Tous, absolument tous les maux de l’Espagne, aujourd’hui, se résument en un seul mot : « ladrillo ». Ce terme, qui veut dire « brique » en français, est souvent utilisé de l’autre côté des Pyrénées pour parler de la folie immobilière des années 2000.

Une frénésie qui a conduit le pays à construire, au plus fort du boom, autant de logements qu’en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne réunies ! Une bulle d’illusions qui a érigé le pays en modèle de croissance dans toute l’Europe, avant de le faire sombrer dans une crise sans précédent : explosion du déficit public, hausse inexorable du taux de chômage et ébranlement profond du secteur bancaire.
Une étude attentive des revenus fiscaux de l’Espagne durant ces dix dernières années fait apparaître une effrayante réalité : en 2009, les administrations publiques (l’Etat et les régions) ont collecté 144 milliards d’euros d’impôts, contre 200 milliards en 2007, année du pic du boom immobilier. Une chute des recettes de 56 milliards en deux ans ! Pas étonnant, dès lors, que l’Espagne soit brutalement passée d’un surplus budgétaire de 1,9 % du PIB en 2007 à un déficit de 11,1 % en 2009. Lire la suite










