Gunther Anders : De la désuétude de l’homme

La technique désacralise tout même si elle apparaît souvent comme magique et indispensable. La technique actuelle est très différente des sociétés antérieures. Les moyens dont nous disposons sont disproportionnés par rapport à nos capacités d’humains. Les humains sont vite limités, les machines ne le sont pas. La compréhension des finalités de nos ensembles techniques est très difficile.

La technique englobe tout. Notre vie est enserrée dans la technique, qu’elle soit machinique ou organisationnelle. Dans notre vie, selon Gunther Anders, il existe deux types de travail, celui de la journée et celui du soir ou du week-end, du temps libre. Le premier concerne la production, le second celui de la consommation.

La production des marchandises produit aussi la demande, l’offre sollicite la demande. Il y a une sorte d’inversion avec le développement de la science et de la technique. La publicité est en charge de faire écouler la production pour que se réalise le capital. Il y a bien un travail humain au service de la consommation.

Anders parle de l’importance de la télévision dans ces dispositifs. La télévision a pour fonction de produire le monde. Elle prend le relais des grands systèmes religieux et philosophiques. C’est la télévision qui donne maintenant une vision d’ensemble. La télévision nous rend consommateur du monde. Gunther Anders a observé la société américaine, où l’influence de la télévision était perceptible dès les années 40.
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Permaculture : Une solution à la crise agricole

Vu du ciel, la ferme du Bec Hellouin en Normandie ressemble à une exploitation comme les autres, mais à y regarder de plus près, cette oasis de verdure avec ses mares, ses forêts, jardins et son potager d’inspiration mandala sortent de l’ordinaire. Derrière ce petit paradis se cache un écosystème aussi riche que complexe. Il s’agit d’un mode de culture biologique d’un nouveau genre.

Nous sommes chez des pionniers de la permaculture. La production intensive, très peu pour eux. Ils ont choisi d’imiter la nature telle qu’elle fonctionne depuis la nuit des temps. La permaculture est une technique d’origine australienne.

La règle est simple: prendre soin de la terre et des hommes à la force du poignet. Avec la permaculture, pas besoin de grandes surfaces pour un rendement maximum, et encore moins de pesticides. Ici, chaque arbre et chaque être vivant à son rôle et la nature le rend bien.

Énergie : Des centrales électriques à méthanisation pour lutter contre la crise agricole

Johann Marquer est à la tête d’un élevage porcin. À 34 ans, ce jeune éleveur a trouvé une solution pour échapper à la crise. Pour compenser les pertes sur chaque kilo de viande vendu, il produit de l’électricité. Grâce à son smartphone, il pilote directement sa petite centrale électrique à méthanisation.

Sa centrale entièrement automatisée a représenté un investissement de 1,5 million d’euros. Il y recycle les déchets de sa production de céréales, mêlés à d’autres rejets de l’industrie agroalimentaire. Une fois mélangée au lisier de son élevage, la fermentation sous une grande coupole produit un gaz, le méthane. C’est ce gaz qui alimente un générateur d’électricité 100% naturel, l’énergie produite étant revendue à EDF.

Selon la taille et l’efficacité de chaque centrale, EDF achète entre 13 et 21 centimes chaque kilowatt/heure. Pour favoriser cette production, le gouvernement propose d’augmenter ce tarif à plus de 22 centimes, ce que les professionnels trouvent insuffisant. La France ne compte actuellement que 250 installations de ce type sur son territoire.

Faire pousser des légumes sans eau, c’est possible

Faire pousser des tomates, aubergines, potirons ou courgettes nécessite du soleil et forcément un peu d’eau. Ou pas. Depuis 15 ans, un maraîcher arrive à donner vie à des fruits et légumes en pleine sécheresse. Pascal Poot a une méthode bien originale pour les cultiver: il les fait pousser, ne les traite pas du tout et vient seulement les cueillir quelques mois après.

Son vrai secret, c’est qu’il crée ses propres semences. “Depuis 30 ans, j’ai commencé à faire de la sélection moi-même, et faire en sorte que les plantes apprennent à résister par elles-mêmes aux maladies, et ça marche“, explique le cultivateur.

Il a dû en effet se débrouiller avec des contraintes. Ses trois hectares situés au nord de Béziers n’ont pas d’accès à l’eau, alors Pascal Poot a compté sur des variétés anciennes, plus résistantes.

(Merci à Pierre)

Yves Cochet : « L’anthropocène »

Yves Cochet aborde sa vision de l’effondrement systémique et le projet politique qui pourrait l’accompagner. Il y évoque notamment les concepts de l’Anthropocène, d’effondrement, des points de rupture du système, de la décroissance et la transition etc. (Cet entretien a été réalisé en novembre 2013).

Allemagne : Des fermes d’État à l’agrobusiness

Par Rachel Knaebel

Main basse sur les terres de l’Est. Après avoir connu la noblesse prussienne, la collectivisation, les coopératives et la transition, l’agriculture est-allemande suscite désormais l’appétit de grands investisseurs souvent étrangers au secteur. Une situation paradoxalement favorisée par les structures héritées du régime communiste.

Peu après la réunification de 1990, l’agriculture est-allemande a vu arriver des investisseurs sans passé d’exploitants mais aux poches bien pleines. Le patron d’un empire industriel de la gestion des déchets (Remondis) a ainsi acheté en 1994 plusieurs des 465 domaines agricoles gérés directement par l’État au temps de la République démocratique allemande (RDA).

Appelées « biens du peuple », ces fermes représentaient moins d’un dixième des terres est-allemandes cultivées. L’agriculture de la RDA s’organisait plutôt autour de coopératives agricoles de production, soumises au contrôle du régime mais constituées des sols et des équipements mis en commun lors de la collectivisation forcée qui dura jusqu’en 1960 — en 1945, les Soviétiques avaient exproprié les propriétaires terriens possédant plus de 100 hectares et étatisé les terres.

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Le saucisson acheté en France contient-il du porc français ?

Plus de cinq millions de saucissons se sont vendus l’année dernière. La grande majorité est industrielle. Certaines entreprises n’achètent que du porc français pour sa fabrication, mais c’est loin d’être la règle dans l’Hexagone. En moyenne, 35 à 40% du porc dans les saucissons vient de l’étranger: d’Espagne, d’Allemagne, des Pays-Bas ou du Danemark.

La première raison est le prix. Les pièces de porc français coûtent 20 à 30% de plus que chez nos voisins européens. Mais les industriels expliquent qu’ils ne trouvent pas suffisamment de viande en France. Parfois, le porc français et étranger sont mélangés dans un même produit. Il est difficile de s’y retrouver, car l’étiquetage de la viande transformée n’est pas obligatoire.

Téléphone portable : Les effets nocifs sur les insectes

À Bruxelles, des chercheurs du Département de Biologie ont dévoilés une étude sur l’impact des ondes GSM sur les fourmis. D’après une expérience, réalisée sur plusieurs colonies de fourmis exposées aux ondes d’un téléphone portable, ces insectes sociaux sont fortement touchés par les rayonnements électromagnétiques émient par nos GSM.

On constate que les fourmis exposées à moyen terme sont désorientées, perdent de leur mobilité, de leur mémorisation et ne récupèrent pas la totalité de leur performance soit un handicap de 50%. Les fourmis exposées à long terme meurent de façon prématurée. Une étude inquiétante.

Pétrole : 5.500 postes supprimés en Mer du Nord suite à la chute des cours

Influencés par le ralentissement de l’activité économique en Chine, les cours du pétrole continuent à chuter. Le recul de près de 55 % des cours du Brent depuis juin 2014 a entraîné la suppression de 5.500 postes dans le secteur pétrolier et gazier de la Mer du Nord depuis fin 2014.

Une puce électronique sous la peau, c’est désormais possible

Le salon de l’électronique de Berlin a livré ses dernières innovations. Parmi elles, la greffe d’une puce sous la peau qui permettra de déverrouiller une porte à distance, de contrôler la lumière d’une pièce ou de lancer des impressions.

Violences en cuisine à couteaux tirés

La loi du silence a longtemps été la règle en cuisine, mais les langues se délient. Plusieurs affaires sont venues ternir la réputation de chefs prestigieux. Harcèlement, brimades, violences morales mais aussi physiques: certains employés des grands restaurants, parfois des établissements étoilés, racontent leurs conditions de travail.

Pour tenir le coup, certains ont recours à la drogue, d’autres ont fini par craquer et tentent aujourd’hui d’obtenir réparation en justice.

Chine : Les algues deviennent le nouvel or vert

La province du Fujian (Chine), face à l’île de Taïwan est connue pour ses villages flottants. Ici, les habitants vivent du commerce des algues. On produit ici trois ou quatre types de ces plantes aquatiques.

Cela fait 1 400 ans que l’on cultive et consomme dans le Fujian ces algues. Mais en ce moment, c’est un vrai boom. “On a fait beaucoup de progrès en productivité et en qualité et la demande a fortement augmenté, non seulement pour la consommation directe, mais aussi pour l’industrie, du coup les prix ont explosé. Ils ont été multipliés par cinq en dix ans“, explique Wang Zi Xi, maire de Xi Nan.

On retrouve des algues dans les dentifrices, les cosmétiques ou certains médicaments. Alors les habitants du coin ont quasiment abandonné toute autre activité pour se consacrer à cette culture.

L’agent de la DGSE qui a coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses, trente ans après

Des excuses, trente ans après les faits. Le nageur de combat de la DGSE qui avait posé la charge explosive ayant coulé le Rainbow Warrior présente ses excuses, dans une interview diffusée par Mediapart dimanche 6 septembre, trente ans après ce fiasco retentissant de la présidence Mitterrand.

Le colonel Jean-Luc Kister s’explique aussi, à visage découvert, sur les détails de cette opération au cours de laquelle un photographe de Greenpeace, Fernando Pereira, fut tué.

Le 10 juillet 1985, des agents français coulent en Nouvelle-Zélande le Rainbow Warrior, un chalutier reconverti par l’association écologiste pour perturber les essais nucléaires français, dans le Pacifique. “Trente ans après les événements, avec les passions qui se sont apaisées, et aussi le recul que j’ai par rapport à ma vie professionnelle, j’ai pensé que c’était une occasion pour moi d’exprimer à la fois mes profonds regrets et mes excuses”, dit Jean-Luc Kister, interrogé par Edwy Plenel.

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Allier (03) : Une éleveuse de bovins, inquiète pour l’avenir

48 heures dans le quotidien d’une éleveuse de bovins, très inquiète pour l’avenir. “Si l’Allier est une terre d’élevage, le monde agricole est en crise, les éleveurs sont en colère”. De son propre aveu, Viviane Alloin “ne voit pas du tout comment va se dessiner l’avenir”. Elle est à la tête d’un cheptel de 200 bovins de race charolaise.

L’an dernier, l’éleveuse n’a pu dégager que 540 euros de salaire mensuel. Heureusement pour elle, elle peut compter sur son père, toujours très actif malgré ses 78 ans. Elle lui a succédé en 2001 et la ferme est dans la famille depuis le début du 17e siècle et la crise actuelle est la pire de ces dernières décennies.

“C’est une profession qui va droit à sa disparition”, déplore l’agricultrice. La France compte aujourd’hui 515.000 exploitations. En 20 ans, leur nombre a été divisé par deux.

(Merci à Pierre)

Douleur en dos majeur

Lumbago, hernie discale, arthrose lombaire: 80% des Français souffriront au moins une fois dans leur vie du dos. Première cause d’invalidité chez les moins de 45 ans, les douleurs dorsales représentent 8% des consultations chez les généralistes et 50% de l’activité des kinésithérapeutes.

Fléau pour les patients, fardeau pour la société, la lombalgie a augmenté de manière exponentielle depuis un demi-siècle. En cause, la sédentarité. Certaines entreprises forment les salariés aux bonnes postures, mais la France souffre encore d’un manque de prévention et d’un déficit d’investissement dans la recherche.

Quand on souffre du dos, à qui s’adresser? Et comment lutter contre l’errance diagnostique de nombreux malades? Des antidouleurs à la chirurgie ou l’activité physique, quelles sont les solutions les plus efficaces pour vaincre le mal de dos? Enquête.

Afrique : Ériger des clôtures pour protéger les espèces

Les pays africains sont souvent critiqués pour leur incapacité à relever leurs défis environnementaux. Les observateurs citent en particulier la disparition des habitats naturels face à la pression démographique, la dégradation des terres et l’industrialisation. Et surtout, la critique la plus courante est que l’augmentation du braconnage menace la survie d’espèces en danger comme les éléphants et les rhinocéros.

Le Kenya a toutefois mis en œuvre un important et novateur projet de conservation de la biodiversité. Entamé dans les montagnes Aberdare, au centre du pays, le projet Rhino Ark avait pour objectif initial de protéger le rhinocéros noir, en danger critique d’extinction, des ravages opérés par les gangs de braconniers.

Le principal enseignement à retirer de ces initiatives est simple : de bonnes clôtures sont bénéfiques pour tous.

Ce projet est soutenu par ceux-là mêmes qui auraient pu s’y opposer: les communautés locales des régions agricoles limitrophes, parmi les plus productives du pays.
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L’énigme de la migration verticale sous-marine

Il s’agit de la plus grande migration du monde en terme de biomasse. Afin d’échapper aux prédateurs, les animaux aquatiques des profondeurs remontent chaque nuit à la surface des océans pour se nourrir.

Grâce à des caméras dernier cri, ce documentaire offre d’extraordinaires images de méduses, poulpes, poissons lanternes, calamars, requins, dauphins, seiches, espadons et créatures luminescentes effectuant ce spectaculaire voyage nocturne.

Les derniers jours de l’Homme

À travers dix scénarios d’apocalypse, une enquête scientifique sur les menaces les plus sérieuses qui pèsent sur l’avenir de l’humanité.

Ce qui menace la Terre ? Au choix: rayons gamma, trous noirs, astéroïdes, éruptions volcaniques, pandémies.

Les jours de l’homme sont-ils comptés ? À partir de dix scénarios catastrophes, ce documentaire explore en deux parties, avec des scientifiques de renom, les désastres à même d’anéantir l’espèce humaine.

Partie 1:


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Partie 2:

Que mangeait-on au Moyen Âge ?

Que mangeait-on et que buvait-on au Moyen Âge? Comment préparait-on la nourriture? À cette époque, la cuisine était en pleine mutation à cause de l’essor du commerce avec les pays “lointains”.

Ceux qui pouvaient se le permettre mangeaient des mets d’un grand raffinement. Les autres, dit-on, allongeaient leur pain avec de la sciure de bois… Dans les cuisines du château fort de Guédelon, les présentateurs de X:enius cuisent avec le boulanger Max un pain rudimentaire. Quelques cuillerées de bouillon versées dans la pâte rehaussent le goût du pain et lui donnent des vertus rassasiantes.

Chine : Édification d’une « grande muraille verte » de 4.500 km

Pour contrer l’avancée du désert de Gobi et lutter contre le changement climatique global, la Chine adopte un vaste plan de reforestation considéré comme le plus grand projet écologique mondial. Une véritable « grande muraille verte » qui fait de la Chine, contre toute attente, la première puissance en matière de politique de reforestation.

L’empire du milieu voit les choses en grand. Le pays le plus pollueur du monde tente de se racheter une conduite et un avenir respirable avec un projet pharaonique débuté il y a quelques années et qui, selon une récente étude, commence à porter ses fruit.

Un cordon sanitaire d’arbres d’une étendue de 4.500 km plantés en lisière du désert pour freiner son extension, voici en quoi consiste ce qui serait le plus vaste projet écologique au monde. Lutter contre la désertification semble être un enjeu majeur en Chine où chaque année, les zones arides supplantent 3600 km² de prairies.

Le phénomène, en plus de réduire la surface de terres arables précieuses pour nourrir une population de 1,3 milliards d’humains engendre de grandes tempêtes de sable jaune et favorise les inondations massives comme ce fut le cas avec le fleuve Bleu en 1998.
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Du sel dans mon moteur

Dans des laboratoires installés au bord de digues gigantesques ou de marais salants, des scientifiques travaillent à produire de l’énergie à partir de l’eau de mer. Cette eau alimentera-t-elle un jour nos usines et éclairera-t-elle nos villes?

Un rêve impossible? Pourtant des scientifiques du monde entier y travaillent avec acharnement. Ce film va à leur rencontre dans des laboratoires parfois situés au bord de gigantesques digues ou de majestueux marais salants, afin de faire le point sur les plus récentes recherches menées autour de cette énergie, sur les espoirs, les difficultés et les échecs qu’ils rencontrent.

Produire de l’énergie à partir de cette ressource inépuisable entraînerait un bouleversement fondamental pour nos sociétés.

2040 : la fin du mariage

Comme l’a rappelé le débat sur le mariage pour tous, nombre d’entre nous aspirons à un même idéal, partageons une même représentation sociale normative : celle du couple, de la sacro-sainte famille nucléaire. La plupart d’entre nous aspirent à cet idéal : s’unir à quelqu’un et lui promettre de passer notre vie avec lui. Toutes nos références culturelles nous renvoient sans cesse cette image du couple (homme et femme, femme et femme, homme et homme, qu’importe…), sacralisée par des dispositifs juridiques et économiques qui le favorisent au détriment d’autres formes de vie sociale (le célibat ou les formes de vies communautaires, le plus souvent particulièrement condamnées). Et pourtant, l’on sait depuis plusieurs dizaines d’années que ce modèle bat de l’aile. Sera-t-il encore le modèle social dominant à la fin du siècle ? Rien n’est moins sûr…

Le mythe de la famille nucléaire

En fait, nos réalités sociales ne sont pas celles-ci, pour autant qu’elles l’aient jamais été. Pour l’éditorialiste, George Monbiot (@georgemonbiot), l’histoire de la famille a toujours été déformée par les conservateurs.

Le mythe de la famille nucléaire, tel qu’idéalisé aujourd’hui, a été créé par les victoriens, rappelle-t-il. Son développement a plus été le fait de questions économiques que spirituelles, affectives ou morales, et a évolué à mesure que la révolution industrielle a rendu la fabrication, c’est-à-dire la production artisanale ou agricole au sein du ménage (ceux qui partageaient un même toit, sans que ces personnes soient nécessairement unies par des liens de parenté), non viable.

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Le plan de Xavier Beulin qui va faire disparaitre les petits paysans

Modernisation, investissements, compétitivité, exportations, moratoire sur les normes environnementales… Voici la recette prônée par le patron de la FNSEA, Xavier Beulin, pour sortir de la crise de l’élevage. Décryptage de ce « plan de sauvetage » de l’élevage.

Depuis le début de l’été, les chiffres alarmants se succèdent. Un éleveur de porcs abandonne son activité chaque jour, alerte Xavier Beulin, président de la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles), principal syndicat agricole français, et du groupe agro-industriel Avril-Sofiproteol. Quant au ministère de l’agriculture, il estime que 10 % des élevages (laitiers, porcins, bovins) seraient au bord du dépôt de bilan.

Face à cette crise de l’élevage, le gouvernement a mis en place un premier plan de sauvetage, le 22 juillet dernier : 600 millions d’euros pour restructurer les dettes et alléger les charges sociales. Insuffisant, selon la FNSEA, qui lance une nouvelle charge.

Le 23 août, à la veille d’une réunion avec le Président de la République et le Premier ministre, Xavier Beulin demande dans le Journal du Dimanche un grand plan de trois milliards d’euros pour « sauver l’élevage ». Le lendemain, à la sortie de la réunion, il annonce la venue de mille tracteurs à Paris pour ce jeudi 3 septembre. Lire la suite

Pétrole : Les prix dans la tourmente

Les cours du pétrole étaient en légère hausse ce jeudi après-midi. Le baril de Brent de Mer du Nord s’affichait entre 50 et 51 dollars. Il subit donc des variations moins brusques que celles de ces dernières semaines, avec un plus bas de 6 ans à la mi-août, une remontée fulgurante en fin de semaine dernière et une chute d’environ 7% lundi.

De la musicothérapie pour sauver les vignes

De la musicothérapie, pour soigner les vignes ? En Champagne, sept vignerons testent un système de soins des vignes, mis au point par le physicien Joël Sternheimer. Le procédé est basé sur de la diffusion de musique dans les vignes, au lever et au coucher du soleil. L’objectif ? Lutter contre les maladies.

“Certains sons sont là pour favoriser une action dans la plante, ça peut être, par exemple, activer une défense naturelle. Puis certains autres sons sont là pour inhiber la plante ou inhiber un parasite qui serait sur la vigne”, explique le vigneron Michel Loriot.

Aujourd’hui en France, plus de 300 hectares de vignes sont ainsi stimulées avec des résultats spectaculaires : “Le résultat était là au bout de deux ans”, se réjouit Martine Loriot, vigneronne. “Je ne dis pas que la maladie est complètement éradiquée mais on voit bien qu’elle est freinée et qu’elle est pour le moment stoppée”, constate aussi Michel.

Strasbourg (67) : La ville, nouveau refuge pour les abeilles ?

Dans cette ruche de Strasbourg, 60.000 abeilles préparent la récolte. La colonie est en pleine activité et devrait produire 20 kilos de miel. Elles se trouvent en pleine ville, sur le toit de l’assurance maladie, à quelques rues de la cathédrale.

Un apiculteur professionnel intervient plusieurs fois par mois pour entretenir ces ruches. Pour lui, la ville constitue un cadre idéal pour les abeilles. “En ville c’est vrai qu’il y a de la pollution, mais elle est atmosphérique, elle n’est pas phytosanitaire. La campagne on utilise des pesticides de façon intensive, de façon considérable. On a une monoculture, généralement des céréales”, explique Jean-Claude Moes, apiculteur.

Une nourriture abondante et de qualité, c’est ce qui plait aux abeilles en ville. En quatre ans, une dizaine d’entreprises se sont lancées dans l’aventure à Strasbourg. Ces ruches ont surtout pour intérêt de réintroduire les abeilles en ville et de favoriser la pollinisation et la biodiversité indispensable à l’agriculture.

Mainmise sur les villes

À l’ère de l’hyper-urbanisation et des expropriations massives, où en est la démocratie urbaine et comment se positionnent les pouvoirs publics? De Paris à Istanbul en passant par Berlin ou Copenhague, ce film interroge la manière dont se construit la ville et la place qu’y occupent les citoyens.

Gruissan (11) : À la recherche du vin du futur

À Gruissan (Aude) est produit un vin expérimental faiblement alcoolisé. Ce sera peut-être le vin de demain, car le changement climatique entraîne une hausse du taux d’alcool dans le vin. Il faut donc trouver des parades à ce phénomène qui pourrait menacer le vin français.

C’est au cœur du massif de la Clape, à une heure de Montpellier que ce vin est conçu. Ce laboratoire à ciel ouvert est unique en Europe. Du cep à la mise en bouteille tout est objets de recherches pour adapter la vigne au réchauffement climatique.

Sur le domaine, une quarantaine d’ingénieurs de l’Inra remplace les viticulteurs. Le vin de demain sera plus léger, conçu avec des grains moins sucrés. Les chercheurs ont mis au point des techniques pour dés-alcooliser le vin. La technique brevetée a déjà des adeptes. Tout est fait pour préserver l’essentiel du vin: sa saveur.

Bajaus : Les nomades de la mer

C’est un peuple qui s’éteint et sans doute avec lui sa culture, son histoire, sa langue. Les Bajaus sont des nomades apatrides qui naviguent entre la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie.

Un peuple de mers, qui vit sur des bateaux. Mais la pauvreté, la répression des autorités et l’évolution de l’écosystème marin détruisent leur mode de vie unique.

La vie sans pétrole, c’est possible !

Jardins partagés, énergies propres… la révolution verte est en marche. Des initiatives surtout citoyennes. Pour Alain Grandjean, économiste, l’or noir se fait rare, pas les idées.

Saviez-vous que huit cents millions de personnes pratiquent l’agriculture urbaine et produisent 15 à 20 % de l’alimentation mondiale ? Qu’en 2011, en Italie, les ventes de bicyclettes neuves ont dépassé celles des voitures neuves pour la première fois depuis quarante ans ? Et qu’en Allemagne, 51 % de l’énergie renouvelable est fournie par les citadins et les agriculteurs ? Autant de signes, avance Rob Hopkins dans un livre formidable à paraître le 16 octobre 2014, que la « transition » écologique et sociale est en marche.

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Canada : En canoë, sur les traces des chercheurs d’or

À Carcross, le médecin et journaliste allemand Dirk Rohrbach rejoint John Lindeman, l’un des derniers experts de la construction traditionnelle de bateaux. À eux deux, ils vont construire un canoë sur mesure à partir d’écorces de bouleau.

Italie : À la rencontre des petites mains de “l’or rouge”

En Italie, des centaines de milliers de saisonniers travaillent dans les champs agricoles. Pour quelques dizaines d’euros par jour, ils travaillent quotidiennement entre 10 et 12 heures sous un soleil de plomb et vivent souvent dans des conditions insalubres.

La plupart sont des immigrés clandestins venus d’Afrique. Reportage dans le sud de l’Italie, à Foggia, où la récolte des tomates, “l’or rouge“, est en cours.

Les paysans malades des pesticides

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs, sans aucune culture militante. Ils sont de droite, parfois très à droite. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé graves, liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée.

Malades, culpabilisés par les institutions qui leur ont pourtant souvent caché les dangers de la chimie de synthèse, ils se perçoivent à la fois comme victimes et responsables, parfois même comme empoisonnés et empoisonneurs, révélant au travers des contradictions dans lesquelles ils sont pris, aussi bien les enjeux actuels du système capitaliste, qu’une culture singulière oscillant entre fierté et hantise du regard des autres.

France culture

Canada : Visite au Nunavik

Le Nunavik, dans le Grand Nord canadien, est une région inhospitalière mais habitée par des petites collectivités éloignées les unes des autres par des centaines de kilomètres. Dans des conditions parfois délicates, des pilotes assurent la liaison quotidienne entre ces villages et le reste du monde.

Serge Latouche : “La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique”

Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.

Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection ”Les précurseurs de la décroissance” aux éditions Le Passager Clandestin. Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites.

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Comment pourrait-on numériser la conscience ?

Injecter une part d’humanité dans une création est un défi universel, il incombe tant à l’artiste, qu’à l’ingénieur, où tout simplement à n’importe quel créateur.

Numériser la conscience est donc une étape naturelle dans la création d’une intelligence artificielle sensée simuler ou outrepasser nos capacités. Rencontre avec Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) afin de comprendre les difficultés d’une telle entreprise.

L’Épuisement de la Terre, l’enjeu du XXIe siècle – Daniel Nahon

Et si le véritable risque n’était pas le réchauffement climatique ? Et si c’était l’épuisement de la terre ? Comment nourrir dix milliards d’individus avec des sols surexploités ? Daniel Nahon sonne l’alarme. Les sols, soubassements féconds des civilisations humaines, s’érodent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Ils sont la peau de la Terre. Les argiles, une poussière de minéraux, les recouvrent d’une fine pellicule. Et nous la sollicitons de plus en plus, jusqu’à la maltraiter. La Vie pourra-t-elle continuer à y puiser ses aliments ?