«Contre la crise financière et écologique, la planification»

Economiste américain hétérodoxe, James K. Galbraith dénonce la mise en coupe réglée des Etats-Unis par une coalition de la droite et des grandes entreprises. Rencontre, à l’occasion de la sortie de son livre «L’Etat prédateur» (Seuil, septembre 2009).

James K. Galbraith est professeur d’économie à la Lyndon B. Johnson School de l’université du Texas. Economiste hétérodoxe, il s’inscrit dans une longue lignée marquée par la figure mondialement reconnue de son père, John Galbraith. Comme lui, il rejette de manière radicale la plupart des apports et des méthodes de la théorie économique néo-classique. Selon lui, les marchés n’apporteront aucune solution à la crise contemporaine, à la pauvreté, aux inégalités, à la crise écologique, tous ces défis qui appellent au contraire la «planification».

Quelle est votre lecture de la crise ?

Pour comprendre ma position, il est indispensable de remonter le temps. Nous sommes au début des années 80. Au début des années Reagan et Thatcher. Partout, c’est le triomphe du TINA, There Is No Alternative ["Il n'y a pas d'alternative."]. Leurs politiques irriguent le reste du monde : la décentralisation est la grande amie de toute les libertés. La centralisation est à combattre. Ce catéchisme économique fait recette. Les politiques sociales sont mises sur la sellette. La chute du mur de Berlin renforce ces options politiques.

C’est-à-dire ?

Une conception de la politique économique dominait alors toutes les autres. La politique monétaire devait avoir un seul objectif, la lutte contre l’inflation. Les budgets publics devaient être équilibrés, le libre-échange le régulateur du commerce mondiaux et les impôts sur le travail et le capital devaient être réduits au maximum. Ce corpus de textes, frappé par un semblant de sceau scientifique, servait à légitimer le retrait de l’Etat. Et tirer un trait final sur toute forme d’interventionnisme. Ces principes étaient d’autant plus forts qu’ils semblaient cohérents, clairs, faciles à expliquer. Et donc à comprendre. Et qu’ils étaient soutenus par des économistes qui passaient pour des sommités. Pensez à Milton Friedman, le pape du monétarisme. Les progressistes passaient pour des rabats-joie, de jeunes vieillards prisonniers de leurs idées.

Ce corpus d’idées a-t-il été entièrement concrétisé ? Lire la suite

Les convergences paradoxales de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale

Le Club de l’Horloge a tenu son université annuelle les 17 et 18 octobre 2009 avec, pour thème général : CRISE ÉCONOMIQUE – LA RESPONSABILITÉ DE LA “SUPERCLASSE MONDIALE”. Jean-Yves Le Gallou, ancien député européen, président de Polemia, y a traité un aspect socio-économique assez peu connu du public, qui reste ancré sur le clivage d’un patronat appartenant plutôt à une droite conservatrice et opposé au gauchisme, au mondialisme et à l’altermondialisme.

Il a articulé son exposé :

LES CONVERGENCES PARADOXALES DE L’EXTRÊME GAUCHE ET DE LA SUPERCLASSE MONDIALE

en neuf points annoncés ci-après, la communication en totalité pouvant être téléchargée en pdf.

1/ L’extrême gauche sert de bulldozer à la superclasse mondiale : elle procède à la déforestation du couvert culturel des nations.

2/ La superclasse mondiale veut le libréchangisme mondial. L’extrême gauche sape le sentiment national.

3/ La superclasse mondiale veut la suppression des frontières. L’extrême gauche soutient les délinquants étrangers clandestins.

4/ La superclasse mondiale veut une main-d’œuvre interchangeable. L’extrême gauche prône la table rase.

5/ La superclasse mondiale veut ouvrir de nouveaux champs à la production et à la consommation marchande. L’extrême gauche l’aide en fragilisant la famille.

6/ La superclasse mondiale craint par-dessus tout l’émergence de courants identitaires et souverainistes qui briseraient la dynamique de la mondialisation. L’extrême gauche joue un rôle d’obstruction face aux populismes nationaux.

7/ La convergence entre le grand patronat et le projet sociétal de la gauche et de l’extrême gauche.

8/ En échange de ses services, l’extrême gauche bénéficie de la complaisance de la superclasse mondiale.

9/ Le cosmopolitisme, idéologie commune de l’extrême gauche et de la superclasse mondiale.

Lire la communication de Jean-Yves Le Gallou : cliquez ici.

Polemia

Les États-Unis (Socialistes) d’Amérique

Sanctuaire de la libre entreprise, du « laissez-faire » et du « marché a toujours raison » il y a peu, les États-Unis ont fait un virage à 180 degrés et sont devenus, sous la contrainte de la crise, hyper-interventionnistes.

Voici les quelques points forts de cette intervention à coup de milliards de dollars:

- 290 milliards pour recapitaliser les banques (augmenter leurs fonds propres afin d’absorber les pertes de leurs portefeuilles de prêts, pouvant être portés à 3 200 milliards en prêts d’urgence ou pour assurer les dépôts des particuliers en cas de faillites de banques).

- Jusqu’à 2 000 milliards pour acheter les actifs toxiques (crédit hypothécaire) et les produits dérivés (“assurance” couvrant les éventuelles pertes sur le marché obligataire).

- 183 milliards pour renflouer la compagnie d’assurances AIG lourdement engagée dans les produits dérivés et incapable d’honorer ses engagements, vu le montant des pertes accusées par ses « souscripteurs ».

- 83 milliards pour l’industrie automobile, pour sauver de la faillite General Motors.

- 1 900 milliards dans Fannie Mae et Freddie Mac, pour racheter les crédits hypothécaires détenus par ces deux sociétés qui sont les plus grosses du monde dans ce domaine spécifique, plus 50 milliards pour aider à restructurer les crédits que ces deux firmes ont accordé et éviter que des millions de familles finissent expulsées de leur domicile.

- 4 800 milliards injectés pour ranimer le marché monétaire (crédit à court terme) vital pour l’économie. C’est sur ce marché que se financent les banques et les entreprises.

Aujourd’hui, l’État fédéral est le premier banquier du pays. 90% des prêts hypothécaires, 60% de GM, 80% de AIG appartiennent désormais à l’État. Ces dépenses publiques de soutien industriel, de garantie et de financement des marchés financiers assurent 26% du PNB, un seuil qui n’avait pas été atteint depuis la Seconde Guerre Mondiale.

La majeure partie de ce plan a été mise en place par Georges Bush dans les dernières semaines de son mandat, juste avant de quitter la Maison-Blanche. Barak Obama a ajouté le volet automobile.

Le virage, pour les Républicains, est spectaculaire. Après avoir clamé sur tous les toits pendant des années que l’ « État est la source de tous les problèmes économiques », une fois mis le dos au mur par la crise, ils ont découvert que l’État est le prêteur de dernier ressort pour sauver le privé.

La contradiction n’est qu’apparente. Au contraire des libéraux classiques du 19ème siècle, qui faisaient du respect de l’équilibre budgétaire un dogme, les « néo-libéraux » de la fin du 20ème siècle ont opté, sous prétexte de soutenir la croissance, pour une politique systématique de transfert des ressources publiques dans des mains privées, à un niveau où on peut parler de pillage.

Le Nouvel Observateur

L’Afrique se rebiffe contre le «néocolonialisme» chinois

Si la percée de la Chine en Afrique a un temps été accueillie avec enthousiasme, elle suscite aujourd’hui l’inquiétude.

C’est une fin de non-recevoir sans précédent que vient d’essuyer la Chine au Nigeria. La première, mais sans doute pas la dernière sur le continent africain.

Profitant du bras de fer qui oppose les autorités nigérianes aux grandes compagnies étrangères implantées depuis près d’un demi-siècle dans le pays, Shell, Chevron, Total, ExxonMobil, le gouvernement a refusé fin septembre la proposition chinoise d’acheter 6 milliards de barils de pétrole. Un contrat évalué à quelque 20 milliards d’euros. «Je peux vous dire que nous n’allons pas leur donner tout ça», a simplement déclaré Odein Ajumogobia, vice-ministre du pétrole du Nigeria. Lire la suite

“Un chômeur européen sur deux est victime du libre-échange”

“Naïve et laxiste, l’Europe a toujours adopté une vision de très grande ouverture au libre-échange, en sorte qu’elle est aujourd’hui la zone la plus ouverte au monde. Elle n’exige même pas de réciprocité dans l’ouverture aux échanges, c’est-à-dire que les marchés des pays avec lesquels elle commerce soient aussi ouverts que les siens”.

C’est ainsi que l’économiste pourtant très “européen” et libéral Christian Saint-Etienne a condamné la politique européenne actuelle dans un article “Le libre-échange est-il coupable ?” (Les Echos, 23 avril 2009).

Il appelait alors à la mise en place de “taxes compensatoires” face au dumping social et environnemental des pays émergents. Le hic, c’est que les accords de l’OMC comme les traités européens jusqu’à Lisbonne auxquels la plupart des partis ont dit “oui” interdisent formellement une telle politique, qu’elle soit nationale ou même européenne.

Peut-on en évaluer aujourd’hui les dégâts en terme d’emplois détruits et non créés ?

Pour la première fois, un autre économiste, eurocritique assumé celui-là, Jacques Sapir, s’essaye à ce difficile exercice d’une estimation de l’impact sur l’emploi du libre-échange inégal auquel, au nom de l’Europe intégrée, on a livré notre économie et nos populations.

Pour Sapir, l’effet net du libre-échange inégal représenterait au moins la moitié des 8,3% de chômage constatés avant la crise. Il faudra y ajouter les chômeurs apparus depuis le début de cette crise (1,9 million supplémentaires dans l’UE au premier semestre 2009) qui est une crise du libre-échangisme inégal.

Le coût total, en incluant les effets induits et dynamiques, aura été d’accroître le taux de chômage de 138% à 177% suivant les hypothèses de gain de productivité et d’effet multiplicateur. Mais le libre-échange inégal et l’impact des politiques prédatrices hors et dans l’UE n’est pas le seul facteur. La hausse de l’Euro est aussi un élément qui induit une perte d’emplois non négligeable. Lire la suite

Panne sèche : la fin du pétrole, un changement de civilisation

L’auteur américain James Howard Kunstler annonce le début de la “Longue Catastrophe”. Il ne s’agit pas de la fin du monde, mais bien de la fin imminente du pétrole bon marché et de notre mode de vie moderne.

Collaborateur du New York Times Magazine en tant que spécialiste des questions environnementales et économiques, James Howard Kunstler a publié un essai choc intitulé La fin du pétrole : Le vrai défi du XXIe siècle.

Dûment documenté, cet ouvrage d’anticipation géopolitique décrit notre monde sans pétrole bon marché. «D’ici à trois ans, prévoyait Kunstler en 2005, nous vivrons les premiers effets d’un grand bouleversement que j’appelle la Longue Catastrophe.» La fin du pétrole entraînerait des guerres, des crises sociales, l’éclatement de l’Empire américain et un appauvrissement important de tout l’Occident. Au mieux, d’ici à quelques décennies, notre mode de vie serait légèrement supérieur à celui de nos ancêtres au XVIIIe siècle.

Naturellement, trois ans plus tard, une mise au point s’impose… [N.B. : cet entretien date d'octobre 2008]

Q › La Longue Catastrophe est-elle commencée ?
R › On a les deux pieds dedans !

Q › Et qu’est-ce que cela signifie ? Lire la suite

Les classes moyennes ont divorcé des élites : et ensuite ?

Pour comprendre l’évolution actuelle des classes moyennes, tant en ce qui concerne leur part dans la société et l’économie françaises que leur perception des élites au pouvoir, ainsi que pour tenter d’anticiper cette évolution et ses éventuelles conséquences, il n’est pas inutile de se plonger un instant dans l’étude de quelques chiffres.

Fondée essentiellement sur les statistiques de l’INSEE et de l’OCDE, voici une étude relativement abordable de la question, aux conclusions riches d’enseignements.

En 200 ans, le capitalisme a enrichi tout le monde, des plus défavorisés aux plus aisés. Mais cet accroissement de richesse n’a pas profité à tous de la même manière.

Les inégalités ont explosé. Et ce sont les classes moyennes qui en souffrent le plus.

De 1780 à 1985, la France a connu un mouvement continu de réduction des inégalités économiques.

La répartition du revenu s’est continûment resserrée au profit de la classe moyenne (40% de la population) qui a progressé de 23% à 36% du revenu national, et au détriment de la classe supérieure (20% de la population) qui est passée de 66% à 47% du revenu.

Les classes sociales les plus pauvres (40 % de la population) ont vu leur part de revenu national beaucoup progresser au XIXème siècle (de 11% à 17%) pour se stabiliser à 17% au XXème siècle.

Cette évolution correspond évidemment à un formidable mouvement d’enrichissement matériel issu de la révolution industrielle et du développement considérable de l’économie de marché au XXème siècle au profit de toutes les classes sociales. Lire la suite

Sortie de crise : le retour du baratin

C’est en tout cas l’avis du GEAB (Global Europe Anticipation Bulletin), une publication d’experts européens qui ne se payent pas de mots : pour eux, les indices souriants publiés un peu partout depuis cet été tiennent de la poudre de perlimpimpin. En réalité, expliquent-ils, on ne prend pas le problème par le bon bout, celui de la monnaie et de l’appauvrissement des classes moyennes.

Wishfool thinking! L’autopersuasion au poste de commande. Le G20 nous a été vendu comme un formidable succès mettant fin aux bonus et aux paradis fiscaux. On sait ce qu’il faut en penser.

1°) Les bonnes nouvelles économiques ne proviennent que du soutien financier des États.

2°) Rien n’est entrepris pour modifier le système monétaire qui est au cœur de la crise systémique actuelle..

3°) Les indicateurs utilisés par les dirigeants du monde sont de plus en plus disjoints de la réalité économique.

4°) Il faut donc se focaliser sur des indices qui traduisent la réalité économique.

5°) Pour finir, concluent les experts du GEAB, la seule reprise prévisible est celle des hausses d’impôts.

Bref, tout se passe comme si les bons indices, les bonnes nouvelles, la reprise boursière brouillaient notre lucidité et détournaient notre regard de ce qui se prépare : une formidable rechute débouchant sur une situation économique chaotique qui, selon le GEAB, durera près de dix ans.

Un conseil donc, aux économistes (Jean-Marc Sylvestre, Dominique Seux, Martial You et les autres) : lisez cette note, et posez les bonnes questions aux ministres qui multiplient les séances d’auto-congratulation, à l’instar de Christine Lagarde hier sur RTL.

Marianne2

(Merci à Monsieur X)

“Le pire moment du déclin est encore à venir”, selon l’ancien sous-secrétaire d’État au Trésor de Reagan

Né en 1939, Paul Craig Roberts, diplômé de Berkeley et d’Oxford, a travaillé au sein de l’administration Reagan en 1981 et 1982. Il est considéré comme l’un des pères des “Reaganomics“, ce qu’il a ouvertement regretté par la suite. Le magazine Forbes l’a désigné en 1993 comme étant l’un des sept meilleurs journalistes américains.

Il nous livre ici une vision sans concession de la situation actuelle des États-Unis, au plan économique.

De leur gouvernement, les Américains ne peuvent obtenir la vérité sur rien, économie incluse. Les Américains sont économiquement enterrés, avec un million d’écoliers aujourd’hui sans abri, tandis que le président de la Réserve fédérale, Ben Bernanke, annonce que la récession est finie.

Les sophismes déguisés en information sont de plus en plus délirants. La dépense de consommation représente 70% de l’économie étasunienne. C’est sa force motrice et elle a été arrêtée. Excepté pour le super-riche, le consommateur n’a vu aucune hausse de revenu au 21ème siècle. Sur shadowstats.com, le statisticien John Williams signale que le revenu réel des ménages n’a jamais retrouvé son apogée d’avant 2001.

L’économie a été maintenue en marche, en substituant la montée de l’endettement du consommateur à la hausse de son revenu. L’ancien président de la Réserve fédérale, Alan Greenspan, a favorisé l’endettement du consommateur avec le faible taux d’intérêt. Ce faible taux d’intérêt a fait monter le prix des maisons, permettant ainsi aux Américains de refinancer leur résidence et de dépenser leurs capitaux propres [ainsi libérés]. Les cartes de crédit ont été sur-utilisées, en attendant la hausse de l’immobilier et de la valeur des actions pour payer la dette accumulée. La fête a été arrêtée par l’éclatement de la bulle de l’immobilier et des capitaux propres [issus de la valeur estimée des maisons]. Lire la suite

“2050 : 2,3 milliards de bouches de plus à nourrir”, selon la FAO… et pas de solution

Parmi les fondements de la vision matérialiste du monde, commune aux économies “de gauche” et “de droite”, aux côtés de l’argent et du progrès, trône le mythe de la croissance infinie.

Lequel est devenu presque subliminal, comme s’il allait de soi qu’aucune frontière, même naturelle, ne puisse plus s’opposer à la marche ascendante et expansive de l’humanité, libérée, par l’abondance de marchandises, de tout autre souci que celui de leur consommation.

Comme si contester, tel Alain de Benoist, la religion de la croissance, ne pouvait plus, désormais, qu’être un signe d’obscurantisme, sauf à être “décroissant” dans le cadre d’une bien-pensance ancrée dans le confort occidental, condamnant ou vantant le malthusianisme au hasard d’improbables convergences.

Petit problème : le réel.

En effet, une organisation dépendant de l’ONU annonce que, pour satisfaire la demande mondiale, la production alimentaire devra augmenter de 70% d’ici 2050.

Or, cela paraît presque impossible.

Selon un rapport diffusé le 23 septembre 2009 par la FAO [Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture], l’agriculture mondiale doit relever des défis de taille : augmenter la production alimentaire de 70% pour nourrir 2,3 milliards de personnes de plus d’ici à 2050, intensifier la lutte contre la pauvreté et la faim, utiliser plus efficacement les ressources naturelles qui s’amenuisent et s’adapter au changement climatique.

La FAO a convoqué pour les 12 et 13 octobre 2009 un Forum d’experts de haut niveau pour discuter des stratégies à mettre en oeuvre pour relever ces défis.

Le Forum, intitulé “Comment nourrir le monde en 2050″ rassemblera quelque 300 experts (universitaires, chercheurs, ONG, secteur privé) de pays développés et en développement. Il préparera le terrain à la tenue du 16 au 18 novembre 2009 d’un nouveau Sommet mondial sur la sécurité alimentaire.

“La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050,” indique M. Hafez Ghanem, Sous-Directeur général responsable du Département économique et social de la FAO. Toutefois nourrir tout un chacun d’ici là n’est pas “automatique”, à moins de relever plusieurs défis de taille. Lire la suite

Commerce mondial, Chine contre USA et Europe : la montée des tensions

En temps de crise, les exportations et les importations sont des sujets sensibles, surtout pour les pays dont la croissance dépend prioritairement des premières, et pour ceux, parfois les mêmes, dont l’économie productive subit la concurrence des secondes.

La Chine et les États-Unis viennent de nous en donner quelques illustrations particulièrement remarquables, non tant par leur originalité, que surtout par l’extrême fermeté des propos et des actions.

L’Europe, soucieuse de ses propres intérêts, n’est pas en reste et l’on voit bien que chacun aimerait obtenir des avantages sans trop de contreparties.

A l’heure où le protectionnisme, officiellement, reste unanimement condamné par les dirigeants de ces trois ensembles économiques, les politiques chinoise et étasunienne font, en réalité, peu de cas de ces discours mondialistes.

Et l’Europe, dans tout ça ? Eh bien, elle fait comme les autres. Signe que la mondialisation n’est peut-être pas aussi inéluctable que certains se plaisent à nous le répéter.

  • Chine – États-Unis

Le 8 septembre 2009, Washington décide de tripler les droits de douane sur les 2,6 milliards de dollars de tubes pour l’industrie pétrolière annuellement importés de Chine, et Pékin réagit avec indignation. Un porte-parole du ministère chinois du Commerce affirme que la Chine s’oppose fermement à ces actions commerciales protectionnistes. Le Quotidien du Peuple (Chine)

Le mois dernier, la Chine avait appelé les États-Unis à renoncer à une autre mesure protectionniste : la hausse de la taxation sur toutes les importations de pneus pour véhicules de tourisme et véhicules légers en provenance de l’Empire du Milieu, afin, selon Pékin, de préserver le “développement” des relations bilatérales. Lire la suite

L’économie chinoise dans l’impasse

Le rebond de la croissance chinoise (+ 7,9 % sur un an au deuxième trimestre 2009 ; un chiffre néanmoins plus faible que ceux des années précédentes) est dû au plan de relance gouvernemental de 4.000 milliards de yuans (585 milliards de dollars) mis en place pour lutter contre la crise.

Les exportations, principal moteur de cette croissance, étaient en baisse de 23,4 % sur un an en août (Source). Or, entre 2001 et 2008, elles ont représenté plus de 30 % du PIB chinois. Quelle peut être l’alternative, compte tenu de la faiblesse de la demande intérieure ?

A partir de la fin de l’année 2008, les licenciements se sont multipliés, particulièrement dans les régions côtières du sud, tournées vers l’export, comme celle du Fujian et du Guangdong. Dans cette dernière province, plus de la moitié des 3.900 fabricants de jouets avaient mis la clé sous la porte avant Noël. Et selon les estimations de l’Académie chinoise des sciences sociales, un institut de recherche local, le taux de chômage dans les zones urbaines s’élevait à plus de 9,4 % à la fin de l’année.

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Crise du transport : la mondialisation faiblirait-elle ?

Dans les airs comme sur mer, le transport, de passagers comme de fret, est sinistré. On enregistre une diminution générale de l’utilisation des avions et des bateaux, comme de leur vente et de leur construction.

En cause, divers facteurs, dont l’appauvrissement et le pessimisme des consommateurs, l’insuffisance de la capacité d’absorption de la production par les marchés déprimés, le prix du pétrole et des matières premières, et même la sous-capacité de certains ports.

La mondialisation, dont les premiers instruments matériels sont les voyages et le commerce international, en prendrait-elle un coup ?

D’abord, l’aviation.

Les compagnies aériennes européennes sont dans une “situation désespérée”, alors que le volume du trafic aérien a diminué de 2,3% sur l’année en juillet, leur mois estival le plus actif, a indiqué le 9 septembre 2009 le secrétaire général de l’AEA (Association of European Airlines, représentant 33 compagnies européennes).

“Si le secteur ne peut pas gagner de l’argent pendant la haute saison estivale, il est clairement dans une situation désespérée, or nos membres continuent à publier des pertes”, a-t-il souligné. Plus de détails ici.

Dans le reste du monde, la situation n’est pas meilleure. Les pertes sont abyssales : plus de 6 milliards de dollars au premier semestre 2009, selon l’IATA (Association internationale du transport aérien, représentant 230 compagnies). Lire la suite

La crise favorise les réformes libérales

Selon la Banque mondiale, les interventions des États ne remettent pas en cause la préférence pour le libéralisme.

Pendant la crise, les réformes continuent. Jamais les pays n’ont autant fait évoluer leurs réglementations dans un sens libéral, estime la Banque mondiale, qui publie son traditionnel rapport, Doing Business 2010, qui classe les pays en fonction de leurs cadres juridiques plus ou moins favorables au fonctionnement des entreprises. Comme les années précédentes, Singapour est le territoire «où il est le plus facile de faire des affaires». Il est suivi de la Nouvelle-Zélande, de Hongkong, du Royaume-Uni, du Danemark et de l’Irlande.

Pourtant, nombre de ces pays ont été parmi les plus durement touchés par la récession internationale. Mais ce n’est pas ce qui importe à la Banque mondiale. «La réglementation des affaires peut avoir une incidence sur la manière dont les entreprises font face à la crise et sur leur capacité à tirer parti des occasions qui se présenteront lorsque la reprise aura lieu», affirme la vice-présidente de l’institution. Lire la suite

Manipulation à la Bourse de New-York

Si le Dow Jones continue à monter, c’est parce que 40% de toutes les actions qui sont échangées ne concernent que 5 sociétés « zombies ».

Le New York Stock Exchange, ou NYSE, en français : « Bourse de New York », est la plus grande des bourses mondiales. Par métonymie, on l’appelle souvent « Wall Street ». Le total des capitalisations boursières des compagnies cotées au NYSE est cinq fois plus grand que celles cotées au NASDAQ.

Stupéfiant: près de la moitié du volume du NYSE est générée par seulement 5 titres. Encore plus surprenant, il s’agit des fameux titres sauvés de la débâcle par le gouvernement américain, appelés communément « titres zombies » : CIT, CITIBANK, FANNIE MAE, FREDDIE MAC et AIG.

Cette “étrangeté” apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’une manoeuvre est dans l’air et que la reprise du marché n’est qu’artificielle.
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Etats-Unis : la misère de masse devient ordinaire

“Migrant mother”, photo de Dorothea Lange, USA, 1936

Des chiffres inhabituels pour un grand pays développé :

- 1,5 million d’enfants sont SDF (chiffre du mois de mars 2009) (Source) ;

- plus de 6 millions de familles de la classe moyenne ont vu leurs maisons saisies ; les refuges pour sans-abris sont débordés ; des villages de tentes voient le jour, comme les “Hoovervilles” de l’époque de la Grande Dépression (Source) ;

- 12,5 millions d’enfants ne mangent pas à leur faim ;

- 30 millions de bons alimentaires (food stamps) sont distribués chaque mois, un record historique.

Un article du Monde raconte sobrement comment Mariana Chilton, qui enseigne la santé publique à l’université Drexel, à Philadelphie, a distribué des appareils-photos à des mères célibataires rencontrées dans son laboratoire de recherche sur la faim, en les invitant à prendre des clichés de leur quotidien.

“Les gens pensent qu’ils savent où on vit. Mais ce n’est pas vrai. Avec les photos, on leur donne une possibilité de voir”, explique Crystal Sears, l’une des 40 femmes qui participent à l’expérience, baptisée “Witnesses to Hunger” (“Témoins de la faim”).

Une plongée saisissante dans l’envers de Wall Street.

(Source)

(Merci à Boreas)

Déméter

A la suite du texte consacré au Roundup et des nombreux commentaires qu’il a suscités, nous avons constaté qu’il existe une forte demande de nos lecteurs, pour les informations en rapport avec l’environnement, l’agriculture, le jardinage, la santé, etc.

C’est pourquoi l’équipe de Fortune a décidé de créer cette nouvelle rubrique, baptisée Déméter, et d’y réunir tous les articles consacrés à ces sujets.

Pour y accéder, il vous suffit de cliquer sur l’image de la «Terre-Mère» dans la colonne de droite.

L’explication monétaire de la « dette » et de la « crise »

“Les événements vécus en ce moment et depuis vingt ans montrent que la mutation est en marche et que nous assistons à la fin des idéologies. Nous avons connu il y a vingt ans la fin du communisme et nous assistons aujourd’hui à la fin du capitalisme.” (Annick de Souzenelle, in Sources Vitales, 03/09 p.31)

La « dette » scripturale (virtuelle car créée ex-nihilo) des États-Unis d’Amérique est de 110 % de leur P.I.B., donc du même ordre que celle de la Grèce et de l’Italie (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Les banques privées interdisent aux États de s’autofinancer !

L’article 123 du Traité de Lisbonne interdit aux États européens de s’autofinancer hors des banques privées, de sorte qu’ils ne créent que 7 % (monnaie centrale) de la masse en circulation, les 93 % restants n’étant que de simples écritures comptables (crédits). Les intérêts de cette création ex-nihilo n’ayant pas été créés, il faudra ouvrir un nouveau crédit scriptural pour les payer, d’où une spirale exponentielle aberrante.

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Qui a peur des mots ? Sortir de la crise économique… et de la crise du langage

Il n’est question ni de rigueur ni d’austérité, mais de plan de relance. Le licenciement a fait place à la restructuration, la fermeture d’usine à la délocalisation, la récession à la maîtrise de l’inflation…

Dans l’éditorial du dernier numéro de CB News, Christian Blachas analyse ce qu’il nomme la « nouvelle sémantique ». : « Le XXIème siècle a inventé un nouveau langage issu de deux courants profonds : le politiquement correct (personnes à mobilité réduite, non-voyants, mal-entendants…) et le discours hypocrite qu’on pourrait aussi intituler mensonge ou gros pipeau. Pour masquer la dure réalité des faits, on invente des mots et des expressions destinés à faire passer la pilule. »

Une novlangue aux effets contre-productifs

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La dette publique française

La question de la dette publique est redevenue d’actualité avec la privatisation des dettes du secteur bancaire. Nos politiques, qui n’ont pas voulu agir réellement contre les intérêts financiers, ont tout simplement transvasé les dettes bancaires vers la dette publique.

Comme nous allons le voir, ce n’est pas la première fois qu’une crise financière produit une montée des dettes publiques ; c’est même devenu une tradition en Europe et en France depuis les années 70. Mais il est probable que le système arrive désormais à ses limites, tout du moins en Europe, continent qui n’a pas la planche à billet universelle du dollar.

Cliquez sur l'image (du Système) pour l'agrandir

André Jacques Holbecq vient de mettre en ligne un graphique représentant l’évolution du solde budgétaire français depuis 1973, c’est-à-dire depuis que l’émission monétaire a été privatisée.

Ce graphique différencie les dépenses globales du budget de l’Etat et le coût des intérêts que nous payons chaque année à cause de l’emprunt sur les marchés financiers. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce graphique résume toute l’hypocrisie ou l’ignorance qui tourne autour de cette question.

Car, contrairement à ce qui est asséné constamment dans les médias mainstream, la dette publique de notre pays n’est pas le fruit d’une dépense excessive liée à une gabegie de l’Etat, mais elle est plutôt le résultat d’un surendettement volontairement provoqué.

En effet, comment ne pas penser que ce surendettement n’a pas été le fruit d’une stratégie volontaire de la part d’une partie du personnel politique français ? Ne pouvant imposer leur dogme quasi théocratique de la malveillance naturelle de l’Etat providence, les néolibéraux ont usé de la stratégie de l’usure sur le long terme.

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Du déclin des sociétés modernes : idéal stratégique ou destinée tragique ?

Science sans conscience n’est que ruine de l’âme” (Rabelais).

L’essor militaire et technologique de la Chine s’accompagne d’une réflexion doctrinale portée par les colonels Liang Qiao et Xiangsui Wang, dans laquelle il s’agit de contourner la logique des armes, actuellement dominée par les États-Unis, par une stratégie “hors limites.” Cette approche n’est pas surprenante en soi parce qu’elle reprend le conseil de Sun Zi “d’attaquer le vide au lieu du plein,” c’est-à-dire de combattre là où l’adversaire s’y attendra le moins.

Cependant, l’analyse historique des conflits tend à prouver que les coûts matériel, humain et financier finissent toujours par nuire sur le long terme aux sociétés qui ont choisi de “poursuivre leur politique par (ces) autres moyens.” En quoi cette stratégie échapperait-elle aux mêmes frictions engendrées par l’affrontement des volontés et le brouillard de la guerre ? Poussons dans ce cas la logique jusqu’au bout, et envisageons une stratégie idéale qui consisterait à affaiblir une société à son insu, au point de la détruire ou de la rendre incapable de contester notre hégémonie. Comment nous y prendrions nous ?

Une réflexion “jusqu’au-boutiste,” pragmatique et affranchie des principes éthiques et juridiques, tend à prouver que le champ des possibles demeure infini, au point d’y voir actuellement d’inquiétantes coïncidences qui font étrangement échos au thème de l’inéluctable déclin des civilisations.

Imaginons-nous à la tête d’une société prospère, moderne et en position dominante sur l’échiquier international. Comment ferions-nous pour conserver cette position dans le cas où une société en pleine croissance viendrait à contester notre hégémonie sur le plan économique, politique et militaire ? Le réflexe clauswitzien serait d’amener notre adversaire sur notre propre terrain en le forçant à nous affronter militairement, voire technologiquement, si on se réfère à l’épuisement soviétique face à l’Initiative de Défense Stratégique portée par l’administration Reagan dans les années 80.

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L’Occident comme déclin

(extraits)

Par Guillaume Faye

N.B. : ce texte date de 1985.

Phénix renaissant de ses cendres (enluminure du Bestiaire d'Aberdeen, XIIème siècle)

En apparence, l’erreur d’Oswald Spengler fut immense : il annonçait pour le XXème siècle le déclin de l’Occident, alors que nous assistons tout au contraire à l’assomption de la civilisation occidentale, à l’occidentalisation de la Terre, à la généralisation de cet « Occident » auto-instauré comme culture du genre humain, dont, suprême paradoxe, les nations néo-industrielles de l’Orient constitueront peut-être d’ici peu l’avant-garde. En apparence toujours, c’est au déclin de l’Europe que nous sommes conviés. Montée en puissance de l’Occident et perte de substance de l’Europe : les deux phénomènes sont sans doute liés, l’un entraînant l’autre. Tout se passe comme si, après avoir accouché de l’Occident, répandu aujourd’hui sur toute la planète, l’Europe épuisée entrait dans un nouvel âge sombre.

La thèse ici présentée sera simple : l’Occident n’est pas « en » déclin – il est au contraire en expansion – mais il est le déclin. Et il l’est depuis ses fondements, depuis son décollage idéologique au XVIIIème siècle. L’Europe, quant à elle, n’est qu’en décadence.

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« Propaganda : Comment manipuler l’opinion en démocratie », par Edward Bernays

Qui a dit : « L’ingénierie du consentement est l’essence même de la démocratie, la liberté de persuader et de suggérer » ?

Non, la propagande politique au XXème siècle n’est pas née dans les régimes totalitaires, mais au cœur même de la démocratie libérale américaine ; elle est née d’Edward Bernays, l’auteur de cette phrase.

Le père de la propagande

Edward Bernays (1891-1995), neveu de Sigmund Freud émigré aux Etats-Unis, est considéré comme le père de la propagande politique institutionnelle et de l’industrie des relations publiques, dont il met au point les méthodes pour des firmes comme Lucky Strike. Son œuvre aborde des thèmes communs à celle de Walter Lippmann, notamment celui de la manipulation de l’opinion publique. Il fit à ce titre partie du Committee on Public Information créé par Woodrow Wilson [président des Etats-Unis - NDLR] pour gagner l’opinion publique américaine à l’entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Conseiller pour de grandes compagnies américaines, Bernays a mis au point les techniques publicitaires modernes. Au début des années 1950, il orchestra des campagnes de déstabilisation politique en Amérique latine, qui accompagnèrent notamment le renversement du gouvernement du Guatemala, main dans la main avec la CIA.

Il a inventé cette technique moderne qui consiste à plier nos esprits aux projets de certains, technique que l’on nomme communément « propagande ».

Pour Bernays, la démocratie doit être pilotée par la minorité intelligente, c’est-à-dire, par l’élite…

Les méthodes de Bernays : de la théorie à la pratique.

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Le NAIRU, ou comment ceux qui dirigent ont intérêt au chômage

L’euro est-il irréversible ? (extrait)

Par Gérard Lafay, professeur à l’Université de Paris 2 (Cet article est paru dans Les Echos, le 18 décembre 2001)

(…)

Les bons résultats économiques obtenus jusque l’an 2000 ont découlé de deux facteurs temporaires : d’une part, la remontée du dollar, imputable à la situation des États-Unis et à la politique monétaire de la Réserve fédérale, d’autre part, la baisse initiale des taux d’intérêt de la Banque Centrale Européenne en avril 99. La BCE s’est-elle alors convertie à une politique monétaire expansive ? Malheureusement non. Certes, elle prend apparemment en considération la croissance de l’économie, mais elle le fait en se référant à une conception erronée de la croissance potentielle.

C’est la raison pour laquelle, dès novembre 99, la BCE s’est lancée dans une série de sept hausses de taux d’intérêt, afin d’éviter que le chômage ne descende en dessous d’un plancher baptisé NAIRU (dans le cas de la France, ce plancher est estimé par la Commission de Bruxelles à 11%). Selon les théories des années 70 et 80, sur lesquelles se fonde la BCE, un tel taux plancher de chômage est exigé impérativement par la lutte contre le fantôme de l’inflation.

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L’Addictature : la tyrannie de la dépendance

«L’addictature», c’est la dictature du système marchand, mondialiste et médiatique à travers l’addiction : l’addiction aux images, l’addiction à la consommation ; notamment par la prise du contrôle des esprits par les publicitaires et la décérébration scientifique, une addiction à la consommation, à la publicité et au commerce, qui est la principale cause du politiquement correct. C’est le chef d’entreprise, le publicitaire et l’éditorialiste qui cherchent à éviter tout ce qui peut nuire à un « bon climat », ce qui les conduit à privilégier le conformisme et à craindre la liberté de l’esprit.

1/ Consommer c’est détruire

Londres, été 2000, à proximité du célébrissime Hyde Park, une réunion se tient dans les locaux d’une agence de publicité regroupant une vingtaine de «marketeurs» du monde entier… Face à l’agence, un panneau publicitaire de 4 mètres sur 3 attire l’attention du passant, dérange la bonne société londonienne et émerveille nos jeunes cadres un brin efféminés, grands prêtres de l’impact pour l’impact, adeptes des idées décalées qui «feraient bouger le monde», ennemis jurés de la normalité d’emblée jugée réactionnaire ou simplement emmerdante.

Sur l’affiche géante : une femme septuagénaire ridée comme une pomme, le visage révulsé et bestial, un corps misérable au deux tiers dénudé, simplement sanglé dans une combinaison sado-maso de latex noir clouté ; dans sa main droite un fouet hérissé d’épines de métal, dans sa main gauche une boîte de pastilles à la menthe et un « claim », une signature, un message : «Draw the pleasure from the pain» (tirez votre plaisir de la souffrance).

Un clin d’œil bien british à la gloire du menthol contenu dans ces anodines pastillettes, mais qui pourrait en dire long sur la dégradation de notre rapport au monde, ô combien tourmenté.

Et si consommer, c’était consumer et se consumer, altérer l’objet et s’altérer soi-même… et si consommer, c’était avant tout détruire ?

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Europe : la crise est politique !

Analyse d’Hervé Juvin sur la Crise qui touche la Grèce, l’euro et l’Europe.

Chaque mois sur realpolitik.tv, dans la rubrique « Comment va le monde ? », Hervé Juvin, avec Anna Vassilissina, nous présente les enjeux de la géo-économie, qui sont les enjeux de notre devenir.

(Merci à Léonidas)

Garçon, un cancer ! Entretien avec le professeur Dominique Belpomme

Dominique Belpomme est un médecin et professeur de cancérologie au Centre Hospitalier Universitaire Necker-Enfants malades. Il est membre de plusieurs sociétés savantes internationales et président de l’ARTAC, Association pour la Recherche Thérapeutique Anti-Cancéreuse, fondée en 1984, et connu pour ses travaux de recherche sur le cancer. Il est ici interrogé par le magazine Le Choc du mois.

Ce qui vous frappe le plus en tant que cancérologue, c’est que le cancer est une maladie créée par l’homme ? 70.000 personnes en mouraient après la Seconde Guerre mondiale. Combien aujourd’hui ?

150. 000, plus du double.

Et combien sont-ils à développer un cancer aujourd’hui ?

Avant le premier plan cancer (2003-2007), on comptait chaque année environ 280.000 personnes atteintes de la maladie. Après (soit en 2009), 350.000.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’en terme de santé publique, le premier plan cancer est au mieux un demi-échec et que le second plan risque de se solder par un constat du même ordre si la prévention environnementale n’est pas prise en compte.

Versant positif, on a pris conscience qu’il y avait un fléau, le cancer, et confirmé la réorganisation des soins et la lutte contre le tabagisme, tout en créant l’INCa, l’Institut national du cancer.

Pour autant, les résultats sont loin d’être à la hauteur des espérances. On a aujourd’hui annuellement 350.000 nouveaux cancers. C’est une croissance quasi-exponentielle du nombre de cas. Quant à la mortalité, elle est pratiquement stable : elle a diminué de moins de 10 % pour les hommes et n’a pas bougé pour les femmes, en taux standardisé (qui gomme l’effet de l’âge).

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Partage de la valeur ajoutée : le hold-up tranquille

«La guerre des classes existe, c’est un fait. Mais c’est la mienne, celle des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter.»

(Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, New York Times, 29 novembre 2006)

————————

C’est le point aveugle du débat économique. Une donnée clé, et d’autant mieux cachée par les grands médias : de toutes les richesses produites en France, les salariés récoltent, aujourd’hui, d’après l’Insee, 9,3% de moins qu’en 1983 – autant qui va en plus aux actionnaires. Soit plus de 100 milliards d’euros par an…

«La part des profits est inhabituellement élevée à présent (et la part des salaires inhabituellement basse). En fait, l’amplitude de cette évolution et l’éventail des pays concernés n’a pas de précédent dans les 45 dernières années.»

D’où sont tirées ces lignes ?

On croirait une communication de la CGT ?

Ou un discours d’Olivier Besancenot ?

Au contraire : ce passage est extrait d’un article de la Bank for International Settlements. La Banque des Règlements Internationaux. Une institution qui réunit chaque mois, à Bâle, en Suisse, les banquiers centraux pour « coordonner les politiques monétaires » et « édicter des règles prudentielles ».

Dans leurs Working Papers n° 231, daté de juillet 2007 et titré Global upward trend in the profit share («Hausse tendancielle mondiale de la part des profits»), eux insistent pourtant sur les «hauts niveaux de la part du profit inhabituellement répandus aujourd’hui», sur cette «marge d’une importance sans précédent», sur cette «preuve à la fois graphique et économétrique d’un fait particulier concernant le partage des revenus dans les pays industrialisés : une poussée à la hausse de la part des profits au milieu des années 80, ou son pendant : une poussée à la baisse de la part des salaires» et ainsi de suite sur vingt-trois pages.

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Les raisons du naufrage économique, selon Jean-Marie Le Pen

Vidéo du discours prononcé par Jean-Marie Le Pen, à l’issue du Conseil National du Front National, à Nanterre, le 2 mai 2010 :

http://www.dailymotion.com/video/xd62k4

Voici le texte de ce discours, en ce qui concerne ses parties consacrées plus particulièrement à l’économie :

La situation des travailleurs français :

En ce lendemain de la fête du travail, notre projet de révolution patriotique s’adresse principalement à ceux laissés au bord de la route, abandonnés au chômage par près de 40 ans de politique anarcho-libérale qui établit pour seul aiguillon le profit immédiat, quelles qu’en soient les conséquences humaines, sociales, familiales, ou environnementales.

Dans notre pays, ce sont 5 millions de chômeurs qui sont victimes des conséquences de 4 décennies de politique économique et sociale suicidaire.

Et nous ne pouvons pas compter ceux qui, sachant pertinemment qu’ils ne trouveront pas de travail, n’en cherchent même plus. Que dire des chômeurs de longue durée, qui seront plus d’un million cette année et pour qui le gouvernement n’a d’autre solution que de jeter quelques millions d’euros supplémentaires, à la grande satisfaction des syndicats, devenus les premiers collabos d’un système capitaliste dévoyé.

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Critique de l’idéologie libérale

Par Michel Drac

Note sur le libéralisme économique, tel qu’analysé par Alain de Benoist.

Le Marchand de Venise, de William Shakespeare (gravure du XVIIIème siècle)

Qu’est-ce que l’idéologie libérale ?

Alain de Benoist (AdB) commence par préciser que ce n’est pas un corpus unitaire. C’est une école, organisée autour d’une doctrine économique (le marché autorégulateur), dont découle une vision politique adaptée au déploiement de ladite doctrine – et c’est, aussi, une anthropologie de type individualiste.

De quoi l’idéologie libérale est-elle l’adversaire obligé ?

Marché et individu ont en commun leur incompatibilité avec toute forme d’identité collective : le Marché a besoin des individus pour imposer la monnaie comme seul support de l’échange, et seule l’abolition au moins partielle de l’identité collective fabrique l’individu.

Comment cet antagonisme s’est-il constitué historiquement ?

A l’origine est, pour AdB, le christianisme. Il introduit, contre les représentations holistes de l’Antiquité, l’idée du Salut individuel. Au départ, l’homme intérieur chrétien se retire du monde. Mais progressivement, il va le réinvestir, et une représentation ultra-mondaine finira par contaminer les représentations sociales : l’individu est né. Pour reprendre une distinction célèbre : la communauté s’efface devant la société.

Dans la foulée, la vision portée sur le monde évolue : de l’abolition des cadres holistes découle l’émergence d’une conception nominaliste potentiellement négatrice du réalisme aristotélicien, et l’individu cartésien proclame sa capacité à poser le sens sur un monde constitué d’êtres singuliers. Le cartésianisme marque le triomphe de l’individualisme jusque dans la conception de l’esprit humain.

Dès lors, l’homme individuel se construit, théoriquement, sans référence à un héritage ou une dynamique collective. L’homme individualiste se pense humain indépendamment de tout processus d’hominisation social. Il en découle mécaniquement que l’individu précédant le social, les droits (de chaque individu) sont censés précéder les devoirs (à l’égard des autres individus).

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William Reymond : « La malbouffe, c’est de la bouffe toxique »

« Au milieu des années 1980, sans aucune raison apparente, près de 20 millions d’Américains sont, brusquement, devenus trop gros. » Ainsi s’exprime William Reymond, journaliste français vivant aux Etats-Unis, au cœur de ce laboratoire géant de la malbouffe. Diabète, cancers, maladies cardio-vasculaires, tout y passe. Ce n’est plus un cours de cuisine, mais de médecine ! Quand la « junk food » – le mot anglais pour malbouffe – se transforme en « toxic food »…

Entretien publié dans le n° 37 (mai 2010) du magazine Le Choc du mois, qui vient de paraître. En kiosques ou à commander ici.

Le Choc du mois : Vous pensez qu’il ne faut plus parler de malbouffe, mais de « toxic food », pour reprendre le titre de votre dernier livre ? Pourquoi ?

William Reymond : La « junk food » (malbouffe) est un terme réducteur qui nous installe dans un mensonge : celui de croire que la malbouffe, c’est ce que mange l’autre. Alors qu’en réalité, elle correspond aujourd’hui à 80 % de notre alimentation, soit la part de l’industrie agroalimentaire dans nos dépenses de table.

Et elle est d’autant plus toxique qu’elle ne nous rend pas que gros. Car cette alimentation, surchargée en gras, sel et sucre, tous facteurs d’obésité, est aussi un vecteur essentiel dans le développement de certains cancers et des maladies cardio-vasculaires et cérébrales, l’obésité n’étant que la face visible de l’iceberg.

Est-ce la raison pour laquelle vous avancez que la nourriture industrielle sera la cigarette du XXIème siècle ?

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Immigration : pourquoi le patronat en veut toujours plus

Parce que l’immigration permet de payer les salariés toujours moins. C’est ce que dit un rapport du très sérieux et très officiel Conseil d’analyse économique, intitulé «Immigration, qualifications et marché du travail.»

On se souvient du président Pompidou, avouant peu avant sa mort qu’il avait ouvert les vannes de l’immigration en France, à la demande des grands patrons, désireux de pouvoir bénéficier d’une main d’oeuvre nombreuse, docile et bon marché, d’une réserve quasi inépuisable, à même de réduire les ardeurs revendicatrices des travailleurs français souvent organisés.

Quarante ans plus tard, rien ne semble avoir changé. Au contraire, les appels à l’immigration viennent toujours du même côté, et toujours pour les mêmes raisons. Seule différence : les secteurs économiques concernés sont désormais plus nombreux, dépassant le cercle du BTP ou de la restauration pour atteindre des professions autrefois épargnées, telles que les ingénieurs ou les informaticiens.

Ainsi, les rapports de la Commission européenne, du Medef ou du Business Europe (le Medef européen) n’ont eu de cesse, depuis plusieurs décennies, d’en appeler à toujours plus d’immigration. En 2008, le célèbre rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, dressait un tableau de plus de 300 mesures d’inspiration très libérale, parmi lesquelles une accélération de l’immigration. C’est d’ailleurs cette pente que suit le président de la République depuis son élection, à travers ce qu’il a nommé « l’immigration choisie. »
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L’arnaque du réchauffement climatique

On vous dit que vous êtes responsables de tous les maux de la Terre, notamment du « réchauffement climatique. » C’est la plus grande supercherie des temps modernes.

Le Britannique Martin Durkin prend le contre-pied de l’actuel consensus scientifique sur l’origine anthropique du réchauffement climatique, en s’appuyant sur des interviews de scientifiques, d’économistes ou encore d’hommes politiques. Un documentaire polémique, qui a été particulièrement controversé lors de sa diffusion au Royaume-Uni en 2007. “The Great Global Warming Swindle” conteste l’avis de la majorité des climatologues selon lequel l’activité humaine serait la principale cause du réchauffement climatique.

«L’Europe, une multinationale. Le pouvoir sans contrôle des [grandes] entreprises.»

Préface de l’ouvrage portant ce titre [Belén Balanyá, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma'anit et Erik Wesselius : "Konzern Europa. Die unkontrollierte Macht der Unternehmen", Ed. Rotpunktverlag, Zürich 2001, ISBN 3-85869-216-6]

Par Peter Niggli, directeur d’Alliance Sud (organisation commune des six organisations de développement Swissaid, Action de Carême, Pain pour le prochain, Helvetas, Caritas et Eper pour les questions de politique de développement en Suisse).

Une réunion de l'ERT (European Round Table of Industrials - Table ronde des industriels européens) le 2 octobre 2008. Au milieu, José Manuel Barroso, Président de la Commission Européenne.

Les chauds partisans du néolibéralisme estiment que les décisions en politique économique risquent, dans les Etats nationaux à structure démocratique, de déboucher dans l’irrationnel.

En effet, dans ce contexte, les parlements et les gouvernements agiraient sous la prise de groupes d’intérêts et seraient, de plus, soumis aux décisions du corps électoral. Ceci les conduirait à décider constamment des dépenses inconsidérées et de décréter des lois qui limiteraient le fonctionnement de marchés libres et ouverts.

Il serait donc plus simple, selon ces mêmes partisans, que les gouvernements s’entendent entre eux – sur la base de négociations internationales – pour décider de règles «rationnelles» et favorables au marché libre. Dans ce cas, ils seraient moins soumis aux pressions de groupes et de partis qui influencent fortement l’opinion publique.

Ces règles décidées en commun, et les actes des acteurs internationaux qui en suivraient, agiraient en «chocs externes», comme par exemple le «choc pétrolier» des années soixante-dix, sur les économies nationales, obligeant ces dernières à se soumettre aux nécessités du marché mondial.

C’est dans ce sens que les gouvernements occidentaux, les politiciens et les journalistes économiques ont tenté de nous persuader, au cours de la décennie écoulée, que nous pouvions décider au niveau national tout ce que nous voulions, mais qu’il n’y avait aucune alternative face au marché mondial, au marché commun européen ou à la mondialisation et qu’il ne nous restait qu’à nous soumettre si nous ne voulions pas que l’économie s’effondre.

En même temps, nos gouvernements s’efforçaient de transformer le marché mondial ou le marché commun européen par des accords internationaux et des institutions, de telle façon que toute possibilité d’alternatives se trouvait réduite.

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«Vers la modération» [monétaire et bancaire]

Quelles sont les missions d’une banque ? Est-elle au service de la population en recevant des dépôts et en accordant des crédits, en émettant et administrant des titres, en effectuant des opérations boursières, des transactions et en conseillant sa clientèle en matière financière ? Contribue-t-elle ainsi à l’évolution sociale ? Ou doit-elle obtenir des rendements les plus élevés possible pour ses investisseurs, s’agrandir sans fin, si possible dans le monde entier, prendre des risques ? Doit-elle rétribuer ses directeurs comme des princes ?

Silvio Gesell

Le titre du dernier ouvrage du professeur Hans Christoph Binswanger «Vorwärts zur Mässigung» (Vers la modération) convient bien au débat actuel. Il constitue un tour d’horizon à travers l’œuvre de l’auteur. Ceux qui cherchent des suggestions de solutions à la crise actuelle ne seront pas déçus.

Binswanger propose une restructuration du système monétaire en relation avec une réorientation de l’économie : il faut abandonner la recherche unilatérale de taux de crois­sance élevés et s’orienter vers une meil­leure préservation des ressources naturelles qui se raréfient et vers le respect de l’environnement.

Une croissance modérée et davantage d’argent en circulation sont certes indispensables pour ne pas mettre en danger le fonctionnement de l’économie moderne mais la «modération» est nécessaire. Qu’est-ce que cela signifie dans le domaine financier?

Restructuration du système monétaire

Binswanger propose une procédure qui va plus loin que les propositions de Thomas Jordan (BNS) ou de Boris Zürcher (Avenir Suisse). Il faut restructurer le système monétaire et réorienter l’économie.

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Le Moyen Age et l’argent

L’argent au Moyen Age

Le Moyen Age n’a pas inventé le capitalisme. C’est un univers exotique dans lequel le don l’emporte sur le gain, le salut sur l’enrichissement, rappelle Jacques Le Goff dans un ouvrage lumineux.

Un échange peut accoucher d’un essai tonique. Le Moyen Age et l’argent, de Jacques Le Goff (86 ans), est né d’une conversation entre notre grand médiéviste et un autre historien, Laurent Theis, son ancien élève et éditeur. Alors que celui-ci lui demandait, en pleine crise des subprimes, si l’argent avait une place comparable dans le déclenchement des crises au Moyen Age, Le Goff se lança dans un de ces grands dégagements, clairs, précis, savants, dont il a le secret.

L’argent au Moyen Age, expliqua-t-il, n’a pas le sens englobant actuel de richesse. Le terme désignait alors le métal. Quant à la monnaie, elle mesurait la valeur des choses avant d’être un instrument d’échange.

Dans le système féodal, son usage est limité. Les biens sont distribués sous la forme de redevances en nature. La monnaie est donc rare jusqu’au XVIIIème siècle, même si elle est plus abondante entre les XIIIème et XVème siècles – période d’essor commercial et urbain – qu’aux siècles précédents. Dans la conscience d’un homme du Moyen Age, la richesse se mesure en terres, en hommes, en pouvoir, pas en argent monétisé.

Le clivage est entre le faible et le puissant (humiles/potentes), pas encore entre le pauvre et le riche (pauper/dives). L’enrichissement terrestre n’est d’ailleurs pas concevable. Le plus bel “investissement” est dans le salut, par l’aumône. Dans l’échelle des valeurs, le don l’emporte sur le gain, la charité sur le profit…

Le talent de Jacques Le Goff, c’est d’aborder l’époque en anthropologue, de nous faire accéder pas à pas à la conscience de cet homme médiéval si étranger, exotique, dit-il. Deux thèmes irriguent ce livre : le sort des monnaies et l’attitude de la chrétienté face à l’argent.

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Economie : que faire ?

Par Patrick Reymond

Je répondrai à la question posée par certains internautes, à savoir les remèdes proposés pour sortir de l’ornière actuelle.

Les différentes solutions sont très simples et ramènent à un monde antédiluvien : les Trente Glorieuses.

Lesdites années se sont caractérisées, non pas par une forte croissance, mais par un certain paramétrage, qui a permis la croissance.

D’abord, il faut purger la dette.

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Les vraies raisons de la crise des « subprime »

Par Paul Jorion

M. Pascal Salin, professeur émérite à l’université Paris-Dauphine, propose dans Le Monde [du 19 mars 2010] de “revenir au véritable capitalisme”. L’antienne libertarienne qu’il entonne est connue : le pétrin dans lequel nous sommes n’est pas dû au capitalisme, mais à l’État.

Non seulement, dit-il, le capitalisme n’y est pour rien, mais s’il avait pu mieux dispenser ses bienfaits, aucun des événements fâcheux des dernières années ne se serait produit : « En réalité, c’est l’interventionnisme des Etats et l’affaiblissement des disciplines du capitalisme à notre époque qui ont empêché les marchés de jouer leur rôle régulateur… il faut voir dans la crise récente, comme dans les précédentes, une conséquence de l’affaiblissement du capitalisme ».

Il s’agit une fois encore de prendre Keynes comme punching-ball : sa mort prématurée en 1946 a frustré les Hayékiens de leur adversaire de prédilection et, pareils au pauvre Hamlet, ils n’en finissent pas de se disputer avec le spectre du père-héros, mais haï.

Malheureusement, les rares faits que M. Salin mentionne dans sa tribune libre, sont faux.

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