évidences. Une potion anti-autodénigrement.


Le livre de Pascal Gauchon. « Géopolitique de la France » est de cette sorte de livres qu’il faudrait garder à porter de main, pour les moments de spleen. Son sous-titre, « Plaidoyer pour la Puissance », présente un livre, qui peut se concevoir comme une potion contre les désordres mentaux causés par les inconséquences des Agences de notation, le déferlement des « modèles », dont le dernier en date, l’Allemand, et par les accusations de type guerre civile venant de générations autoproclamées « spoliées par leurs ainées ».

C’est un livre qui énonce, sans fard ni outrance que si la France n’est qu’une puissance moyenne, elle est toujours parmi les cinq premières puissances du monde pour le PNB, pour les exportations, que, parmi les nations européennes, elle est au premier rang dans un nombre impressionnant de domaine et que, dans le futur, elle sera première par sa population.
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Hollande dévoile son cabinet : Le changement, c’est maintenant…

Le président a nommé à l’Élysée cinq énarques, dont deux issus de sa promotion.

Ce sont les premiers noms communiqués mardi après-midi par l’Élysée, qui a ainsi dévoilé l’ossature du cabinet de la présidence de la République… Emmanuel Macron a été désigné secrétaire général adjoint…

http://www.dailymotion.com/video/xmmgy7

Il est l’un des inspecteurs des finances les plus brillants de sa génération.

Cet énarque de 34 ans, associé-gérant de la banque Rothschild, incarne l’aile libérale du PS.

Ancien assistant du philosophe Paul Ricœur, il a quitté Bercy en 2007 pour faire carrière dans le monde des affaires. Son carnet d’adresses étoffé représente un atout pour François Hollande, qui devrait le consulter sur les questions économiques (régulation financière notamment).

Emmanuel Macron a été rapporteur de la commission Attali sur la croissance, mise en place par Nicolas Sarkozy en 2007.

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Notation des entreprises: démanteler l’oligopole des Agences américaines

Dans le précédent article, « les agences de notation sont-elles condamnables« , on avait insisté sur les responsabilités des investisseurs trop contents de s’appuyer sur la note « absolutoire » d’une Agence de notation pour fonder leurs décisions. Cela coûterait moins cher? Comme s’il était tolérable qu’une banque délègue ses décisions de crédits à une Agence irresponsable!

Là, me dira-t-on, franchement, vous n’allez pas barguigner les mérites des agences de notation! On sait bien que vous êtes réservé à l’égard de la notation de la dette  souveraine. La notation de la dette des entreprises,  il n’y a pas de raison. Les entreprises de notation s’y adonnent depuis plus de cent ans. Personne n’y a trouvé à redire….
A ce stade les remarques qui pourraient être faites à l’encontre des Agences de notation sembleraient être injustifiées et même injustes.

Si, il y a à voir et beaucoup plus que ce que les Agences de notation n’en ont envie. Et d’abord, il y a une de ces petites choses sans intérêt qu’on ne regarde plus parce que …franchement… c’est un peu mesquin de s’y intéresser : le prix de l’information ou de l’opinion puisque coter c’est, nous serinent sans cesse les agences de notation, fournir une opinion. Quand on achète un journal d’information financière, quand on paye un abonnement internet, on paye de sa propre poche l’information et l’opinion dont on souhaite disposer. Or, ce n’est précisément pas le cas des Agences de notation. Autrefois, leur business model était celui d’un journal d’information financière. Elles étaient des journaux ou des périodiques de ce type. Aujourd’hui, ce n’est pas l’investisseur qui vient « acheter de l’opinion », c’est l’émetteur de la dette, l’emprunteur. Donc, l’intéressé, celui qui va essayer de vendre en bourse les obligations ou les emprunts dont il a besoin, paiera l’Agence de notation pour qu’elle conduise les études destinée à délivrer une notation. Cette évolution, récente, du business model des Agences ne cesse de surprendre. Les critiques se retrouvent des deux côtés de l’atlantique pour dénoncer ce genre de pratique.

Revenir sur les « avantages acquis » des Agences de notation

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Avec la fin du pétrole, avons-nous atteint le pic de croissance ?

Benoît THEVARD, ingénieur conseil en énergie, était vendredi 2 mars l’invité de l’association Nantes en transition. Ce spécialiste des hydrocarbures parcourt la France pour apporter des éléments rationnels et scientifiques à son auditoire sur la fin du pétrole et ses conséquences.

http://www.dailymotion.com/video/xp9l49

Système bancaire : Too big to fail, vraiment ?

Le modèle de banque universelle doit-il être scindé entre banque de marché et banque de détail ?

Cela devrait se faire. L’idée, façon Glass Steagall Act de 1933 aux Etats-Unis, consistant à séparer les volatiles activités de marché de la tranquille banque de détail aurait du sens en période de marasme financier. L’opération, envisagée par François Hollande dans son programme, diminuerait la taille et cloisonnerait les risques. Donc, elle réduirait les probabilités de contagion d’une défaillance aux autres banques puis à l’ensemble de l’économie.

Cela ne se fera pas. Les banques universelles géantes fonctionnent depuis des décennies maintenant au mélange grisant entre financements obtenus à prix réduit et prise de risques pondérée par la garantie implicite de l’Etat qui ne peut envisager la chute de champions dont les actifs dépassent le PIB national. Difficile de changer brutalement de régime. Si les autorités parviennent malgré tout à l’imposer, dans l’intérêt général, il leur faudra gérer une transition faite de restructurations délicates et de hausse du prix des services bancaires.

Non-sujet ou sujet tabou ?

Ou un sujet tabou ? De temps à autre, une voix s’élève pour s’inquiéter du problème des banques “too big to fail”, trop grosses pour faire faillite, et qui à ce titre peuvent prendre plus de risques que ne l’autoriserait un statut normal, non sécurisé implicitement par l’Etat. C’était le cas l’an dernier de la banque nationale suisse, la Banque centrale helvétique, à laquelle revient périodiquement le souvenir cuisant d’avoir dû participer au sauvetage de l’UBS, via des rachats d’actifs “toxiques”, pour un montant de 38,7 milliards de dollars. En France, le grand sauvetage de l’après-Lehman Brothers est censé avoir été neutre pour les finances publiques.

Hors le coût réel représenté par Dexia, les 360 milliards d’euros avancés aux banques étaient des garanties d’emprunts ou des prêts certes considérés comme des quasi-fonds propres, non prioritaires au remboursement, mais qui ont été remboursés.

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LEAP : 2ème semestre 2012 – Convergence de quatre facteurs explosifs : Banques-Bourses-Retraites-Dettes

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique, 15 mai 2012

Les quatre cavaliers de l'Acropol...ypse

En attendant que l’Euroland se dote, d’ici la fin 2012, d’un projet politique, économique et social commun de moyen et long termes, suite notamment à l’élection du nouveau président français François Hollande, anticipée depuis de nombreux mois par le LEAP, les opérateurs resteront prisonniers des réflexes de court terme liés aux soubresauts politiques grecs, aux incertitudes sur la gouvernance de l’Euroland et aux risques sur les dettes publiques.Parallèlement, aux Etats-Unis, la dissipation de l’illusion d’une reprise (1) cumulée au renouveau d’inquiétudes sur l’état de santé du secteur financier américain (dont JPMorgan vient d’illustrer la fragilité) et au grand retour du problème de l’endettement du pays conduisent les acteurs économiques et financiers à envisager un avenir de plus en plus inquiétant (2).

Au Royaume-Uni, le retour en récession du pays se conjugue à l’échec de maîtrise des déficits et à la montée d’une colère populaire face à une austérité qui n’en est pourtant qu’à ses débuts (3).

Au Japon, l’atonie économique et l’affaiblissement des exportations dans un contexte de récession mondiale (4) font ressortir le spectre de l’endettement excessif du pays.

Dans ce contexte, selon le LEAP, le second semestre 2012 va être le moment privilégié de la convergence de quatre facteurs explosifs pour les économies occidentales : banques, bourses, retraites et dettes. Lire la suite

Neuromarketing : Consommateurs pris au piège

Enquête sur le neuromarketing mis en place par la grande distribution et les commerçants pour inciter à acheter : cette méthode redoutable incite à l’achat.

Les magasins manipulent les sens des clients grâce à de la musique, des parfums et des visuels. Ces astuces permettent de déclencher l’acte d’achat. Les professionnels du marketing détournent des technologies médicales directement liées à l’étude du cerveau.

Cette méthode, appelée neuromarketing, permet ainsi de deviner ce que veut le client sans même que ce dernier ait à y réfléchir. Ce business importé des États-Unis séduit les industriels français, qui le développent pour augmenter leurs ventes.

(Merci à Romégas)

Crise grecque : Adieu l’Euro ?

Débat fort animé entre économistes :

- Jean-Jacques Rosa, auteur de « L’Euro, comment s’en débarrasser? »

- Philippe Dessertine, Directeur Institut des Hautes Finances,

- Jean-Dominique Guiliani, Président de la Fondation Robert Schuman.

Partie 1:

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Crise grecque : Les banques françaises résisteraient au pire des scénarios

Les établissements financiers français sont capables de résister au pire scénario grec, y compris une sortie de la zone euro. C’est le message délivré par le gouverneur de la Banque de France.

Je ne connais aucun groupe qui serait mis en difficulté par un scénario extrême sur la Grèce ».Le gouverneur de la Banque de France n’a eu de cesse lundi 14 mai de répeter ce message.

En marge de la présentation du rapport annuel de l’Autorité de contrôle prudentiel qu’il dirige, Christian Noyer a voulu écarter tout risque. Même en cas de sortie de la Grèce de la zone euro.

Il est très clair : « Quoi qu’il arrive, ce ne sera pas un problème pour le secteur financier français ».

Et pour cause ! Il rappelle que les banques françaises ont déjà provisionné 75 % de leurs titres de dettes grecs. En effet, si l’on regarde dans le détail, chacune des grandes banques françaises ne portent plus que quelques centaines de millions d’euros d’exposition résiduelle à la dette grecque. Alors pour Christian Noyer, « les 25 % restants » ne peuvent pas être un problème.

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Le « factchecking » est en train de nous détruire

Les seuls débats économiques du moment sont des débats de chiffres. Chiffres inutiles, chiffres illusoires, ils masquent l’essentiel de la situation qu’ils prétendent décrire, et permettent aux responsables politiques d’oublier qu’ils sont en charge de notre avenir.

«Quel est le pays, le pays, il y en a un, qui n’a pas connu un trimestre de récession depuis 2009? C’est la France. [...] Y a-t-il un pays au monde qui a fait mieux? Y a-t-il un pays d’Europe et de l’OCDE qui a fait mieux en termes de croissance que la France depuis 2009? Il n’y en a pas.» Cette phrase aurait pu être l’axe central de la campagne électorale. Cette phrase de Nicolas Sarkozy ouvre tous les débats qui doivent être ceux de notre pays. On n’en retiendra pourtant qu’une polémique totalement vaine sur les performances comparées des différents Etats de l’OCDE et la définition même du mot « récession ».

Cette phrase est appuyée sur un fait, qu’aucun camp politique ne peut revendiquer, parce que c’est le résultat de 60 ans d’action publique : la France est un des pays qui a le mieux protégé le niveau de vie de sa population pendant la crise. Elle ouvre une question : quel est le prix de cette résistance ? Elle devrait nourrir le débat de tous les débats : le modèle français de protection sociale issu de la résistance est-il encore viable aujourd’hui et si oui à quelles conditions ? La taille de notre secteur public est-elle encore soutenable aujourd’hui, et si oui, à quelles conditions ? Je vais même plus loin, est-ce une fin en soi de résister à la récession ? Ne serait-il pas souhaitable d’avoir un modèle beaucoup plus dynamique qui épouse davantage les cycles du monde. Je n’en sais rien (ou plutôt si, j’ai mon idée, mais ce n’est pas le sujet).

Ce ne sont pourtant pas les questions sur lesquelles s’est porté le débat public. Non, ce que j’ai lu, entendu, ce sont des « mises au point » sur la définition de la récession, sur les résultats meilleurs visiblement de la Suisse ou de la Suède, sur tel ou tel trimestre, de tel ou tel pays, dans le seul but de  savoir si la phrase était « juste » ou pas.

Misère! Le « factchecking » venait de prendre le pouvoir !

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Grèce : La sortie de l’euro, un gouffre financier pour la France

En cas de retour à la drachme, les contribuables européens – allemands et français en particulier – devront mettre la main au portefeuille.

L’hypothèse d’une sortie de la Grèce de la zone euro se rapproche. « Si un membre d’un club ne respecte pas les règles, il est préférable qu’il quitte le club », a lâché José Manuel Barroso lundi. « Si la Grèce ne tient pas parole, il n’y a pas de raison de la soutenir financièrement », a renchéri Jens Weidmann, gouverneur de la BCE et patron de la Bundesbank avant la réunion des ministres des Finances, qui devait se tenir lundi après-midi.

Derrière ces discours de fermeté, les Européens sont en réalité bien embarrassés. Car le retour à la drachme à Athènes pourrait leur coûter une petite fortune. La dévaluation qui suivrait le retour à la monnaie nationale entraînerait en effet une explosion de la dette grecque, libellée en euro, ce qui la rendrait impossible à rembourser en intégralité. Or, depuis l’effacement de plus de 50 % de la dette grecque détenue par les créanciers privés, ce sont les États européens qui détiennent l’essentiel de la dette souveraine grecque…

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Avec Hollande, la fin de la Françafrique ?

Depuis l’élection de François Hollande, la presse africaine francophone ne manque pas de rappeler les nombreux défis que le président français devra relever pour répondre aux attentes du continent. Revue de presse.

Dessin de Damien Glez

« Les Africains auraient-ils le coeur à gauche ? » s’était interrogé le portail d’information Gabonlibre pendant la campagne présidentielle française en raison de l’enthousiasme sur le continent qu’avait globalement suscité la candidature de François Hollande. « Pour toutes ces raisons liées à l’histoire et à la géographie, rien de ce qui se passe dans l’Hexagone ne nous est indifférent. Surtout l’élection présidentielle pour laquelle, consciemment ou non, le coeur et la raison des Africains ont voté pour Hollande », lui avait répondu le portail d’information sénégalais Rewmi.

Après cinq ans de sarkozysme, le nouveau président français cristallise de nombreuses attentes en Afrique, notamment sur la fin de la fameuse Françafrique. Rewmi, portail d’information sénégalais, titrait « François Hollande président. Un nouvel espoir pour l’Afrique ». Principales raisons de cet engouement ? « Il a redonné un peu d’espoir aux Africains en se montrant favorable à l’accueil des étudiants étrangers et en s’engageant à réduire les délais d’attente de l’examen des dossiers concernant les demandeurs d’asile », explique le site.

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Pierre-Joseph Proudhon sur le crédit

Ces lignes, extraites de l’Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, déjà cité, ont 160 ans :


Pierre-Joseph Proudhon

« De toutes les forces économiques, la plus vitale, dans une société que les révolutions ont créée pour l’industrie, c’est le crédit. La bourgeoisie propriétaire, industrielle, marchande, le sait bien : tous ses efforts depuis 89, sous la Constituante, la Législative, la Convention, le Directoire, l’Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet, n’ont tendu, au fond, qu’à ces deux choses, le crédit et la paix. Que n’a-t-elle pas fait pour se rallier l’intraitable Louis XVI ? Que n’a-t-elle pas pardonné à Louis-Philippe ? — Le paysan le sait aussi : de toute la politique il ne comprend, comme le bourgeois, que ces deux choses : la diminution de l’usure et de l’impôt.

Quant à la classe ouvrière, si merveilleusement douée pour le progrès, telle est l’ignorance où elle a été entretenue sur la cause réelle de ses souffrances, que c’est à peine si, depuis février, elle commence à bégayer le mot de crédit et à voir dans ce principe la plus grande des forces révolutionnaires. En fait de crédit, l’ouvrier ne connaît que deux choses : la taille du boulanger et le Mont-de-piété.

Le crédit est à une nation vouée au travail ce que la circulation du sang est à l’animal, l’organe de la nutrition, la vie même. Il ne peut s’interrompre que le corps social ne soit en péril. S’il est une institution qui, après l’abrogation des droits féodaux et le nivellement des classes, se recommandât avant toute autre aux législateurs, assurément c’était le crédit. Eh bien ! aucune de nos déclarations de droits, si pompeuses ; aucune de nos constitutions, si prolixes sur la distinction des pouvoirs et les combinaisons électorales, n’en a parlé.

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Europe : Petits conflits entre amis

Dans les premières années du XXIe siècle, l’Europe affiche son désir de mettre à la tête de l’Union européenne un président fort qui la représente sur la scène politique mondiale en affirmant son identité face à des puissances telles que les États-Unis et la Chine. Il faut pour cela modifier la présidence tournante tous les six mois et installer à plus long terme une personnalité solide, qui accompagne l’élargissement prévu de l’Union de manière plus efficace, plus démocratique et plus transparente.

Le documentaire suit l’évolution européenne de 2001, date du traité de Nice, à 2009 au moment de l’élection de Herman Van Rompuy comme président permanent du Conseil européen, en passant par la signature du traité de Lisbonne en 2007. On y voit comment l’enthousiasme des débuts se perd peu à peu dans la gestion des affaires courantes.

Tandis que, de plus en plus, les protagonistes servent des intérêts purement nationaux, le rêve d’une constitution européenne périclite au même titre que le désir d’une présidence forte.

Les témoignages d’hommes politiques aussi divers que Romano Prodi, Herman Van Rompuy, Anders Fogh Rasmussen, Jacques Chirac, Gerhard Schröder et Joschka Fischer soulignent, d’une certaine manière, l’échec du processus d’unification. Ce que Romano Prodi résume en ces termes : « D’un point de vue historique, nous avons perdu une occasion unique. J’espère seulement qu’elle se représentera (…). Car nous sommes en train de passer d’un monde unipolaire à un monde multipolaire et ne nous voilons pas la face : nous avons raté l’occasion d’être l’un de ces pôles.« 

Michéa : L’illusion du clivage droite-gauche

Conférence de Jean-Claude Michéa autour de son essai Le complexe d’Orphée (Ed. Flammarion). Conférence animée par Vincent Taissere, libraire responsable du rayon Philosophie, politique et pensée critique, coordinateur du cycle de conférences La Fabrique de Philosophie.

«  Déracinés de tous les pays, unissez-vous sous l’égide du marché mondial ! » ; tel pourrait donc être, en somme, le nouveau mot d’ordre de la gauche libérale. 

Partie 1:


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L’impôt sur les fainéants

Une chanson interprétée pas Marti en 1931, paroles de Montéhus.

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Que l’on impose les très grandes richesses
Ceux qui possèdent des châteaux, des palais
Ceux dont la vie n’est faite que d’allégresse
Sans nul souci, ne travaillant jamais

Que l’on impose les archimillionnaires
Mais qu’ désormais on laisse à l’ouvrier
Intégralement l’argent de son salaire
Pour qu’il n’y ait plus d’ misère à son foyer
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Ces Européens révoltés

par Paul Krugman

Les Français se rebellent. Les Grecs aussi. Et il était grand temps!

Il s’est tenu des élections dans ces deux pays dimanche, qui se sont révélées être des référendums à propos de la stratégie économique européenne actuelle, et dans les deux pays, les électeurs l’ont rejetée. Il n’est pas évident de savoir comment ces votes vont mener à des changements rapides de politique, mais le temps semble compté pour la stratégie de la relance par l’austérité – et c’est une bonne chose.

Qu’est-ce qui ne va pas dans cette ordonnance qui prescrit des coupes dans les dépenses comme étant le remède des maux de l’Europe ? L’une des réponses tient au fait que la fée de la confiance n’existe pas – c’est-à-dire que les affirmations selon lesquelles les réductions drastiques des dépenses de l’état encourageraient les entreprises et les consommateurs à dépenser davantage ont été réfutées de façon indiscutable par les deux années que nous venons de vivre. Ainsi, la réduction des dépenses dans une économie déprimée ne fait que renforcer la dépression.

L’une des réponses – une réponse qui est plus sensée que ce que presque tout le monde en Europe est prêt à admettre – serait de casser l’euro, la monnaie unique de l’Europe. L’Europe ne se trouverait pas dans cette situation si la Grèce avait encore la drachme, l’Espagne sa peseta, l’Irlande sa livre, et ainsi de suite, parce que la Grèce et l’Espagne auraient ce qu’elles ne possèdent pas aujourd’hui : un moyen rapide de restaurer la compétitivité et de donner un coup de fouet aux exportations, à savoir une dévaluation.

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Goldman Sachs : Enquête sur une société secrète

Par Marc Roche

Content, de son sort, de son employeur, Yoël Zaoui affirmait sans broncher que tout allait bien dans le meilleur des mondes. C’était en octobre 2008, la clameur de la crise financière semblait bien éloignée de la salle de réunion glacée de Goldman Sachs International à Londres où le Français, à l’époque codirecteur de la banque d’investissement en Europe, nous avait longuement reçu dans le cadre d’une enquête du Monde sur la banque la plus puissante de la planète.

Trois ans et demi plus tard, le petit prince de cette finance impitoyable est tombé de son piédestal. Après vingt-quatre ans de bons et loyaux services à Goldman Sachs, celui qui avait obtenu le statut d’associé en 1998 avant d’être désigné au saint des saints de la banque d’affaires – le management committee (comité de gestion) – a démissionné début avril, à 51 ans. Le diplômé de HEC et de l’université Stanford aux États-Unis, premier Européen à faire partie du comité de gestion de GS, avait été rétrogradé un an auparavant puis privé en mars 2012 de son strapontin au conseil d’administration de la filiale européenne. Goldman finit toujours par brûler ceux qu’elle a portés au pinacle.

L’histoire – et celle des entreprises n’y échappe pas – a souvent de mordantes ironies. En même temps que la banque avait annoncé le 14 avril le doublement de ses bénéfices, au-delà de toute attente, on apprenait que 70 associés sur 400, les locomotives du business, avaient quitté l’établissement au cours des dix-huit derniers mois.

A première vue, cette hémorragie de banquiers chevronnés aurait dû avoir un effet psychologique déplorable. Il n’en est rien. Car ces départs sont inhérents à la culture d’entreprise exceptionnelle de Goldman Sachs pour laquelle, à rester trop longtemps à leur poste, les banquiers s’engourdissent, se reposent sur leurs lauriers et commettent des erreurs.

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Les dépressions mondiales se suivent et se ressemblent

En 1873, le krach démarre à Vienne, passe à Berlin, à Paris, puis en Amérique ! En Europe, aux USA, les Bourses plongent, la crise, le chômage… Déjà.

La crise ! La crise ! On n’entend parler que d’elle depuis quelques années. Horreur, ô désespoir, les Bourses chutent, l’économie s’effondre, l’emploi disparaît… C’est la fin du monde ! Mais non ! C’est simplement le capitalisme qui connaît un petit passage à vide… comme il en vit régulièrement. Une bonne petite purge pour pouvoir repartir de plus belle. Depuis deux siècles, c’est qu’il y en eut un sacré paquet de crises, de krachs, de dépressions et autres gâteries du même style. Et pas que des petites crises, mais des énormes, de celles qui font croire à l’apocalypse.

Mais qui s’en rappelle ? Celle de 1929 reste encore dans les mémoires, mais elle a été précédée par de nombreuses autres : en 1873, en 1865, en 1836. À chaque fois, des coups de poing dans la gueule. Le monde civilisé croit ne jamais pouvoir s’en relever et il reprend toujours du poil de la bête, les banques souvent à l’origine de la tourmente renaissent de leurs cendres pour entamer un nouveau cycle.

Le 9 mai 1873, affolement à la Bourse de Vienne. Une semaine après l’ouverture de l’Exposition universelle destinée à magnifier le règne de l’empire austro-hongrois, c’est le krach. La bulle spéculative immobilière de l’Autriche éclate. En quelques heures, des centaines de banques font faillite, entraînant la ruine de centaines de milliers de petits épargnants. Les établissements financiers sont incapables de récupérer l’argent prêté sans discernement aux sociétés immobilières et aux particuliers pour construire à Vienne. Un seul exemple édifiant : la banque Placht et Fels se révèle incapable de réunir 9 000 florins d’avoirs alors qu’elle affiche un passif de 2,76 millions de florins. C’est inimaginable.

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