Le FMI conseille de dévoiler les risques pris

Le Fonds monétaire international a conseillé mardi aux États de rendre publics les risques financiers qu’ils ont pris pour venir en aide au système financier, ainsi qu’une stratégie pour réduire peu à peu ce risque.

Pour le FMI, “les mesures pour soutenir le système financier ont eu des conséquences limitées sur les déficits budgétaires jusqu’ici. Mais les bilans souverains (la somme des obligations des États et d’autres institutions publiques, ndlr) ont gonflé et l’exposition au risque s’est considérablement accrue“. Sont concernés non seulement le budget des États, mais aussi les banques centrales et d’autres instruments d’intervention comme les fonds souverains, dont les actions engagent aussi “la qualité perçue de l’emprunteur public“, a rappelé le FMI.

Les États des 30 économies les plus développées ont en moyenne engagé l’équivalent de 7,4% de leur produit intérieur brut dans ce type de mesures depuis début 2008. Et les actifs détenus par leur banque centrale représentent 4,2% du PIB.

En d’autres termes, le FMI conseille aux États de publier des chiffres plus extensifs que ceux de la dette publique traditionnelle. Ils devraient prendre en compte le coût possible des mesures exceptionnelles contre la crise financière: garanties publiques au profit du privé, recapitalisation d’entreprises, achats et échanges d’actifs financiers et facilités nouvelles pour fournir de liquidités.
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USA : une loi pourrait causer la faillite de 1000 banques et 2000 sociétés de crédit

De l’irresponsabilité de nombreux consommateurs au machiavélisme de certains banquiers, la bulle de dettes des ménages américains est à l’évidence l’incarnation et la sanction d’un mode de vie artificiel, que la réalité de la crise vient de mettre en accusation.

La “moralisation” du capitalisme étant à l’ordre du jour, du moins en ce qui concerne les déclarations d’intentions gouvernementales et parlementaires, les Etats-Unis nous offrent ici, parmi d’autres, une illustration des bonnes intentions à la mode, dont certains effets pourraient s’avérer inattendus.

Au mois de mai 2009, de nouvelles règles légales protégeant les consommateurs lors de l’utilisation de cartes de crédit, sont entrées en vigueur aux Etats-Unis et des protections similaires vont vraisemblablement voir le jour, concenant l’usage des cartes de débit.

Sur son site internet (maloney.house.gov), le député Démocrate de New-York Carolyn Maloney a décrit le projet de loi (Consumer Overdraft Protection Fair Practices Act – H.R. 1456) déposé au Congrès dans ce but, le 12 mars 2009.

Il s’agit d’exiger qu’une information soit délivrée à l’utilisateur de la carte par un guichet automatique ou un terminal de paiement, lorsque son achat est sur le point d’entraîner un découvert en compte. Cela permettrait au consommateur de choisir, en toute connaissance de cause, entre accepter ou refuser le service de découvert ainsi que les frais, souvent disproportionnés, qu’il entraînerait et donc, de renoncer, s’il le souhaite, à son achat. Lire la suite

Deux Prix Nobel d’économie voient l’avenir en noir

Presque simultanément, les Américains Edmund Phelps, Prix Nobel d’économie 2006, et Joseph Stiglitz, lauréat du même trophée en 2001, font part à la Presse de leur vision très pessimiste du futur. Morceaux choisis.

Au cours du forum économique de Krynica, en Pologne, surnommé le Davos d’Europe de l’Est, le 11 septembre 2009, Phelps a dit : “J’ai un sombre pressentiment concernant l’économie américaine sur les prochaines décennies.”

“Je considère le système financier comme quasiment inutile en ce qui concerne le développement de la prospérité aux Etats-Unis.”

“Il devra être réformé et, en principe, la concurrence pourrait y parvenir en quelques décennies mais je ne pense pas que nous puissions attendre aussi longtemps. Le déversement massif de liquidités provoqué par la Réserve fédérale est une menace : il comporte réellement un risque d’inflation. Bien plus que [le gouverneur de la Réserve fédérale Ben] Bernanke ne l’admet.”

“C’est en renforçant autant que nous le pouvons la capacité d’innovation de l’économie américaine que l’on peut la sauver et cela exige une réforme du secteur financier, une réforme du monde des entreprises et nécessite des politiques plus favorables aux entreprises de la part du gouvernement.”

“Lorsque l’économie américaine va toucher le fond et commencer à se redresser quelque peu, nous aurons un niveau très élevé d’endettement de l’Etat, une situation qui ne sera tenable qu’au prix d’un impôt marginal très élevé qui pendant de nombreuse années provoquera le report de nombreuses activités innovatrices.” Boursorama

Quant à Stiglitz, il a déclaré à l’agence américaine Bloomberg, le 13 septembre 2009 : Lire la suite

L’or au dessus des mille dollars l’once

L’once d’or s’est échangée vendredi autour des 1009 dollars (soit environ 700 Euros), se rapprochant de son record absolu du premier semestre 2008 à 1032 dollars.

Le recul du dollar face à l’euro (avec une parité d’un euro pour 1,45 dollar) explique en partie ce phénomène. Au cours des derniers mois, les investisseurs à la recherche d’un placement sûr en raison de la conjoncture ont arrêté leur choix sur l’or, poussant ainsi la demande à la hausse.

Le billet vert, plombé par les déficits américain, ne joue plus son rôle de valeur refuge, au profit du métal jaune, déjà habitué à cette qualification en raison du climat d’incertitude économique.

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« Une reprise lente est nécessaire après la récession »

C’est par ces mots que Stephen Hester, directeur général de la Royal Bank of Scotland, avoue implicitement qu’il n’est pas souhaitable que la reprise intervienne sur les mêmes bases que celles de l’économie “d’avant”.

Il est vrai que sa banque a perdu un milliard de livres (1,2 milliard d’euros) au titre du premier semestre, en raison de mauvaises créances. Le banquier britannique préfèrerait ainsi une correction lente et graduelle, afin d’apurer les comptes, plutôt qu’une reprise trop rapide qui pourrait générer de nouveaux problèmes, comme celui d’un schéma à la japonaise.

Ce scénario a plombé le pays durant une décennie, alors que les médias français faisaient leurs gros titres, dans les années 80-90, sur “ces japonais qui achètent Paris”. La structuration des bilans des banques et des sociétés reste extrêmement fragile car ils sont composés de produits tous plus « crisogènes » les uns que les autres, ce qui annonce des crises de subprimes bis ter etc.

Les déclarations de Hester sont-elles une manière de satisfaire les critiques envers le capitalisme débridé, sachant qu’il y aura peut-être une très lente reprise….ou peut-être pas. Ce type d’alerte “citoyenne” permettant de faire d’une pierre deux coups: préparer l’opinion et se montrer “responsable”. Reuters

(Merci à Pakc)

Davantage de pauvres aux États-Unis

Près de 40 millions de personnes vivaient sous le seuil de pauvreté aux Etats-Unis en 2008, un nombre en nette hausse sur fond de récession économique, indique un rapport du Bureau du recensement américain (Census bureau).

Le nombre de pauvres est passé de 37,3 millions en 2007 à 39,8 millions en 2008, “un niveau proche de ce que nous avons connu à d’autres époques, en 1993 et 1960″, souligne David Johnson, chef de la division du Census bureau chargée des statistiques concernant les ménages.

Les pauvres représentaient 13,2% de la population en 2008 contre 12,5% en 2007, selon ce rapport intitulé “Revenu, pauvreté et couverture santé aux Etats-Unis”. Il s’agit de la première hausse en pourcentage depuis 2004.

Aux États-Unis, une personne ou une famille est considérée comme pauvre si ses revenus sont inférieurs au seuil de pauvreté, qui était fixé en 2008 à 11.000 dollars annuels pour une personne seule et 22.025 dollars annuels pour une famille de quatre personnes. Le Figaro

Pour les Suisses, c’est la fin du rêve américain

Ne plus voyager aux Etats-Unis, renoncer aux titres américains ou tout simplement éviter d’investir outre-Atlantique : les appels à tourner le dos aux USA se multiplient au sein du monde financier suisse.
La conclusion de l’affaire UBS (par la levée relative du légendaire secret bancaire suisse, l’administration helvétique ayant cédé aux pressions étasuniennes), loin d’apaiser les tensions, se retourne contre les USA.

Voyages déconseillés, titres américains boudés, investissements remis en cause : le monde bancaire suisse tourne le dos aux Etats-Unis. Tour d’horizon.

La semaine dernière, la banque Wegelin & Co a ouvert le feu. Dans un commentaire d’investissement au ton d’une extrême sévérité, notamment sur la question de la dette publique des USA, la banque recommande à sa clientèle de vendre ses titres américains pour s’éviter tout problème.

La révision du droit de succession américain constitue le noeud du problème. A l’avenir, le risque de rendre une déclaration erronée au fisc serait désormais trop grand.

Le 3 septembre 2009, le président de l’Association des banquiers privés suisses a avoué qu’il ne voyageait plus aux Etats-Unis. « Je constate une certaine agressivité du système américain », a-t-il expliqué. Illustration de ce nouveau climat, la Neue Zürcher Bank fait l’objet d’une plainte outre-Atlantique, pour fraude fiscale.

Les banquiers craignent désormais d’être piégés par la Justice américaine.

Dans sa chronique hebdomadaire du Temps, Béat Kappeler, pourtant un thuriféraire du modèle néolibéral, invite ses lecteurs à cesser d’investir aux Etats-Unis.

Selon lui, le dollar va plonger et l’endettement de l’état nord-américain fera augmenter la pression fiscale sur tout engagement financier ou entrepreneurial. « Dorénavant, on peut gagner plus ailleurs… », souligne-t-il.
Les signes ne trompent pas, c’est tout un pays qui s’apprête à tourner le dos aux Etats-Unis.
Le Matin

Millions de saisies immobilières en perspective aux États-Unis

Seulement 12% des propriétaires américains éligibles à un programme d’aide de l’administration Obama ont obtenu un refinancement de leur prêt et des millions de saisies immobilière sont encore à prévoir.

La crise récente du secteur immobilier a dévasté des familles et des communautés dans tout le pays et est au cœur de la crise financière et du ralentissement économique“, a déclaré Michael Barr, sous-secrétaire au Trésor en charge des institutions financières devant une commission parlementaire.

Le Trésor fait un bilan chaque mois de la mise en œuvre du programme d’aide aux propriétaires en difficulté (“Home Affordable Modification Program, HAMP) lancé en février. Il devait permettre d’aider des millions d’Américains à renégocier leurs prêts avec leurs banques, avait-on dit à l’époque.

Mais son démarrage est lent et il reste encore beaucoup à faire pour atténuer l’impact de la crise de l’immobilier. En juillet, seulement 9% des propriétaires endettés avaient renégocié leurs prêts. Yahoo

« La Belgique est en faillite virtuelle »

« Si on examine la situation comme on le fait dans une entreprise, la Belgique est en faillite virtuelle. Plus on attend, plus la situation s’aggrave », a déclaré G. Vanhengel, ministre belge du Budget.

« Tout le monde doit faire des efforts. Autant les banques que les soins de santé », a affirmé le ministre. Pour lui, un politicien qui exclut actuellement des hausses d’impôts « n’est pas réaliste ». « Les efforts que nous devrions réaliser sont gigantesques ». Pour le ministre flamand, il faut travailler de manière plus efficace avec moins de moyens, ce qui ne signifie « certainement pas plus de fonctionnaires ».

M. Vanhengel se dit convaincu de la possibilité d’une cure d’amaigrissement dans la fonction publique, mais pas au prix de licenciements secs. A ses yeux, il est totalement exclu de taxer davantage le travail. L’objectif doit être au contraire de mettre plus de gens au boulot. L’Echo

(Lire les commentaires : FDS)

“Reprise”: les investisseurs toujours pas rassurés

Depuis le début de l’été, les investisseurs ne parlent plus de crise mais de reprise, justifiant ainsi les gains de 10 % à 15 %, des grands indices boursiers. Mais ils s’interrogent: la reprise sera-t-elle molle ou “éruptive” ? S’agira-t-il d’un sursaut vif mais bref de l’économie ?

Ces incertitudes ont fait fléchir les indices boursiers  à Wall Street, Paris, Londres ou Berlin début septembre. Seul le marché chinois a su limiter les dégâts.

Lundi, après le plongeon de 6,74 % du marché, le gendarme de la Bourse chinoise a lancé un appel “au patriotisme des investisseurs” pour que cesse la dégringolade des cours susceptible de ternir le soixantième anniversaire du Parti communiste, le 1er octobre.

Les premières victimes de ce contexte troublé sont les actions du secteur bancaire. “On présage que les taux de défaut des crédits accordés aux ménages ou aux entreprises vont augmenter“, explique Jean-Louis Mourier, analyste de la société de Bourse Aurel BGC.
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Cinq nouvelles banques fermées aux États-Unis

Les autorités américaines ont fermé cinq nouvelles banques vendredi, ce qui porte à 89 le nombre d’institutions qui ont cessé leurs activités depuis le début de l’année.

La plus importante des enseignes fermées vendredi est la Vantus Bank de Sioux City, dans l’Iowa, qui avait 458 millions d’actifs et 368 millions en dépôts. Les cinq faillites coûteront un total de 401,3 millions de dollars à la FDIC, qui garantit les dépôts jusqu’à 250.000 dollars par compte.

La FDIC dispose d’une liste d’établissements en proie à d’importants problèmes et surveillés de près. A la fin du second semestre, 416 banques se trouvaient sur cette liste.

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Les oracles sont formels : pas de reprise avant fin 2010

La hausse du chômage n’étonne pas les économistes. « On a touché le fond pour la croissance, mais pas pour la crise sociale. », prévient M. Plane, économiste à Sciences-Po. Les perspectives resteraient sombres malgré une légère reprise au 2e trimestre.

« Il y a des signes positifs mais on s’emballe un peu », assure N. Bouzou, chez Asterès. Pour les experts, le seul doute permis réside sur l’ampleur du désastre. Certains estiment que l’on s’achemine plutôt vers une croissance très faible. D’autres s’attendent encore à des chiffres négatifs d’ici à la fin de l’année. Aucun ne prédit une reprise — c’est-à-dire une croissance suffisante pour créer de l’emploi — avant la fin 2010.

« La hausse du chômage, le retour de l’inflation et la fin de la prime à la casse menacent désormais la consommation des ménages », s’inquiète N. Bouzou. « Les entreprises n’ont jamais eu de telles surcapacités de production. On entre dans le dur des ­faillites », ajoute M. Plane. (20 Minutes)

La revue de presse économique de Boreas (Archives)

L’un des plus célèbres prévisionnistes mondiaux prévoit aux États-Unis une révolution, des émeutes de la faim et des rébellions contre les impôts d’ici 2012. Lire l’article et l’interview de Gerald Celente

L’OMC prévoit un recul du commerce en 2009. Lire

Goldman Sachs, une banque toute-puissante. Lire

Contraction inédite des crédits à la consommation au premier semestre. Lire

Le modèle néolibéral a tourné court. Lire

Emmanuel Todd : Le protectionnisme ou le chaos. Lire

(Lire les commentaires : FDS)

Quand les Chinois mangent le pain des Algériens

Les méfaits inattendus de l’immigration…

Alors que les ressources d’hydrocarbures en Algérie dopent le secteur des travaux publics, ce sont les Chinois qui remportent la majorité des contrats, grâce à une main-d’œuvre défiant toute concurrence…

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(Merci à Christopher Johnson)

La monnaie du Nouvel Ordre Mondial présentée au G8 (Archives)

Unité dans la Diversité

C’est une monnaie fausse, bien sur, une version test. Mais cela prouve que l’idée est dans l’air» déclare Medvedev, président de la Fédération de Russie, élu le 2 mars 2008.

Lien FDS vers cet article et ses commentaires

Sources: Future World Currency et Telegraph

Vidéos:

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et:

http://www.dailymotion.com/video/x9ugqt

L’agonie du dollar et le besoin d’une nouvelle unité d’échange (Archives)

Tribune Libre de Boreas – En contrepoint de cette tribune, FDS vous propose une vidéo récente de Pierre Hillard

Lors du dernier G8 du 08 au 10 juillet 2009 à L’Aquila (Italie), le Président russe Medvedev a fait sensation en présentant, pour souligner le fait que le sujet était d’actualité, une monnaie mondiale fictive.

Cette monnaie, dont un échantillon a été remis à chaque représentant d’un pays participant au G8, s’inscrit dans le cadre d’un projet élaboré par une Fondation italienne, créée par le Dr Sandro Sassoli en 1996, qui fait du lobbying en ce sens. Cette fondation prétend vouloir développer, à travers la création d’une monnaie mondiale ayant pour devise «Unity in diversity» («L’unité dans la diversité» ), un esprit de fraternité et de paix, tout en préservant les particularismes et les droits nationaux. A chacun de se faire son idée, à la lecture de la charte de cette organisation et de ses autres publications.

Quoi qu’il en soit, on pourrait être tenté de penser que le Président Medvedev et, à travers lui, les autres participants au G8, ont voulu promouvoir une fois de plus ce «Nouvel Ordre Mondial» dont Nicolas Sarkozy et, avant lui, plusieurs membres de la classe politique et de l’intelligentsia mondialistes, font leur idéal.

«Nouvel Ordre Mondial» qui se traduirait, dans l’esprit de ses promoteurs, par un gouvernement mondial supranational, facteur de paix et de prospérité, et serait en fait, aux yeux de ses détracteurs, une dictature technocratique bénéficiant à ce que Jacques Attali a appelé «l’hyperclasse», constituée de quelques dizaines de millions de personnes détenant et/ou contrôlant toutes les richesses de la planète, au détriment du reste de la population, réduite pour l’essentiel à l’état de sous-consommateur métissé, sans identité et sans autre liberté que la soumission à un matérialisme tout-puissant.

En réalité, la nécessité d’une valeur ou d’une monnaie internationale n’est pas nouvelle. Lire la suite

La crise pourrait dégénérer en guerre civile (Archives)

Lu dans le quotidien suisse Le Matin :

2010, 2013 ou 2015, quand finira la crise? Les instituts de conjoncture font ce qu’ils peuvent pour prévoir la date de la reprise – malheureusement, en ce moment, ils revoient leurs projections à la baisse. Le plus pessimiste prévoit en plus une aggravation des conflits sociaux et politiques. Les pays à faible couverture sociale comme les Etats-Unis risqueraient même la dislocation.

(…) Que s’est-il passé en si peu de temps? Bruno Parnisari, chef du secteur Conjoncture à la Direction de la politique économique du SECO, ne cache pas avoir été surpris de voir «avec quelle vitesse tous les indicateurs ont plongé entre l’automne 2008 et le printemps 2009, et comment ce que l’on pensait être des phénomènes isolés – la bulle immobilière aux USA ou les problèmes de certaines banques comme Lehman Brothers – ont créé un effet domino. Aujourd’hui, il faut se rendre à l’évidence : la crise est systémique. On est très largement en dehors des variations normales – un peu comme un médecin qui voit arriver un patient grippé avec une température de 45».

C’est précisément ce que clame depuis un certain temps le Leap, qui s’est projeté au-delà et qui met en garde : si la crise économique dure trop longtemps et frappe des pays qui ont peu de protection sociale pour aider les plus démunis, on peut craindre des tensions sociales et politiques… voire des conflits armés. «En Europe, on n’en arrivera certainement pas à cette extrémité, en tout cas dans les pays qui ont les moyens de financer durant trois ans les assurances sociales – on risque par contre de voir des manifestations et des pressions politiques, mais certainement pas de violence systématisée», explique Franck Biancheri.

Aux USA par contre, le LEAP n’exclut pas cette éventualité. Le pays compte déjà 8% de chômeurs, et voit ce pourcentage grossir de jour en jour: «Ils ont généralement perdu à la fois leur job, leur assurance-maladie, leur maison, et leur retraite, investie en actions. Et ils savent que l’Etat ne les aidera pas». De quoi rendre un peu nerveux en effet, ce qui n’est jamais bon dans un pays où les armes sont en libre-service. Plus fondamentalement, Franck Biancheri craint une «dislocation» du pays : basée sur la prospérité, la cohésion nationale, vieille d’un peu plus d’une centaine d’années seulement, pourrait éclater, certains Etats se rebellant – sur le plan fiscal par exemple – contre Washington et se lançant dans la sécession.

Un scénario catastrophe? Des experts reprochent au Leap une petite tendance à la paranoïa – disant en substance que si leur hypothèse n’est pas impossible, elle est peu probable. Ce à quoi Franck Biancheri a beau jeu de répondre que c’est aussi ce qu’on lui disait en 2006 quand il annonçait une crise systémique pour 2008… (Le Matin)

(Merci à Boreas)

(FDS)