L’arnaque du système bancaire dévoilé par Victoria Grant…12 ans !

Victoria Grant, une jeune canadienne, nous démontre que toute personne âgée de plus de 12 ans est en capacité de comprendre l’escroquerie des banques et de la privatisation des dettes publiques. Plus personne n’a désormais d’excuse pour continuer à cautionner un tel système qui s’est généralisé dans la plupart des pays du monde.


(Merci à Michele)

Qui a tué la voiture électrique ?

L’EV1 fut la première voiture électrique de série produite par General Motors aux États-Unis et fut le seul véhicule de l’histoire de cette société à porter la marque « General Motors ».

Le but de l’EV1 était d’une part, de satisfaire les nouvelles lois californiennes sur les véhicules à zéro émission du début des années 1990. Ce programme ZEV (pour Zero Emission Vehicle) spécifiait qu’en 1998, 2 % de l’ensemble des véhicules mis en circulation devaient ne plus émettre aucun gaz polluant, puis 5 % en 2001, et 10 % en 2003.

Ce film documentaire, intitulé Qui a tué la voiture électrique ?, diffusé sur la chaîne publique PBS en juillet 2006 met en cause les lobbies pétroliers et l’administration Bush pour pousser GM à arrêter le programme de l’EV1. Le documentaire explique, entre autres, comment GM à soudainement décidé de détruire l’ensemble des EV1, malgré les propositions d’achat faite par les consommateurs qui sont allés jusqu’à proposer 1,9 million de dollars et manifester pendant cinq jours devant les 78 modèles restants dans le park de GM à Burbank.

Pierre-Joseph Proudhon sur le crédit

Ces lignes, extraites de l’Idée générale de la Révolution au dix-neuvième siècle, déjà cité, ont 160 ans :


Pierre-Joseph Proudhon

« De toutes les forces économiques, la plus vitale, dans une société que les révolutions ont créée pour l’industrie, c’est le crédit. La bourgeoisie propriétaire, industrielle, marchande, le sait bien : tous ses efforts depuis 89, sous la Constituante, la Législative, la Convention, le Directoire, l’Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet, n’ont tendu, au fond, qu’à ces deux choses, le crédit et la paix. Que n’a-t-elle pas fait pour se rallier l’intraitable Louis XVI ? Que n’a-t-elle pas pardonné à Louis-Philippe ? — Le paysan le sait aussi : de toute la politique il ne comprend, comme le bourgeois, que ces deux choses : la diminution de l’usure et de l’impôt.

Quant à la classe ouvrière, si merveilleusement douée pour le progrès, telle est l’ignorance où elle a été entretenue sur la cause réelle de ses souffrances, que c’est à peine si, depuis février, elle commence à bégayer le mot de crédit et à voir dans ce principe la plus grande des forces révolutionnaires. En fait de crédit, l’ouvrier ne connaît que deux choses : la taille du boulanger et le Mont-de-piété.

Le crédit est à une nation vouée au travail ce que la circulation du sang est à l’animal, l’organe de la nutrition, la vie même. Il ne peut s’interrompre que le corps social ne soit en péril. S’il est une institution qui, après l’abrogation des droits féodaux et le nivellement des classes, se recommandât avant toute autre aux législateurs, assurément c’était le crédit. Eh bien ! aucune de nos déclarations de droits, si pompeuses ; aucune de nos constitutions, si prolixes sur la distinction des pouvoirs et les combinaisons électorales, n’en a parlé.

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Une poignée de compagnies contrôle l’industrie alimentaire

Les centaines de marques que nous retrouvons sur les tablettes des supermarchés nous donnent l’impression que notre argent va à un nombre aussi grand de compagnies différentes. Or, ça n’est pas le cas: une grande majorité de ces marques appartiennent à une poignée de compagnies. Le graphique suivant donne un aperçu d’où notre argent va réellement.

(Cliquer ici pour une version pleine résolution)

Pourquoi cette convergence est-elle néfaste? Cette question est légitime: en quoi le fait que ces marques soient contrôlées par si peu de compagnies est-il une mauvaise chose? N’est-ce pas simplement le résultat fonctionnel de notre système économique?

En fait, nous croyons que cette convergence est néfaste pour diverses raisons, à plusieurs niveaux qui sont tous plus ou moins inter-reliés. En voici cinq:

1 – Ces compagnies sont si grosses qu’elles ont un pouvoir politique dangereux

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Les vendeurs de maladies

Ces laboratoires qui inventent de toutes pièces une pathologie pouvant correspondre à la nouvelle molécule qu’ils viennent de mettre au point, parfois malgré des effets secondaires avérés, pour lesquels ils ont déjà prévu de nouveaux médicaments.

Pendant plus de six mois, les équipes de Cash Investigation ont enquêté sur certaines pratiques de l’industrie pharmaceutique et ont découvert l’invraisemblable : depuis une quinzaine d’années, de grands laboratoires inventent des maladies pour vendre toujours plus de médicaments!

Fausses pathologies, syndromes fictifs…, cette pratique à but commercial peut nuire gravement à la santé à cause des effets secondaires de ces médicaments. Une enquête inédite au cours de laquelle les journalistes ont réussi à rassembler les preuves de tels agissements à l’étranger comme en France.

Partie 1 :


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Méridien zéro : “Les financiers qui mènent le monde”

Émission de Méridien zéro du dimanche 2 avril, Eugène Krampon et Gérard Vaudan reçoivent Pierre Jovanovic pour aborder l’épineux sujet des financiers apatrides qui mettent le monde en coupe réglée.

Jovanovic n’a rien perdu de sa verve habituelle, il commente l’actualité financière en procédant à de nombreux rappels historiques, conseille utilement les particuliers sur la bonne gestion à tenir. En évoquant le talent créatif de Blythe Masters à laquelle Jovanovic a consacré un ouvrage, ces deux interlocuteurs semblent fascinés davantage que uniquement par les compétences professionnelles de cette femme, enfin à l’approche des présidentielles il est fait référence à une autre femme (française) qui est d’après Jovanovic la seule éventuellement capable de parvenir par la voie des urnes à réformer utilement ce système financier mortifère, lequel nous mène tout droit à une catastrophe globale.

Partie 1:


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Christophe Guilluy : “Plaidoyer pour une gauche populaire”

Emission « Les matins de France Culture » du 14 décembre 2011, avec Christophe Guilluy, auteur du désormais fameux « Fractures françaises » et Hervé Algalarrondo, journaliste, auteur de « La gauche et la préférence immigrée ».

Christophe Guilluy : “Il y a une rupture entre le peuple et la gauche depuis mai 68, la gauche ayant préféré prendre la cause des sans-papiers et des immigrés plutôt que celle des ouvriers. Le virage libéral de la gauche en 83 a coïncidé avec les premières émeutes urbaines.”

Via Vers la Révolution

La vraie droite française contre le capitalisme

Un combat de toujours avec les ouvriers

Si la droite, c’est celle de Nicolas Sarkozy, alors effectivement, il y a lieu de dénoncer sa collusion avec les grands intérêts financiers qui n’ont que faire de ceux du peuple français. Mais il est une autre droite, profondément sociale, qui n’a cessé de lutter contre l’autre. Et de dénoncer, dès le XIXe siècle, la “souveraineté de l’argent ».

Albert de Mun (1841 – 1914)

Pour son malheur et pour son discrédit, la droite a souvent été – et est encore trop souvent – identifiée aux puissances d’argent. [...] Cette erreur de jugement résulte essentiellement d’une erreur de langage, du fait que le terme ‘droite’ est abusivement mais fréquemment appliqué à des hommes et à des groupes dont ni la pensée ni l’action [...] ne peuvent justifier une seconde ce qualificatif ». Ces lignes ont été écrites en 1989, par Jean Bourdier, dans un numéro du Choc du mois qui posait déjà la question : “Qu’est-ce qui oblige la droite à défendre les riches ?” Presque vingt ans plus tard, le seul fait que Nicolas Sarkozy soit qualifié d’homme de droite montre que rien n’a changé. Plus que jamais, la droite est réduite à ce que Jean Bourdier décrivait comme “la droite bourgeoise et conservatrice, la droite orléaniste de Guizot et de Thiers, [...] la fausse droite, puisque ne cultivant d’autres principes que celui de l’intérêt individuel ».

La misère ouvrière tenue pour un fruit vénéneux de 1789 Lire la suite

Solutions locales pour un désordre global

« Les films d’alertes et catastrophistes ont été tournés, ils ont eu leur utilité, mais maintenant il faut montrer qu’il existe des solutions, faire entendre les réflexions des paysans, des philosophes et économistes qui, tout en expliquant pourquoi notre modèle de société s’est embourbé dans la crise écologique, financière et politique que nous connaissons, inventent et expérimentent des alternatives. »

Coline Serreau, réalisatrice du film.

Partie 1:

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Les “économistes à gages” sur la sellette

Éditoriaux, matinales radiophoniques, plateaux de télévision : en pleine campagne présidentielle, une poignée d’économistes quadrillent l’espace médiatique et bornent celui des possibles. Présentés comme universitaires, ils incarneraient la rigueur technique au cœur de la mêlée idéologique. Mais leurs diagnostics seraient-ils aussi crédibles si ces « experts » rendaient publiques leurs autres activités ?

Cette fois, la controverse concerne la collusion entre économistes et institutions financières. Nombre d’universitaires invités par les médias pour éclairer le débat public, mais aussi de chercheurs appointés comme conseillers par les gouvernements, sont en effet rétribués par des banques ou de grandes entreprises. Un expert peut-il, « en toute indépendance », prôner la dérégulation financière quand il occupe simultanément un poste d’administrateur d’un fonds d’investissement ?

Ces liaisons dangereuses, sources de conflits d’intérêts, ne sont pas secrètes. Mais leurs bénéficiaires se gardent bien d’en faire la publicité. Avant le cataclysme de 2008, chacun s’accommodait de l’équivoque : les journalistes exhibaient leurs experts censément neutres, lesquels empochaient les dividendes de leur ubiquité sous forme de notoriété accrue et d’espèces sonnantes et trébuchantes.

Mais, depuis 2008, les accointances des économistes ne passent plus inaperçues. L’effet Dracula aura-t-il raison de cette forme intellectuelle de prévarication ? Suffira-t-il de la rendre publique pour la vaincre ? Tel est le pari de la prestigieuse Association américaine d’économie (American Economic Association, AEA).
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Le Minotaure Mondial : Une crise issue de l’hégémonie américaine

L’économiste grec Yanis Varoufakis revient sur l’acte fondateur du nouveau régime de mondialisation, qui portait en germe la financiarisation des économies et l’accumulation des déséquilibres qui ont provoqué la crise de 2008.

« Aux alentours de 1971, les autorités américaines ont entrepris un mouvement stratégique audacieux : au lieu de s’attaquer aux déficits jumeaux toujours croissant du pays, les hauts responsables politiques américains ont décidé de faire le contraire : de stimuler ces déficits. Et qui paierait pour eux ? Le reste du monde ! Comment ? Par le biais d’un transfert permanent de capitaux, se ruant sans cesse au dessus des deux grands océans pour financer les déficits jumeaux américains. »

« Thésée et le minotaure » - Maître des Cassoni Campana (1500-1525)

Entretien avec Philip Pilkington, Naked Capitalism, 13 février 2012

Philip Pilkington : Dans votre livre, « Le Minotaure mondial : l’Amérique, les véritables origines de la crise financière et l’avenir de l’économie mondiale », vous affirmez que cette crise économique actuelle a des racines très profondes. Vous estimez que si de nombreuses thèses très répandues – une cupidité sans borne, une soumission des régulateurs – expliquent certaines caractéristiques de la crise actuelle, elles ne traitent pas la question sous-jacente réelle, qui est celle de la structure actuelle de l’économie mondiale. Pourriez-vous expliquer brièvement pourquoi vous considérez que ces thèses sont insuffisantes ?

Yanis Varoufakis : Il est vrai que, durant les décennies qui ont précédé le krach de 2008, la cupidité est devenue le nouveau credo ; que les banques et les hedge funds ont fait plier les autorités réglementaires à leurs volontés ; que les financiers croyaient en leurs discours, et étaient donc convaincus que leurs produits financiers étaient un « risque sans risque ». Cependant, ce passage en revue des phénomènes de l’époque pré-2008 nous laisse le sentiment tenace que nous manquons quelque chose d’important, que, toutes ces vérités isolées étaient de simples symptômes, plutôt que des causes, du monstre qui nous propulsait vers le krach de 2008.
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Japon : Fukushima, “6 mois plus tard”

12 mars 2011 le bâtiment du réacteur 1 de la centrale nucléaire de Fukushima explose, un jour après le tsunami dévastateur. Première catastrophe nucléaire du 3ème millénaire commence.

Le gouvernement commence par annoncer que les bâtiments sont sous contrôle et que les risques sur la santé sont quasiment inexistants. Juin 2011, les experts de la CRIIRAD ont fait le déplacement pour prendre des mesures, notamment aux abords des écoles où les enfants jouent, là où les autorités assurent pourtant l’absence de danger et imposent que les écoles restent ouvertes.

25 ans après Tchernobyl, le Japon ne semble pas avoir tiré les leçons du passé : aux mépris des normes internationales le Japon a multiplié par 20 la dose annuelle admissible par individu !. Les anti nucléaires se mobilisent, et les citoyens réagissent, les enfants Japonais s’inquiètent, à juste titre !

6 mois après la catastrophe, plus d’un million de personnes habitent la zone contaminée. Seul le cercle de 20 kms autour de la centrale restent inaccessible. Le gouvernement a même construit des habitations temporaires aux abords pour ceux qui ont tout perdu dans le tsunami !

Parie 1:


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50 chiffres incroyables sur l’économie des États-Unis en 2011

Bien que la plupart des américains se sentent frustrés par l’économie actuelle, la vaste majorité d’entre eux  n’ont toujours aucune idée de la gravité de notre déclin économique ou des difficultés à venir si nous ne prenons pas immédiatement des décisions radicales. Si nous n’informons pas les américains que l’économie des USA est atteinte d’une maladie mortelle, alors ils continueront à croire tous les mensonges que les politiciens leur servent depuis des lustres. Quelques ajustements ici et là ne suffiront pas à réparer notre économie. Nous avons vraiment besoin de changer fondamentalement de direction. L’Amérique consomme bien plus de richesses qu’elle n’en produit et notre dette explose littéralement. Si nous restons sur le chemin actuel, un effondrement économique est inévitable. Espérons que les données économiques de 2011 que j’ai inclus dans cet article seront assez choquantes pour réveiller quelques personnes.

À cette période de l’année, beaucoup de familles se retrouvent, et la plupart du temps on en vient à discuter de politique. J’espère que beaucoup d’entre vous utiliseront la liste ci-dessous comme un outil pour vous aider à diffuser la réalité sur la crise économique aux USA auprès de votre famille et de vos amis. Si nous travaillons tous ensemble, peut-être que nous réveillerons des millions de personnes  qui prendront conscience que le « business as usual » provoquera un effondrement de l’économie nationale.

Les 50 chiffres économiques de l’année 2011 presque trop gros pour y croire sont :

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Olivier Delamarche analyse la crise économique avec Fortune

Olivier Delamarche, analyste financier et président de la société Platinium Gestion, a reçu, la semaine passée, deux administrateurs de Fortune, le blog économique de Fdesouche. Il a répondu sans détour à toutes leurs questions.

Bien connu pour son franc-parler, son réalisme et son humour caustique, Olivier Demarche met les points sur les i, chaque mardi sur BFMTV dans l’émission “Intégrale bourse“, animée par Guillaume Sommerer et Cédric Decoeur.

Vers l’intégration transatlantique ?

Les Etats-Unis cherchent à intégrer l’Union Européenne dans un espace économique et juridique sous leur entière hégémonie.


Les Etats-Unis planifient l’intégration de l’Union Européenne dans leur propre espace économique et juridique, en accord avec les législateurs de Bruxelles et de Strasbourg. Washington espère ainsi construire un marché puissant de 800 millions de citoyens sous le régime normatif et hégémonique du seul droit américain.

Lors d’une réunion commune entre Américains et Européens dans le cadre du « Conseil Economique Transatlantique » (CET), les Etats-Unis et l’UE ont mis au point un projet pour élaborer des critères communs dans de nouveaux secteurs comme le développement de la production technologique, la nanotechnologie et les automobiles électriques. Réunion qui a suscité un grand enthousiasme chez les fonctionnaires américains…

Les Etats-Unis et l’Union Européenne ont décidé de développer un « système d’alerte précoce », grâce auquel tant Bruxelles que Washington s’échangeront des connaissances sur les nouveaux systèmes de régulation en chantier, en particulier pour tout ce qui concerne les produits de haute technologie.

Les règles ne seront pas d’emblée les mêmes pour les deux parties concernées, mais celles-ci ont néanmoins décidé d’arriver à « une coopération accrue sur le plan normatif ». Au cours de la réunion, les parties se sont mises d’accord sur une série de principes communs qui devront encadrer la réglementation future : cette série comprend la transparence, la participation publique et la réduction au minimum des charges pour les entreprises.

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Trafic d’organes et prolifération nucléaire

Par Xavier Moreau

Les lecteurs de Realpolitik.tv n’auront sans doute pas été impressionnés par les pseudo-révélations de Wikileaks, sur la politique étrangère des Etats-Unis. Étonnamment, le site « dissident » n’aborde jamais la collusion entre les administrations américaines et les groupes islamo-mafieux, en Bosnie, en Afghanistan ou au Kosovo.

Akim Thaçi

C’est au Conseil de l’Europe que nous devons la mise en exergue, guère nouvelle pour nos lecteurs, de la nature exacte du clan mafieux albanais qui dirige le Kosovo, et plus particulièrement de son chef Akim Thaçi.

Il est difficile de dire ce que deviendra ce rapport. Les sociétés de communication anglo-saxonnes doivent être désormais sur le pied de guerre pour le discréditer, lui ou ses auteurs. Difficile également d’imaginer que cette affaire remonte jusqu’à l’ami personnel d’Akim Thaçi et administrateur du Kosovo à l’époque des exactions de l’UCK, Bernard Kouchner.

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« Entre le collectif et l’individuel, la France a du mal à choisir »

Selon Philippe d’Iribarne, chercheur atypique, dans le monde du travail ou à l’égard des immigrés, notre pays est tiraillé entre le respect de tous les particularismes et la défense d’une égalité sans faille.

Pourquoi le modèle français d’intégration des immigrés ne fonctionne-t-il plus ? Qu’y a-t-il de particulier dans l’identité française qui rend les réformes si difficiles dans ce pays ? Philippe d’Iribarne montre que l’universalisme et la défense des particularismes s’y combinent, souvent mal. La fierté des métiers, les statuts et beaucoup de traits particuliers remontent loin dans notre histoire.

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Comment expliquez-vous l’écartèlement entre la volonté de la France d’assimiler ses immigrés et celle de « respecter les différences » ?

Nous sommes dans une situation paradoxale qu’on a retrouvée lors des débats sur l’identité française ou de l’expulsion des Roms. Il y a une tension entre le citoyen et l’individu.

D’une part, la France se définit comme la patrie des droits de l’homme, dans laquelle tout citoyen est l’égal de tout autre, où tout ce qui est discriminatoire doit être refusé au nom des idéaux d’égalité et de liberté.

Et, d’autre part, on a une vision différenciée de la société lorsqu’il s’agit de la gestion individuelle du quotidien, comme le choix du lieu où l’on habite, de l’école de ses enfants ou de qui on embauche.

Depuis la Révolution, la France s’affirme à la fois par une volonté de construire, dans la vie politique, une société sur la base des droits et des devoirs des citoyens, et, dans la vie sociale, par une prise en compte des particularités, notamment des origines, basque, bretonne, italienne, hongroise ou maghrébine. La question de l’immigration est prise entre ces deux représentations.

Le rapport au travail l’est aussi. La loi Le Chapelier, en 1791, voulait reformater les relations de travail selon les principes d’une société de citoyens régie par des contrats, interdisant les corporations et les syndicats. Mais il a bien fallu admettre, avec le temps, que cela ne marchait pas. On a reconstruit une France d’individus ayant des métiers, des sous-métiers, des statuts et des privilèges, et on a magnifié les idées de grandeur et de noblesse du métier.

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L’immigration, ça coûte ou ça rapporte ?

Par Jean-Paul Gourévitch

Le rapport remis par le laboratoire «l’Equippe» (Université de Lille) du professeur Xavier Chojnicki au Ministère des Affaires sociales en juillet 2010 concluait que «les immigrés sont une excellente affaire pour l’État français. Ils rapportent une grosse douzaine de millions par an et paient nos retraites», selon un article du journal Madrilène ABC, repris par Courrier International n° 1048 du 2 au 8 décembre 2010.

Ces résultats paraissent contredire les travaux de Jean-Paul Gourévitch, consultant international, spécialiste de l’Afrique et des migrations, auteur de L’immigration ça coûte ou ça rapporte ? (Larousse 2009) et des trois monographies publiées par l’association Contribuables Associés de 2008 à 2010 (téléchargeables sur le site Contribuables.org) qui estime le déficit annuel de l’immigration à 30,4 milliards d’euros.

Les phénomènes migratoires sont des phénomènes historiques que nous ne pouvons ignorer ; aussi lui avons-nous demandé de réagir à ce rapport et d’expliquer les écarts constatés.

Tout d’abord, le rapport de l’équipe lilloise s’intitule : «Migrations et protection sociale : étude sur les liens et les impacts de court terme». Il ne traite pas de l’ensemble des coûts de l’immigration.

Les journalistes qui titrent sur «les bons comptes de l’immigration» (Direct matin du 2/12/2010) n’ont pas véritablement lu le document de 206 pages que j’ai sous les yeux… ou voudraient tellement que l’immigration soit positivée qu’ils prennent leur désir pour la réalité.

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Nicolas Sarkozy, le président des riches

Spécialiste de la haute bourgeoisie, Michel Pinçon, aidé par sa femme, Monique Pinçon-Charlot, a rédigé une « Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy » [Editions Zones, septembre 2010].

Il est difficile de résumer cet ouvrage, collection d’anecdotes révélatrices. Forcément, la note de lecture ci-dessous ne peut que transcrire les très grandes lignes, exprimer la sensation générale du lecteur. Mais ne serait-ce que pour donner envie de lire ce livre, cela vaut la peine de le commenter.

C’est un sujet d’actualité, ô combien. Non que Nicolas Sarkozy en lui-même soit important. Mais parce qu’il représente quelque chose, sa présence à l’Elysée signifie quelque chose : elle veut dire que les « élites » de notre pays sont devenues les ennemies de leur propre peuple.

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La génération de l’échec

Par Michel Geoffroy

La génération au pouvoir dans les pays européens depuis la fin du XXe siècle restera devant l’histoire comme la génération de l’échec. C’est la génération de mai 1968, fille spirituelle des lanceurs de pavés, des fumeurs de joints et des idolâtres de Mao et de Che Guevara.

Car elle a tout raté, sauf précisément parvenir à cumuler les pouvoirs médiatiques, culturels, politiques et économiques en Occident et en profiter. Mais quel usage a-t-elle fait de son pouvoir sans précédent ?

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Ouvrages des « trouveurs de crise » du LEAP

Les chercheurs du Laboratoire européen d’Anticipation Politique (LEAP) publient des ouvrages exposant leurs anticipations et leurs méthodes d’analyse. La simple lecture des résumés reproduits ci-après ouvre des perspectives au lecteur fatigué de la pensée unique.

En fondant les éditions Anticipolis, nous faisons un double pari :

  • Créer une maison d’édition réellement européenne de par sa volonté de publier des ouvrages qui s’adressent directement à un public européen et qui sont donc dès l’origine conçus pour être publiés en au moins trois ou quatre langues.
  • Offrir au public européen des ouvrages qui tentent de décrypter l’avenir, en particulier l’avenir commun de notre continent, afin d’aider citoyens et dirigeants à mieux définir leur choix, leurs objectifs, leurs espoirs.

Les expressions littéraires que retiendra Anticipolis seront multiples, car l’Europe est diverse et l’avenir multiforme. Mais, elles auront en commun d’exprimer une conviction qui est au cœur de notre démarche. « Désormais l’avenir détermine le présent » comme le proclame notre devise. En effet, notre rapport à l’avenir s’est fondamentalement modifié en l’espace d’une cinquantaine d’années.

Notre époque est probablement la première qui souligne cette réalité : l’avenir influe désormais autant que le passé sur le présent de nos sociétés. En effet, jusqu’au milieu du XXe siècle, l’Humanité a essentiellement déterminé son action présente en fonction des habitudes, des traditions, des actions passées. Mais depuis quelques décennies, c’est notre anticipation des prochains modèles en préparation ou des exigences en matière de norme ou d’évolution du climat qui détermine nos choix. C’est dorénavant demain qui nous dicte aujourd’hui.

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L’idéologie du travail

Par Michel Drac

« L’idéologie du travail » [par Alain de Benoist] est un texte court, mais nourrissant. On y trouve une des critiques les plus habiles et les plus convaincantes de la théorie marxienne. Si certains raccourcis peuvent choquer (par exemple l’ignorance de l’étape pourtant fondamentale de la réforme grégorienne dans le rapport de l’Occident au travail), dans l’ensemble, l’exposé tient la route.

Pour Alain de Benoist (AdB), l’idéologie du travail prend son origine dans la Bible : dès les premiers chapitres de la Genèse, l’homme est défini par l’action qu’il exerce sur la nature. Et cela, avant même la faute originelle, qui ne fera qu’aggraver les conditions dans lequel le travail est conduit.

Fondamentalement, l’homme est l’agent du travail dans l’idéologie biblique. En cela qu’il instaure un rapport instrumental entre l’homme et la nature, l’héritage hébraïque s’oppose donc à l’héritage grec, et il annonce, déjà, la technique moderne. L’homme est objet de Dieu, mais la terre est objet de l’homme. Une éthique, puis une morale, découleront inéluctablement de cette idéologie (l’éthique protestante, par exemple). Le capitalisme est, en partie au moins, un produit de l’idéologie hébraïque du travail.

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Chaque Français jette à la poubelle 20 kg de nourriture par an

Yaourts, viande, plats préparés… En un an, chaque Français jette en moyenne 7 kg de produits encore emballés, non entamés(1) ! Un gaspillage alimentaire et un scandale environnemental et social.

Un chiffre étonnant et écoeurant qui ne tient pas compte, par exemple, du pain rassis, des fruits et légumes avariés et des restes cuisinés qui finissent bien souvent aux ordures. De surcroît, cette statistique n’inclut pas les productions agricoles jetées directement après la récolte sans être distribuées ou récupérées.

Tout compris, le gaspillage alimentaire représenterait au minimum une vingtaine de kilos de déchets par an et par personne. Nos voisins britanniques estiment, selon une récente étude(2), qu’un quart des produits alimentaires achetés finissent dans la poubelle des ménages.

Or, l’Organisation Mondiale de l’Alimentation (FAO) affirme que 90% des gens n’auraient pas conscience de la quantité de nourriture qu’ils jettent et des ressources nécessaires à sa production et transformation. Ainsi, qui sait que derrière une baguette de pain rassis jetée à la poubelle, c’est une baignoire d’eau que l’on gaspille indirectement, volume d’eau qui a été nécessaire à sa production(3) ? Alors que cette même baguette aurait pu éviter d’être rassis en étant conditionnée au congélateur et quand bien même elle pourrait accompagner une soupe.

Un constat environnemental alarmant
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Les secrets de la Réserve Fédérale, institut d’émission monétaire des États-Unis (Rediff.)

Contrairement à une croyance générale, l’institut d’émission des Etats-Unis est, en fait, une machine à fabriquer de l’argent détenue par un cartel bancaire privé, qui gagne d’autant plus que les taux sont élevés. Mine de rien, il imprime des dollars à bon marché et les revend plus cher.

J.P. Morgan et J.D. Rockefeller vers 1910

L’institut d’émission des Etats-Unis, appelé aussi «Réserve fédérale» ou «FED», revient constamment en point de mire lorsque le monde financier international se demande, anxieux, s’il va modifier son taux directeur ou non.

L’abréviation FED se rapporte au «Board of Governors of the Federal Reserve System», c’est-à-dire à la conférence des gouverneurs du «Federal Reserve System» érigé il y a 93 ans.

Il s’agit non pas d’une ­banque centrale traditionnelle, mais de la réunion de cinq banques privées régionales tout d’abord, de douze banques actuellement, disséminées aux Etats-Unis, habilitée chacune à porter le nom de Federal Reserve Bank, un petit nombre d’initiés seulement sachant à qui elles appartiennent.

Un seul point est certain : elles n’appartiennent pas à l’Etat. Néanmoins, elles exercent les fonctions d’un institut d’émission de l’Etat.

Elles prennent leurs décisions au sein du Federal Reserve Board, dont le président les représente à l’extérieur et dont les séances ont lieu à Washington dans leur propre et imposant monument historique. La plus importante de ces banques privées est la Federal Reserve Bank of New York, qui contrôle l’énorme place financière de cette ville. Lire la suite

Comment les puissants sont réellement devenus puissants – Du protectionnisme au libre-échangisme, une conversion opportuniste

Par Ha-Joon Chang, professeur à la faculté d’économie et de politique de l’université de Cambridge (Royaume-Uni) ; auteur de « Kicking Away the Ladder. Development Strategy in Historical Perspective », Anthem Press, Londres, 2002 (Prix Gunnar Myrdal 2003)

Les libre-échangistes ont remporté des victoires significatives au cours des deux dernières décennies. Depuis le début de la crise de la dette de 1982 et de l’imposition des programmes d’ajustement structurel par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, de nombreux pays en voie de développement ont radicalement libéralisé leur commerce.

L’effondrement du communisme, en 1991, a ouvert de nouveaux et vastes espaces au libre-échange. Pendant les années 1990, d’importants accords régionaux ont été signés, dont l’accord de libre-échange nord-américain (Alena) qui regroupe le Canada, les Etats-Unis et le Mexique. Pour couronner le tout, les négociations du cycle de l’Uruguay de l’accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (GATT), conclues à Marrakech en 1994, ont débouché sur la naissance de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995.

Si importants que soient ces succès, les libre-échangistes ne s’en satisfont pas. Au sein de l’OMC, représentants des Etats développés en tête, ils continuent à faire pression pour des baisses des tarifs douaniers encore plus fortes et plus rapides, et un élargissement de la compétence de cette organisation à des domaines ne figurant pas dans son mandat initial, par exemple l’investissement à l’étranger et la concurrence.

Les partisans du libre-échange croient agir dans le sens de l’Histoire. Selon eux, cette politique est à l’origine de la richesse des pays développés ; d’où leur critique des pays en voie de développement qui refusent d’adopter une recette aussi éprouvée. Rien n’est pourtant plus éloigné de la réalité.

Les faits historiques sont sans appel : quand les pays actuellement développés étaient encore en développement, ils n’ont mené pratiquement aucune des politiques qu’ils préconisent. Et nulle part l’écart entre le mythe et la réalité historique n’est aussi flagrant que dans les cas de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis.

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Les trois France : France des privilégiés, France d’origine immigrée, France ostracisée

Par Michel Geoffroy

La crise sociale rampante que connaît notre pays révèle une fracture profonde qui divise de plus en plus la France en trois groupes concurrents, en trois France rivales.

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L’économie de l’immigration

Par Jean-Yves Le Gallou

Il y a une «idéologie de l’immigration». Celle-ci promeut le multiculturalisme et la «diversité», la culpabilité française et européenne et «l’antiracisme». Selon une grille marxiste, «l’idéologie de l’immigration» est la superstructure intellectuelle de «l’économie de l’immigration», qui en est l’infrastructure.

La Liberté dévoilée – Gérard Rancinan, 2008, d’après l’oeuvre d’Eugène Delacroix

Selon une grille parétienne, « l’idéologie de l’immigration » est la « dérivation » théorique d’intérêts concrets bien réels (« les résidus » tout à fait matérialistes de ceux qui tirent avantage de l’immigration). Bref le discours des professionnels des bons sentiments sert de paravent à des intérêts sordides.

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Les 50 plus grosses banques mondiales et leur solidité

Tiré d’un site américain, ce graphique par pays (certes déjà ancien – mars 2009, a priori – et comportant par ailleurs quelques inexactitudes et lacunes, mais peu importe, son intérêt n’en est pas amoindri) prétend renseigner :

  • sur le classement mondial des grandes banques, par ordre de taille,

  • sur les actifs qu’elles gèrent (essentiellement, les crédits accordés à ses clients – « bn” signifiant « billions“, c’est-à-dire milliards, en dollars bien sûr),

  • sur leur capitalisation boursière quand elle existe (dans ce cas, le cercle noir correspond, en gros, à que vaut vraiment la banque sur le marché, à ce qu’elle peut offrir en garantie ou en paiement, lui appartenant en propre, notamment pour faire face à l’hypothèse d’une panique des déposants),

  • et enfin, sur le pourcentage de leurs pertes en capital sur le marché, pendant les douze derniers mois.
Cliquez sur le graphique pour l’agrandir

A notre humble avis, même à supposer que les bilans officiels soient fiables, la solvabilité des banques est une chose très relative…

Source du graphique : The big picture (Barry Ritholtz), USA

UE : Le coup d’État budgétaire marque-t-il le début de la fin ?

On a découvert le principal moteur de la «construction» européenne : l’illégitimité !

« Le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation. »

Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen du  26 août 1789, article 3

Qui peut encore croire que ce principe contenu dans notre Constitution emporte encore une quelconque conséquence pratique sur la façon dont on nous gouverne ?

Alors que « Les chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne (UE) ont adopté jeudi 28 octobre au soir un plan d’action sans précédent pour renforcer leur discipline budgétaire commune et jugé nécessaire la mise en place d’un fonds de soutien aux pays de la zone euro, ont indiqué des sources diplomatiques » (1) et que « L’UE prépare une révision “limitée” du traité de Lisbonne » (2) sans aucune consultation populaire bien sûr, de plus en plus, le voile qui recouvre l’Europe se déchire pour laisser apparaître au grand jour le vide démocratique sur lequel elle entend se construire aujourd’hui.

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Les banlieues masquent les vraies fractures françaises

Addendum vidéo (Merci à Waza80)

Marc Voinchet reçoit Christophe Guilluy, géographe, auteur de « Fractures françaises ». France Culture – Les Matins – 27.10.2010

Quinze ans après le fameux slogan de campagne de Jacques Chirac sur la « fracture sociale », où en sont les inégalités ? Le constat du géographe Christophe Guilluy dénonce l’incapacité de nos dirigeants à pallier les inégalités territoriales.

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Il y a 15 ans maintenant, Jacques Chirac emportait l’élection présidentielle grâce à une intuition que résumait non pas son indigeste premier slogan « manger des pommes » mais le second, ô combien plus politique, dénonçant la « fracture sociale ».

Pour Christophe Guilluy, rien n’a vraiment changé en 15 ans. Au contraire, d’évitement en évitement, les cassures se sont approfondies, diffusées, multipliées, comme un cancer mal soigné se métastase.

Avec « Fractures françaises », son dernier essai, dont on peut lire quelques extraits ci-dessous, le géographe dresse un constat alarmiste sur la situation des couches populaires après 20 ans de mondialisation à marche forcée. Cette fois-ci, ce sera sans cartes, mais avec en appui un sérieux paquet de statistiques.

Car il s’agit ni plus ni moins pour ce chercheur que de dénoncer l’incroyable cécité des politiques publiques, à comprendre, apprécier, mesurer les inégalités territoriales qui se sont maintenant enkystées dans ce «vieux pays». Derrière ces territoires, ce sont évidemment des populations.

Alors que les dynamiques de mondialisation, de « métropolisation », et d’émergence du multiculturalisme à l’œuvre depuis deux voire trois décennies ont ébranlé le « principe d’égalité sociale ». Les réponses apportées ont à chaque fois tapé à coté de l’objectif, mainte fois répété, rarement atteint, de maintien des principes républicains.

La banlieue occulte tous les autres territoires

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Soft power : la guerre culturelle des Etats-Unis contre la Russie (1991–2010)

Par Peter Bachmaier (né en 1940 à Vienne, il a fait ses études à Graz, Belgrade et Moscou. De 1972 à 2005, il a été collaborateur de l’Österreichisches Ost und Südeuropa Institut. Depuis 2006, il est secrétaire du Bulgarisches Forschungsinstitut en Autriche. En 2009, il a effectué un séjour de recherches à Moscou. Le présent texte est l’exposé qu’il a présenté au Congrès «Mut zur Ethik» à Feldkirch, le 3 septembre 2010.)

Au cours des deux dernières décennies, les Américains ont modifié leur stratégie : la guerre n’est plus définie purement sous l’angle militaire, elle a recours également à des méthodes informationnelles et psychologiques qu’on appelle «guerre psycholo­gique» ou «guerre culturelle». Ces méthodes ont une longue histoire.

L'Empire US en plein travail (parodie de la fameuse photo de la victoire d'Iwo Jima)

Le stratège militaire [anglais] Liddell Hart avait développé avant la Seconde Guerre mondiale la stratégie de l’approche indirecte. Pendant cette guerre, les forces américaines et britanniques appliquèrent la guerre psychologique contre l’Allemagne, laquelle fut ensuite utilisée pour rééduquer le peuple allemand. A l’issue du conflit, la CIA et le ministère de la Défense fondèrent, sur le modèle du Tavistock Institute of Human Relations, spécialisé dans la guerre psychologique en Angleterre, des think tanks (laboratoires d’idées) comme la Rand Corporation, l’Hudson Institute d’Herman Kahn, qui étaient dirigés avant tout contre l’Union soviétique.

(…)

La victoire sur l’Union soviétique a été réalisée avant tout à l’aide de ces méthodes non militaires. La stratégie dont l’objectif n’était pas la coexistence avec l’Union soviétique mais un «démantèlement» du système sovié­tique fut élaborée en 1982 par le gouvernement Reagan. Le projet comprenait 7 initiatives stratégiques dont le point 4 était : guerre psycholo­gique visant à pro­duire dans la nomenklatura et la population la peur, le sentiment d’insécurité et la perte de re­pères.

Cette guerre n’était pas dirigée seulement contre le communisme mais contre la Russie, comme le prouvent les affirmations de Zbigniew Brzezinski : «Nous avons détruit l’URSS et nous détruirons la Russie». «La Russie est un Etat superflu». «L’orthodoxie est le principal ennemi de l’Amérique. La Russie est un Etat vaincu. On le divisera et le mettra sous tutelle».

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Que crève le système

Par Boreas
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Dans le contexte actuel de dé-mondialisation, on a pu lire récemment sur le blog de Paul Jorion, parlant de la divergence désormais avérée des grandes puissances économiques dans leur quête désespérée d’une illusoire reprise : « l’affirmation renforcée d’une politique du chacun pour soi (…) ne fera qu’accentuer la crise ».

C’est exactement ce que dit le LEAP (Laboratoire Européen d’Anticipation Politique) depuis l’an dernier, même si, au plan chronologique, ses prévisions se sont avérées à trop court terme : « d’ici la fin de l’été 2009. Sur fond de cessation de paiement des Etats-Unis s’ouvrira alors la période à partir de laquelle le « chacun pour soi » deviendra la règle du jeu international ».

Or, en effet, même dans le « chacun pour soi », ne gît aucune solution de continuité pour le système.

Parce qu’aucun des prétendus remèdes n’est viable (la planche à billets aux Etats-Unis et au Japon, les politiques d’austérité de droite – réduction des dépenses publiques – comme de gauche – augmentation des recettes publiques – en Europe).

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L’UE et les réseaux politiques et financiers de Jean Monnet

(1ère partie)

Comment un banquier de Wall Street a privé les pays européens de leur souveraineté

La création de la CECA (1951) : Jean Monnet est à droite (costume le plus sombre).

L’UE d’aujourd’hui a une double histoire. L’une visible, qui se trouve dans la majeure partie des manuels d’Histoire, et l’autre, invisible, dont personne ne devrait apprendre l’existence, mais qui a commencé bien longtemps avant celle que nous connaissons tous. Jean Monnet a été la charnière entre ces deux versions de l’histoire.

Dans les pays germanophones, c’est grâce à l’ouvrage d’Andreas Bracher, « Europa im amerikanischen Weltsystem. Bruchstücke zu einer ungeschriebenen Geschichte des 20. Jahrunderts » [L’Europe dans le système mondial américain. Morceaux d’une histoire inédite du XXe siècle] (en allemand, 2001, ISBN 3-907564-50-2) qu’on a pu mettre en question la biographie officielle du soi-disant sacro-saint « père fondateur de l’Europe ».

Andreas Bracher a posé des questions qui font apparaître sous une autre lumière l’histoire de la construction d’un organisme supranational à la suite de la Seconde Guerre mondiale : ce n’est plus le projet d’une coopération des peuples européens pour assurer la paix, mais le projet d’une hégémonie anglo-américaine avec Jean Monnet comme « inventeur et guide d’institutions pour une coopération supranationale et comme centre d’influences anglo-saxonnes sur le continent ».

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Révélation / Irak : « Comment Bush a fait payer Chirac »

La décision, saluée à l’époque, de Jacques Chirac de ne pas engager la France aux côtés des États-Unis dans l’invasion de l’Irak, a eu son corollaire : l’annulation de la dette irakienne contractée auprès de la France, soit 4 milliards d’euros.

C’est une des révélations choc du livre “Dans le secret des présidents” qui paraît le 13 octobre. Son auteur, le journaliste Vincent Nouzille, nous explique, documents à l’appui, que Jacques Chirac a fini par céder aux pressions de Georges Bush en novembre 2004, en annulant la dette irakienne. Un cadeau de 4 milliards d’euros, aux frais du contribuable français, en guise de réconciliation avec le président américain.

Via Theatrum Belli.

(Merci à Léonidas)

Maurice Allais et le coût de l’immigration (Rediff.)

Peu de domaines ont fait l’objet d’autant de désinformation que l’immigration. Maurice Allais, seul prix Nobel d’économie français, a remis les pendules à l’heure dans un ouvrage paru en 2002, “Nouveaux Combats pour l’Europe, 1995-2002 : Un aveuglement suicidaire. Pour une autre Europe”.

Voici des extraits (pages 52 et 53) de cet ouvrage sans concession. Trois points méritent particulièrement de retenir l’attention :

- l’extension des allocations familiales aux étrangers est dénuée de sens commun ;

- il n’y a pas de travail que les Français ne veulent pas faire, il y a des travaux qu’ils ne veulent pas faire à un certain prix ;

- l’immigration a un coût élevé en termes d’infrastructures d’accueil.

« Il faut mettre fin à l’inconscience totale qui a caractérisé jusqu’ici la politique d’immigration de la France. Lire la suite

« La déferlante est pour tous »

Par Philippe Grasset

(…) pour représenter la grande crise, (…) la houle n’a pas le caractère haché, brisé, infiniment brutal et puissant des grandes déferlantes que lève une tempête. S’il n’était galvaudé, le terme de tsunami, par la puissance, la vitesse et l’autonomie qu’il suggère, pourrait faire l’affaire. Certes, ce qui compte est bien cette autonomie de l’ampleur des océans, pour rendre l’universalité de la crise. La vague déferlante couvre toute l’étendue du monde.

On parle ici, vous l’avez compris, de la vraie grande crise, qui est, à notre avis, la crise eschatologique, – crise de l’environnement ou crise climatique (on ne dit pas global warming [réchauffement global] pour ne pas voir déferler en houles multiples les vagues contestataires). C’est la crise de notre univers, qui va des matières premières au climat, des cadres de nos vies à notre survie même, et qui touche absolument tous les domaines. Il nous restait à mesurer la charge psychologique, symbolique, métaphysique de cette idée d’une “crise de notre univers”, – et nous y sommes.

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Crise économique ou crise du sens ?

Un entretien avec Michel Drac

En 2009, dans « Crise ou coup d’état ? », vous analysiez les aspects purement macro-économiques de la Deuxième Grande Dépression. Cette année, dans « Crise économique ou crise du sens ? », vous écrivez : « Il est temps de nous éloigner de l’économie-monde, pour nous demander si l’économie peut constituer un monde ». Pouvez-vous, dans un premier temps, nous présenter la structure de votre livre ?

Dans « Crise ou coup d’Etat ? », j’ai tenté de montrer que la « bulle de l’endettement » est une stratégie des milieux dirigeants pour gérer le recul de leur domination dans le monde. Il s’agit de gagner la guerre de classes en Occident, alors que sur le plan géostratégique, les milieux dirigeants occidentaux sont confrontés à la montée en puissance d’une Asie rivale. Les classes dirigeantes veulent un modèle dual, afin que l’oligarchie survive au monde qu’elle gérait.

Dans « Crise économique ou crise du sens ? », j’ai voulu comprendre pourquoi notre classe dirigeante avait fait ce choix. Dire que notre classe dirigeante est formée d’irresponsables égotiques préoccupés de leurs intérêts de caste, c’est décrire la surface des choses ; la vraie question, c’est : pourquoi cette classe dirigeante pense-t-elle comme elle pense ?

Je propose d’articuler la réponse autour de la notion de crise du sens. Notre système est en lui-même une crise. La crise est devenue l’essence de notre système, parce qu’il n’est plus consacré qu’à sa propre reconduction. Il n’y a plus de sens à l’action de nos dirigeants, en dehors du maintien de leur position. J’emploie, pour décrire cette situation, des analogies avec, en particulier, la situation de l’Union Soviétique sous Brejnev, ou encore la paraphrénie qui a saisi, à l’échelle micro-économique, la direction d’Enron, progressivement, dans le courant des années 1990. Tout l’Occident est, désormais, un Enron géant.

La crise des subprimes dissimulerait en réalité une implosion spirituelle. Quels éléments vous ont amené à dépasser le cadre de la réflexion macro-économique ?

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Sur la violence économique illégitime

Par Michel Drac

Sauf dans les cas pathologiques, la violence est un moyen, pas un but en soi. En règle générale, on use de la violence pour obtenir, par la contrainte, quelque chose que la victime de la violence a refusé de donner, de transférer, d’exécuter ou de faire connaître.

Parler de violence économique, c’est donc, hors les cas pathologiques, énoncer qu’il existe, dans la sphère économique, un usage de la violence en vue d’obtenir d’un acteur économique donné quelque chose qu’il refuserait sinon : une coopération, un service, etc.

Encore faut-il savoir si cette violence est légitime ou pas.

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