Du micro au nano

Dans le premier épisode de la série documentaire Bienvenue dans le nanomonde, nous serons témoins du passage du micromonde du 20e siècle, au nanomonde du 21e siècle. Nous découvrirons comment est née l’idée d’assembler des objets atome par atome, oubliant la traditionnelle fabrication d’objets à partir de blocs de matière première.

Nous nous laisserons guider par les découvreurs et chercheurs les plus talentueux. En leur compagnie, nous irons jusqu’à la logique ultime des nanotechnologies qui, théoriquement, nous permettront d’assembler n’importe quel objet à partir d’atomes!

La France convoite le trésor des fonds souverains

Ce soir [lundi 20 octobre 2014], François Hollande doit recevoir à dîner plusieurs représentants des grands fonds souverains. Une opération séduction importante pour la France, en mal de compétitivité et engluée dans ses déficits publics.

L’Élysée déroule le tapis rouge aux grands investisseurs internationaux. Ce lundi soir, François Hollande doit recevoir à dîner plusieurs représentants des grands fonds souverains, dont Adia, le premier des Émirats arabes unis, et l’un des plus gros au monde, assis sur un trésor de guerre de 626 milliards d’euros, le China Investment Corporation (CIC), ou encore Temasek de Singapour.

Une opération séduction importante pour la France, en mal de compétitivité et engluée dans ses déficits publics.

À eux seuls, les fonds souverains représentent une manne de quelque 4.700 milliards d’euros, issus surtout des ressources pétrolières. L’événement s’inscrit dans la séquence sur l’attractivité et l’inauguration à Paris du siège de l’IIR, un club d’investisseurs internationaux, lancé en 2011 sur une initiative canadienne.
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Le décrochage de l’économie numérique

Par Myret Zaki

Il est intéressant de mettre en parallèle, d’un côté, les théories de «stagnation séculaire des économies développées», et, de l’autre, les chiffres de l’économie hyperdynamique de la Silicon Valley.

On peine à croire que les deux soient vrais simultanément. L’un ou l’autre doit faire erreur.

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Loïc Le Ribault et le silicium organique G5

En 1971, Loïc Le Ribault invente l’Exoscopie des Quartz, une méthode révolutionnaire d’analyse des sables qui permet de retracer leur histoire géologique au moyen du microscope électronique à balayage.

Il fait de nombreuses communications sur ce sujet, notamment à l’Académie des Sciences. Des chercheurs du monde entier s’adressent à lui pour faire analyser leurs échantillons.

L’Exoscopie est alors appliquée en archéologie, travaux publics, géologie minière, sédimentologie, exploration pétrolière et océanographie. Loïc Le Ribault a alors l’idée de créer un laboratoire…

Serge Latouche : “La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique”

Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.

Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection ”Les précurseurs de la décroissance” aux éditions Le Passager Clandestin. Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites.

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Mieux manger revient de plus en plus cher

Selon une étude britannique, 1.000 calories d’aliments réputés sains coûtent 9,4 euros, soit trois fois plus que 1.000 calories d’aliments moins bons pour la santé. Le fossé s’est creusé en une décennie.

Manger sain a un coût. C’est en tout cas ce que suggère une étude parue dans PLOS One : entre 2002 et 2012, un écart croissant s’est installé entre le prix des aliments sains et celui des aliments moins sains. Lorsque le prix est rapporté au nombre de calories, les aliments sains sont 3 fois plus chers en 2012 que les aliments moins bons pour la santé.

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Permaculture : Forêt comestible pour auto-suffisance alimentaire

Juan Anton Mora, 78 ans, va courir 40 minutes plusieurs fois par semaine. Il organise chez lui des réunions de plusieurs jours avec des dizaines de personnes. “Chacun apporte son sac de couchage et on se débrouille“, explique-t-il.

Y-a-t-il besoin de le dire : Juan Anton a une forme impressionnante ! Comment fait-il ? Une vie saine et son envie de changer le monde doivent avoir leur rôle à jouer. Car oui, chacune de ses actions a pour but de “changer le monde” ou pour être plus précis, combattre la faim dans le monde. Rien de moins.

La société devrait être basée sur deux piliers : le “travail” (ce que nous savons faire et qui participe à la société) et la production de sa nourriture. De cette manière, quoi qu’il se passe, si nous n’avons plus de travail, nous aurons toujours de quoi manger. Il faut que tout le monde puisse manger. Et comme la nourriture vient de la terre, produisons nous-même notre propre nourriture !

Tant que nous ne dépendrons que d’un contrat salarié, notre sécurité ne tiendra qu’à un fil.

Et tout cela ne s’arrête pas à un beau discours. Juan Anton met en pratique ces conseils et il va même plus loin: il expérimente toutes les manières possibles de faciliter le travail de la terre.

Gagner en indépendance alimentaire n’est pas seulement une sécurité, c’est aussi une manière de regagner une certaine liberté dans une société où nous n’avons plus le choix (de rien).

Il faut appeler les choses par leur nom !

Quand on rentre dans une boulangerie et que le boulanger ne peut pas nous dire d’où vient sa farine, quand le marché est contrôlé par les transgéniques et que nous n’avons pas le choix de ce que nous achetons, c’est une dictature.

Quand on élit des personnes qui passent leur temps à nous mentir et qui font le contraire de ce qu’elles disent, c’est une dictature.

Il faut trouver la manière de faire les choses par nous-même. Il faut apprendre à cultiver, produire des aliments sains, établir une relation commerciale ou d’échanges de produits que nous faisons nous-même.

Une forêt comestible pour nous nourrir sans effort
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Grands patrons ou grands satans?

Historiquement caricaturés cigare au bec et ventre arrondi, dépeints en exploiteurs du peuple froids et impitoyables, obsédés par le profit et le pouvoir qu’ils exerceraient véritablement dans l’ombre du monde politique, l’image traditionnelle des Grands patrons en France n’est pas franchement positive.

Malaimés, les patrons fascinent aussi. En période de crise, ils sont parfois présentés comme les capitaines courageux du navire France qu’ils empêcheraient de couler, véritables héros du capitalisme national dans la mondialisation, étouffés par des charges sociales excessives et accablés de reproches infondés.

Toutes ces représentations, parfois fausses ou injustes ont été relayées par deux cent ans d’histoire des luttes sociales, par la littérature qui, de Hugo à Zola, n’est généralement pas tendre à l’égard des grands patrons, et par une Gauche française traditionnellement offensive sur ce sujet. La perception du patronat traduit une certaine histoire de France depuis la Révolution industrielle.

Elle tient également à la relation complexe des Français à l’argent, à notre méconnaissance collective des enjeux économiques – savamment entretenue par la sphère politique – ou à l’histoire parfois ambiguë du patronat, notamment pendant la seconde Guerre Mondiale.
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« Au-delà des clivages… ! »

Il y a un débat qui ne me lasse pas de me laisser coi. L’éternel débat entre les kéneysiens ou les néo-kéneysiens et les libéraux ou les néo-libéraux. Entre ceux qui pensent qu’il faut augmenter les salaires pour augmenter la consommation et donc augmenter l’investissement des entrerpises, ce qui finira par créer de l’emploi, et ceux qui pensent qu’il faut commencer par permettre aux entreprises d’investir pour qu’elles augmentent leurs capacités, ce qui va créer de l’emploi et de la consommation. Ce débat est totalement dépassé, à tel point d’ailleurs qu’on peut le comparer à la ligne Maginot à la veille de l’attaque allemande.

Plus rien ne fonctionne parce que nous avons de mauvais outils

Disons-le, il faut dépasser ce clivage économique historique car il ne répond tout simplement pas à la nouvelle économie et à nos nouvelles contraintes. Dans ces deux cadres intellectuels qui ont tous les deux deux siècles, tout est basé quoi qu’ils en disent tous sur une idée totalement partagée de la distribution de la richesse créée par le travail.

Dans ces deux systèmes de pensée, c’est par le travail que la création de valeur est redistribuée. Dans aucun de ces deux systèmes on ne sait où on est en mesure de répartir la richesse autrement qu’à travers l’idée de travail, or le travail est en voie de disparition.

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«Dans la chute des cours du pétrole, l’Arabie Saoudite détient les clés du jeu»

A Londres comme à New York, les cours du pétrole sont en chute libre. Mercredi à la clôture, le baril de WTI pour livraison en novembre a perdu 6 cents, à 81,78 dollars, sur le New York Mercantile Exchange, tombant à son plus bas niveau depuis le 28 juin 2012.

A Londres, le baril de Brent de la mer du Nord pour la même échéance a terminé à 83,78 dollars sur l’Intercontinental Exchange, en baisse de 1,26 dollar. Il s’agit de son plus bas prix en clôture depuis novembre 2010. Aymeric de Villaret, expert pétrolier indépendant, ancien responsable sectoriel Energie à la Société Générale, analyse les raisons de cette baisse spectaculaire.

Les cours du pétrole dévissent depuis plusieurs semaines. Comment l’expliquez-vous ?

Les cours du pétrole ont été remarquablement stables depuis décembre 2010, évoluant dans une fourchette allant de 100 à 120 dollars. Cet été, ils ont connu une pointe de fièvre liée à à la situation en Irak et les avancées du groupe Da’ech que l’on voyait aux portes de Bagdad. Depuis cette date, les cours ont entamé une longue descente.

Cette baisse résulte d’une combinaison de facteurs. Les premiers tiennent à l’offre. La situation en Irak est moins préoccupante, la Libye recommence à produire, la production russe n’est pas affectée par la crise ukrainienne et l’offre américaine d’huile de schiste monte en puissance. Face à cette offre abondante, la demande elle n’est pas au rendez-vous car l’économie mondiale n’est pas florissante : l’Europe patine et la vigueur du dynamisme chinois suscite des interrogations.

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Être ou avoir ? Pour une économie de services

Par Didier Schmitt (Conseiller scientifique auprès du Président de la Commission européenne)

Une bonne partie de notre économie est fondée sur le cercle vicieux qu’est l’acquisition, l’obsolescence et la réacquisition d’objets. Pour contrebalancer le besoin inné de posséder, un cercle plus vertueux devient impératif, avec des services moins délétères pour l’environnement, les ressources et le climat.

Axer une société sur la possession fait que la responsabilité du devenir des produits de consommation passe du producteur à l’acheteur. Ce dernier n’aura pas d’autre choix que de s’en défaire comme il peut, après usage ; d’où un gaspillage et une accumulation de déchets.

Une économie fondée sur les services aurait l’avantage de la durabilité et de la « réparabilité » des produits. En effet, un prestataire de service a tout intérêt à allonger la durée de vie d’une marchandise, surtout s’il a la responsabilité de son recyclage.

En séparant la possession de l’utilisation, on peut également rechercher un gain d’efficacité : rappelons que la voiture d’un particulier, par exemple, n’est utilisée que 5 % de son temps ; le parc automobile est donc démesuré par rapport à son utilité réelle. Se déplacer peut parfaitement se concevoir au travers d’un service.

Disposer de l’usage des choses sans devoir les posséder
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L’empowerment ! De quoi s’agit-il ?

Dans ce premier article consacré à l’empowerment, nous vous proposons un panorama des différentes acceptions de ce mot importé du monde anglo-saxon au début des années 2000. Difficile à traduire en français, il recouvre en effet différentes pratiques et peut, selon la définition qu’on lui donne, cautionner des interventions de natures très différentes. Le concept d’empowerment est par ailleurs assez proche de celui d’émancipation. La comparaison des notions deux fera l’objet d’un autre article. Petit tour d’horizon d’un concept déjà ancien et pourtant encore mal appréhendé par ceux à qui il s’adresse.

Traduction : “TOUS ENSEMBLE NOUS POUVONS LE FAIRE”

(…) Au cœur de la définition du concept d’empowerment, réside la notion de « pouvoir ». L’empowerment, c’est l’accroissement d’un pouvoir exercé à titre individuel ou collectif. Ce pouvoir est autant un état (avoir du pouvoir) qu’un processus d’apprentissage (acquérir du pouvoir) ou qu’une dynamique au sein de rapports de force (exercer du pouvoir). L’accroissement du pouvoir concerne à la fois des individus et des groupes ou des « communautés ». Le pouvoir peut s’exprimer dans le domaine économique, dans celui des rapports humains et dans celui des institutions sociopolitiques. (…)

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Le mirage de la relance américaine : une reprise inégale, financée avec de la dette

Récemment, le Wall Street Journal a noté que la pire récession que les Etats Unis aient connue depuis la Grande Dépression avait pris fin en 2009, mais que la reprise avait été lente. Même si le rebond au second trimestre a dissipé les doutes laissés par le ralentissement marqué au 1er trimestre, la croissance de seulement 1% sur l’ensemble du semestre a douché les espoirs d’une accélération de la reprise.

HACHOIR DE LA RECESSION
— La bonne nouvelle, c’est que nous sortons de cette récession… La mauvaise nouvelle, c’est que nous sortons de cette récession…

« En d’autres termes, la relance économique américaine a été inégale », analyse Bob Stokes d’Elliott Wave International. Il attire l’attention sur une autre caractéristique de cette reprise américaine : la nature de la reprise de l’emploi. Au mois de septembre, on enregistrait un taux de chômage de seulement 5,9%, ce qui est une franche amélioration par rapport à octobre 2009, où il dépassait les 10%.

Mais d’un autre côté, le taux de la participation au marché du travail du mois d’août n’a atteint que 62,8%, son niveau le plus faible depuis 1978, suggérant que la baisse du taux de chômage pourrait provenir pour partie du découragement d’un certain nombre de chômeurs qui suspendent leur recherche d’emploi. La baisse du taux de chômage masque également le fait que l’on compte plus de 7 millions de travailleurs à temps partiel qui ne parviennent pas à trouver un emploi à plein temps.

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« L’UE fait le jeu du fisc américain en dénonçant la situation en Irlande »

Alors que l’Union Européenne dénonce chaque jour d’autres situations fiscales avantageuses pour les multinationales, décryptage de ce qui se cache sous ce mouvement avec David Wallace Wilson, avocat chez Schellenberg Wittmer. Selon lui, la Suisse pourrait bénéficier de ce phénomène.

Exemple d’optimisation fiscale : le cas de Google

Starbucks avait ouvert le bal voici quelques mois déjà. Mais d’autres multinationales ont suivi dans le collimateur de Bruxelles: Apple, Google, Amazon ont vu leur situation fiscale remise en cause par l’Union Européenne ces dernières semaines.

En début de semaine, l’Irlande a annoncé une modification de son corpus fiscal concernant les entreprises pour calmer le jeu.

David Wallace Wilson, avocat chez Schellenberg Wittmer et nouveau chairman de STEP Genève (Society of Trust and Estate Practitioners), décrypte les dessous de cette chasse aux avantages fiscaux. (1)

Bilan: Les multinationales installées fiscalement en Irlande sont dans le collimateur de Bruxelles depuis quelques semaines. Or, leur situation n’est pas nouvelle. Comment expliquer cette soudaine chasse aux avantages fiscaux?
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Pervitine : La pilule de Göring

La méthamphétamine a été souvent donnée aux troupes combattantes et aux pilotes en temps de guerre par leur gouvernement. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle était d’usage chez la plupart des belligérants, notamment en Allemagne et chez ses alliés sous le nom de Pervitine.

Durant la Seconde Guerre mondiale, l’armée allemande a distribué de la pervitine dans ses divisions à tous les niveaux. Elle est utilisée sous le nom de « Panzerschokolade », « tablettes Stuka » ou encore « pilules Hermann Göring  ». Le but recherché est de diminuer l’anxiété et d’augmenter puissance et concentration chez les soldats et les pilotes.

Entre avril et juin 1940, la Wehrmacht et la Luftwaffe auraient utilisé plus de 35 millions de comprimés de pervitine. Cette drogue de guerre aurait participé grandement à l’efficacité de la blitzkrieg.

Cependant dès mi-1941 le médicament n’était plus en vente libre, mais disponible uniquement sur ordonnance. Cela en a réduit l’utilisation de manière significative.

(Merci à Titi)

Frédéric Lenoir : « Guérir le monde »

Pour le philosophe Frédéric Lenoir, les crises sociales, politiques, environnementales et les crises de valeurs des dernières décennies sont toutes reliées entre elles. La vision cartésienne du monde et l’ultralibéralisme adopté par l’élite mondiale a mené à une vision dénaturalisée de l’être humain.

Nos sociétés semblent avoir oublié que nous pouvons ressentir au fond de nous même le sentiment de bonheur autrement que par la consommation, apportant un plaisir immédiat, mais qui nous envahit guère longtemps.

Pour acquérir ce sentiment de bonheur, l’être humain doit être solidaire envers autrui, mais il est bien difficile d’agir ainsi dans un monde aussi individualiste que le nôtre. Les problèmes qui nous paraissaient autrefois bien éloignés sont maintenant près de notre réalité due à l’accélération du temps et au rétrécissement de l’espace.

Les médias nous bombardent d’évènements négatifs se déroulant partout sur le globe et nous y assistons de manière passive, apportant un grand sentiment d’insatisfaction. Il devient donc plus difficile de cultiver notre bonheur personnel.
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Les eurodéputés sont-ils, majoritairement, des profiteurs ?

Les eurodéputés sont-ils, pour la plupart, des profiteurs qui cumulent des revenus professionnels avec une indemnité de parlementaire ? C’est ce que certains pourraient penser après la publication, ce lundi, par Transparency International d’une enquête ayant passé au peigne fin les déclarations d’intérêts financiers des 751 députés européens élus le 25 mai dernier. Mais dans les faits, ce n’est pas aussi simple.

Sur les 751 membres du Parlement européen, 398 (53%) disposent de revenus en plus de leur traitement en tant que député. Les détails mis en ligne par Transparency International montrent que, pour douze d’entre eux, cet extra dépasse même les 10.000 euros brut par mois.

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Les incroyables machines volantes du professeur Oehmichen

Ingénieur et bricoleur de génie, Étienne Oehmichen fut le premier à réussir un vol en hélicoptère en 1924. Une exploration passionnante des travaux du professeur, qui passa sa vie à observer les oiseaux et les insectes pour percer leurs secrets.

Tout commence avec une bobine de film retrouvée par hasard dans la région de Montbéliard. Ces images datent du début du XXe siècle. Elles montrent les premiers balbutiements d’un étrange appareil, un des ancêtres de l’hélicoptère. Cette machine a été inventée par Étienne Oehmichen, un savant et ingénieur français. Grâce à elle, il fut le premier à réussir un vol d’un kilomètre en circuit fermé.

Bricoleur de génie, pilote d’essai, mais aussi brillant naturaliste, Oehmichen a laissé derrière lui nombre d’inventions et de théories. Et pourtant, après sa mort, il a disparu complètement de l’histoire. Comment a-t-il pu sombrer dans l’oubli ?

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Frédéric Encel : «L’Etat islamique partage la même vision du monde que les Saoudiens»

Docteur en géopolitique, Frédéric Encel est l’auteur d’une douzaine d’ouvrages, principalement sur le Proche-Orient. Après Gilles Kepel et Jean-Pierre Filiu, Fréderic Encel publie un ouvrage de synthèse sur le Printemps arabe. Il le fait à sa manière, celle d’un spécialiste de géopolitique formé par Yves Lacoste. Sa démarche est de «tenter d’appréhender les représentations des acteurs, leurs manières de penser» le monde dans lequel ils agissent de manière politique. Très facile d’accès, l’ouvrage décrit ainsi ce que le printemps arabe a révélé – notamment l’échec d’une vision cynique de l’histoire.

Fréderic Encel «Géopolitique du printemps arabe» PUF, 245 pages, 18 euros.

Le roi Abdallah Al Saoud et le président Hollande, le 29 décembre 2013 à Riyad

Le pèlerinage de La Mecque le montre, l’Arabie saoudite reste centrale dans l’univers musulman. Pourquoi ce pays de 30 millions d’habitants a-t-il été épargné par le Printemps arabe ?

Parce que le régime disposait de tous les moyens de le tuer dans l’oeuf ! Pour au moins trois raisons, outre la répression policière. D’abord, le système féodalo-tribal sur lequel repose l’Etat et la société. C’est la vieille éthique bédouine de soumission au chef de la tribu, et de la soumission des tribus à la plus puissante d’entre elles, les Saoud. Ce n’est pas une société individualiste…

Ensuite, les sommes considérables que le pouvoir a injecté dans la société, dès les premières semaines du printemps arabe en Tunisie et en Egypte. On parle de 130 milliards de dollars versés en dix-huit mois, dans l’éducation, le logement, la santé, des secteurs en partie sinistrés. On ne dispose pas de données très fiables, mais on considère généralement que 20% des jeunes Saoudiens sont au chômage, dans un pays qui ne produit rien d’autre que du pétrole et du gaz. Ces fonds pharaoniques ont permis d’éviter les émeutes sociales.

Enfin, le formatage des esprits par le régime, très clairement d’inspiration islamiste radicale.
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