Mainmise sur les villes

À l’ère de l’hyper-urbanisation et des expropriations massives, où en est la démocratie urbaine et comment se positionnent les pouvoirs publics? De Paris à Istanbul en passant par Berlin ou Copenhague, ce film interroge la manière dont se construit la ville et la place qu’y occupent les citoyens.

Géants du net : Ennemis d’État

Facebook, Google, et Twitter, les leaders mondiaux de la high-tech et des réseaux sociaux ont installé leur siège social respectif et leurs bureaux aux alentours de San Francisco. Google emploie 50.000 employés dont 1200 qui sont millionnaires.

En trois ans, l’inflation des salaires des cadres du Net a provoqué une explosion des prix de l’immobilier dans la ville. En 2013, le nombre de familles expulsées à San Francisco a augmenté de 25%. Par ailleurs, les nombreuses navettes de luxe privées, destinées aux employés des géants d’Internet perturbent les transports en commun en utilisant impunément les arrêts de bus public. Depuis quelques mois, de nombreux riverains descendent dans les rues de San Francisco pour dénoncer les abus.

Partie 1:

Partie 2:
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L’insaisissable monsieur Leclerc

Il rêvait d’être missionnaire. Le jumelage de son lycée avec un établissement de filles en a décidé autrement. Fils de pub autant que fils d’épicier, Michel-Édouard Leclerc habite au pays où la vie est moins chère.

Brice Lalonde évoque leur compagnonnage en faveur de l’environnement et l’action coup de poing dans les locaux de la Shell, à Paris, lors du naufrage de l’Amoco Cadiz.

Ancien ministre du Commerce de 2005 à 2007, Renaud Dutreil raconte comment le patron des centres Leclerc sait s’abriter derrière la cause du pouvoir d’achat pour faire le siège des politiques et obtenir ce qu’il souhaite. Redoutable et redouté. Derrière le sourire et le tutoiement de rigueur, le rapport de force n’est jamais loin.

Mais l’homme sait aussi se préserver. « Je ne donne pas tout, même si je suis généreux. » Décidément insaisissable.

Bajaus : Les nomades de la mer

C’est un peuple qui s’éteint et sans doute avec lui sa culture, son histoire, sa langue. Les Bajaus sont des nomades apatrides qui naviguent entre la Malaisie, les Philippines et l’Indonésie.

Un peuple de mers, qui vit sur des bateaux. Mais la pauvreté, la répression des autorités et l’évolution de l’écosystème marin détruisent leur mode de vie unique.

Italie : À la rencontre des petites mains de “l’or rouge”

En Italie, des centaines de milliers de saisonniers travaillent dans les champs agricoles. Pour quelques dizaines d’euros par jour, ils travaillent quotidiennement entre 10 et 12 heures sous un soleil de plomb et vivent souvent dans des conditions insalubres.

La plupart sont des immigrés clandestins venus d’Afrique. Reportage dans le sud de l’Italie, à Foggia, où la récolte des tomates, “l’or rouge“, est en cours.

Touristes étrangers, visiteurs express

La France attire un nombre considérable de touristes, mais ces derniers ne font souvent que passer dans notre pays. Les raisons de ces visites en coup de vent existent bel et bien: sites parcourus au pas de charge, pénurie de chambres d’hôtel, hégémonie parisienne…

Les châteaux de la Loire ne désemplissent pas, mais à Chenonceau, par exemple, le village distant de 50 mètres et ses restaurants restent déserts. Les visiteurs étrangers se risquent rarement hors des sentiers battus.

D’autres régions sont devenues de véritables “hubs” pour les Chinois ou Japonais partis à la découverte de l’Europe. La Côte-d’Or est ainsi une étape fréquente entre Paris et Genève, mais les touristes n’y passent guère qu’une courte nuit.

Les paysans malades des pesticides

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs, sans aucune culture militante. Ils sont de droite, parfois très à droite. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé graves, liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée.

Malades, culpabilisés par les institutions qui leur ont pourtant souvent caché les dangers de la chimie de synthèse, ils se perçoivent à la fois comme victimes et responsables, parfois même comme empoisonnés et empoisonneurs, révélant au travers des contradictions dans lesquelles ils sont pris, aussi bien les enjeux actuels du système capitaliste, qu’une culture singulière oscillant entre fierté et hantise du regard des autres.

France culture

L’essor de la maison en kit

L’auto-construction est un marché à la mode. Le budget est compris entre 30.000 et 300.000 euros. Pas besoin d’être un spécialiste, on peut le faire seul ou assisté d’une équipe. Une maison qui sort de terre en une semaine, des fondations à la toiture avec des pièces simplement empilées les unes sur les autres.

Aujourd’hui, le marché est encore marginal mais il est porteur et en plein essor. De nouvelles sociétés proposant ce type de construction apparaissent en France chaque année. Aujourd’hui plus d’un millier de ces petits chalets apparaissent chaque année.

Canada : Visite au Nunavik

Le Nunavik, dans le Grand Nord canadien, est une région inhospitalière mais habitée par des petites collectivités éloignées les unes des autres par des centaines de kilomètres. Dans des conditions parfois délicates, des pilotes assurent la liaison quotidienne entre ces villages et le reste du monde.

Russie : Vodka Factory

A Jigouliovsk, à 1.000 kilomètres de Moscou, il fait nuit toute la journée ou presque. Un accordéon lointain et lent renforce la mélancolie cafardeuse du lieu, entre gris et neige. Dans cette Russie profonde vit Tania, quinqua qui a élevé seule ses trois enfants. Elle vend et contrôle les tickets dans un bus fatigué, tout en rêvant au retour d’un amour de jeunesse.

Sa fille Valia, mère d’un petit garçon, est ouvrière dans la distillerie de vodka du coin, un grand bâtiment en briques, sinistre. Avec ses ongles manucurés paillettes, elle colle des étiquettes, à la chaîne, toute la journée, sur des bouteilles de vodka. Quand elle retire sa blouse bleue d’ouvrière, Valia est en talons aiguilles et manteau de fausse fourrure.

Elle s’imagine grande actrice, à la capitale. Elle ne sait pas quoi faire de son gosse. Après l’usine, elle a cours de danse orientale ou de théâtre. Ce jour-là, elle a choisi un extrait de la Mère, de Gorki. Elle récite, litanie : «Franchement, c’est quoi notre vie ? As-tu vraiment vécu ?»

Mère et fille, tabassées puis rescapées du désastre conjugal, gardent la tête hors de l’eau sans pour autant la garder froide. Valia et ses sourcils épilés, ses yeux trop maquillés, préfère ses rêves de starlette à son fils. Tania retrouve son fameux amoureux d’il y a trente ans. Ils se bécotent à l’arrière du bus. Elle a peut-être un peu honte.

Mère et fille montrent tout à la caméra de Sladkowski. Leurs engueulades sont capturées avec une finesse incroyable. Les bonnes femmes de l’usine aussi sont sans filet : ça jase, ça charrie, ça se chamaille. Vodka Factory est tellement juste, tellement dans l’intime, qu’on croit voir une fiction ultra-réaliste. Mère et fille, actrices complices de leurs propres vies un peu tristes, livrent leur intimité, leur ennui, leurs cuites et leur solitude.

Serge Latouche : “La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique”

Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.

Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection ”Les précurseurs de la décroissance” aux éditions Le Passager Clandestin. Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites.

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Chine : Un modèle à bout de souffle ?

Entretien avec David Baverez, un “business angel”, investisseur dans des start-ups à Hong-Kong (Chine) depuis trois ans. Auteur de Génération tonique (éd. Plon), il y dépeint les atouts de la Chine et les incompréhensions de l’Occident face à son modèle.

La Bourse de Shanghai qui s’écroule à son plus faible taux journalier depuis huit ans (7,63%), les exportations chinoises en baisse et un taux de croissance qui “patine” à 7%… Plus rien ne semble aller dans l’Empire du Milieu. Voilà que les marchés étrangers commencent à se méfier de la Chine, longtemps perçue comme une terre d’accueil pour les investisseurs étrangers. Comment en est-on arrivé là?

On a souvent décrit la Chine comme un eldorado économique, avec une croissance et une productivité imbattables… Comment cette image s’est-elle construite?

David Baverez : Il faut remonter à l’arrivée au pouvoir de Deng Xiaoping en 1978, deux ans après la mort de Mao Zedong. Le nouveau chef d’État rompt avec l’économie maoïste. Fini la planification, la collectivisation et l’autarcie. Deng Xiaoping lance une politique de “socialisme de marché” pour hisser la Chine au rang des plus grandes puissances mondiales. Le pays rentre dans ses Trente Glorieuses, et connaît une révolution anhistorique, complètement hors norme. Il encourage les investissements extérieurs et légalise les entreprises privées.
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Comment pourrait-on numériser la conscience ?

Injecter une part d’humanité dans une création est un défi universel, il incombe tant à l’artiste, qu’à l’ingénieur, où tout simplement à n’importe quel créateur.

Numériser la conscience est donc une étape naturelle dans la création d’une intelligence artificielle sensée simuler ou outrepasser nos capacités. Rencontre avec Jean-Claude Heudin, directeur du laboratoire de recherche de l’IIM (Institut de l’Internet et du Multimédia) afin de comprendre les difficultés d’une telle entreprise.

Objets connectés : Vers un monde ré-humanisé ?

Robots ménagers capables de proposer le bon programme, chauffage central apte à optimiser les coûts, automobile autonome… d’ici à 2020, 25 milliards d’objets connectés vont être mis en service. A mi-chemin entre objet et sujet, ces produits intelligents influeront sur notre rapport au monde. Une révolution est-elle en marche ?

La révolution numérique bouleverse les catégories de notre relation à autrui, dans les sphères amicales, amoureuses et professionnelles (1). Mais elle transforme aussi les cadres conceptuels de notre rapport aux choses et donc au monde. « L’Internet des Objets » (en anglais Internet of Things ou IoT) serait la prochaine étape de cette révolution.

Après la création d’Arpanet en 1969, après le lancement du Web en 1990, et après la généralisation d’Internet mobile en 2007, grâce aux smartphones, 2020 serait une année charnière : plus de 25 milliards d’objets connectés sont censés être mis en service d’ici-là. Allons-nous vers une «ré-humanisation» du monde grâce à l’injection à haute dose des intentions humaines dans des objets ? Ou bien nous dirigeons-nous vers un univers matériel saturé de données ?

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L’Épuisement de la Terre, l’enjeu du XXIe siècle – Daniel Nahon

Et si le véritable risque n’était pas le réchauffement climatique ? Et si c’était l’épuisement de la terre ? Comment nourrir dix milliards d’individus avec des sols surexploités ? Daniel Nahon sonne l’alarme. Les sols, soubassements féconds des civilisations humaines, s’érodent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Ils sont la peau de la Terre. Les argiles, une poussière de minéraux, les recouvrent d’une fine pellicule. Et nous la sollicitons de plus en plus, jusqu’à la maltraiter. La Vie pourra-t-elle continuer à y puiser ses aliments ?

« Paradoxe de la productivité » : Réévaluer l’Internet des Objets

Il y a près de 30 ans, les économistes Robert Solow et Stephen Roach avaient suscité un vif émoi en soulignant qu’en dépit des milliards de dollars investis dans les technologies de l’information, ils n’avaient pas eu de gains de productivité pour corollaire. Les entreprises achetaient des dizaines de millions d’ordinateurs chaque année et Microsoft venait d’entrer en Bourse, permettant à Bill Gates d’engranger son premier milliard de dollars.

Et pourtant, les statistiques nationales américaines ont montré que non seulement la productivité n’augmentait pas, elle ralentissait, un phénomène connu depuis sous le nom de « paradoxe de la productivité ». « L’ère informatique est partout visible » a malicieusement lancé Solow, « sauf dans les statistiques de la productivité ».

Nous pourrions aujourd’hui nous trouver à un moment historique similaire avec une nouvelle innovation: le fameux Internet des Objets – le lien créé entre des machines et des objets et les réseaux numériques. Des capteurs, des étiquettes et autres ressources embarquées connectées signifient que le monde physique peut aujourd’hui être numérisé, suivi, mesuré et optimisé.

Comme auparavant dans le cas des ordinateurs, les possibilités semblent infinies, les prévisions ont été extravagantes – et les données ne reflètent pour l’instant aucune progression de la productivité. Il y a un an, l’entreprise américaine de conseil et de recherche Gartner plaçait l’internet des objets au sommet de la courbe Hype des attentes exagérées en matière de technologies émergentes.
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Le pouvoir de l’effet placebo

Pendant des siècles, les placebos ont été considérés comme de la fausse médecine faisant appel à la tricherie et à la supercherie, mais ce documentaire ouvre une porte et démontre toute la puissance des placebos et les véritables effets qu’ils ont sur notre esprit et notre corps..

Inde : Le secteur pharmaceutique entaché par des scandales

Cet été, 700 marques de médicaments génériques testés par la société indienne GVK Bio ont dû être retirées du marché européen, à la demande de la Commission européenne.

En cause : des “manipulations systématiques de données” lors des essais cliniques. Cette décision intervient suite à la recommandation émise par l’Agence française de sécurité du médicament, en janvier dernier.

Cette nouvelle affaire ébranle la réputation de l’Inde comme leader dans le domaine pharmaceutique.

Pourquoi la croissance ralentit-elle dans les pays émergents ?

La croissance dans les pays émergents a ralenti depuis 2010. On s’attend à ce que la croissance agrégée annuelle des pays émergents passe de plus de 7 % en 2010 à environ 4 % en 2015, soit un taux bien inférieur au rythme d’expansion du début des années 2.000. Le ralentissement a été généralisé: ces trois dernières années, la croissance a été en moyenne inférieure au rythme d’avant-crise dans 21 des 23 plus grands pays émergents.

Dans certains pays, la croissance a fortement ralenti. Les pays émergents jouent un rôle important en tirant la croissance mondiale et en tant que partenaires à l’échange de la zone euro. Un ralentissement plus marqué dans les pays émergents pèserait par conséquent sur la croissance de l’économie mondiale et de la zone euro.

Nous discutons des facteurs sous-jacents au ralentissement de la croissance économique dans les pays émergents. Ces facteurs incluent la combinaison d’une modération de la croissance structurelle dans certaines des plus grandes économies et des facteurs conjoncturels tels que les répercussions internationales de la faiblesse dans les pays avancés, un changement des conditions de financement externes et le resserrement des politiques domestiques.

Une composante du récent ralentissement a été structurelle. La croissance potentielle dans les pays émergents avait tendance à augmenter avant la crise financière mondiale (tirée par une forte accumulation du capital et des gains de productivité élevés, ainsi que par une dynamique démographique favorable), mais elle a ralenti depuis.
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Margarine : La déconfiture

Il y a quelques années encore, la margarine était parée de toutes les vertus: facile à tartiner, légère et surtout riche en précieux acides gras insaturés, en oméga 3 et 6… Bref, bien plus saine que le beurre et ses vilaines graisses saturées qui bouchent les artères. Mais aujourd’hui le vent tourne! Les produits naturels et de fabrication locale ont la cote. Voici le grand retour du beurre suisse, tandis que la margarine se retrouve sur le banc des accusés.

La margarine a longtemps été recommandée aux personnes ayant un taux de cholestérol trop élevé ou en surpoids. Les acides gras insaturés des huiles végétales étaient jugés plus sains pour notre corps. Mais toutes les huiles végétales ne se valent pas. L’huile de coco ou encore l’huile de palme sont composées d’acides gras saturés, comme le beurre. Des produits souvent utilisés dans la fabrication de margarine.

La margarine perd du terrain. Les médecins ne la conseillent plus systématiquement aux malades du cœur. Le beurre se retrouve d’ailleurs sur les plateaux repas des services de cardiologie. Une tendance qui touche aussi le monde de la restauration. Des boulangers reviennent au beurre, un produit sain et naturel qui ne fait pas de mal lorsqu’il est consommé sans excès.

Le riz au Vietnam

Le Vietnam est l’un des pionniers de la riziculture, mais une riziculture excédentaire n’a été atteinte qu’après l’aménagement du vaste delta du fleuve Mékong il y a près de 300 ans. Un proverbe vietnamien populaire ne dit-il pas : “En temps normal, les hommes de savoir occupent le premier rang, les fermiers étant relégués au deuxième rang. Mais en période de famine, les fermiers occupent le premier rang, et les hommes de savoir viennent en deuxième rang“.

Au milieu des années 1990, le Vietnam est devenu le deuxième exportateur mondial de riz, mais les riziculteurs vivent toujours dans la pauvreté du fait des cours de riz bas. La diversification du système de culture intensive du riz a été encouragée afin d’accroître les moyens de subsistance des agriculteurs.

Les Vietnamiens se placent parmi les cinq plus gros consommateurs de riz au monde. Banh Chung – ou gâteau de riz gluant – est un mets prisé qui est consommé lors de la célébration de la nouvelle année lunaire (Tet). A en croire la légende, qui remonte à 3.000 ans, le sixième roi de la dynastie Hung avait nommé comme héritier au trône la personne qui lui avait offert du Banh Chung lors de la fête du Tet.

États-Unis : Un plan Marshall pour l’Amérique

Suite à l’effondrement d’un pont autoroutier en Californie le mois dernier, l’impact observé sur toute la région sud-est des États-Unis vient souligner une fois de plus la gravité des défaillances infrastructurelles du pays. En effet, dans une certaine mesure, la plus importante économie au monde s’écroule aujourd’hui peu à peu.

L’aversion idéologique vis-à-vis de l’investissement du secteur public, de même que la prédominance d’un mode de pensée à court terme de la part de ceux qui rédigent les budgets, ont abaissé les dépenses jusqu’à des niveaux bien insuffisants en matières d’autoroutes, d’aéroports, de chemins de fer, de réseaux de télécommunications et de production d’électricité.

Seulement voilà, cette problématique ne peut plus être ignorée. Si les États-Unis n’agissent pas rapidement afin de conférer de solides fondations à leur reprise économique fragile, le pays pourrait à nouveau glisser lentement vers la stagnation.

La logique la plus évidente voudrait en principe qu’une économie développée procède judicieusement et continuellement à des investissements dans les biens publics. Or, au vu de la situation infrastructurelle des États-Unis, il semble que tous les acteurs décisionnels ne partagent pas cette conception. Lire la suite

Suède : Le Mars, épave mythique de la Baltique

Construit au XVIe siècle, le bâtiment de guerre suédois «Mars» avait été conçu pour régner en maître sur la mer Baltique. Mais au cours d’une bataille décisive contre la ville de Lübeck en 1564, un incendie eut raison du navire amiral, qui coula avec la majeure partie de son équipage. Après de nombreuses tentatives de localisation, l’épave fut enfin repérée en 2011 au large de l’île suédoise d’Öland.

Le naufrage du vaisseau de guerre avait à l’époque forcé le roi Eric XIV de Suède à revoir entièrement sa stratégie politique. Ce documentaire s’attache, à l’aide de techniques scientifiques de pointe, à faire la lumière sur les derniers moments du plus grand bateau de guerre de son temps.

Les rois de l’escargot

Si les Français restent les plus importants consommateurs d’escargots au monde, avec plus de 30.000 tonnes produites chaque année, le commerce de ce mollusque s’est lentement mais sûrement développé, mondialisé et décliné en de multiples produits dérivés.

Difficile d’imaginer que certains s’en servent pour estomper leurs rides ou le consomment dans des mets pour le moins surprenants, véritables produits de luxe que l’on retrouve sur les tables des plus grands restaurants.

Ce documentaire part à travers le monde, à la rencontre des passionnés d’escargots: ceux qui les consomment, ceux qui les élèvent et ceux qui imaginent de nouveaux débouchés.

Madoff : L’homme qui valait 65 milliards

Le 11 décembre 2008, Bernard Madoff est arrêté par le FBI devant les caméras. Le monde découvre alors « Bernie » Madoff, comme l’appellent ses amis, 70 ans, ancien patron du Nasdaq.

Jusqu’alors, Madoff est essentiellement connu des spécialistes, qui le considèrent comme un génie de la finance. Bernard Madoff s’avère être en fait le plus gros délinquant que Wall Street n’ait jamais connu.

Le montant de son escroquerie s’élève à 65 milliards de dollars. C’est à peu près le PIB annuel de la Croatie.

Chômage : Le business de la précarité (Rediff.)

Fausses annonces pour vrais chômeurs. Souvent déçus par Pôle Emploi, de plus en plus de chômeurs cherchent par eux-mêmes du travail. De nombreux sites Internet publient des annonces pour des petits boulots et proposent des formations payantes. Parmi ces offres, il y a de plus en plus d’arnaques.

Plans sociaux: le mirage du reclassement. A chaque plan social, les cellules de reclassement entrent en scène. Elles sont chargées par les entreprises qui licencient d’aider les futurs chômeurs à retrouver un job.

Sauver SeaFrance, à quel prix ? Sur les 900 salariés de ce transporteur, 600 ont été sauvés, mais l’entreprise perd encore 3 millions d’euros par mois. Reportage dans les coulisses d’un sauvetage.

Pays-Bas : Arjan Roskam, le roi du cannabis

Ce documentaire retrace le quotidien surprenant d’Arjan Roskam. Ce Hollandais à l’origine vendeur dans un petit coffee shop d’Amsterdam a bâti, en quelques années, un empire financier pour le moins insolite.

Celui qui se surnomme lui-même « le roi du cannabis » est à la tête de la « Green House Seed Company », la plus grosse entreprise de vente de graines de cannabis en Hollande. En renouvelant le concept du coffee shop, Arjan Roskam a su attirer les célébrités du monde entier.

Ce génie du marketing ne s’arrête pas là. Il crée en 2008 sa propre série de télé-réalité sur Internet, « Chasseurs de souches », où les téléspectateurs peuvent suivre sa quête du cannabis parfait et ses expériences les plus folles. Avec des pointes à 2 millions de vues pour certains épisodes, Arjan Roskam a su mettre en scène son incroyable parcours. Mais autour de sa fortune et de sa personnalité règne toujours un parfum de mystère absolu.

Corée du Nord : La grande illusion

En 2012, après deux ans de tractations, Michaël Sztanke et Julien Alric avaient obtenu un visa pour pénétrer en Corée du Nord. De ce premier voyage, ils sont revenus avec des images officielles. Jamais ils n’ont pu observer ce qui se cachait derrière la vitrine de Pyongyang.

En 2014, ils ont obtenu un nouveau visa afin de terminer leur film. Cette nouvelle plongée dans le royaume ermite leur a permis de répondre aux questions restées en suspens lors de leur premier voyage.

Comment vivent les Nord-Coréens ? Quelle est la véritable nature de ce régime ubuesque ? Ils se sont également rendus en Corée du Sud afin de rencontrer des réfugiés nord-coréens qui, miraculeusement, ont pu s’échapper vers le sud et témoigner.

Brésil : Quand la France réclamait l’Amazonie

La frontière entre la Guyane française et le Brésil ne fut fixée qu’en 1900. Un arbitrage suisse mettait alors fin à deux siècles d’incertitudes au cours desquels la France se rêvait à la tête d’un vaste territoire allant jusqu’à l’embouchure du fleuve Amazone. Récit d’une bataille historique entre la France et le Brésil qui a duré près de deux siècles et reste méconnue dans l’Hexagone.

L’histoire de ce territoire contesté entre la France et le Brésil est méconnue dans l’Hexagone. Et pour cause: c’est celle d’une défaite diplomatique pour les Français. Les Français ont un pied sur le plateau des Guyanes depuis le XVIIe siècle. Cette zone revenait aux Espagnol d’après le traité de Tordesillas de 1494 tranchant les terres à conquérir entre Portugais et Espagnols.

Mais ces derniers délaissèrent le plateau des Guyanes, jugé hostile, pour de plus riches colonies en Amérique du Sud et centrale. Français, Hollandais et Anglais purent donc avoir leur part, à la traîne des empires portugais et espagnols.

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Roumanie : Le petit train à vapeur des Carpates

Cela fait plus de soixante-dix ans qu’un petit train à vapeur s’essouffle à grimper les pentes des Carpates. Il dessert notamment l’étroite vallée de Viseu-de-Sus, qui vit de l’exploitation forestière. Aujourd’hui, il est menacé.

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Tee-shirts : De fil en aiguille

Synonyme de détente, il habille nos étés. C’est l’un des souvenirs de vacances préférés des Français – mais pas seulement : il s’en vend deux milliards chaque année sur la planète ! Le champion toutes catégories s’orne de l’inscription “I LOVE NY”…

Le populaire tee-shirt − car c’est lui − a aussi gagné ses lettres de noblesse chez les créateurs. Couleurs, design, logos, l’industrie du textile a fait un objet de mode de ce vêtement créé il y a cent cinquante ans aux États-Unis pour la classe ouvrière.

Le tee-shirt représente aussi un commerce lucratif. Les usines du Bangladesh ou d’Éthiopie le fabriquent à très faibles coûts, et les distributeurs le vendent à des prix parfois élevés, avec des marges qui vont jusqu’à 70 % ! Le consommateur qui l’achète ne sait pas toujours que l’arrière-boutique n’est pas très reluisante.

Deux ans après la tragédie du Rana Plaza (2.600 ouvriers tués ou blessés dans l’effondrement d’un complexe industriel à Dacca, au Bangladesh), il reste encore beaucoup à faire pour améliorer les conditions de fabrication. Du design aux champs de coton, du tissage à l’impression, Envoyé spécial a remonté le fil du tee-shirt.

Des renards et des hommes

L’odeur de l’herbe coupée est un documentaire sur le renard en Lorraine où il fait face aux chasseurs et aux agriculteurs. A l’aide de sa caméra, le réalisateur lorrain Franck Vigna, par ailleurs naturaliste et militant dans des associations de protection de la nature, vient de réaliser un documentaire sur la place du renard dans l’écosystème de sa région. Avec ce film, il donne la parole à tous les acteurs de la vie du renard. Un piégeur, un chasseur, un scientifique, un naturaliste et deux agriculteurs exposent leurs points de vue, pour aider chacun à se forger son opinion cet animal sujet de controverses. Auxiliaire utile pour les uns, nuisible concurrent pour les autres, le renard laisse peu de gens indifférents.

via GOODPLANET INFO

L’art de la sieste

Art de vivre ou perte de temps ? Sur la plage, dans un hamac ou même dans son lit, la sieste reste le symbole même des vacances. Et si on l’adoptait le reste de l’année, comme en Espagne ? De 14 heures à 17 heures, tout un pays met ses pendules sur pause. Mais cette sympathique coutume est aujourd’hui critiquée: elle laisserait l’Espagne à contretemps du reste de l’Europe.

Un autre pays − et c’est moins connu − l’a inscrite dans sa constitution: la Chine. Dans ses usines, sur ses marchés ou dans ses rues, on s’allonge, parfois à même le sol, pour piquer un petit somme après le déjeuner. Une vision aux antipodes des clichés sur la première puissance économique mondiale !

Et si les Chinois avaient raison ? Car l’exercice serait en réalité très rentable. Les entreprises qui installent des salles de sieste le savent bien: cette pause leur est bénéfique autant qu’aux salariés, dont elle booste la productivité. De Barcelone à Pékin, en passant par New York, petit tour du monde de la sieste.

La Boétie : Discours de la servitude volontaire (Audio)

Comment la servitude peut-elle être volontaire ? comment peut-on avoir le désir de se soumettre ? Comment la liberté peut-elle se nier elle-même ? Autant vouloir ne plus vouloir, ou réclamer librement de porter des chaines aux pieds… Pourtant, c’est comme ça que ça marche : telle est l’étrange et imparable leçon du discours de la servitude volontaire.

Texte bref, parfaitement construit, scintillant, paradoxal et beaucoup plus conservateur qu’on n’a voulu le penser, le Discours de la servitude volontaire d’Étienne de la Boétie est un mode d’emploi pour ne pas être dupe du pouvoir, car ce n’est pas en luttant contre la tyrannie qu’on parvient à l’abattre, mais en comprenant ses mécanismes qu’on parvient à ne pas la subir, ni la désirer. Écoutez la parole de celui qui n’a que 16 ans quand il rédige ce texte plein de sagesse.

France Culture

Le travailleur en miettes ?

Zéro stock, just in time, good practices, qualité totale, promotion par le mérite… : suivez la tendance pour comprendre la déconstruction du système de santé-sécurité au travail. Une opinion de Christophe De Brouwer, professeur de médecine du travail (ULB).

Expression entendue dernièrement présentée comme une évolution du “travail en miettes”, titre du célèbre livre de Georges Friedman décrivant des méthodes de travail parcellisées à l’extrême de concert avec l’interchangeabilité du travailleur. L’individualisation au travail était en marche depuis la fin de la dernière guerre. Suite à la demande importante de main-d’œuvre durant cette période, cette individualisation s’accompagna d’une libération dans la vie privée et de travail.

Mais à partir des années 80, la crise aidant, les impératifs productifs se déplacèrent progressivement, non plus vers la quantité, mais vers la qualité commerciale du produit, compte tenu d’un concurrence de plus en plus globalisée. La relation entre la demande et l’offre de main-d’œuvre s’inversait, et la solitude du travailleur face à ces nouvelles organisations de travail deviendra un lot commun. Cette mutation dans l’organisation du travail s’accompagna d’une demande de polyvalence du travailleur, non pas, comme on l’avait cru, pour répondre à une diminution de la division du travail (Toyotisme), mais au contraire pour accentuer les capacités de flexibilité de l’entreprise.

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Corse : Les énigmes du trésor romain

En 1985, trois pêcheurs d’oursins découvrent des pièces d’or romaines alors qu’ils nagent dans les eaux d’un golfe corse. Rapidement, des pillards, parmi lesquels des numismates, des voyous et même quelques nationalistes corses, grappillent leur part du butin… Une enquête haletante où se croisent archéologues, policiers et trafiquants.

Céréales et changement climatique

Les récoltes de blé et d’orge en Europe pourraient chuter de plus de 20% d’ici 2040 à cause d’un réchauffement climatique estimé à une moyenne de presque 2 degrés Celsius (3,5°F). Pour le maïs, la perte est estimée à environ 10%, dans un type de culture qui a déjà été affecté par l’augmentation des températures depuis les années 80.

Ces chiffres sont issus d’une étude publiée en mai 2014 et menée par des chercheurs de l’université de Stanford (USA), Frances Moore, doctorante, et David Lobell, professeur associé en géophysiologie environnementale dans cette université californienne, et publiée dans la dernière édition de la revue Nature Climate Change.

Le groupe intergouvernemental d’experts de l’ONU sur l’évolution du climat (GIEC) avait déjà mis en avant les risques du réchauffement sur l’agriculture dans le monde dans un rapport publié le 31 mars 2014. On pouvait aussi s’inquiéter pour certains types de cultures très dépendantes du soleil, comme la vigne : des annonces avaient déjà été faites sur les conséquences du réchauffement sur le vin.

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Afrique du Sud : De sécheresses en déluges

En Afrique du Sud, sécheresses et inondations majeures se succèdent, frappant parfois une même région d’une saison à l’autre. Les experts du climat annoncent une recrudescence de ces aléas naturels à l’horizon 2100 en cas de hausse de deux à trois degrés de la température moyenne du globe.

Du Cap de Bonne-Espérance aux savanes du Limpopo, le pays, dont la population a presque doublé depuis la fin de l’apartheid et qui est encore en pleine reconstruction, doit se préparer à mieux faire face à ces menaces qui pourraient entraver durablement son développement.