1974-2010 : La mise en oeuvre du libéralisme économique

Tribune libre de Paysan Savoyard

Élément d’une série consacrée aux politiques économiques et sociales suivies depuis un demi siècle, la présente tribune fait suite aux articles parus les 8/04/10 et 13/06/10.


La crise du milieu des années 70

Les Trente glorieuses s’achèvent avec la crise économique qui survient en 1974 et touche les pays industrialisés. Elle est déclenchée par le « choc pétrolier » provoqué en 1973 par les pays producteurs qui, groupés en cartel, décident de tripler brusquement les prix (un second choc pétrolier interviendra en 1979). Dans le même temps les États-Unis décident, en 1973, de supprimer le lien qui rattachait le dollar à l’or, inaugurant un système de flottement général des monnaies : la forte instabilité des monnaies qui résulte de cette décision sera elle aussi, à l’instar du choc pétrolier, préjudiciable à la croissance (l’instabilité monétaire est en effet gênante pour les entreprises, dont elle perturbe les prévisions).

La forte baisse de la croissance qui intervient dès 1974 est certes déclenchée par l’augmentation des coûts de l’énergie : elle résulte cependant, plus fondamentalement, du fait que le monde industrialisé atteint alors la fin d’un cycle économique exceptionnel, qui était alimenté depuis 1946 par la reconstruction d’après-guerre et par la décision des pays européens d’adopter, à l’imitation des États-Unis, le système de production et de consommation de masse.

La crise se traduit, comme nous venons de le dire, par une baisse immédiate du taux de croissance du PIB, qui va être divisé par deux par rapport à son rythme des Trente glorieuses (entre 1975 et 2006, la croissance a été en France de 2,3 % en moyenne et en volume par an, contre 5,6 % entre 1960 et 1974). La crise entraîne également une hausse de l’inflation ainsi qu’une forte hausse du chômage.


La victoire des thèses libérales

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La fuite en avant de la modernité

L’époque n’est pas si lointaine où certains espéraient que l’évolution technique permette d’alléger le travail et de libérer du temps libre. Puissante en Occident durant les années de croissance de l’après-guerre, cette promesse n’a pas été réalisée. C’est même l’inverse qui s’est produit.

"Pluie, vapeur, vitesse", par William Turner (1844)

Nous avons le sentiment de manquer de temps, tout en étant équipés de toujours plus d’appareils qui effectuent des tâches à notre place. Dans une grande ville, la possession d’une voiture entraîne automatiquement une augmentation du temps de transport. De façon surprenante, les nouvelles technologies exigent en réalité du temps supplémentaire. De cette manière, elles accroissent aussi le rythme de la vie.

Au coeur de cette logique paradoxale, il y a le processus d’accélération. C’est la thèse du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa. Il en a défini les dimensions, les causes et les conséquences dans Accélération, un grand livre de théorie sociale qui contient une foule de données intrigantes sur les évolutions de notre rapport au temps.

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La face cachée du pétrole

Une relecture des événements du XXe siècle à l’aune des enjeux pétroliers. Une passionnante enquête nourrie d’archives et d’entretiens avec les acteurs directs de l’Histoire.

Dès ses débuts, l’industrie pétrolière est marquée par la rivalité entre l’Américain Rockefeller et les frères Nobel, installés à Bakou, en mer Caspienne. La Première Guerre mondiale est gagnée en grande partie grâce au pétrole acheminé auprès des forces alliées par la Standard Oil of New Jersey, appartenant à John D. Rockefeller. Des livraisons suspendues en 1916, lorsque le magnat américain apprend le partage du Moyen-Orient, dont il convoite le sous-sol, entre Britanniques et Français. Dès 1928, 17 ans avant Yalta, les dirigeants des compagnies pétrolières se partagent le monde au terme d’un accord dont les termes resteront cachés jusqu’en 1952…

Les États-Unis auraient utilisé l’arme du pétrole saoudien pour faire chuter les cours mondiaux et provoquer l’effondrement de l’Union soviétique : enquête.

Le choc pétrolier de 1973 ne fut qu’une gigantesque manipulation orchestrée par les compagnies pétrolières qui souhaitaient, en favorisant la hausse des prix du baril, dégager d’importants bénéfices pour favoriser leurs investissements en mer du Nord et en Alaska. Pour la première fois, l’homme au coeur de cette stratégie, Roger Robinson, explique comment l’administration Reagan a utilisé l’arme du pétrole saoudien pour faire chuter les cours mondiaux et provoquer l’effondrement de l’Union soviétique.

Partie 1 :

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Notes sur la crise de la raison humaine

Par Philippe Grasset

Le chemin vers l'Enfer (Alfred Kubin, 1904)

(…) Dans ce numéro du 10 juillet 2010 [de la revue DDE Crisis], nous abordons le thème qui pourrait être résumé sous l’expression de “crise de la raison humaine”, qui caractérise, à notre sens, le fondement de la crise générale de notre civilisation. (…)

La raison humaine en accusée principale

Si nous acceptons l’observation, de plus en plus partagée, que nous nous trouvons dans une crise générale de civilisation, alors la raison humaine s’y trouve en accusée centrale incontestable. C’est elle qui a conçu et conceptualisé, dirigé, orienté, ce qu’on entend d’une façon générale aujourd’hui par “Progrès”, c’est-à-dire les sciences, les systèmes politiques et sociaux, les orientations morales et les mœurs, cela depuis plusieurs siècles.

Selon notre schéma propre (voir La grâce de l’Histoire), l’actuelle dynamique a pris son essor décisif à la fin du XVIIIème siècle, lorsque la prépondérance de la raison fut assurée, dans une période si nouvelle que nous la désignons comme la “deuxième civilisation occidentale”. Au constat du résultat auquel cette dynamique aboutit aujourd’hui, à l’heure de sa grande crise, nous pourrions aussi bien nommer la période “contre-civilisation”. Lire la suite

Vivez, prospérez, consommez…

Une analyse grinçante de l’évolution du comportement des consommateurs. Dans la société de consommation moderne, le neuf et le beau ne suffisent plus : il faut posséder (parfois en plusieurs exemplaires) les produits dernier cri les plus performants. Les achats ne sont plus destinés à répondre à des besoins fondamentaux, mais à satisfaire nos désirs, à être enviés, à épater.

Conséquence : le bonheur que procure l’acquisition d’un nouvel objet est toujours plus éphémère ; nous sommes en proie à un sentiment d’insatisfaction permanente. De plus, la durée de vie des produits ne cesse de diminuer, conduisant à l’épuisement des ressources et à l’accumulation des déchets. Derrière l’attitude de ces acheteurs boulimiques se profile un véritable scénario catastrophe. Est-il trop tard pour arrêter la machine que nous avons lancée ? Sociologues, psychologues, philosophes, spécialistes du marketing et de la publicité reviennent sur les limites du consumérisme et notre recherche effrénée du bonheur.

Via le blog de Blueman

Seuil de densité 40, vie chez les parents, reconstitution des lignées

Par Patrick Reymond

La question énergétique est têtue. On croit l’oublier, elle est toujours là. Et elle va se poser pour la question immobilière, avec une prégnance dont les gens n’ont même pas idée. Pendant des siècles, je l’ai dit, la France n’a pu dépasser physiquement le seuil de densité 40. C’était, jusqu’au début du XVIIIème siècle, le seuil où la mortalité et l’absence de subsistance ramenait la population en dessous.

Tout ce qui était cultivé était cultivé, le reste servait à faire paître les bêtes, gardées par les enfants. Au XVIIIème siècle, les petits bergers commencent à lire dans les pâturages les livres populaires. “Littérature de colportage (XVIIème – XIXème siècles) : Bibliothèque bleue, almanachs, gravures, occasionnels.” Note : en réalité, la littérature de colportage est attestée au XVIème siècle (Pierre Miquel, les Guerres de Religion).

On garde en groupe, et on garde jeune. Dès qu’on est en âge de travailler plus dur, on abandonne le gardiennage. Le gardiennage n’est pas exempt de risques. Les troupeaux de moutons, nourrissent les loups. La disparition des espèces médiévales (destinées à la laine) au XIXème siècle tuera les loups, le troupeau passe de 30 à 6 millions de têtes.

Dans ce contexte-là, l’énergie est rare. Le mouton et la chèvre rasent tout. Aussi, un kilomètre carré, c’est très peu de maisons. Une seule abrite plus de 10 personnes. Pas question à l’époque, comme aujourd’hui, de vivre à 2,4 habitants par foyer, pas question d’avoir une pièce à soi, la question est la survie physique. On se concentre pour avoir chaud et passer l’hiver.

Ce n’est pas si lointain : la génération des années 1930 ne connaissait pas les chambres chauffées, il gelait dedans, couettes épaisses, briques assurait l’essentiel. Frères et soeurs dormaient dans les mêmes lits. 3 générations sous le même toit n’était pas une situation anormale.

D’abord, l’indépendance coûtait cher, et il n’y avait pas de logements disponibles.
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La presse écrite française sous perfusion

Voici la diffusion (payée) en France des principaux quotidiens nationaux 2007/2009, avec [un] estimatif 2010.

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Il faut cependant noter que la presse quotidienne régionale dépasse largement la presse nationale au niveau des ventes. Selon l’OJD (1er mars 2009), le quotidien le plus vendu était le quotidien Ouest-France avec 768 226 exemplaires vendus(moyenne par jour).

L’association OJD est une association professionnelle française dont le rôle est de certifier la diffusion, la distribution et le dénombrement des journaux, périodiques et de tout autre support de publicité.

Nous avons donc 1 934 261 journaux (payés) diffusés en 2008 et 1 860 732 en 2009 ; donc, 73 529 de moins en un an, soit –3,8% et cela n’est pas près de s’arrêter.

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Monsanto critiqué pour sa vision à court terme

La polémique enfle en Inde. Monsanto reconnaît que le coton Bt, une variété d’OGM qu’elle produit, est devenu inefficace face aux déprédateurs.

Parodie d'une affiche de film - "Vous devez être génétiquement modifié pour résister aux produits toxiques, si vous voulez avoir une chance de survivre par ici. Par les producteurs de PCB, DIOXINE et AGENT ORANGE" (cliquez sur l'image pour l'agrandir)

Le géant de l’agro-alimentaire Monsanto, qui se bat pour l’acceptation de la biotechnologie des OGM partout dans le monde, a reconnu que son coton Bt, la variété Bollgard I, était en passe de devenir inefficace face aux déprédateurs. La polémique enfle en Inde, d’autant plus qu’un moratoire a été lancé par le gouvernement au sujet de l’aubergine génétiquement modifiée de Monsanto.

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Immigration : un coût de 30,4 milliards par an !

Le coût de l’immigration en France est de 30,4 milliards d’euros. Le coût de l’émigration : 7,9 milliards d’euros, qui ne rentrent pas dans les caisses de l’État du fait de l’expatriation annuelle des Français. La politique migratoire de la France nous coûte au total 38,3 milliards, soit près de 2 points de PIB.

Dessin de Chard

Dépenses d’immigration pour l’État : 79,4 milliards d’euros dont :

* Coûts sociaux : 58,64 milliards d’euros
* Coûts sociétaux : 13,65 milliards d’euros
* Coûts sécuritaires : 5,24 milliards d’euros
* Coûts éducatifs : 1,87 milliards d’euros

Contribution des immigrés aux recettes de l’État : 49 milliards d’euros dont :

* Cotisations sociales : 12,754 milliards d’euros
* Fiscalité État : 28,303 milliards d’euros
* Fiscalité locale : 7,794 milliards d’euros

Déficit annuel de la politique d’immigration : 30,4 milliards d’euros

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Immigrés : le test de la “journée sans eux”

Ce ne sera pas une grève mais un moment symbolique : en appelant à la mobilisation le 1er mars, le collectif “24 heures sans nous, une journée sans immigrés” entend “démontrer l’apport indispensable de l’immigration” à la France, en particulier son poids dans l’économie.

Cliquez sur l'affiche

Cette initiative, organisée le même jour en Italie et en Grèce, s’inspire d’une expérience observée aux États-Unis en 2006 : visés par une loi criminalisant la travail clandestin, des centaines de milliers d’immigrés hispaniques avaient paralysé les grandes villes du pays. Les manifestations avaient abouti au retrait du texte.

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L’effondrement de la mondialisation

Une conférence fondatrice sur l’effondrement de la mondialisation donnée à l’École militaire le 02 Février 2010.

Partie 1 – Les paradoxes de la mondialisation
http://www.dailymotion.com/video/xc8rn9
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Pour sortir de la crise: l’État national renforcé

Par Reinhard Koradi

Ces dernières années, le nombre de personnes sans travail rémunéré a augmenté de façon dramatique. Le fondateur du WEF (World Economic Forum) Klaus Schwab, met en garde contre une crise financière et économique qui pourrait être suivie d’une crise sociale. Des pressentiments semblables sont exprimés – bien qu’encore sous le couvert – par des représentants de gouvernements.

Il se peut que les citoyens doivent être préparés doucement au fait que suite à l’aide rigoureuse de quelques milliards de dollars à des entreprises privées, les caisses de l’État sont vides. Après la dilapidation généreuse des biens populaires et d’immenses dettes accumulées, l’argent manque maintenant pour éviter ou atténuer la catastrophe sociale.

Il est extrêmement inquiétant que ces razzias sur l’argent des contribuables des États souverains aient été initiées pour la plupart par des organisations transnationales (G7 et G20) et aient servi en premier lieu et uniquement de dopage du libre-échange des capitaux, mais pas de l’économie nationale réelle des pays respectifs.

La voie pour sortir de la crise financière et économique est celle de l’État national renforcé. Celui qui soupçonne tout de suite derrière cette exigence un nationalisme caché, du protectionnisme ou bien une isolation du monde extérieur, se ferme à la réalité des crises actuelles et nie le droit à l’autoprotection.

Et comme si ce n’était pas encore assez d’impertinences, les responsables mondiaux – les incendiaires et les profiteurs – de la crise financière devraient encore développer une solution globale pour un nouvel ordre économique et financier qui devrait nous sortir de la crise. Lire la suite

La structure des banques en question

Il est absolument hallucinant de voir le spectacle de la folie retrouvée des banques, alors qu’il y a un an, elles se ruaient sur les aides des Etats et des Banques Centrales, pour ne pas sombrer dans des faillites à la Lehman Brothers.

Le FMI a calculé (chiffres cités par JP Fitoussi dans « Après la crise, un conte parfaitement immoral », Le Monde du 05/01/2010) que les Etats du G-20 avaient consacré 17,6% de leur PIB au soutien du système bancaire, contre 3% au soutien budgétaire de l’économie.

Un tel coût pour un tel résultat pose vraiment problème. Comment peut-on accepter de payer de telles sommes, sans exiger en retour de réelles garanties, à la fois sur une meilleure gouvernance et sur les précautions à prendre pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise pas ?

Les gouvernements temporisent, parce qu’ils souhaitent en priorité que les banques retrouvent une bonne santé, pour pouvoir purger les mauvaises créances encore présentes et, espèrent-ils, qu’elles contribuent enfin au développement de l’économie. (Au moment où nous écrivons ces lignes, le président des Etats-Unis vient de déclarer vouloir limiter la taille et les activités spéculatives des grosses banques de dépôt. Son ton très agressif nous laisse penser qu’il veut aller assez loin dans ce sens, mais il faut attendre le texte de loi pour avoir une idée claire de la valeur des mesures proposées. Nous espérons que présent article en facilitera l’analyse par le lecteur.)

Mais il y a urgence, car de plus en plus de faits semblent indiquer que les profits importants des banques proviennent beaucoup plus des activités à haut risque, que des prêts à l’économie qui sont souhaitables pour sortir du marasme (Eric Laurent vient de sortir « La face cachée des banques », Plon, 2009, qui nous montre combien les dirigeants des banques américaines ne recherchent que le profit à court terme, sont insensibles aux questions éthiques, et ne comprennent que le rapport de forces).

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1er mars 1999 : l’OMC impose la dérégulation financière mondiale

Par Michel Santi

La dérégulation à outrance des marchés financiers, ayant abouti à la crise des années 2007-2010, remonte au 1er Mars 1999.

C’est en effet sous l’impulsion de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) que des nations aussi diverses que Bahrein, les Etats-Unis ou l’Australie et représentant 90% du chiffre d’affaires mondial en terme de services financiers, signèrent le “Financial Services Agreement” (FSA), qui devait consacrer l’invulnérabilité des “Too Big To Fail” [trop gros pour faire faillite].

Cet accord ouvrait ainsi une voie royale aux fusions d’établissements financiers d’importance moyenne, qui avaient dès lors la bénédiction de l’OMC et de ses membres pour se transformer en mastodontes, sans devoir être inquiétés par les autorités internationales, ni devoir leur rendre des comptes…

L’OMC, qui tentait déjà, depuis plusieurs années, de promouvoir la dérégulation financière sous couvert de libéralisation du commerce international, imposait ainsi aux nations signataires de ne s’engager dans aucune réglementation, pour certains pays de procéder à une libéralisation à pas forcé, de leurs services financiers ! Dans la foulée, les Etats-Unis s’engagèrent à répudier le fameux Glass-Steagall, qui devait effectivement être abrogé 8 mois plus tard…

En fait, les Etats-Unis décideront, en cette occasion, de quasi supprimer, progressivement, toute régulation financière intérieure, afin de se mettre en conformité avec les accords dits du “GATT”. Plus aucune restriction sur les nouveaux produits financiers, ouverture totale de leur marché à toutes les entreprises actives dans la finance et encouragements à la création de corporations géantes, telles étaient donc les directives acceptées, le coeur léger, par des pays qui considéraient cet accord comme une percée considérable dans l’histoire de la civilisation moderne.
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À qui profite l’immigration ?

Du regroupement familial à l’immigration choisie, l’union sacrée de la droite d’affaires et de la gauche bobo au service de la destruction des classes populaires françaises.

Avec par ordre d’apparition : Georges Marchais, Francis Bouygues, Éric Zemmour, un ouvrier français, Nicolas Domenach, François Hollande, Julien Dray.

Les USA dans le trou noir économique : un voyage sans retour

“Trou noir économique : 20 raisons qui expliquent pourquoi l’économie américaine est mourante et ne connaîtra pas de reprise”

Même si le système financier américain a connu un effondrement presque total à la fin de l’année 2008, le fait est que la plupart des Américains n’ont aucune idée de ce qui est réellement en train d’arriver à leur économie nationale.

La plupart des gens pensent que la petite récession que nous venons de vivre est quasiment terminée, et que nous nous apprêtons à connaître une autre période de croissance et de prospérité économique.

Mais cette fois-ci, cela n’arrivera pas. La réalité, c’est que nous sommes aspirés dans un trou noir économique dont les USA ne se sortiront jamais tout à fait.

Le problème, c’est la dette. Ensemble, le gouvernement, les gouverneurs des États, les entreprises et les consommateurs ont accumulé la plus grande montagne de dette de l’histoire du monde. Cette dette monstrueuse a servi à alimenter nos impressionnantes croissance et prospérité des deux dernières décennies, mais maintenant, le moment de faire les comptes est arrivé.

Et cela va être douloureux.

Voici 20 raisons qui expliquent pourquoi l’économie des USA est mourante et ne pourra pas se remettre… Lire la suite

L’Euro : implosion ou sursaut ?

Par Jean-Claude Werrebrouck

Si naguère, en résultante des abandons monétaires, les marchés politiques se sont assez spontanément dirigés vers la création d’une zone monétaire largement artificielle, vont-ils, à la faveur de la crise, poursuivre la construction européenne et arrimer la monnaie à un grand Etat européen ?

Sur le papier des croyants du constructivisme, les choses sont simples : il existe désormais un seul Etat, sans doute hétérogène, mais disposant d’une monnaie souveraine. Il n’y a plus de dettes souveraines au pluriel, mais une dette souveraine au singulier.

Le couple monnaie unique / grand Etat suppose donc d’énormes changements, qui se ramènent tous à la question de l’évaporation progressive des marchés politiques nationaux, au profit de la naissance de marchés politiques européens. Les énormes coûts d’une implosion de l’Euro pourraient faciliter cette perspective.

En lançant l’idée de monnaie unique, les entrepreneurs politiques européens sont passés de la haute couture au prêt à porter.

Les monnaies nationales étaient, jadis, le reflet du vécu d’un peuple et d’une culture. L’histoire de ces monnaies, avec leurs hauts et leurs bas, avec les variations de leurs qualités : niveau de convertibilité, espace de circulation, taux de l’intérêt, taux de change, inflation, etc., était aussi l’histoire de leur peuple utilisateur. Le DM [Deutsche Mark] correspondait bien à l’histoire tumultueuse allemande. Le Franc correspondait bien à l’histoire toute aussi tumultueuse de la France, etc. Bref, la monnaie nationale était le vêtement haute couture d’un peuple ou d’une nation.

Haute couture et prêt à porter

Le passage à l’Euro devait changer la donne, puisqu’il s’agira de construire un vêtement acceptable par des peuples et nations fort dissemblables : désormais, le « grand mince » se devra de porter le même vêtement que le « petit un peu rond ». La haute couture disparaît.

C’est cette question fondamentale du vêtement commun qui va envahir la littérature économique, sous la rubrique thématique de « zone monétaire optimale ». Et il est vrai que les différences entre le « grand mince » et le « petit un peu rond », s’énoncent en termes de régimes démographiques, de niveaux de développement, de fiscalité, de dépenses publiques, de structures industrielles, de poids des échanges extérieurs, d’inflation, de gains de productivité, de dépenses de recherche, de systèmes politiques, de caractéristiques culturelles, etc. Et, évidemment, la liste des spécificités n’est pas limitative….Encore plus de différences que celles séparant le « grand mince » du « petit un peu rond ».

Et puisque les entrepreneurs politiques ne disposaient pas d’une zone monétaire optimale lors de l’ouverture du chantier, le pari était que cette optimalité devait plus ou moins s’autoconstruire, autoconstruction résultant des bienfaits évidents de la monnaie unique. Avec le premier d’entre eux : une accélération de la croissance économique de la zone.

Mais comment courir plus vite, avec un vêtement qui comprime le corps et les membres du « grand mince », et fait trébucher le « petit un peu rond » ?

La suite est davantage connue : croissance durablement plus faible que partout dans le monde et, surtout, maintien, mais davantage encore, aggravation, de la plupart des hétérogénéités.
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Les paradis fiscaux, pierre angulaire du système

[L'auteur de cet article nous demande de préciser qu'il ne désire pas que ses textes soient repris par un parti politique. Nous prions donc les blogueurs de tenir compte de son souhait. - La rédaction de Fortune]

Grâce aux paradis fiscaux, le CAC 40 paie deux fois moins d’impôts que les PME. Bizarrement, alors que Sarkozy a joué le cow boy tout l’hiver pour terrasser lesdits paradis fiscaux, ceux-ci se portent très bien. Normal, leur poids dans l’activité commerciale internationale est bien plus important qu’on ne le pense.

Les coûts en Europe, les bénefs’ au paradis !

Enfin, bref. C’est le Conseil des prélèvements obligatoires qui l’a dit dans un rapport publié fin 2009 : pour 100 euros d’impôts sur les bénéfices payés par une PME, une entreprise du CAC 40 n’en paiera que 43. Ça fait 2,3 fois d’impôts en moins. Si le CAC 40 payait comme les autres, l’État pourrait encaisser 15 milliards d’euros par an au lieu de 6,5 actuellement.

Donc, quand on entend justement les PDG du CAC 40 et le Medef dire que les “prélèvement obligatoires“, autrefois appelés “cotisations sociales” sont écrasants, il convient de relativiser largement.

Mais par quel miracle le CAC 40 est-il épargné (ce qui ne l’empêche pas de gémir pour obtenir des réductions d’impôts et des subventions diverses et variées) ? La réponse est simple : les paradis fiscaux et les transferts des bénéfices [1] !

On sait par exemple que BNP Paribas –dont l’État est le 1er actionnaire, avec 17% du capital depuis avril 2009 [2] – détient 189 filiales offshore [3] dans des paradis fiscaux, les Banques Populaires en ont 90, le Crédit Agricole en a 115, LVMH en a 140 (dont 33 à Guernesey, allez savoir pourquoi…) le groupe PPR en a 97, Schneider 131… Parmi les paradis les plus prisés, on a les Pays-Bas, (17% des filiales du CAC 40) le Royaume-Uni (30 % des filiales), le Luxembourg, sans oublier Hong Kong, la Suisse…

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Guerre économique

Extraits de la conférence donnée par François Asselineau le 30 novembre 2007 à Toulouse et intitulée “La France en guerre économique. ” Sur la France, l’Europe, la domination des États-Unis et l’économie capitaliste libérale mondialiste.

http://www.dailymotion.com/video/x6rbn0

Inégalités, surendettement, les deux faces d’une même réalité

(extraits) Par Albert Edwards, responsable de la stratégie à la Société Générale

Quelle est la relation, si elle existe, entre le laxisme extrême des banques centrales aux États-Unis et au Royaume-Uni et le fait que ces pays aient été ceux où les inégalités ont augmenté de façon la plus extrême durant ces dernières décennies ?

Etait-ce un facteur important ?

J’ai lu quelques réflexions provocantes de Marc Faber, dans son Gloom, Boom and Doom report, sur les inégalités extrêmes qui existent aujourd’hui.

Elles m’ont rappelé que nos excellents économistes américains Steven Gallagher [économiste en chef, Société Générale New York] et Aneta Markowska [économiste, Société Générale New York] avaient également traité du sujet.

Sans aucun doute, aux États-Unis l’augmentation des inégalités a été fulgurante ces dernières années (voir graphique ci-dessous).

A gauche : répartition des revenus aux USA de 1917 à 2007, en pourcentage du revenu total. En rouge, les 10% de la population qui ont les revenus les plus élevés. En noir, le 1% de la population qui a les revenus les plus élevés. A droite : évolution du pourcentage de la population dépendant de bons d'alimentation pour se nourrir. (Cliquez sur le graphique pour l'agrandir)

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Vers la fin du clivage gauche-droite

Par Laurent Pinsolle

C’est un sondage passionnant que le Cevipof a fait réaliser par la Sofres. Il mesure l’opinion des Français à l’égard des institutions politiques et économiques. Il recèle de nombreuses pépites qui montrent que les ingrédients pour un big bang politique semblent se rassembler.

Un rejet très fort des élites

En effet, si 69% des Français font confiance à leur conseil municipal et 65% à leur conseil général ou régional, 55% ne font pas confiance à l’Union Européenne, 64% à l’Assemblée Nationale, 65% à la présidence de la République et 68% à l’égard du gouvernement.

En clair, deux tiers des Français ne font plus confiance aux hommes politiques nationaux. Il faut dire que 78% de la population pense que les responsables politiques se préoccupent peu ou pas du tout de ce qu’ils pensent.

La défiance à l’égard des institutions se retrouve partout. Les Français ne font plus confiance aux banques, ni aux grandes entreprises, qui ne pensent qu’à leur profit.

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L’escroquerie monétaire mondiale

Par Eberhard Hamer (N.B. : cet article date de 2005)

La manipulation actuelle des systèmes de la monnaie et des changes constitue le scandale le plus important et aux conséquences les plus marquées de notre époque. Pour la première fois, l’escroquerie monétaire atteint des dimensions mondiales, car elle a lieu sur toute la planète, elle ne peut plus être contrôlée, arrêtée ou empêchée par aucun gouvernement et elle a même lieu de manière formellement légale, conformément à des lois nationales désuètes.

Toutefois, il est certain que l’escroquerie monétaire, comme toute autre escroquerie, ne peut pas enrichir à long terme les malfaiteurs par l’appauvrissement de leurs victimes, puisque l’on ne peut abuser d’aucun système monétaire libéral à long terme.

Selon la théorie financière, la monnaie est un moyen d’échange légalisé, qui conserve de surplus sa valeur. C’est pourquoi elle était jadis un monopole de l’État (droit de battre monnaie). Les pièces d’or, d’argent et de cuivre qui circulaient comme monnaie étaient battues par l’État. Celui-ci garantissait aussi la pureté du métal et le poids des monnaies, de sorte que l’on savait à tout moment, dans le pays comme à l’étranger, quelle était la valeur de chaque pièce. Ainsi, les pièces de monnaie étaient simultanément moyen d’échange et valeur durable.

• Mais pour battre monnaie, l’État doit avoir de l’or et de l’argent. Il était donc important qu’il disposât de mines d’argent, par exemple (Rammelsberg près Goslar), ce qui lui permettait de battre des monnaies supplémentaires en argent. Inversement, les citoyens savaient que l’État ne pouvait battre monnaie que dans la mesure où il disposait des métaux précieux correspondants. L’approvisionnement en métaux précieux était donc la base de la monnaie de métal précieux en circulation (monnaie d’or en circulation).

De la monnaie réelle à la monnaie fiduciaire
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La France, première victime de la désindustrialisation

L’industrie française va mal, depuis plusieurs années déjà. Pourtant dans le monde de l’après-crise qui se dessine aujourd’hui, l’industrie, la technologie et l’innovation seront au centre des futures batailles.

Le lancement il y a quelques jours des états généraux de l’industrie, annoncés par Nicolas Sarkozy en septembre, témoigne d’une angoissante réalité : le tissu industriel français va mal. Très mal. Et les quelques grands contrats signés au gré de voyages présidentiels ne doivent pas faire masquer une situation préoccupante.

L’industrie française vit depuis plusieurs années un curieux processus darwiniste : plus le tissu manufacturier se délite, plus les survivants sont forts, entretenant du même coup l’illusion d’une certaine forme de résistance.

La France est avec, le Royaume-Uni, le pays d’Europe où la désindustrialisation a été la plus marquée au cours des dernières décennies.

Par rapport à 2000, la production manufacturière affiche une baisse de 13,5%. Cette année, la balance commerciale devrait encore afficher un trou de près de 50 milliards d’euros, malgré l’allègement de la facture énergétique.

L‘excédent brut d’exploitation – en clair les profits – de l’ensemble des entreprises industrielles, était au printemps dernier inférieur de moitié à son niveau du début de la décennie, d’après les derniers calculs des experts de COE-Rexecode.

Une profitabilité en chute libre, qui a fait des ravages sur l’investissement productif. En volume, les dépenses d’équipement dans l’industrie sont revenues en 2009 à leur niveau de 1984 ! Et les dépenses en R&D des entreprises françaises ne représentent plus que 30% des dépenses des entreprises allemandes contre 45% en 2000.

Dans l’inconscient collectif, la France a déjà perdu son industrie”, déplore Jean Louis Levet, économiste et directeur de l’IRES (Institut de recherches économiques et sociales). Pour preuve, ces milliers de jeunes qui boudent les écoles d’ingénieur.

Pourtant dans le monde de l’après-crise qui se dessine aujourd’hui, l’industrie, la technologie et l’innovation seront au centre des futures batailles alors que les géants comme la Chine, l’Inde et le Brésil, montent de plus en plus en gamme. Il est plus qu’urgent que la France se dote à nouveau d’une véritable politique industrielle.

L’Expansion

La Crise : scénario pour 2010

Par Jean-Claude Werrebrouck

Au seuil d’une année nouvelle, il est inutile de rappeler les causes ultimes de la grande crise qui se déploie partout dans le monde : une mondialisation sans projet ni sens a développé de grands déséquilibres entre pays ; déséquilibres, à la fois créés, gommés et aggravés par la finance. Le fordisme des Trente Glorieuses a laissé la place à un modèle où une épargne et une production excessives en un point du monde, comblent et creusent à la fois des revenus, et où une production est insuffisante en d’autres points.

Le compromis fordien laisse la place à ce que certains appellent le « modèle Wall Street. » Avant, paraît-il, de passer au « modèle Wal-Mart. » Et s’il est probablement abusif de parler de modèle au vu de l’inventaire de la réalité, il est bien sûr impensable de parler de « compromis Wall Street. »

C’est que le modèle ne peut fonctionner que sur la base d’un endettement sans cesse croissant et donc, forcément, limité. Le déclenchement de la crise exprime le dépassement du seuil de soutenabilité de la dette.

En 2008 mais surtout en 2009, parce que l’endettement privé est devenu insoutenable, notamment aux USA, la crise financière qui s’en est suivie a pu être contenue par la montée au front des États. La demande globale, partout dans le monde, s’effritant voire s’effondrant, fut réanimée par des déficits budgétaires massifs (5000 milliards de dollars à l’échelle mondiale). Les perfusions les plus gigantesques furent entreprises aux USA et en Chine. Les entrepreneurs politiques de tous pays n’avaient d’autre choix que cette aussi gigantesque fuite en avant. Et aussi, fuite en avant intellectuelle, car quel sens donner à l’action d’entrepreneurs politiques – dits libéraux – obligeant Keynes à plonger dans la tempête pour sauver Hayek ?
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La génération de Mai 68 profite à plein de sa retraite

Le journal Le Parisien évoque cette classe d’âge dans plusieurs articles. Une occasion de mettre en lumière sa situation souvent très particulière.

Papy-boom

La génération des 60-70 ans arrive à l’âge de la retraite. En masse.

Et la déferlante des « papy-boomers » va aller en s’amplifiant. Depuis 2006, on enregistre 750 000 départs à la retraite par an, au lieu de 450 000 précédemment. Un bond de 30 % !

Une retraite dont ils vont pouvoir profiter longtemps. Après l’âge de 60 ans, les hommes peuvent espérer vivre vingt-deux ans encore et les femmes vingt-sept ans.

Et cela progresse de deux mois tous les ans. Du jamais vu.

Le papy-boom fait qu’en 2050, un habitant sur trois aura plus de 60 ans, contre un sur cinq aujourd’hui.

Un tel poids démographique va peser lourdement sur l’économie française, qui devra supporter une hausse des dépenses de santé, des versements de pensions de retraite tout en étant confrontée à une réduction de la population active.

La génération de Mai 68 profite à plein de sa retraite

On connaissait les papys gâteaux, voici les papys gâtés. Bien dans leurs baskets, relativement à l’aise pour beaucoup, même si nombre de retraités tirent le diable par la queue, la génération des 60-70 ans est bénie des dieux. Lire la suite

Les propositions radicales de Maurice Allais

Pierre-Noël Giraud propose dans son livre “Le commerce des promesses,” une “traduction” en langage accessible à tous, des propositions de Maurice Allais qui trouvent une brûlante actualité dans le contexte de la crise que nous traversons.

A la fin des années 1990, constatant la tournure qu’avait prise la libéralisation financière, Allais se scandalisait de ce que l’on permette aux banques de «jouer à la Bourse avec leurs fonds propres et, encore pire, avec de la monnaie qu’elles créent pour cela.» Il préconisait une séparation absolue entre la sphère de la monnaie et du crédit et la sphère de la finance de marché, ainsi qu’une création monétaire strictement réservée à la banque centrale.

Formulées en pleine période d’euphorie, alors que le système venait de surmonter avec brio la faillite de LTCM, ces propositions n’ont naturellement pas été entendues. On les a balayées d’un revers de la main, affirmant que de telles mesures bloqueraient totalement tout le système financier et le rendraient gravement inefficace. Analysons cependant plus en détail les propositions d’Allais, car elles ont le mérite de bien poser les questions de fond.
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Le piège de l’argent

Un film qui fait un rappel sur les problèmes inhérents au système bancaire et monétaire actuels: les intérêts demandés à l’argent dette ne sont pas créés, la faillite est donc inévitable pour un nombre certains d’acteurs de l’économie réelle. Le documentaire en deuxième partie promeut le crédit mutuel et présente les monnaies locales comme alternative.

La fallacieuse théorie du libre échange et la diabolisation du protectionnisme

Marc Rousset, auteur de “La Nouvelle Europe Paris-Berlin-Moscou. Le continent paneuropéen face au choc des civilisations” (Editions Godefroy de Bouillon, 2009), critique le dogme du libre-échangisme, utilisé, selon lui, comme arme de domination par ceux qui y ont intérêt, et prône le rétablissement du protectionnisme, seul réel moyen de développement et de prospérité.

Le modèle de la théorie des coûts comparés de Ricardo, décrit en 1817, dans son ouvrage On the principles of Political Economy repose sur une hypothèse essentielle, à savoir que la structure des coûts comparatifs dans les divers pays reste invariable au cours du temps.

Or, il n’en est ainsi que dans le cas des ressources naturelles.

Ainsi, par rapport à l’Europe occidentale, les pays producteurs de pétrole disposent d’un avantage comparatif qui restera le même dans un avenir prévisible.

De même, les produits tropicaux ont un avantage comparatif qui ne saurait disparaître.

La théorie des coûts comparés est fondée sur l’immobilité des facteurs de production

En revanche, dans le domaine industriel, aucun avantage comparatif ne saurait être considéré comme permanent. Chaque pays aspire légitimement à rendre ses industries plus efficaces et il est souhaitable qu’il puisse y réussir.

Il résulte de là que l’arrêt de certaines activités dans un pays développé, en raison des désavantages relatifs d’aujourd’hui, pourra se révéler demain complètement stupide, dès lors que ces désavantages relatifs disparaîtront. Il faudrait alors rétablir ces industries, mais entre-temps on aura perdu le savoir-faire.

Voir : “Les théories de la mondialité”, par Gérard Dussouy.

La théorie de Ricardo ne vaut que dans un monde stable et figé. Elle n’est pas valable dans un monde dynamique, où les fonctions de production et les salaires évoluent au cours du temps, où les capitaux peuvent se déplacer librement et où les industries peuvent être délocalisées. Lire la suite

Confessions d’un assassin financier

Révélations sur la manipulation des économies du monde par les États-Unis.

Les “assassins financiers” sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales : les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l’extorsion, le sexe et le meurtre. John Perkins sait de quoi il parle, c’était son “métier.” Il a exercé pour le compte des États-Unis et il confesse aujourd’hui ses terribles manipulations.

http://www.dailymotion.com/video/xa636d

Dmitry Orlov : “Définanciarisation, Démondialisation, Relocalisation”

Traduction d’une conférence donnée par Dmitry Orlov à Dublin, le 11 juin 2009 (N.B. : au regard de l’intérêt du sujet, nous estimons que les imperfections et coquilles de la traduction française sont d’une importance très secondaire. A quelques exceptions près, nous avons jugé superflu de les corriger. – Fortune).

1. Bonjour. Le titre de cet exposé est un peu long, mais ce que je veux dire peut se résumer en termes simples : on doit tous se préparer à une vie sans beaucoup d’argent, où les produits importés sont rares et où les gens doivent subvenir à leurs propres besoins et ceux de leurs voisins immédiats.

Je prendrai pour point de départ l’évolution de l’effondrement de l’économie mondiale, et vais discuter de ce qui pourrait survenir.

Cela a commencé avec l’effondrement des marchés financiers l’an dernier, et il en résulte maintenant une diminution du volume du commerce international sans précédent. Ces évolutions ont aussi commencé à affecter la stabilité politique des différents pays à travers le monde. Quelques gouvernements se sont déjà effondrés, d’autres suivent peut-être le même chemin, et il ne faudra plus attendre longtemps avant que nos cartes soient redessinées radicalement. Lire la suite

Comment le marché libre conduit au retour des famines

Le dernier article de The Economist sur les évolutions mondiales de l’agriculture donne involontairement des arguments aux critiques de la libéralisation des échanges : ruée sur les terres des pays pauvres, volatilité des prix, et surtout succès des politiques nationales pour l’autosuffisance alimentaire. Laurent Pinsolle vous en dit plus.

Dans son édition du 21 novembre, The Economist se penche sur le thème passionnant de l’agriculture et se demande comment nous allons faire pour nourrir le monde. S’il soutient la déréglementation, l’hebdomadaire ultralibéral donne pourtant des arguments à ses opposants.

Bien évidemment, ce dossier est l’occasion pour la revue britannique de se lamenter sur les limites mises aux mécanismes du marché.

En effet, devant l’envolée du prix des produits agricoles en 2007, de nombreux pays ont pris des mesures radicales, comme l’interdiction des exportations, ce qui, par ricochet, a provoqué de graves crises dans les pays importateurs. L’envol des prix a provoqué une hausse historique d’environ cent millions du nombre de personnes mal nourries dans le monde.

The Economist se fait l’avocat de la libéralisation des marchés agricoles et appelle à la suppression des barrières douanières récemment mises en place.

Pourtant, ce dossier montre bien que les mécanismes du marché aboutissent aux drames que nous avons connus depuis quelques mois. En effet, la “main invisible” a abouti à une concentration de la production qui rend plus volatiles les cours des produits agricoles, menaçant les populations les plus pauvres de la planète. Lire la suite

“Comment la Presse-Pravda prend des vessies pour des lanternes”

Une tribune libre de Patrick Reymond

Il y a une définition de base en économie, c’est celle du patrimoine : l’ensemble des biens et créances possédés, diminués des dettes. Jusque-là, tout va bien, mais il faut affiner le réglage.

En effet, un bien possédé n’a de valeur qu’au moment de sa réalisation, une créance a toujours un caractère incertain.

Y compris la monnaie, dans certains cas extrêmes.

Par contre, la dette a une autre caractéristique : elle est certaine.

Une monnaie peut perdre une bonne partie de sa valeur en un clin d’oeil, si la dette est libellée dans une autre monnaie qui, elle, se maintient et augmente : on a alors un effet de ciseau, provoquant l’insolvabilité.

C’était pour parler d’un article bien comme il faut et propre sur lui, paru dans Le Figaro : “Le patrimoine des français augmente [accrochez-vous] de 0,6 % à 10.200 milliards d’euros”.

Il est composé aux 2/3 d’immobilier, soit 6.800 milliards.

En réalité, cette valeur est largement fictive et d’un renouvellement très lent.

Elle est fictive, car même en période de bulle immobilière, on n’a pas atteint les 900.000 ventes en France, pour 30 millions de logements. On atteindra sans doute à peine les 600.000 cette année et moins encore l’année prochaine.

Le taux de rotation des biens, avec le recul des transactions, est passé de 35 à 50 ans.

Le reste, 3.400 milliards d’euros, ce sont des placements financiers, en grande partie en assurance-vie.

Les épargnants ont mis au pot, cette année, 70 milliards dans l’immobilier et 120 dans les placements financiers, et c’est là que le “hic” apparaît.

61 milliards de progression seulement (+0,6 % pour arriver à 10.200 milliards) pour 190 milliards d’épargne. Il existe un hiatus.

En outre, l’élément “passif” – les dettes -, augmente, lui, de 3 %.

La conclusion est simple : les dettes augmentent plus vite que le patrimoine, et celui-ci augmente moins que l’épargne. On a donc une situation de bilan pourri.

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Entretien avec Alain de Benoist : les enjeux de la décroissance

Cet entretien a précédé la publication, en 2007, de l’ouvrage intitulé Demain la décroissance (le titre prévu initialement : Objectif décroissance, était déjà pris).

Alain de Benoist nous explique pourquoi l’écologie n’est en rien un domaine réservé aux gauchistes, altermondialistes et autres bourgeois-bohèmes en goguette, ni ne constitue nécessairement une vision du monde contraire au respect des identités, ou une conception rétrograde de l’existence.

Par opposition au mythe de la croissance infinie, apanage tant des théories économiques libérales que des postulats marxistes, la décroissance paraît inéluctable. De Benoist propose d’en tirer parti, au lieu de la subir.

Quelle est la genèse de l’idée de la décroissance ?

Elle est apparue dans les milieux écologistes lorsque ceux-ci ont commencé à réaliser que, l’activité économique et industrielle étant la cause première des pollutions, il était nécessaire de s’interroger sur la notion même de développement.

Elle est née aussi d’une réaction contre la théorie du « développement durable » qui, prétendant réconcilier les préoccupations écologiques et les principes de l’économie marchande, aboutit seulement à reporter les échéances.

Sur le plan scientifique, le premier grand théoricien de la décroissance a été l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, en s’appuyant principalement sur le deuxième principe de la thermodynamique, la loi de l’entropie, a très tôt présenté la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par la nature.

Quelle définition pourriez vous donner de la théorie de la décroissance ?

C’est une théorie qui se fonde précisément sur la notion de limites. Toutes les doctrines axées sur la croissance raisonnent comme si les réserves naturelles étaient inépuisables, ce qu’elles ne sont évidemment pas. La biosphère elle-même a ses limites.

Pour les théoriciens de la décroissance, il ne peut pas y avoir de croissance infinie dans un monde fini. Pour le dire autrement, nul ne peut vivre indéfiniment à crédit sur un capital non reproductible.

Quelles différences y a-t-il entre la décroissance et la notion de croissance zéro ? Lire la suite

Immobilier en France : la catastrophe se profile à l’horizon

Une tribune libre de Patrick Reymond


Patrick Reymond, économiste hétérodoxe né en 1960, disciple de Fernand Braudel, est également un homme de terrain. Son expérience en tant que cadre supérieur dans de multiples entreprises du secteur privé (sidérurgie, papier carton, bâtiment, industrie), lui a notamment donné la compétence d’analyticien. Or, l’analytique, qui ne s’apprend pas à l’école, nécessite, à la différence de l’audit, qu’il a pratiqué également, une grande compréhension des phénomènes et de la chaîne de production, beaucoup de curiosité et d’aller très au-delà des apparences.

Patrick Reymond a notamment écrit pour l’éditeur SMG, dans le “blog immobilier” et le “blog énergie”. Depuis le printemps 2009, son blog “La Chute”, au contenu et au ton résolument iconoclastes, passionne un nombre sans cesse grandissant de lecteurs, curieux des mutations de notre civilisation et insatisfaits des informations trouvées dans les grands médias.

Nous vous proposons aujourd’hui, en exclusivité, une étude de la crise immobilière française, que Patrick Reymond a bien voulu réaliser pour fortune.fdesouche.com (N.B. : cet article est libre de droits de citation et de reproduction ; nous demandons cependant à tout utilisateur de bien vouloir nous citer comme source). Lire la suite

Que faire pour surmonter la crise ? La “stratégie Alpha”

Une tribune libre de Michel Drac

Faut-il trembler pour ses placements à la banque ?

Réponse : oui.

En dépit de leurs bénéfices souvent plus que confortables depuis dix ans, beaucoup de groupes bancaires français sont fragiles.

Les récentes augmentations de capital de BNP-Paribas (4,3 milliards d’euros) et de la Société Générale (4,8 milliards d’euros) eurent pour motivation officielle le remboursement des aides d’Etat. Outre que cela revient à dire qu’on recourt à l’épargne publique pour refinancer indirectement un Etat surendetté, ce qui en soi est déjà assez malsain, ce n’est de toute façon pas la raison réelle.

La raison officieuse, mais assez évidente, est plutôt à chercher du côté des très mauvais ratios dettes sur capitaux propres de ces établissements, lesquels ont eu recours, depuis dix ans, à des effets de levier phénoménaux.

Ce ratio, en bonne gestion, ne doit pas excéder, pour une banque, le niveau approximatif de 10. Or, il avoisine 30 pour les grandes banques françaises.

On a calculé que pour leur redonner une structure de bilan stable, il faudrait injecter au bas mot 200 milliards d’euros de capitaux propres. Autant dire que les augmentations annoncées récemment ne sont qu’une goutte d’eau par rapport à l’ampleur réelle du problème.

On objectera qu’en regard de leurs dettes, ces établissements possèdent des actifs colossaux. C’est vrai. Mais comme ces actifs renvoient pour l’essentiel à des créances sur des acteurs économiques eux-mêmes surendettés (ménages, entreprises, Etat), les banques françaises sont potentiellement le fusible qui, en sautant, apurera tôt ou tard l’énorme bulle de l’endettement. En France, comme ailleurs en Europe, au demeurant (les banques allemandes sont tout aussi fragiles). Lire la suite

L’Agence Internationale de l’Energie accusée de dissimuler la réalité du pic pétrolier

Plusieurs fonctionnaires de l’AIE ont affirmé au Guardian que l’agence minimisait sciemment l’imminence de la pénurie de pétrole. L’une de ces sources accuse les USA d’avoir joué de leur influence pour modifier les publications, afin de laisser croire que les réserves sont plus importantes qu’elles ne le sont en réalité. La dernière édition du World Energy Outlook [pour le résumé en français de l'édition 2009, cliquez ici] prévoyait une production de 105 millions de barils/jours, alors que des voix à l’intérieur de l’agence s’interrogent et redoutent que la fourchette 90-95 mb/j ne soit intenable.

La production des champs « non encore découverts » (rose) et « non encore développés » (bleu ciel) prévue par l’AIE

Le monde est beaucoup plus proche de manquer de pétrole que les estimations officielles ne l’admettent, selon un informateur de l’Agence Internationale de l’Energie qui affirme qu’elle a délibérément minimisé une pénurie imminente, de peur de déclencher des achats paniques.

Ce haut fonctionnaire affirme que les États-Unis ont joué un rôle déterminant pour encourager l’agence à minimiser le déclin des champs pétroliers existants, tout en exagérant les possibilités de découvertes de nouvelles réserves. Lire la suite

Contrefaçon d’actions à Wall Street : histoire d’une escroquerie monumentale

En 2008, de mystérieux spéculateurs ont inondé les marchés financiers d’énormes quantités d’actions de contrefaçon, ce qui a contribué à tuer Bear Stearns et Lehman Brothers. Le gouvernement américain ne se presse pas pour enquêter…

Cet article est la traduction résumée d’une longue et complète enquête de Matt Taibbi pour le compte de Rolling Stone, magazine dans lequel avait déjà paru un autre article retentissant du même auteur sur Goldman Sachs.

L’après-midi du 11 mars 2008, les actions de la vénérable banque d’investissement Bear Stearns s’échangeaient à 62,97 dollars. Mais l’établissement commença sa descente aux enfers dès le lendemain.

A la fin de la semaine, l’entreprise avait perdu la quasi-totalité de sa trésorerie et pendant le week-end, elle fut achevée par la FED et le Trésor US, forcée de se vendre à JPMorgan Chase (qui a utilisé 29 milliards de dollars d’aides publiques pour ce faire) au prix humiliant de… 2 dollars par action.

Quand Nostradamus joue en bourse…

Ce qui est remarquable, c’est que le 11 mars 2008, “quelqu’un” a fait l’un des paris les plus fous de l’histoire de Wall Street, investissant 1,7 millions de dollars dans une série d’options (produits financiers complexes) bien particulières : pour gagner, il fallait que Bear Stearns perde plus de la moitié de sa valeur en moins de neuf jours.

À ce moment là, il ne s’agissait pas d’un pari fou, mais d’une pure folie ! Aussi dingue qu’“acheter pour 1,7 millions de billets de loterie”.

Mais ce qui est encore plus fou, c’est que notre Nostradamus boursicoteur a gagné son pari… empochant 159 fois sa mise, soit environ 270 millions de dollars.

Réunion secrète à la FED Lire la suite

Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant.

Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael T. Klare (professeur de peace and world security studies – études sur la paix et la sécurité mondiale – au Hampshire College, dans le New Hampshire, spécialiste des questions d’énergie, historien et auteur respecté) en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue, il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël.

Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Note à l’attention de la CIA : vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité. Lire la suite