Citation du jour

Chiffres Astronomiques et Chiffres Économiques

Il y a 10^11 étoiles dans la galaxie.

Il y a quelques années il s’agissait d’un nombre énorme. Mais tout compte fait il ne s’agit que de 100 milliards, moins que le déficit national annuel !

Nous avions coutume d’appeler ces nombres des chiffres astronomiques. Nous devrions désormais les nommer des chiffres économiques.

Richard Feynman

Citation du jour

« Dans les semaines et mois qui viennent, vous verrez reculer le chômage. Ce reflux interviendra dès cette année. »

Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa, le 25 janvier 2010.

Pour information:

Plus forte hausse du chômage depuis 7 mois

Le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A a progressé de 22.600 en mai, niveau non atteint depuis octobre 2009. Il y a entre 2,7 et 4 millions de demandeurs d’emploi en France, selon la catégorie retenue.

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Citation du jour

«Mon expérience syndicale m’a appris que la direction de la force de travail appartient aux cadres. Le syndicat ne doit pas restreindre ce droit tant qu’il n’y a pas de discriminations ni d’injustices. Ford restreignait lui même son propre droit.»


Mike Widman, au sujet de son expérience syndicale lors de la crise des années 30, cité dans le livre
« Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p193.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

«On pensait que les affaires, aux États-Unis, c’était solide comme du roc. On était le pays de la prospérité, et rien ne pourrait nous arrêter. Une maison en brique, c’est fait pour durer. Tu la donnais à tes gosses et ils y mettaient du marbre. Il y avait une impression de continuité. Si tu réussissais, c’était pour toujours. Et, d’un coup, le rêve a explosé. Le choc a été incroyable.»

E.Y. (Yip) Harburg, parolier de chansons, cité dans le livre « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p43.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

«Les soldats manifestaient dans les rues, les gars qui s’étaient battus pour la démocratie en Allemagne [14-18]. Ils pensaient qu’ils devaient toucher leur prime ici et tout de suite parce qu’ils avaient besoin d’argent. Un gars du nom de Waters, je crois, a eu l’idée que ces anciens soldats iraient à Washington, feraient le genre de périples qu’avaient fait les clochards avec Coxey en 1898 et seraient capables de faire céder le gouvernement. (…)

Une fois à Washington, il y avait des anciens soldats arrivés avant nous. Mais rien de prévu pour se loger. (…) La question [pour les autorités] c’était maintenant : comment les faire partir de Washington ? On leur avait demandé quatre ou cinq fois mais ils avaient refusé. (…) Et c’est finalement le grand MacArthur qu’ils ont fini par trouver pour chasser de Washington tous ces ex-soldats dépenaillés. (…) MacArthur descendant Pennsylvania Avenue. Il était monté sur un cheval blanc ! Derrière lui il y avait des tanks, des troupes de l’armée régulière. (…) Les soldats leur ont balancé des gaz lacrymogènes et vomitifs. C’est un ordre qu’ils n’exécutaient pas de bon coeur. Ils étaient plus jeunes que les manifestants. C’était comme des fils qui attaquaient leurs pères. (…) Alors les manifestants se sont dispersés et sont rentrés chez eux. Sans leur prime.»

Jim Sheridan, cité dans la préface au livre « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p35-39.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

«Nous ne voulons pas parler de Las Vegas ni d’Atlantic City. Mais du système financier des États-Unis. Le volume de transactions a explosé bien au-delà de ce qui est nécessaire pour soutenir l’économie. L’endettement – poliment appelé « effet de levier financier » – échappe à tout contrôle. Et les marchés des Futures permettent aux gens de jouer sans même posséder une seule action. Résultat : le système est en train de basculer de l’investissement dans la spéculation.»

Business Weeks, 16 septembre 1986, article cité dans la préface au livre « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p19.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

Arthur A. Robertson, millionnaire à 24 ans (…) connaissait toutes les figures légendaires du marché, qui « accumulaient les actions à un prix ridicule et les refourgaient au public crédule » (…) « En 1929, le pays était un casino avec un des dés pipés. Quelques requins plumaient la masse des pigeons. On échangeait des chiens contre des chats, très cher. Une frénésie financière à côté de laquelle Ponzi faisait figure d’amateur. Tout s’achetait sur l’espoir.»

Charles Ponzi

Arthur A. Robertson, millionnaire cité dans « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p20.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

Quand les gens n’ont plus rien, ils ont tous la même tête

Michael Williamson cité dans « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p18. Williamson fut chargé dans les années 80 par le Sacramento Bee d’enquêter sur les endroits frappés par la Grande Dépression en effectuant un périple en train dans ces villes.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

On ne comptait pas ses biens en fonction de l’argent qu’on avait à la banque. On se basait sur le nombre de bouteilles de lait vides qu’on avait de côté. Parce que ça c’était du liquide, on pouvait le rendre pour un nickel, et ça permettait de prendre le métro. Avec deux bouteilles, on pouvait se payer un aller-retour pour le centre ville.

Hiram (Chub) Sherman, acteur cité dans « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p462.

(Merci à Pakc)

Citation du jour

Les livres racontent que des types ont sauté par les fenêtres. Mais ils ne disent pas que GM a fait des profits fantastiques pendant toutes ces années. Les manuels racontent que tout le monde a souffert. Ce n’est pas vrai. Beaucoup de types, Joe Kennedy, par exemple, ont fait des profits absolument énormes pendant cette période. La vaste majorité s’est fait arnaquer par les mecs de la haute. C’est une arnaque, ces manuels.

Scott Farwell, riche fils de famille cité dans « Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression », p187.

(Merci à Pakc)

Hard Times, Histoires orales de la Grande Dépression

Notre lecteur Pakc a sélectionné une série d’extraits, issus de l’ouvrage “Hard Times”, qu’il présentera au fil du temps dans la rubrique “Citation du jour.” Nous le remercions pour son travail.

En 1986, l’auteur de gauche radicale américain Studs Terkel, lauréat du Pulitzer en 1984, sortait ce livre Hard Times, d’un format et d’une nature rare car il s’agit du verbatim d’entretiens menés de 1970 à 1986 au sujet de la Grande Dépression avec une multitude d’interlocuteurs d’âges et de statuts différents. Les Éditions Amsterdam l’ont ressorti opportunément en 2009.

Curieusement, on peut y lire des analyses et constats incroyablement redondants avec ce que nous vivons, mais aussi des analyses que nous sommes simplement en train de redécouvrir ou d’ébaucher. Avec ce livre, prenons de l’avance.

Présentation de l’éditeur

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Sarkozy: « La retraite à 63 ans : je ne le ferai pas »

« Le droit à la retraite à 60 ans doit demeurer, de même que les 35 heures continueront d’être la durée hebdomadaire légale du travail. Que ce soit un minimum, cela me va très bien. »

Nicolas Sarközy de Nagy-Bocsa.

Voici ce que le chef de l’État déclarait au micro de RTL en mai 2008, interrogé sur un possible passage à la retraite à 63 ans : “Je dis que je ne le ferai pas, pour différentes raisons, et la première c’est que je n’en ai pas parlé pendant ma campagne présidentielle. Ce n’est pas un engagement que j’ai pris devant les Français, je n’ai donc pas de mandat pour faire cela“.

Et il réaffirme : “Je n’ai pas parlé des 63 ans et demi, donc je ne le ferai pas.

Citation du jour

Évolution

En un peu plus d’un siècle, de la mort d’Emile Zola (1902) à aujourd’hui, le revenu par habitant de la France est passé, en monnaie constante, d’un peu plus de 2 200 euros à un peu moins de 22 000 euros. Dans le même temps, toujours, le temps de travail a été divisé par deux. Autant dire que le “prolétaire” a vu son pouvoir d’achat multiplié par dix et son temps de travail divisé par deux.

Jacques Marseille

Citation du jour

Hypercroissance

L’extravagante hypothèse conservatrice se trouvait ainsi confirmée : avec une croissance de 2%, parfois déguisée en “crise”, tout progrès social serait impossible, voire rendrait “inéluctables” des reculs en série. Cependant, cette croissance qualifiée de “molle”, aux alentours de 2%, correspond à la moyenne observée au cours du XXe siècle, hors “trente glorieuses”. Un siècle qui ne se priva ni de progrès technique ou humain, ni de bâtir des protections salariales. Désormais, la justice sociale devrait néanmoins patienter, espérer une improbable – et pas vraiment souhaitable – hypercroissance à 4%, 5%, 6%, voire plus.

François Ruffin