En temps de crise, mieux vaut vivre en France

Le monde vient de connaître un des chocs économiques les plus violents de son histoire récente. La France n’a pas été épargnée, mais les conséquences pour la population ont été fortement atténuées par son système social. Ce rôle d’amortisseur joué par nos institutions est jugé si normal et évident qu’il n’est même plus remarqué.

Adolphe-William Bouguereau - Bacchante (1894)

En ce qui concerne l’économie, la France s’est comportée plutôt mieux que ses partenaires au plus fort de la crise, mais elle fait plutôt moins bien maintenant. Ainsi, en 2009, son PIB n’a reculé que de 2,5% tandis que celui de l’Allemagne chutait de 4,7%. Inversement, au deuxième trimestre 2010, tandis que le PIB allemand enregistrait une croissance très vive de 2,3%, celui de la France ne progressait que de 0,7%.

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Censure : Les blogueurs français ont enfin leurs récompenses… paraît-il

Addendum : A priori Fortune (tout comme FDesouche) est passé au débit des comptes des “Golden Blog Awards 2010“, sans autre forme de procès. Il semblait pourtant que le blog respectait les “critères peu nombreux” établis par les créateurs de ces récompenses…

Merci en tout cas à tous ceux qui ont voté  et pris la peine de laisser de sympathiques commentaires.

Fortune a été sélectionné pour les Golden Blog Awards 2010 dans la catégorie “Économie” (cliquer sur l’image pour voter) :

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Le protectionnisme menace de faire son grand retour

Sur fond de guerre des monnaies et de reprise molle en Europe et aux États-Unis, les velléités protectionnistes s’expriment de plus en plus ouvertement.

La contrebande en automobile – Une arrestation

Carte postale du début du XXème siècle

Chassez le protectionnisme, il revient au galop. Il y a un an et demi, le G20 s’accordait à Londres sur un plan de relance de l’économie mondiale sans précédent. Hantées par le spectre de la Grande Dépression des années 1930, les vingt premières puissances économiques de la planète décidaient d’une coordination jamais vue de leurs politiques économiques et s’engageaient résolument contre toute forme de protectionnisme. Ce refus du chacun pour soi s’est révélé un vrai succès. La grande spirale déflationniste a été évitée. L’économie mondiale a renoué avec une croissance qui devrait atteindre 4,7 % en 2010, selon le FMI.

Mais cette reprise inégale – le chômage reste très élevé aux États-Unis et en Europe – suscite des impatiences et réveille les tentations protectionnistes.

Chacun pour soi

En faisant tourner la planche à billets, la Réserve fédérale fait plonger le dollar et inquiète de nombreux pays émergents qui interviennent massivement pour contrer une appréciation trop rapide de leurs monnaies. À quelques semaines du G20 de Séoul, les grandes zones économiques craignent un retour du chacun pour soi. « Les tensions sur les questions des changes s’accroissent et il y a même des signes indiquant que cela pourrait mener au protectionnisme », a déclaré vendredi Yoon Jeung-Hyun, le ministre sud-coréen des Finances.
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OGM : les Etats européens jugent les propositions de Bruxelles « insuffisantes »

La Commission européenne vient de subir un sérieux revers dans le délicat dossier des organismes génétiquement modifiés (OGM). Les ministres de l’environnement de l’UE ont à une large majorité recalé sa proposition – défendue par John Dalli, le commissaire chargé de la santé européen – de laisser aux Etats la décision de permettre ou non la culture de plantes OGM sur leur territoire. Malmenée la semaine dernière par les ministres de l’agriculture, cette proposition n’a pas trouvé grâce aux yeux des ministres de l’environnement, réunis jeudi 14 octobre à Luxembourg. Or, ce sont eux qui décideront de son sort.

« Nous refusons d’entrer dans la discussion tant que la Commission ne présentera pas des propositions répondant aux demandes votées à l’unanimité en 2008 », a annoncé la secrétaire d’Etat à l’environnement française, Chantal Jouanno, lors d’un débat public avec ses homologues. « Les ministres de l’environnement de l’UE ont à l’unanimité demandé en décembre 2008 (pendant la présidence française de l’UE) un renforcement de l’évaluation des OGM, une analyse des conséquences socio-économiques de leur mise en culture et un renforcement de l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire, dont le rôle a été mis en cause », a-t-elle rappelé ensuite face à la presse. « Rien de cela ne nous a été fourni », a-t-elle déploré.

La majorité de ses collègues ont émis les mêmes doléances. « La Commission est là pour mettre en œuvre les décisions du Conseil, pas pour défendre d’autres orientations », a conclu Mme Jouanno.

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« L’érosion de l’idéal européen est préoccupante, même pour les États-Unis ! »

Par Charles Kupchan, professeur de relations internationales à l’université de Georgetown (Washington), ancien directeur des affaires européennes du National Security Council (1993-1994)

L’Union européenne est à l’agonie – pas une mort spectaculaire ni soudaine, non, mais une agonie si lente et si progressive qu’un jour prochain, nous Américains, en portant nos regards de l’autre côté de l’Atlantique, découvrirons peut-être que ce projet d’intégration européenne qui allait de soi depuis un demi-siècle a cessé d’être.

Le déclin européen est en partie économique. De nombreux États membres de l’Union paient un lourd tribut à la crise financière, et les dettes publiques colossales et la santé précaire des banques du continent ne laissent rien présager de bon. Pourtant, ces malheurs semblent bien bénins comparés à un mal plus grave encore : de Londres à Varsovie en passant par Berlin, l’Europe subit une renationalisation de la vie politique, et ses pays membres réclament la souveraineté qu’ils sacrifiaient jadis bien volontiers au nom d’un idéal collectif.

Pour beaucoup d’Européens, cet intérêt commun n’a manifestement plus aucune importance. A l’inverse, ils se demandent ce que fait l’Union pour eux, et si cela en vaut bien la peine. Si la tendance se confirme, ils pourraient compromettre l’une des réalisations les plus formidables et les plus improbables du XXe siècle : une Europe intégrée, en paix avec elle-même, désireuse d’afficher la puissance d’un ensemble uni.

Elle céderait la place à des nations isolées devant se résoudre à l’inexistence géopolitique – ce qui priverait les États-Unis privés d’un partenaire prêt à se charger avec eux des fardeaux mondiaux, et capable de le faire.

Cette érosion du soutien à l’Europe unifiée contamine même l’Allemagne qui pourtant, par son obsession d’en finir avec les rivalités nationales qui ont longtemps soumis le continent aux guerres, était auparavant le moteur de l’intégration.
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La révolution c’est très simple

Eric Cantona a livré un conseil très simple pour faire la révolution. « Tout le système est bâti sur les banques. » Il suffit, dit-il, que 3 millions, 10 millions de personnes aillent retirer leur argent à la banque. « Et là, on va nous écouter. »

Il a raison

Il y a un peu plus de deux ans, quand la banque d’affaire Lehman Brothers disparut en un week-end, les gouvernants du monde occidental, Sarkozy compris, eurent la trouille de leur vie. L’ampleur de la bulle spéculative était telle que personne, pas même les banques entre elles, n’avaient plus confiance dans la solvabilité des établissements de crédit.

Sans surprise, les États, c’est-à-dire les contribuables, jouèrent les prêteurs de dernier ressort. Garantie par ci, renflouage par là, il a fallu remédier à l’inconstance et l’incompétence de la finance. On nous a expliqué plus tard que ces prêts, surtout en France, avaient « rapporté » aux contribuables. La République française paye chaque année environ 50 milliards d’agios et intérêts à ses créanciers.

A cette époque, tous les médias se concertèrent, inconsciemment ou pas, pour faire flipper les ménages sur l’éventuelle disparition de leurs économies.

La proposition d’Eric Cantona a ceci d’évident qu’il suggère d’agir « à froid ». Un retrait massif d’argent dans toutes les banques du pays, sans la pression d’un krach boursier, serait détonnant. Une vraie révolution, simple, sans mort, et par là où le système a pêché : l’argent.

Sarkofrance

(Merci à UltimaThom)

Le bio tente de plus en plus d’agriculteurs français

Eric Gobard, 41 ans, est un agriculteur heureux, et même enthousiaste. Il y a deux ans, ce céréalier installé depuis huit ans, à Aunoy, au coeur de la Seine-et-Marne, haut lieu de l’agriculture intensive, a converti 30% de ses 200 hectares au mode de production biologique. Il espère aller au-delà, car, dit-il, il se sent “aspiré” par ce mode de production.

Part des Surfaces bio dans les départements en pourcentage de la Surface Agricole Utilisée. (Données Agence Bio, Agreste)

Il est loin d’être le seul. Après des années de stagnation, l’agriculture bio est en pleine explosion. Les conversions ont augmenté de 23,4% en 2009, et, en 2010, la progression s’accentue encore. La barre des 20.000 producteurs devrait être franchie.

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Fortune a 1 an et 1 million de visiteurs uniques

Le 15 septembre 2009 vers 23 H 30, Fortune venait au monde.

Sans fierté ni sentimentalisme excessifs, nous sommes heureux de voir coïncider ce premier anniversaire avec le chiffre symbolique de un million de visiteurs uniques au compteur.

A ces nombreux lecteurs et commentateurs, nous exprimons notre ferme intention de poursuivre dans la même voie.

Qu’à défaut de vous enrichir matériellement, la crise vous soit profitable, comme nous espérons qu’elle profitera à notre pays et à notre continent.

L’UE, tu l’aimes ou tu la quittes

Si l’adhésion à l’UE coûte autant à la France sans rien lui apporter si ce n’est des problèmes supplémentaires, pourquoi ne pas aller jusqu’au bout de la logique et en partir?

A écouter certains discours, la France ne serait que la malheureuse victime d’une stigmatisation orchestrée par une Commission européenne en mal de reconnaissance. A cause d’elle, le gouvernement français ne pourrait mener à bien sa politique. Pire encore, la «nation des Droits de l’Homme» recevrait des leçons d’une commissaire issue d’un État à peine visible sur la carte et ne représentant que «350.000» habitants.

Face à l’adversité, la France doit se ressaisir, serrer les rangs, passer des mots aux actes. Et quitter l’UE. Car rien ne la force à y rester. Une telle chose est maintenant tout à fait possible depuis l’adoption du Traité de Lisbonne. L’article 50 prévoit en effet que «tout État membre peut décider, (…) de se retirer de l’Union».

Pour cela, rien de plus simple. Toute la procédure est expliquée dans le paragraphe 2 du même article :

«L’État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l’Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l’Union. Cet accord est négocié conformément à l’article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. Il est conclu au nom de l’Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen».

En plus clair, cela signifie que le départ se négociera, point par point. Car, comme d’autres États qui ne sont pas membres de l’UE, la France pourra conserver des partenariats avec Bruxelles. Par exemple, la Suisse est associée à l’espace Schengen ; les droits de douanes ont aussi disparu entre les deux entités économiques sans qu’aucun député suisse n’ait encore siégé au Parlement européen.

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Comment reconvertir son usine en ferme écologique ?

Par Sophie Chapelle / Alter-echos

Que faire des friches industrielles laissées en désuétude ? Aux États-Unis, plusieurs usines abandonnées sont reconverties en ferme d’agriculture urbaine. Objectif : produire des aliments sains à proximité des villes et de manière quasi auto-suffisante, tout en créant des emplois. Reportage à Milwaukee dans une ferme en aquaculture.

Consommer du poisson provenant du lac Michigan comporte un « risque élevé ». En cause : le haut niveau de pollution des grands lacs nord-américains, hérité de l’activité industrielle. Les perches ont même disparu de l’écosystème du lac. Pourtant, certains restaurants de Milwaukee (Wisconsin) sont désormais en mesure d’en proposer des fraîches issues d’une ancienne usine… reconvertie en ferme.

À proximité de l’immense lac Michigan, une ferme urbaine s’est lancée en 2009 dans l’élevage de poissons et de légumes en aquaculture. Le lieu est improbable – une ancienne usine rachetée à un fabricant d’équipementier minier au sud du centre-ville – mais le potentiel de production est considérable. Entre ces quatre murs de béton, James Godsil est un homme heureux. « Nous avons reproduit une véritable zone humide », se félicite l’un des fondateurs de Sweet Water Organics, qui signifie « Eaux douces biologiques ».

L’ancienne usine est devenue un véritable écosystème en quasi autosuffisance. Poissons et plantes prospèrent côte à côte, ou plutôt les unes au dessus des autres. Sur près de 11.000 m2, des milliers de perches jaunes et de tilapias se reproduisent dans des cuves de 40.000 litres.

Viser l’autosuffisance
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Pau (64) : L’éconstruction pour tous

Bâtir sa maison avec des matériaux recyclés, le tout pour moins de 30.000 euros, c’est possible si l’on en croit les responsables de la communauté Emmaüs de Lescar-Pau, dans le sud-ouest de la France.

Depuis 2009, les Compagnons sont invités à dessiner la maison dont ils rêvent, puis à participer à l’élaboration des plans et à l’écoconstruction de leur futur foyer. Ces maisons bâties en partie avec des matériaux de récupération changent de forme ou de couleur au gré du goût de leurs architectes respectifs.

De la maison sur pilotis au chalet en bois et paille, chaque bâtisse de ce quartier expérimental est unique et consomme peu d’énergie.

L’objectif principal du projet est de permette aux Compagnons de retrouver un nouvel élan de vie grâce au bien-être que peut leur procurer ces habitations personnalisées. Une mairie a également été construite à la sortie du village. Un conseil municipal alternatif s’y réunit régulièrement. Au risque d’être considérée comme le vilain petit canard d’Emmaüs, la communauté continue de « risquer l’utopie ».