Sous le nuage d’Hiroshima

Il est 8h16, ce lundi 6 août 1945 lorsque la bombe atomique explose au-dessus d’Hiroshima, tuant plus de 140 000 personnes. Le photojournaliste Yoshito Matsushige saisit alors cinq clichés d’une valeur inestimable. 70 ans plus tard, protagonistes et témoins de ces scènes photographiées racontent l’horreur.

Les robots-abeilles

Par Robert Wood (professeur d’ingénierie et de sciences appliquées à l’Université Harvard (États-Unis), où il est membre de l’Institut Wyss d’ingénierie bio-inspirée),  Radhika Nagpal (professeur d’informatique à l’Université Harvard et membre de l’Institut Wyss) et Gu-Yeon Wei  (professeur de génie électrique et d’informatique à l’Université Harvard).

En 2009, l’Université d’Harvard et la Northeastern University ont commencé à étudier la robotisation des abeilles, afin de créer une colonie de robots-abeilles, ou RoboBees, capable de remplacer ou d’aider les abeilles vivantes. Cela pourrait être une des solutions au cas où le monde des abeilles venait à disparaître.

Le robot-abeille est ici agrandi. Sa largeur réelle (ailes non comprises) est celle d’un doigt

Il n’y a pas si longtemps, un mal mystérieux, le « syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles », a commencé à décimer les ruches dans le monde entier. Les abeilles sont responsables d’une bonne partie de la pollinisation des plantes, et leur déclin nourrit la crainte que l’agriculture en pâtisse.

Serons-nous un jour contraints d’utiliser des dispositifs artificiels si elles venaient à disparaître ?

En 2009, avec des collègues de l’Université Harvard et de la Northeastern University, nous avons entrepris de créer une colonie d’abeilles robotisées. Nous nous demandions si des abeilles mécaniques pourraient reproduire non seulement le comportement d’insectes pris séparément, mais aussi le comportement unique qui émerge de milliers d’abeilles en interaction.
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États-Unis : Militantisme et alimentation alternative

Les mouvements pour une alimentation alternative sont-ils une panacée contre l’obésité, les problèmes de santé d’origine alimentaire et la mauvaise alimentation ? Nul besoin d’être réactionnaire pour voir les limites de cette proposition ; difficile pourtant de renoncer à cette croyance. Julie Guthman, dont le travail a presque à lui seul inauguré la recherche scientifique sur ces questions, nous aide à comprendre pourquoi.

Vous êtes principalement connue comme spécialiste de l’obésité et des produits biologiques. Mais plus généralement, on pourrait vous décrire comme chercheuse en études sur l’alimentation, un domaine à la fois assez récent et spécifique au monde anglophone. De quoi s’agit-il et comment y êtes-vous venue ?

Julie Guthman : Un nombre important de travaux tombent sous la catégorie des études sur l’alimentation, y compris dans les sciences dures. Mais dans les sciences humaines et sociales, trois courants différents peuvent être observés. Premièrement, il y a des travaux assez descriptifs qui se rapprochent de la littérature populaire et qui décrivent, souvent en des termes admiratifs, une expérience alimentaire, un restaurant, ou des produits alimentaires.
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États-Unis : Zéro loyer à Slab City

À Slab City, dans le désert du Colorado, il n’y a pas de maire, de policiers ou de médecins. Et pas d’électricité non plus, de gaz, ni d’eau courante. En contrepartie, chacun mène sa vie comme il l’entend.

Slab City est probablement l’endroit le plus insolite d’Amérique du Nord. Marginaux, artistes, hippies et anarchistes vivent ici dans des mobil homes et autres camionnettes – avec zéro loyer et zéro contrainte.

Uranium et gâteau jaune : le mythe de l’énergie propre

Enquête sans concessions dans un monde dangereux où règne la loi du silence : celui de l’extraction de l’uranium, à l’origine de toute la chaîne du nucléaire.

Le film démarre en Allemagne, lieu d’implantation de la société Wismut, qui fut pendant des décennies le troisième producteur d’uranium au monde. Les autorités allemandes prévoient aujourd’hui qu’il leur faudra encore une trentaine d’années pour désamorcer la bombe à retardement écologique qui a touché la région.

L’enquête se poursuit en Namibie, où la mine de Rössing, ouverte en 1976, devait officiellement fermer. La société australienne Rio Tinto continue pourtant de l’exploiter et d’exporter l’uranium en Asie, en Europe et aux États-Unis. Le vent, lui, se charge d’envoyer les micro-poussières radioactives vers le désert du Namib, un écosystème particulièrement fragile, et jusque dans la ville portuaire toute proche de Swakopmund, où vivent plus de 35 000 habitants.

Partie 1/2 :

Partie 2/2 :
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Les meilleurs moyens de combattre l’extrême pauvreté

Par

En 1950, le revenu annuel des citoyens de la Corée du Sud et du Pakistan était sensiblement le même. Aujourd’hui, il est difficile de comparer les deux pays. Le revenu par habitant des Sud-Coréens a été multiplié par 23 depuis cette date, et celui des Pakistanais par 3 seulement.

Comment aider les pays les plus pauvres à reproduire le succès sud-coréen est l’une des plus importantes questions posée à l’heure actuelle à la communauté internationale. Améliorer les perspectives économiques permettra à des pans entiers de la population mondiale de bénéficier d’une meilleure santé, d’une éducation plus poussée, d’une vie plus longue et d’une vulnérabilité moindre face à de nombreux défis, dont les catastrophes naturelles.

Une grande partie des 169 cibles de développement proposées par les Nations unies pour les 15 prochaines années ont fondamentalement trait à une réduction de la pauvreté. Mais ces cibles ne sont pas toutes de valeur égale. Le Centre du Consensus de Copenhague, dont je suis le directeur, a récemment demandé à 60 équipes d’économistes d’évaluer les coûts et bénéfices de chacun des objectifs proposés, qui remplaceront en septembre prochain les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

A première vue, l’un des objectifs qui semble le plus louable – le plein emploi pour tous – est en fait l’un des moins souhaitables. Malheureusement, ce n’est pas un objectif, mais un rêve. Les économies ont besoin d’un certain taux de chômage pour permettre aux salariés de changer d’emploi et la plupart des gouvernements mettent déjà l’accent sur la création d’emplois.

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La revanche du bœuf français

Et si le bœuf français était l’un des meilleurs au monde? Et si la blonde d’Aquitaine, les limousine, normande, gasconne ou aubrac n’avaient plus à rougir face au célèbre black angus ou au boeuf de Kobé ? Bêtes de concours, bœuf cidré, hibernation, millésimes et appellations: l’univers du bœuf d’exception made in France n’a plus rien à envier à celui des vins et des fromages.

Depuis les montagnes du Nevada jusqu’aux palaces de Hong Kong, de la boucherie de quartier aux tables des plus grands chefs, des passionnés innovent et travaillent sans relâche pour atteindre l’excellence.

Assurances : Le prix de nos vies

L’indemnisation des familles des victimes d’un crash aérien est un sujet tabou dans le monde de l’assurance. De véritables disparités existent en fonction de la nationalité, des revenus, du statut social, et de l’âge des disparus.

Certaines familles peuvent toucher plus de 2 millions d’euros d’indemnités, quand d’autres ne recevront que 200.000 euros. La journaliste, Linda Bendali a enquêté dans l’univers froid et mathématique des compagnies d’assurance pour comprendre comment elles évaluent la vie des voyageurs.

Partie 1:

Partie 2:
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La course à la jeunesse

Dans des sociétés gouvernées par la jeunesse et la performance, la vieillesse est parfois perçue comme une maladie à éradiquer. Certains sont prêts à avaler tous les élixirs pour s’en affranchir. Après avoir envahi les États-Unis, la testostérone séduit la France. L’hormone ferait des miracles sur les hommes vieillissants, nostalgiques de leur puissance d’autrefois.

A Paris, Ariana compte s’infliger un peeling chimique, une brûlure profonde de l’épiderme. Grâce aux découvertes sur les télomères, des capuchons qui protègent notre ADN, des pilules pourraient donner vie au fantasme ultime : arrêter le temps.

Fat, Sick, and Nearly Dead (Gros, malade, et à deux doigts de claquer)

En surpoids, sous stéroïdes et souffrant d’une maladie auto-immune, Joe Cross est au bout du rouleau. Lorsqu’il se regarde dans le miroir, il voit cet homme de 140 kg avec un ventre rebondi et un destin tout tracé qui n’augure rien de bon. Joe a déjà un pied dans la tombe, et à ce rythme-là, la mort lui tend les bras.

La médicine traditionnelle n’ayant pas pu l’aider sur le long-terme, Joe décide de faire confiance à la capacité qu’a le corps à guérir par lui-même. Il troque la junk-food contre une centrifugeuse et un groupe électrogène et décide de s’alimenter uniquement de jus de fruits et de légumes pendant les 60 prochains jours.

En parcourant 5 000 kms, Joe n’a qu’un objectif en tête : arrêter tout traitement et retrouver un mode de vie équilibré. Souffrant d’obésité morbide, avec ses 193 kg, Phil Staples est à un cheeseburger de la crise cardiaque. Tandis que Joe recouvre la santé, Phil se lance dans l’aventure pour se remettre sur pied. Une rencontre étonnante et pleine d’humanité.

États-Unis : L’art de rançonner les pauvres

Impossible, ou presque, de vivre aux États-Unis sans contracter un emprunt. Devant les difficultés de leurs clients à rembourser, les banques augmentent les pénalités et… leurs profits. En revanche, dans certains quartiers défavorisés, elles refusent d’ouvrir des agences. Les habitants doivent alors avoir recours aux échoppes de « prêteurs rapaces ».

Au comptoir d’un check casher, le long de Broadway, une artère de Central Brooklyn assombrie par le métro aérien de New York, M. Carlos Rivera demande un sursis. « No tengo los 10 pesos » (« Je n’ai pas les 10 dollars »), lance-t-il à l’employée derrière la vitre. A Brooklyn, ces boutiques sont omniprésentes: les Pages jaunes en recensent 268.

A l’échelle nationale, ces milliers d’échoppes forment une industrie financière puissante, multiforme, désignée par le terme générique de predatory lenders, ou « prêteurs rapaces ». Un surnom dû à un modèle commercial agressif: on ne lâche jamais un emprunteur, qui rembourse souvent une dette contractée lors d’un premier emprunt en en souscrivant un nouveau.

On les reconnaît à leurs façades colorées et décrépites, à leurs néons, au symbole du dollar et au mot « Cash » sur les vitrines. Outre les transferts d’argent liquide, elles assurent l’encaissement des chèques à l’ordre d’habitants qui n’ont pas de compte en banque: le montant est converti en espèces moyennant une commission (autour de 2 % pour 100 dollars, plus frais divers). Elles proposent aussi des prêts de très court terme à des taux d’intérêt très élevés.
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Manuscrit de Talhoffer : Le livre de combat secret du Moyen-Âge

Le livre sur le Combat de Hans Talhoffer (1420-1490) est un des plus mystérieux manuscrits du Moyen-Âge au monde. Daté de 1459, il se compose de 150 feuillets en papier écrit en dialecte Souabe, et dans ses pages illustrées apparaît une collection unique d’images de combats sanglants, de personnages portant de curieux accoutrements, de duels, de machines de guerre et d’inventions insolites.

Les pages de ce manuscrit inconnu ont été ramenées à la vie grâce à la technologie actuelle de restauration, mais encore aujourd’hui, la majorité de son histoire et de son contenu reste inexpliqué.

D’après le manuscrit, la véritable histoire de l’Europe durant le Moyen-Âge se révèle être violente, secrète, spirituelle, et contient une mine de connaissances, preuve que la société médiévale était bien plus sophistiquée et étrange que nous le pensions.

Hans Talhoffer est le plus connu de tous les maîtres escrimeurs germains du sud au XVe siècle. Il est contemporain au maître d’armes Paulus Kal, avec qui les manuscrits suggèrent une rivalité professionnelle. Talhoffer enseigna selon la tradition de Johannes Liechtenauer.
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Quand la Chine verte s’éveille

Dans la province du Yunnan, au sud-ouest de la Chine, des fermiers, des militants écologistes, des journalistes et des scientifiques luttent pour tenter d’arrêter le projet de construction d’un énorme barrage sur le fleuve Yangtsé (le fleuve bleu). Lequel submergerait les vallées et engendrerait le déplacement de quelque cent mille personnes.

Watson : L’ordinateur le plus intelligent du monde

Watson est tout simplement l’ordinateur le plus intelligent au monde. Conçu par IBM, il est doté d’une intelligence artificielle capable de diagnostiquer des cancers avec un taux de réussite plus élevé que celui des étudiants en médecine. Une révolution dans le monde médical.

On vous parlait déjà de Watson, l’ordinateur le plus intelligent du monde, lorsqu’il était question pour lui de gérer les standards téléphoniques. Sa nouvelle mission est désormais de venir aider les médecins du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New-York, un centre qui a traité 1125 patients atteints d’une tumeur du poumon en 2012.

Pour cela, une équipe composée de 25 chercheurs a aidé l’intelligence artificielle à assimiler plus de 600.000 données médicales, principalement sur le cancer du poumon. L’ordinateur est maintenant capable, grâce à sa capacité à comprendre le langage naturel et non le langage informatique, de répondre aux questions des médecins et de diagnostiquer avec un taux de succès de 90% le cancer du poumon!

En téléchargeant le dossier du patient dans la machine,  Watson informe le médecin sur le meilleur traitement à utiliser et affiche une liste classée selon un indice de confiance décroissant.

Watson est actuellement en phase de tests dans un centre hospitalier new-yorkais. Grâce à lui, les frais de santé pourraient être réduits de 30% aux États-Unis, soit d’1,46 milliard d’euros !

SoCurious

Frédéric Lordon : « Pour une autre Europe, faut-il sortir de l’euro ? »

Crise grecque, élections le 20 septembre à Athènes, en novembre en Espagne, le débat sur la sortie de l’euro, sa possibilité, ses conditions, l’élaboration d’un « Plan B », la démocratisation des instances européennes: c’est l’ordre du jour principal de cette rentrée.

Placements sur Internet : La ruine à portée de clic

Depuis quelques années, ils se sont multipliés sur internet: des dizaines de sites nous proposent de placer notre argent en nous faisant miroiter des gains rapides et faciles. Apparemment insoupçonnables, ils ont pignon sur rue et sont même parfois recommandés par des grands noms de la banque ou du web.

Pourtant, ils ont déjà fait des dizaines de milliers de victimes françaises. Des internautes crédules qui pour certains ont perdu plus de 100.000 euros en leur faisant confiance. Il faut dire que l’arnaque est bien rodée: avec ce type de placements, l’internaute est perdant dans 90 % des cas.

Derrière ces dizaines de sites, des filières très organisées repèrent, recrutent et dépouillent tous les jours de nouveaux clients grâce auxquels ils empochent de confortables bénéfices. En Bulgarie, à Chypre et en Israël, ou des dizaines de call center se sont spécialisés dans cette activité. Reportage sur ces filières d’autant plus redoutables qu’elles parviennent à détourner les règles bancaires européennes pour donner à leur activité l’apparence de la légalité.

Gaz de schiste, les lobbies contre-attaquent

Depuis des années, les lobbyistes, hommes de main des industriels, jouent dans l’ombre des parties qui sacrifient la santé publique aux intérêts financiers. Vache folle, sang contaminé, amiante : dans ces scandales sanitaires retentissants, ils ont manipulé l’opinion et les politiques en toute impunité.

Aujourd’hui, leur nouveau terrain de jeu, c’est les gaz de schiste, dont la France a interdit l’exploitation en 2011. Depuis, les lobbyistes du secteur n’ont qu’un objectif : convaincre les politiques de faire marche arrière. Pour cela, ils noyautent les organes du pouvoir, s’appuient sur des hauts fonctionnaires, s’entourent de scientifiques complaisants, fournissent des études partisanes et bernent les médias.

France – 2014

Gunther Anders : De la désuétude de l’homme

La technique désacralise tout même si elle apparaît souvent comme magique et indispensable. La technique actuelle est très différente des sociétés antérieures. Les moyens dont nous disposons sont disproportionnés par rapport à nos capacités d’humains. Les humains sont vite limités, les machines ne le sont pas. La compréhension des finalités de nos ensembles techniques est très difficile.

La technique englobe tout. Notre vie est enserrée dans la technique, qu’elle soit machinique ou organisationnelle. Dans notre vie, selon Gunther Anders, il existe deux types de travail, celui de la journée et celui du soir ou du week-end, du temps libre. Le premier concerne la production, le second celui de la consommation.

La production des marchandises produit aussi la demande, l’offre sollicite la demande. Il y a une sorte d’inversion avec le développement de la science et de la technique. La publicité est en charge de faire écouler la production pour que se réalise le capital. Il y a bien un travail humain au service de la consommation.

Anders parle de l’importance de la télévision dans ces dispositifs. La télévision a pour fonction de produire le monde. Elle prend le relais des grands systèmes religieux et philosophiques. C’est la télévision qui donne maintenant une vision d’ensemble. La télévision nous rend consommateur du monde. Gunther Anders a observé la société américaine, où l’influence de la télévision était perceptible dès les années 40.
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Énergie : Des centrales électriques à méthanisation pour lutter contre la crise agricole

Johann Marquer est à la tête d’un élevage porcin. À 34 ans, ce jeune éleveur a trouvé une solution pour échapper à la crise. Pour compenser les pertes sur chaque kilo de viande vendu, il produit de l’électricité. Grâce à son smartphone, il pilote directement sa petite centrale électrique à méthanisation.

Sa centrale entièrement automatisée a représenté un investissement de 1,5 million d’euros. Il y recycle les déchets de sa production de céréales, mêlés à d’autres rejets de l’industrie agroalimentaire. Une fois mélangée au lisier de son élevage, la fermentation sous une grande coupole produit un gaz, le méthane. C’est ce gaz qui alimente un générateur d’électricité 100% naturel, l’énergie produite étant revendue à EDF.

Selon la taille et l’efficacité de chaque centrale, EDF achète entre 13 et 21 centimes chaque kilowatt/heure. Pour favoriser cette production, le gouvernement propose d’augmenter ce tarif à plus de 22 centimes, ce que les professionnels trouvent insuffisant. La France ne compte actuellement que 250 installations de ce type sur son territoire.

Yves Cochet : « L’anthropocène »

Yves Cochet aborde sa vision de l’effondrement systémique et le projet politique qui pourrait l’accompagner. Il y évoque notamment les concepts de l’Anthropocène, d’effondrement, des points de rupture du système, de la décroissance et la transition etc. (Cet entretien a été réalisé en novembre 2013).

Collapsologie : Penser l’effondrement de notre monde

Les yeux sont rivés sur la Grèce et la possibilité que le pays s’effondre. Pablo Servigne réfléchit, plus généralement, à la manière d’envisager l’avenir à partir de la possibilité non pas de la fin du monde, mais de celle du monde tel que nous le connaissons.

Allemagne : Les clandestins, nouvelle main d’œuvre pour les régions de l’est ?

Pour gérer l’afflux massif de demandeurs d’asile en Allemagne, notamment dans le sud du pays, le ministre-président du Bade-Wurtemberg, Winfried Kretschmann, a proposé cet été d’installer une partie de ces réfugiés dans les nouveaux Bundesländer.

Ces régions, dépeuplées depuis la chute du Mur, ont besoin de main d’œuvre et pourraient également offrir aux nouveaux arrivants des logements.

Dis-moi ce que tu manges

Deux familles, les Hansert en Forêt-Noire et les Foricher à Paris, représentent deux extrêmes quant à leurs modes de vie : les premiers consomment les légumes de leur potager, du gibier des forêts voisines et tentent de restreindre le recours aux aliments transformés, tandis que les seconds, comme la plupart des Européens, consomment souvent des plats cuisinés, qu’ils commandent sur Internet.

Mais d’où vient ce que nous mettons dans nos assiettes ?

Allemagne : Des fermes d’État à l’agrobusiness

Par Rachel Knaebel

Main basse sur les terres de l’Est. Après avoir connu la noblesse prussienne, la collectivisation, les coopératives et la transition, l’agriculture est-allemande suscite désormais l’appétit de grands investisseurs souvent étrangers au secteur. Une situation paradoxalement favorisée par les structures héritées du régime communiste.

Peu après la réunification de 1990, l’agriculture est-allemande a vu arriver des investisseurs sans passé d’exploitants mais aux poches bien pleines. Le patron d’un empire industriel de la gestion des déchets (Remondis) a ainsi acheté en 1994 plusieurs des 465 domaines agricoles gérés directement par l’État au temps de la République démocratique allemande (RDA).

Appelées « biens du peuple », ces fermes représentaient moins d’un dixième des terres est-allemandes cultivées. L’agriculture de la RDA s’organisait plutôt autour de coopératives agricoles de production, soumises au contrôle du régime mais constituées des sols et des équipements mis en commun lors de la collectivisation forcée qui dura jusqu’en 1960 — en 1945, les Soviétiques avaient exproprié les propriétaires terriens possédant plus de 100 hectares et étatisé les terres.

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Le saucisson acheté en France contient-il du porc français ?

Plus de cinq millions de saucissons se sont vendus l’année dernière. La grande majorité est industrielle. Certaines entreprises n’achètent que du porc français pour sa fabrication, mais c’est loin d’être la règle dans l’Hexagone. En moyenne, 35 à 40% du porc dans les saucissons vient de l’étranger: d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas ou du Danemark.

La première raison est le prix. Les pièces de porc français coûtent 20 à 30% de plus que chez nos voisins européens. Mais les industriels expliquent qu’ils ne trouvent pas suffisamment de viande en France. Parfois, le porc français et étranger sont mélangés dans un même produit. Il est difficile de s’y retrouver, car l’étiquetage de la viande transformée n’est pas obligatoire.

Allemagne : Le coût de l’accueil des clandestins

L’Allemagne accueille de plus en plus de réfugiés et s’attend à recevoir 800.000 personnes cette année. Une mesure importante qui aura un coût : “cette nuit, une nouvelle enveloppe a été débloquée, six milliards d’euros, qui s’ajoutent à un budget acté pour l’année 2015 de 5,5 milliards”.

Téléphone portable : Les effets nocifs sur les insectes

À Bruxelles, des chercheurs du Département de Biologie ont dévoilés une étude sur l’impact des ondes GSM sur les fourmis. D’après une expérience, réalisée sur plusieurs colonies de fourmis exposées aux ondes d’un téléphone portable, ces insectes sociaux sont fortement touchés par les rayonnements électromagnétiques émient par nos GSM.

On constate que les fourmis exposées à moyen terme sont désorientées, perdent de leur mobilité, de leur mémorisation et ne récupèrent pas la totalité de leur performance soit un handicap de 50%. Les fourmis exposées à long terme meurent de façon prématurée. Une étude inquiétante.

Pétrole : 5.500 postes supprimés en Mer du Nord suite à la chute des cours

Influencés par le ralentissement de l’activité économique en Chine, les cours du pétrole continuent à chuter. Le recul de près de 55 % des cours du Brent depuis juin 2014 a entraîné la suppression de 5.500 postes dans le secteur pétrolier et gazier de la Mer du Nord depuis fin 2014.

Une puce électronique sous la peau, c’est désormais possible

Le salon de l’électronique de Berlin a livré ses dernières innovations. Parmi elles, la greffe d’une puce sous la peau qui permettra de déverrouiller une porte à distance, de contrôler la lumière d’une pièce ou de lancer des impressions.

Mammon ou la religion de l’argent

« L’argent s’empare des choses et les rend anonymes. On ne peut pas savoir d’où il vient, ni où il est, ni où il va. » Qu’est-ce que l’argent ? Où va-t-il quand on le place dans une banque? Qui fixe les règles? Voyage étourdissant dans les labyrinthes de l’économie et de la finance.

L’argent. Médium du pouvoir. On peut le nier, on cherche pratiquement tous à le posséder, à en avoir toujours plus, au moins assez pour vivre bien. On l’utilise chaque jour, sans même se poser la question de sa provenance, ni de la réelle valeur du billet qu’on tient entre les mains.

À l’heure où le pouvoir d’achat semble s’effriter, beaucoup cherchent à faire fructifier le peu d’argent qu’ils économisent, à rendre tout simplement leur vie plus confortable, plus sécurisée. Prêts, intérêts, taux, bourse… autant de termes que l’on pense maîtriser, mais qui sont au final tous plus abstraits les uns que les autres. Et si l’argent que nous possédons était une notion abstraite? Et si, en définitivement, c’était lui qui nous possédait?

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Les hackers ont déjà la main sur votre voiture

Le récent piratage d’un véhicule Chrysler en pleine route relance le débat sur la sécurité entourant les véhicules les plus intelligents.

Fin juillet, le magazine Wired a publié un article qui, à première vue, ressemblait fort à de la science-fiction absurde: «Des pirates informatiques ont désactivé une jeep à distance sur l’autoroute; j’étais derrière le volant.» Deux spécialistes de la sécurité informatique expliquaient avoir trouvé un moyen de pirater les ordinateurs de bord d’une Jeep Cherokee.

Le journaliste Andy Greenberg a fait le test: il a pris le volant et a emmené la voiture en question sur une autoroute; les pirates ont alors pris le contrôle de la climatisation, de la radio, des essuie-glaces et –de manière autrement plus inquiétante– de l’accélérateur et des freins. S’ils avaient voulu provoquer un accident et tuer le conducteur, ils l’auraient fait sans peine.

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L’économie collaborative : Aubaine ou partage de miettes ?

À la croisée de l’innovation sociale et de la culture numérique, l’économie collaborative est en pleine explosion et nous force à repenser nos manières de vivre et de travailler.

Mais Airbnb, Uber, Blablacar incarnent-ils l’avènement d’une nouvelle précarité? Débat vidéo avec l’“économiste atterré” Benjamin Coriat et Diana Filippova, coordinatrice du think tank OuiShare.

Réformes structurelles

Les effets persistants de la crise financière, les plans d’austérité mis en œuvre pour stabiliser la dette publique et les effets du vieillissement démographique pèsent sur les perspectives de croissance de la production à moyen terme.

De ce point de vue, il est naturel de considérer les réformes structurelles comme des mesures additionnelles pour stimuler la croissance, en l’occurrence en accroissant la productivité ou l’utilisation de la main-d’œuvre. Nous passons en revue la littérature qui s’est développée sur ce sujet.

Les réformes structurelles comprennent : (i) les réformes sur le marché du travail ; (ii) les réformes sur le marché des produits visant à accroître la concurrence ; (iii) les réformes fiscales ; (iv) les améliorations apportées à la réglementation des marchés des capitaux ; (v) les mesures visant à stimuler l’innovation (par exemple l’investissement en recherche-développement) ; et (vi) les réformes éducatives.

Au cours des dernières décennies, le calendrier et l’ampleur des réformes a fortement varié d’un pays à l’autre. Pour certains secteurs en particulier, il y a eu une certaine convergence entre les pays en ce qui concerne le cadre réglementaire. Certains réformes apparaissent par vagues entre les pays et la plupart sont mises en œuvre graduellement (FMI, 2004).
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Chine : Les algues deviennent le nouvel or vert

La province du Fujian (Chine), face à l’île de Taïwan est connue pour ses villages flottants. Ici, les habitants vivent du commerce des algues. On produit ici trois ou quatre types de ces plantes aquatiques.

Cela fait 1 400 ans que l’on cultive et consomme dans le Fujian ces algues. Mais en ce moment, c’est un vrai boom. “On a fait beaucoup de progrès en productivité et en qualité et la demande a fortement augmenté, non seulement pour la consommation directe, mais aussi pour l’industrie, du coup les prix ont explosé. Ils ont été multipliés par cinq en dix ans“, explique Wang Zi Xi, maire de Xi Nan.

On retrouve des algues dans les dentifrices, les cosmétiques ou certains médicaments. Alors les habitants du coin ont quasiment abandonné toute autre activité pour se consacrer à cette culture.

L’agent de la DGSE qui a coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses, trente ans après

Des excuses, trente ans après les faits. Le nageur de combat de la DGSE qui avait posé la charge explosive ayant coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses, dans une interview diffusée par Mediapart dimanche 6 septembre, trente ans après ce fiasco retentissant de la présidence Mitterrand.

Le colonel Jean-Luc Kister s’explique aussi, à visage découvert, sur les détails de cette opération au cours de laquelle un photographe de Greenpeace, Fernando Pereira, fut tué.

Le 10 juillet 1985, des agents français coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, un chalutier reconverti par l’association écologiste pour perturber les essais nucléaires français, dans le Pacifique. “Trente ans après les événements, avec les passions qui se sont apaisées, et aussi le recul que j’ai par rapport à ma vie professionnelle, j’ai pensé que c’était une occasion pour moi d’exprimer à la fois mes profonds regrets et mes excuses”, dit Jean-Luc Kister, interrogé par Edwy Plenel.

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États-Unis : Héroïne, le cauchemar américain

Connu pour ses montagnes et son sirop d’érable, le Vermont est un petit État tranquille au Nord-Est des États-Unis. C’est là que le réalisateur de ce reportage a passé une partie de son adolescence. C’est aussi là que Mikael et Jenifer, deux de ses cousins, sont devenus accros à l’héroïne.

Au sein de sa famille américaine, le sujet a longtemps été tabou. Et personne ne pouvait penser que les « problèmes de drogue » de Mikael ou de Jenifer étaient liés à l’héroïne… La vie dans le Vermont est bien loin des ghettos des grandes villes ou des milieux du showbiz avec lesquels on associe spontanément l’héroïne.

Avec ce film, il a cherché à comprendre comment l’héroïne était arrivée jusque dans mon coin de nature et au sein de sa famille – une famille de la classe moyenne américaine touchée au cœur par cette nouvelle épidémie d’héroïne.

Ces derniers mois, le nombre d’overdoses est en constante augmentation et les saisies d’héroïne atteignent des records historiques dans le pays. Il n’y a jamais eu autant d’héroïne aux États-Unis.

Afrique : Ériger des clôtures pour protéger les espèces

Les pays africains sont souvent critiqués pour leur incapacité à relever leurs défis environnementaux. Les observateurs citent en particulier la disparition des habitats naturels face à la pression démographique, la dégradation des terres et l’industrialisation. Et surtout, la critique la plus courante est que l’augmentation du braconnage menace la survie d’espèces en danger comme les éléphants et les rhinocéros.

Le Kenya a toutefois mis en œuvre un important et novateur projet de conservation de la biodiversité. Entamé dans les montagnes Aberdare, au centre du pays, le projet Rhino Ark avait pour objectif initial de protéger le rhinocéros noir, en danger critique d’extinction, des ravages opérés par les gangs de braconniers.

Le principal enseignement à retirer de ces initiatives est simple : de bonnes clôtures sont bénéfiques pour tous.

Ce projet est soutenu par ceux-là mêmes qui auraient pu s’y opposer: les communautés locales des régions agricoles limitrophes, parmi les plus productives du pays.
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