L’Épuisement de la Terre, l’enjeu du XXIe siècle – Daniel Nahon

Et si le véritable risque n’était pas le réchauffement climatique ? Et si c’était l’épuisement de la terre ? Comment nourrir dix milliards d’individus avec des sols surexploités ? Daniel Nahon sonne l’alarme. Les sols, soubassements féconds des civilisations humaines, s’érodent plus vite qu’ils ne se reconstituent. Ils sont la peau de la Terre. Les argiles, une poussière de minéraux, les recouvrent d’une fine pellicule. Et nous la sollicitons de plus en plus, jusqu’à la maltraiter. La Vie pourra-t-elle continuer à y puiser ses aliments ?

Autoroutes : Vers une scandaleuse prolongation des concessions ?

En lieu et place de l’écotaxe, Ségolène Royal veut s’attaquer au “profit des autoroutes”. Voilà un objectif louable. Hélas, les contrats qui lient l’Etat et les autoroutiers sont ainsi ficelés qu’il sera difficile d’y arriver. Peut-être va-t-on vers une autre solution : une prolongation des concessions en l’échange de quelques investissements…

« La privatisation des autoroutes engagée en 2005 a été une mauvaise affaire pour l’Etat ». Cette fois-ci, ce n’est pas Marianne qui dénonce ce scandale — comme nous l’avons encore fait récemment en couverture  — mais Emmanuel Macron. Le ministre de l’Economie et de l’Industrie a fait état d’un manque à gagner de plusieurs milliards sans le chiffrer. Sans doute une grosse dizaine de milliards. Rien que ça. Mais il y a du neuf : la « nouvelle star » du gouvernement a assuré son auditoire de la volonté de Bercy de faire enfin quelque chose, comme l’y invitait d’ailleurs l’Autorité de la concurrence dans son dernier rapport. Oui mais quoi ? Et comment ? Ségolène Royal, dans la foulée de la « suspension » de l’écotaxe, a expliqué que sa « priorité » était « le prélèvement du profit des autoroutes » arguant que « sur 100 euros de péage payés par l’usager, 22 sont du profit net pour les sociétés d’autoroute » et que cela a « permis la redistribution de 15 milliards de dividendes depuis la privatisation »

S’attaquer à la rente qui prive l’Etat de recettes et dévalise les automobilistes mais remplis grassement les poches des actionnaires des autoroutes à raison de 20 % de marges nettes, est un objectif louable. Hélas, la tâche est extrêmement compliquée. L’équation est d’autant plus complexe que, non content d’avoir brader les bijoux de familles, l’Etat s’est mis dans une telle position qu’il apparaît pieds et poings liés : les contrats avec les concessionnaires sont en effet si bien verrouillés que la marge de manœuvre juridique est étroite.

Lire la suite

Gaz de schiste : Shell veut fracturer la planète

De l’Argentine à l’Ukraine, de l’Australie à l’Afrique du Sud en passant par les États-Unis, la Chine ou la Tunisie, Shell – première entreprise pétrolière mondiale – est en train d’accumuler les concessions de gaz de schiste, dans des conditions souvent controversées du point de vue social et environnemental. Cet activisme contraste avec le profil bas adopté par Shell dans son propre pays, dont la population est résolument opposée à la fracturation hydraulique. Hypocrisie qui lui vaut cette année une nomination aux Prix Pinocchio, organisés par les Amis de la terre pour dénoncer les doubles discours des multinationales.

Du gaz de schiste, Shell en veut, et en veut beaucoup. La multinationale pétrolière a mis les moyens pour accumuler d’énormes concessions un peu partout dans le monde. Dans un bref rapport intitulé « Shell : méga-fractureur global », l’organisation anglaise Platform énumérait les investissements de Shell dans le secteur des gaz et pétrole de schiste aux quatre coins du monde : en Amérique du Nord bien sûr, mais aussi en Chine, Argentine, Afrique du Sud, Turquie, Égypte, Tunisie, Algérie, Australie, Ukraine et Russie…

« Shell procède à des forages par fracturation hydraulique ou se prépare à le faire dans tous les continents, résume Platform. Ses activités de prospection et d’exploration se sont accompagnées d’une vaste campagne de relations publiques pour atténuer les controverses. »

Lire la suite

Fondation Louis Vuitton : La marchandisation de l’art à son paroxysme ?

Le 27 octobre, la Fondation Louis Vuitton doit ouvrir ses portes à Paris. « Sur le papier », elle semble incarner ce que les oligarques du marché de l’art contemporain ont fait de la création artistique : un produit mercantile, spéculatif, spectaculaire, et instrumentalisé.

Gursky Andreas : 99 Cent II Diptychon

Comment « traiter » ses actionnaires dans les colonnes ou sur les plateaux des médias qu’ils possèdent ? L’exercice demeure, pour tout journaliste et directeur de rédaction, délicat. Du Monde au Figaro, les situations l’attestent. Et en l’occurrence, l’examen interroge moins la forme intrinsèque du traitement que les interprétations, sous jacentes, qu’il fait porter sur la marchandisation et la mercantilisation de l’art. Ce, même si la profusion d’élogieux épithètes fait sourire, une fois juxtaposée sur le lien capitalistique de Bernard Arnault avec le titre concerné.

Lire la suite

Un entrepreneur à l’assaut de la planète Mars

Coloniser Mars en un siècle ? Elon Musk, qui défend ce point de vue dans une interview pour la revue Aeon, pourrait bien passer pour un doux rêveur s’il n’était pas, eh bien s’il n’était pas Elon Musk, l’un des entrepreneurs les plus célèbres de ce siècle commençant.

Co-fondateur de Paypal, créateur de Tesla Motors, la fameuse société de voitures électriques, il a également lancé SpaceX, l’une des compagnies les plus profitables du domaine de l’espace privé, qui a remporté plusieurs contrats avec la NASA, et a notamment été chargée, en partenariat avec avec Boeing, de construire des “taxis de l’espace” acheminant les astronautes américains vers la station spatiale internationale. Il est à l’origine du polémique programme Hyperloop, ce programme de transport ultrarapide. Il est également connu pour avoir inspiré Robert Downey junior dans son interprétation de Iron Man. Musk s’est récemment fait remarquer en ouvrant les brevets de Tesla Motors.Tesla Motors a été créé pour accélérer l’avènement du transport durable. Si nous voulons construire un chemin pour la création de véhicules électriques, mais que nous posons des mines de propriété intellectuelle pour inhiber les autres, nous agissons d’une manière contraire à notre objectif. Tesla n’intentera pas de poursuites judiciaires envers les personnes qui, de bonne foi, veulent utiliser notre technologie.

L’interview d’Aeon Magazine nous permet d’entrer un peu plus dans la tête de ce personnage hors norme, et nous confirme ce qu’on savait déjà. Les ambitions du bonhomme ne connaissent pas de limites, et Musk est bel et bien “un enfant de la SF” ! Son désir est de créer une colonie sur Mars, rien que ça. Non, pas envoyer une dizaine d’astronautes entretenant péniblement un laboratoire, mais y installer un million de personnes, pas moins !

Lire la suite

Serge Latouche : “La décroissance n’a pas à se situer sur l’échiquier politique”

Professeur émérite d’économie à l’université de Paris-Sud (Orsay), Serge Latouche est spécialiste des rapports économiques et culturels Nord-Sud et de l’épistémologie des sciences sociales. Il est l’un des fondateurs de la revue d’étude théorique et politique de la décroissance Entropia.

Rédacteur historique de la Revue du MAUSS, il dirige depuis 2013 la collection ”Les précurseurs de la décroissance” aux éditions Le Passager Clandestin. Serge Latouche est aujourd’hui considéré comme le spécialiste de la décroissance qu’il a contribuée à lancer dès le début des années 2000 grâce à des ouvrages tels que Le pari de la décroissance, Pour une société d’abondance frugale ou encore l’Age des limites.

Lire la suite

« Au-delà des clivages… ! »

Il y a un débat qui ne me lasse pas de me laisser coi. L’éternel débat entre les kéneysiens ou les néo-kéneysiens et les libéraux ou les néo-libéraux. Entre ceux qui pensent qu’il faut augmenter les salaires pour augmenter la consommation et donc augmenter l’investissement des entrerpises, ce qui finira par créer de l’emploi, et ceux qui pensent qu’il faut commencer par permettre aux entreprises d’investir pour qu’elles augmentent leurs capacités, ce qui va créer de l’emploi et de la consommation. Ce débat est totalement dépassé, à tel point d’ailleurs qu’on peut le comparer à la ligne Maginot à la veille de l’attaque allemande.

Plus rien ne fonctionne parce que nous avons de mauvais outils

Disons-le, il faut dépasser ce clivage économique historique car il ne répond tout simplement pas à la nouvelle économie et à nos nouvelles contraintes. Dans ces deux cadres intellectuels qui ont tous les deux deux siècles, tout est basé quoi qu’ils en disent tous sur une idée totalement partagée de la distribution de la richesse créée par le travail.

Dans ces deux systèmes de pensée, c’est par le travail que la création de valeur est redistribuée. Dans aucun de ces deux systèmes on ne sait où on est en mesure de répartir la richesse autrement qu’à travers l’idée de travail, or le travail est en voie de disparition.

Lire la suite

L’empowerment ! De quoi s’agit-il ?

Dans ce premier article consacré à l’empowerment, nous vous proposons un panorama des différentes acceptions de ce mot importé du monde anglo-saxon au début des années 2000. Difficile à traduire en français, il recouvre en effet différentes pratiques et peut, selon la définition qu’on lui donne, cautionner des interventions de natures très différentes. Le concept d’empowerment est par ailleurs assez proche de celui d’émancipation. La comparaison des notions deux fera l’objet d’un autre article. Petit tour d’horizon d’un concept déjà ancien et pourtant encore mal appréhendé par ceux à qui il s’adresse.

Traduction : “TOUS ENSEMBLE NOUS POUVONS LE FAIRE”

(…) Au cœur de la définition du concept d’empowerment, réside la notion de « pouvoir ». L’empowerment, c’est l’accroissement d’un pouvoir exercé à titre individuel ou collectif. Ce pouvoir est autant un état (avoir du pouvoir) qu’un processus d’apprentissage (acquérir du pouvoir) ou qu’une dynamique au sein de rapports de force (exercer du pouvoir). L’accroissement du pouvoir concerne à la fois des individus et des groupes ou des « communautés ». Le pouvoir peut s’exprimer dans le domaine économique, dans celui des rapports humains et dans celui des institutions sociopolitiques. (…)

Lire la suite

Les Etats ne se donnent pas les moyens d’enrayer l’érosion de la biodiversité

Les objectifs que s’est fixés la communauté internationale pour enrayer l’érosion de la biodiversité mondiale d’ici à la fin de la décennie ne seront, pour une majorité d’entre eux, pas atteints. Alors que s’ouvre à Pyeongchang (Corée du Sud) la 12e Conférence des Nations unies sur la diversité biologique à laquelle participent 194 Etats, un rapport d’étape, publié lundi 6 octobre, montre que les vingt cibles dites d’Aïchi adoptées en 2010 pour agir sur la disparition des espèces et la dégradation accélérée des écosystèmes ne sont pas ou trop peu mises en œuvre.

Si un changement de cap n’est pas rapidement décidé, il est donc fort probable qu’en 2020, la communauté internationale soit contrainte d’assumer une nouvelle décennie d’inaction. En 2002, les gouvernements s’étaient collectivement engagés à freiner le déclin de la biodiversité. Dix ans plus tard, aucun n’était au rendez-vous.

« Sur la base des tendances actuelles, les pressions sur la biodiversité continueront de s’accroître au moins jusqu’en 2020, et la biodiversité poursuivra son déclin », conclut ce quatrième rapport sur les perspectives de la diversité mondiale, tout en notant cependant qu’un nombre important d’Etats a mis en place des stratégies nationales.

Lire la suite

Alain Gras : Le socio-système énergétique

Le socio-système énergétique / Alain Gras, in “Socio-énergie. 1ères Journées internationales de sociologie de l’énergie” organisées par le Centre d’Étude et de Recherche Travail, Organisation, Pouvoir (CERTOP, Université Toulouse-Le Mirail) en partenariat avec l’Association internationale des sociologues de langue française (AISLF) et l’Association française de sociologie (AFS), Université Toulouse II-Le Mirail, 25-26 octobre 2012.

Pour Alain Gras, “L’histoire du concept d’énergie accompagne l’histoire d’une civilisation qui est pénétrée de la notion de puissance. Une puissance qu’elle exerce sur notre environnement et le terme lui-même d’ailleurs le sous-entend. Communément, par exemple, l’énergie d’une bombe atomique parle tout de suite à notre imaginaire“. De la locomotive à vapeur et du télégraphe, au nucléaire et au projet Desertec, c’est le panorama d’une société industrielle, de son développement technologique et de sa dépendance à l’énergie fossile, qui est brossé dans cette communication.

En s’appuyant sur les recherches en économie (Nicholas Georgescu-Roegen, les prospectives du Club de Rome), en démographie (celles de Paul Chifurka notamment),   sur la philosophie (Heidegger, Descartes, Tocqueville…), sur les notions de “pic pétrolier”, de paradoxe de Jevons, d’effet rebond…, Alain Gras dresse les jalons d’une histoire sociologique de l’énergie (et de la thermodynamique), qui, pour lui, n’est pas seulement un phénomène politique et militaire, mais qui est un phénomène social total, au sens de Marcel Mauss. Si Alain Gras parle de décroissance énergétique, il espère avant tout un changement de relation de l’homme avec la nature, un changement d’imaginaire où se réinsérerait le pouvoir du peuple dans les choix de société, dans les choix technologiques du futur.

Combien rapportent les différents métiers à Hollywood ?

Comédiens stars, réalisateurs célèbres, mais aussi cadreurs, cascadeurs ou scénaristes: combien gagnent les différents métiers du cinéma à Hollywood? Etat des lieux des rémunérations de la branche aux Etats-Unis.

Les cachets des stars font régulièrement la une des magazines: des 100 millions de dollars de Tom Cruise pour son rôle dans La Guerre des Mondes aux 50 millions de dollars de Robert Downey Jr pour Iron Man 3, les plafonds sont régulièrement explosés. Depuis deux décennies, la norme chez les comédiens est devenue de partager la rémunération entre une part fixe, déjà comptée en millions de dollars, et un pourcentage sur les recettes. C’est ainsi que Bruce Willis avait touché 14 millions de dollars pour interpréter Malcolm Crowe dans Sixième sens en 2000, assorti de 17% des recettes du film. Ce dernier ayant rapporté 672 millions de dollars, il a accru son cachet final de 106 millions.

Cependant, toutes les personnes présentes sur les plateaux de tournage n’émargent pas à ce genre de tarifs. Dans l’ombre des stars du 7e art, des centaines voire des milliers de spécialistes s’activent pour transformer une idée de scénariste en blockbuster diffusé dans les salles du monde entier. Leurs rémunérations sont incluses dans les budgets pharaoniques des tournages, à côté des lignes destinées aux effets spéciaux, aux décors et à la promotion à travers la planète.

Lire la suite

Conférence de Serge Latouche : « Construire l’avenir avant ou après l’effondrement ? »

Dans le cadre du cycle 2013-2014 « Une société du bien vivre – Pour sortir de la tyrannie de l’économie », co-organisé par les Amis de la Terre et le Mouvement politique des objecteurs de croissance, Serge Latouche, professeur émérite d’économie de l’Université d’Orsay, a donné une conférence intitulée « Construire l’avenir avant ou après l’effondrement ? ».

L’invitée surprise des vendanges 2014

Dans beaucoup de régions viticoles, un insecte bien encombrant, Drosophila suzukii fait une entrée en scène remarquée pendant ces vendanges 2014.

On l’annonce un peu partout et c’est le sujet qui fait causer depuis quelques semaines dans beaucoup de vignobles du centre et du nord de la France (Bourgogne, nord de la vallée du Rhône, Beaujolais…) mais aussi étrangers (Suisse, Allemagne…), au point que certains vignerons particulièrement touchés ont dû anticiper les vendanges à cause d’elle.

La drosophile, un insecte ravageur qui se développe habituellement sur des fruits déjà abîmés, tout le monde connaît ! “L’originalité” cette année, c’est que ces drosophiles piquent également des fruits sains, matures ou en cours de maturation. Et c’est probablement à Drosophila suzukii, une espèce de 2 à 4 mm de longueur, apparue en Europe, en 2009, sur le pourtour méditerranéen que l’on doit ce nouveau problème.

Lire la suite

Amiante: l’actinolite empoisonne les Travaux Publics

La détection d’une nouvelle forme d’amiante dans certains enrobés a grippé, dans plusieurs départements, les travaux sur voirie.

Le secteur des travaux publics n’avait pas besoin de ça. Le décret 2012-639 du 4 mai 2012, qui a étendu aux opérations de travaux sur voirie les obligations de gestion des risques sanitaires liés à l’amiante, visait jusqu’ici certains enrobés renforcés entre 1970 et 1995 par des fibres d’amiante de type « chrysotile » (ou « amiante industriel », voir encadré).

Les carriers sont soumis à la réglementation amiante

La partie « amiante » du règlement général des industries extractives (RGIE) a été abrogée, en vertu d’un décret du 16 juillet publié cet été. Le texte « rend applicables dans les mines, les carrières et leurs dépendances les règles prévues par le Code du travail en matière de protection contre l’amiante ». L’UNPG et l’Unicem indiquent qu’elles avaient déjà préparé leurs adhérents.

Maîtres d’ouvrage et entreprises de travaux publics, malgré les répercussions importantes de ces nouvelles prescriptions en termes de durée, d’organisation et de coût des travaux, ont mis tout en œuvre pour assurer la sécurité des interventions sur des produits dont le caractère amiantifère n’est contesté par personne.

Mais il y a un an, en juillet 2013, à l’occasion d’opérations de repérage d’amiante « industriel » avant travaux, diligentés par le conseil général des Deux-Sèvres, voilà que des analyses ont identifié pour la première fois dans les granulats des enrobés des traces de d’« amiante actinolite ».

Lire la suite

Visite guidée de la nouvelle Athènes

Le président de la Commission José Manuel Barroso estime que les « sacrifices » du peuple grec lui « ouvrent les portes d’un meilleur avenir ». Un avenir apparemment très lointain…

Hebergeur d'Images Gratuit

Préhistoire

2007. Pour dénoncer l’apparition d’une génération contrainte de se débrouiller avec 700 euros par mois, de jeunes diplômés lancent un mouvement baptisé G700. Quelques années plus tard, l’inacceptable d’hier fait rêver, et l’organisation annonce son autodissolution :

« Depuis la création du mouvement, les destinées des protagonistes du G700 ont été bouleversées. (…) Ce que nous appelions le “palier des 700 euros”, et que nous avions identifié comme une référence sociale, a été enfoncé par les événements. (…) Pour ceux qui continuent à participer à nos activités, 700 euros par mois constituent désormais une somme prodigieuse. » Fini l’exigence de « dignité » : « Notre quête personnelle se résume aujourd’hui à la survie » (1).

Lire la suite

La Terre a perdu la moitié de ses populations d’espèces sauvages en 40 ans

La planète est malade, et sa guérison semble de plus en plus incertaine. La pression exercée par l’humanité sur les écosystèmes est telle qu’il nous faut chaque année l’équivalent d’une Terre et demie pour satisfaire nos besoins en ressources naturelles, tandis que le déclin de la biodiversité est sans précédent. Ce sont les conclusions alarmantes du Fonds pour la nature (WWF), dans la dixième édition de son rapport Planète vivante, le bilan de santé le plus complet de la Terre.

Jan van Kessel (1626 – Anvers – 1679), “Paradis Terrestre”

Ce rapport bisannuel, réalisé avec la société savante Zoological Society of London et les ONG Global Footprint Network et Water Footprint Network, et présenté à l’Unesco mardi 30 septembre, se fonde sur trois indicateurs. Le premier, l’indice planète vivante (IPV), mesure l’évolution de la biodiversité à partir du suivi de 10 380 populations (groupes d’animaux sur un territoire) appartenant à 3 038 espèces vertébrées de mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et poissons.

Lire la suite

Le traité de libre-échange transatlantique TTIP s’enlise

A partir de lundi 29 septembre, des centaines d’experts de la Commission européenne et de l’administration américaine devraient s’enfermer pour une semaine entière dans des bureaux près de Washington, afin de plancher sur le traité de libre-échange entre les Etats-Unis et l’Europe, le désormais fameux TTIP. Pour ce septième « round » d’une négociation qui a démarré à l’été 2013 et qui est de plus en plus contestée et sérieusement menacée d’enlisement.

Quels sont les enjeux ?

Le TTIP a l’ambition d’annuler les barrières douanières à l’exportation entre les Etats-Unis et l’Union européenne, mais aussi de faire sauter tous les freins non tarifaires pour les services et l’industrie, c’est-à-dire de faire s’entendre les deux parties sur un alignement de leurs réglementations dans l’alimentation, l’environnement, l’agriculture, etc. Bruxelles assure que l’économie européenne pourrait en tirer près d’un demi-point de croissance de son produit intérieur brut (PIB) en plus par an.

Mais la société civile européenne, notamment très mobilisée en Allemagne, s’inquiète d’un risque de nivellement par le bas des normes environnementales, sociales, etc., du Vieux Continent.

Lire la suite

Les paysans malades des pesticides

Ils ont entre 45 et 55 ans, sont agriculteurs intensifs, sans aucune culture militante. Ils sont de droite, parfois très à droite. Rien ne les prédestinait à devenir contestataires de l’agriculture chimique, sur laquelle ils avaient au contraire tout misé. Mais suite à des ennuis de santé graves, liés aux produits phytosanitaires, ils vivent une évolution de leur pensée.

Malades, culpabilisés par les institutions qui leur ont pourtant souvent caché les dangers de la chimie de synthèse, ils se perçoivent à la fois comme victimes et responsables, parfois même comme empoisonnés et empoisonneurs, révélant au travers des contradictions dans lesquelles ils sont pris, aussi bien les enjeux actuels du système capitaliste, qu’une culture singulière oscillant entre fierté et hantise du regard des autres.

France culture

Le sport est devenu un outil au service de la croissance

« Le sport est un de ces outils de la société de croissance qui se trouve au cœur du pillage des ressources de la planète et de pollutions irréversibles. Est-il nécessaire de mobiliser tout cela pour jouir de la pratique sportive ? »

Une ville abandonnée, une autre en proie à de violentes manifestations, des pétro-dollars comme carburants … rien de nouveau finalement. Sauf qu’il ne s’agit pas d’évoquer Détroit, la crise grecque ou l’arrivée massive d’investissements émanant du golfe persique dans nos industries. Non, aujourd’hui, le collectif « Un Projet de Décroissance » propose de s’intéresser au sport.

Ce sport qui a fait de Sotchi une cité olympique mais qui est déjà en ruine et ruinée ; le sport qui a provoqué l’embrasement de Rio en raison d’une coupe de monde de football scandaleusement coûteuse. Certes c’est le pays du football mais c’est aussi le pays des favelas ; le sport qui voit aussi les fonds d’investissements du golfe persique débouler sur les terrains, à croire que l’argent est le pétrole du sport, le menant à sa perte. Le sport n’est plus un simple jeu. Il est bien plus ou plutôt bien moins.

Lire la suite

La vie sans pétrole, c’est possible !

Jardins partagés, énergies propres… la révolution verte est en marche. Des initiatives surtout citoyennes. Pour Alain Grandjean, économiste, l’or noir se fait rare, pas les idées.

Saviez-vous que huit cents millions de personnes pratiquent l’agriculture urbaine et produisent 15 à 20 % de l’alimentation mondiale ? Qu’en 2011, en Italie, les ventes de bicyclettes neuves ont dépassé celles des voitures neuves pour la première fois depuis quarante ans ? Et qu’en Allemagne, 51 % de l’énergie renouvelable est fournie par les citadins et les agriculteurs ? Autant de signes, avance Rob Hopkins dans un livre formidable à paraître le 16 octobre 2014, que la « transition » écologique et sociale est en marche.

Lire la suite