Grèce : Retour à la terre pour échapper à la crise

Après six ans de récession dont quatre placés sous le signe d’une austérité toujours plus dure, la Grèce est exsangue. Ultime solution pour les personnes déclassées, le retour à la terre, avec son lot de désillusions… Reportage chez ces nouveaux ruraux pas toujours bien préparés à cette reconversion.

Cela fait maintenant six ans que la Grèce est en récession et quatre qu’elle subit la cure d’austérité sans précédent imposé par la Troïka. Le chômage, qui a explosé pendant la crise, est, de loin, le plus élevé de la zone euro. Selon Eurostat, il s’élève aujourd’hui 27,5% et dépasse les 58% chez les jeunes.

L’une des rares portes de sortie pour échapper au conséquence de la crise, c’est le retour à la terre. Pas si étonnant quand on se souvient que l’agriculture est resté le premier secteur de l’économie grecque jusque dans les années 1970 avant de perdre progressivement du terrain face à l’industrie et aux services.

Si on a du mal à le chiffrer avec certitude, le ministère de l’Agriculture ne faisant aucun recensement – et aucune déclaration n’étant nécessaire a moins de vouloir toucher d’hypothétiques subventions – le phénomène est réel.

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France : La plus importante usine de cigarettes bientôt délocalisée en Pologne

Addendum: “Ces actionnaires sont des vrais requins“, “c’est un coup de massue“, peut-on entendre de la part des salariés. Le projet de fermeture entre dans le cadre d’un plan d’économies de 385 millions d’euros d’ici 2018 pour Imperial Tobacco. La production pourrait être délocalisée en Pologne et en Angleterre

La plus importante usine de cigarettes de France, située à Nantes, qui produit des Gauloises et des Gitanes pour la filiale d’Imperial Tobacco devrait fermer. Sa production sera délocalisée en Pologne. 327 emplois sont en jeu.

Tout un symbole. Le fabricant de cigarettes Seita, filiale du groupe britannique Imperial Tobacco, devrait annoncer son projet de fermer son usine de Nantes, qui emploie 327 salariés, dans le cadre d’un plan de restructuration, révèle Le Figaro ce lundi. L’entreprise a convoqué un comité central d’entreprise extraordinaire pour mardi, selon les informations du quotidien.

La plus importante des deux dernières usines de France

Située à Carquefou, dans la banlieue de Nantes, l’usine est la plus importante des deux derniers sites de production de cigarettes en France. L’année dernière, elle a produit 12,2 milliards de cigarettes blondes : principalement des Gauloises et des Gitanes. Selon les informations du Figaro, la production nantaise sera délocalisée en Pologne, mais une partie pourrait aussi être transférée au Royaume-Uni, sur le site de Nottingham.

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Seine-Maritime : 5 banques victimes d’arnaques “à la Zaïroise”

Près de 240.000€ de préjudice, une dizaine de victimes en France et à l’étranger: deux escrocs aux vrais-faux comptes bancaires ont été interpellés le 24 mars par les policiers de la brigade financière de la Sûreté départementale de Seine-Maritime.

Blooco le Pitchichi, le commanditaire ivoirien, est en prison

L’un des escrocs, surnommé Blooco le Pitchichi, un Ivoirien de 34 ans, est le commanditaire. Le second, Sofiane, 23 ans, domicilié à Déville-lès-Rouen, servait de “mule”. C’est lui qui était chargé d’ouvrir les comptes bancaires sous des noms d’emprunt. Ils sont soupçonnés d’une série d’escroqueries en Seine-Maritime et à Béziers.

La mise au jour de ces “arnaques à la Zaïroise” (on les appelle ainsi en raison du mode opératoire) est le fruit d’une coopération entre les établissements financiers et les services de police de Seine-Maritime, dans le cadre du réseau vigilance.

Les policiers trouvent une faille et l’exploitent

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Croatie : L’écologie fait bouger la société

La Croatie est membre de l’Union européenne depuis juillet 2013. Le mouvement écologique y agite de manière surprenante la société, alors que les pressions environnementales s’accroissent de tous côtés.

Le 6 mars dernier, à 9 heures, une dizaine de militants écologistes ont joué une partie de golf devant le parlement croate à Zagreb. La presse nationale est venue nombreuse pour relayer leur message: le refus de la transformation de la côte du pays en vaste complexe immobilier touristique. L’action était signée Zelena Akcija, « Action Verte » – l’organisation écologiste la mieux connue du pays et membre de la fédération internationale des Amis de la Terre.

La côte croate, connue pour sa beauté et sa biodiversité, est à la fois une fierté nationale et une attraction touristique. Elle est aussi la proie des investisseurs, qui souhaitent y construire des appartements de luxe, des hôtels, et des golfs.

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La stratégie de l’Anaconda

Pour le géopoliticien allemand Karl Haushofer les Anglo-saxons pratiquent la politique de l’Anaconda, consistant à enserrer progressivement sa proie et à l’étouffer lentement. – Article rédigé par Édouard Rix, pour la revue Réfléchir & Agir, automne 2012, n°42, pp. 45-47.

Dans “Terre et Mer“, Carl Schmitt rappelle que les cabalistes du Moyen-Age interprétaient l’histoire du monde comme un combat entre un animal marin, une puissante baleine, le Léviathan, et un animal terrien, éléphant ou taureau, le Behemoth (1). Ce dernier essaie de déchirer le Léviathan avec ses défenses ou ses cornes, tandis que la baleine s’efforce de boucher avec ses nageoires la gueule du terrien pour l’affamer ou l’étouffer.

Pour Schmitt, derrière cette allégorie mythologique se cache le blocus d’une puissance terrestre par une puissance maritime. Il ajoute : « l’histoire mondiale est l’histoire de la lutte des puissances maritimes contre les puissances continentales et des puissances continentales contre les puissances maritimes » (2), axiome que reprendront les géopoliticiens anglo-saxons.

Le Sea Power de Mahan

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L’histoire secrète de la crise financière ou comment la Fed domine le monde

Par Harold James, professeur d’histoire à l’Université de Princeton et senior fellow au Center for International Governance Innovation.

De nouvelles informations apparaissent, concernant l’attitude des autorités monétaires et financières, face à la crise, en 2008. Elles montrent le rôle clé de la Fed et la marginalisation du FMI.

Le grand roman de Balzac Les illusions perdues se termine par une tirade sur la différence entre « l’histoire officielle », qui est un « tissu de mensonges », et « l’histoire secrète » – c’est à dire la vraie histoire. Dans le temps, il était possible de cacher les vérités scandaleuses de l’histoire pendant longtemps – voire pour toujours. Plus maintenant.

Ceci n’est nulle part aussi apparent que dans les récits de la crise financière mondiale. L’histoire officielle dépeint la Réserve fédérale américaine, la Banque centrale européenne et les autres grandes banques centrales comme adoptant une action coordonnée pour sauver le système financier mondial de la catastrophe.

Cependant, les transcriptions publiées récemment des réunions de 2008 du Federal Open Market Committee, le principal organe de décision de la Fed, révèlent que, dans les faits, la Fed a émergé de la crise en tant que la banque centrale du monde, tout en continuant à servir en premier lieu les intérêts américains.

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Allemagne : Un salaire minimum de dilettante

Les restrictions à l’instauration des 8,50 euros brut de l’heure dans le monde du travail suscitent de vives critiques. Certains secteurs échapperont à la nouvelle réglementation et les employeurs seront tentés d’utiliser un réservoir de main-d’œuvre low cost.

Agence pour l’emploi en Allemagne

La droite chrétienne-démocrate (CDU-CSU) et les organisations patronales ont atteint leur objectif : détricoter le salaire minimum légal [qui doit entrer en vigueur le 1er janvier 2015].

Voilà que les chômeurs de longue durée sont à leur tour [à l'instar des jeunes sans qualification de moins de 18 ans et des stagiaires préparant leur entrée dans le monde du travail] exclus du salaire horaire à 8,50 euros. Une preuve d’amateurisme sur le front de la politique du marché du travail.

Un allongement artificiel des périodes de chômage
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« Vélorution ou le Pouvoir de la Pédale »

Le vélo est l’arme tranquille de la révolution écologique. Le vélo pourrait transformer nos sociétés cabossées. C’est le leit-motiv du journaliste Olivier Razemon, qui rappelle tout le potentiel économique du vélo et le pouvoir de transition qu’il porte en lui.

Plus d’une centaine d’amoureux de la petite reine de tous âges, beaucoup de militants, de ceux qui font la « vélorution » en deux roues tous les premiers samedis du mois dans les rues de Paris pour réclamer plus d’espace, se sont déplacés, la semaine dernière, à la Maison du vélo, près de la Bastille, à Paris.

Dehors, sur la chaussée, plein de vélos sagement garés. Comme dans son essai « poil à gratter », Le pouvoir de la pédale, au style drôle et léger, le journaliste-blogueur spécialiste des transports, d’urbanisme et des modes de vie, Olivier Razemon est invité à raconter comment le vélo pourrait transformer nos sociétés cabossées.

Les participants se sont installés dans l’atelier, entre pneus pendouillant au plafond, fourches, guidons, clés et chaînes de toutes tailles méticuleusement bien classés. Les uns prennent des notes, d’autres filment, témoignent, tous ravis d’une publication redorant les guidons d’un objet trop souvent caricaturé et catalogué selon les époques: d’abord pour les prolos, puis pour les sportifs et les loisirs, et désormais pour les bobos ou les riches, bref jamais pour soi, toujours pour l’autre, et trop peu pensé pour réparer les villes.

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Procès du viticulteur bio : « Je n’ai pas traité mes vignes et je l’assume » (Màj : Emmanuel Giboulot reconnu coupable)

Mise à jour du 07/04/14 : Emmanuel Giboulot, reconnu coupable, fera appel

Le viticulteur a été condamné à 1 000 euros d’amende dont 500 avec sursis par le tribunal correctionnel de Dijon. Il va faire appel.

Emmanuel Giboulot, le viticulteur beaunois poursuivi pour avoir refusé de traiter ses vignes contre la flavescente dorée, a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Dijon. Le jugement rendu ce lundi midi a condamné le viticulteur à payer une amende de 1.000 euros dont 500 euros avec sursis. La juge a donc suivi le réquisitoire du parquet. Emmanuel Giboulot encourait jusqu’à six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. A la sortie de la salle d’audience, Emmanuel Giboulot a estimé qu’il s’agissait « d’une peine symbolique mais pas juste». Et a assuré qu’il comptait faire appel de ce jugement.

Bienpublic


Article du 26/02/14 :

Quand il apparaît sous le grand soleil de la fin de matinée, c’est une salve d’applaudissements et de hourras qui résonne devant le tribunal correctionnel de Dijon. Emmanuel Giboulot prend la parole face à une foule de plus d’un millier de personnes venue le soutenir dans son procès.

Le viticuleur de 51 ans comparaissait, lundi 24 février, pour avoir refusé de traiter ses dix hectares de cépages, exploités en biodynamie à Beaune (Côte-d’Or), contre une maladie très contagieuse et mortelle pour la vigne, la flavescence dorée. Une infraction pénale passible de six mois d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende.

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Amazonie : Le champignon capable de digérer le plastique

Des étudiants américains ont découvert un incroyable champignon jusqu’alors inconnu qui est capable de digérer totalement le plastique. Le domaine de l’écologie va peut-être faire un bond en avant grâce à cette trouvaille sensationnelle.

Pour Bernard Henrissat, directeur de recherche au CNRS, au laboratoire AFMB à l’université d’Aix-Marseille, “c’est une découverte à première vue extraordinaire”.

Un groupe d’étudiants de l’université de Yale s’est rendu dans la forêt amazonienne, en Équateur, dans le but de rapporter des plantes et des champignons. Ils ont participé à la Rainforest Expedition and Laboratory avec leur professeur afin d’améliorer leurs connaissances dans le domaine de la botanique.

Ils sont revenus chargés de nombreux spécimens végétaux qu’ils ont étudiés pour découvrir une nouvelle espèce de fungus très intéressante qu’ils ont nommée Pestalotiopsis microspora.

Ce champignon pourra se révéler très utile à l’avenir, d’une part parce qu’il est capable de survivre en se nourrissant de plastique (de polyuréthane pour être précis) et d’autre part parce qu’il peut le faire dans un milieu anaérobie, autrement dit sans oxygène.

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Grèce : Diplômes accélérés pour étudiants acceptant l’austérité

La troïka composée de la Commission Européenne, de la Banque Centrale Européenne et du Fonds Monétaire International envisage de donner la possibilité d’obtenir leur diplôme en seulement un an pour les étudiants grecs motivés qui accepteront de s’engager pour les réformes de marché et l’amélioration de la compétitivité de la Grèce, rapporte le journal grec Eleutherotypia.

Des membres du gouvernement grec ont indiqué que la troïka a établi un lien entre le rythme hésitant avec lequel les réformes sont adoptées, et le manque d’étudiants « politiquement fiables » qui acceptent la nécessité de l’austérité en Grèce et l’adoption des réformes y relatives.

La troïka explique que  la nouvelle ère exige un nouveau type d’étudiants « politiquement fiables », qui pourraient suivre un cursus universitaire raccourci pour éviter qu’ils ne se radicalisent.

Les étudiants intéressés par cette formule devront signer une lettre d’engagement personnel, qui leur ouvrira la voie à ce cursus accéléré. « Créer un cadre pour que des diplômés soient équipés avec un outillage politique et économique adéquat serait très utile pour les investisseurs intéressés par le programme de privatisations du pays », a déclaré un membre du gouvernement.

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Transports publics : La fraude coûte 500 millions d’euros par an

Un voyageur sur deux en France reconnaît volontiers resquiller régulièrement dans les transports publics. La fraude y est estimée à 500 millions d’euros l’année. Les entreprises publiques qui y sont confrontées tentent d’endiguer le phénomène, qui ne fait que progresser.

La SNCF perd 300 millions d’euros, l’an, la RAPT 100 millions d’euros

Dans le métro parisien, les fraudeurs mettent en cause le prix trop élevé, selon eux, des transports en commun franciliens. La SNCF déclare perdre chaque année 300 millions d’euros, de quoi équiper ses lignes de onze rames de TGV.

Les contrôles se sont multipliés, mais les amendes reviennent moins chers que l’abonnement, et certains préfèrent donc payer ces amendes plutôt que de payer leur billet. Une application sur smartphone, qui compte 50.000 utilisateurs actifs, permet même de géolocaliser les contrôleurs.

Irlande : Un “succès” de l’austérité que la population paye cash

L’Irlande est le premier pays de la zone euro à être sorti du plan d’aide de la troïka. Le 7 janvier, le pays revient sur les marchés financiers et emprunte à bas prix. La reprise est là: le taux de chômage est en décembre 2013 à 12,1% pour 14,7% un an auparavant. Le ministère des Finances se félicite du taux de croissance de l’économie (2% attendu en 2014). L’Europe se réjouit de ce succès. Mais est-ce vraiment un succès ?

En Irlande, les habitants ont vu leur vie et leur avenir complètement ravagés par l’austérité. Et malgré le retour de l’Irlande sur les marchés, eux ne voient pas leur vie s’améliorer.

Comment l’Irlande en est-elle arrivée là ?

Dans les années 90 et 2000, l’Irlande était une nation prospère, essentiellement portée par le secteur de la construction. Des chantiers fleurissaient un peu partout. Et les Irlandais étaient nombreux à emprunter, parfois plusieurs fois. Les banques suivaient. Les prix de l’immobilier atteignaient des sommets. Mais en 2007-2008, la bulle immobilière explose. Les prix chutent et emportent avec eux les banques, achevées par la crise financière mondiale.

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Bretagne : La révolution localiste est en marche

Alain Glon, qui fut le patron du groupe Glon-Sanders, avait depuis quelque temps un projet de modèle économique d’un type nouveau susceptible de donner à la Bretagne un nouvel élan économique.

Ce modèle a la particularité d’être local, enraciné et solidaire, c’est-à-dire qu’il se situe aux antipodes du modèle mondialisé, déterritorialisé et financiarisé que nous subissons et qui nous a amenés au bord du précipice (nous y sommes toujours, sept ans après le début de la méga-crise que le regretté Maurice Allais avait pronostiquée dès 1992).

Le projet en cours dont le nom est « Redéo », ce qui signifie « il est nécessaire » en langue bretonne, est un projet associatif dont le but est de détourner une part, la plus importante possible, de l’épargne des Bretons (16 milliards d’euros par an) pour l’investir dans des projets entrepreneuriaux en Bretagne. Les bénéfices dégagés par ces entreprises seront, pour une part, distribués aux épargnants et, pour une autre part, réinvestis dans la région.

Un projet localiste et enraciné
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L’architecture de survie en milieux urbains hostiles

À l’orée des années 1990 est inventé un nouveau domaine particulier de l’architecture humanitaire, inconnu auparavant: l’architecture de survie en milieux urbains hostiles destinée aux sans-abris, qui se caractérise par une réduction drastique des échelles d’intervention, de temps et de coût.

Des démarches isolées ou de concepteurs regroupés au sein d’associations, s’inspirent tout à la fois des pratiques ingénieuses observées dans la rue, et des propositions faites par les architectes italien, anglais et autrichien du mouvement « radical » qui, pour d’autres raisons, détournaient de leur fonction initiale les technologies de la Nasa, combinaisons spatiales, capsules Apollo, véhicules et autres équipements conçus pour la survie et l’autonomie de l’homme dans l’environnement hostile spatial.

Ainsi de nouveaux « objets » architecturés apparurent dépassant le stade des traditionnels abris auto-construits: l’habitacle, balise, living capsule et kit de survie, les niches mobile ou nomade, les combinaisons de protection individuelle, body capsules, habit-acles et habits-abris, les ready-made refuges, les maisons-valises, les Houseless pour Homeless, etc.

« Ceux qui disent ”la crise est conjoncturelle et tout va s’arranger”, sont non seulement des menteurs, mais comme vous dites des négationnistes. » – Paul Virilio (1997)

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États-Unis : Des vaches engraissées… aux bonbons !

Aux États-Unis, certains éleveurs bovins alimentent leur bétail avec des bonbons pour faire des économies et engraisser l’animal plus rapidement.

C’est la nouvelle trouvaille de certains éleveurs de bovins américains pour faire des économies sur le fourrage destiné à nourrir les animaux. En réponse à la hausse des prix du maïs, les vaches de certaines exploitations sont désormais nourries de friandises bon marché à hauteur de 8%.

Morceaux de bonbons, mix de chocolats ou encore miettes de biscuits industriels, non seulement les rebuts des usines de sucreries assurent d’importantes économies aux producteurs (160$ pour une tonne de pépites de bonbons contre 315$ pour une tonne de maïs), mais ils permettent aussi d’engraisser les vaches plus rapidement.

Ces aliments ont un ratio de graisse bien plus élevé que le maïs traditionnellement utilisé” explique Joseph Watson, éleveur dans le Kentucky. Des vaches qui engraissent donc plus rapidement, mais produisent également plus de lait (jusqu’à 1,5 litre supplémentaire par bête et par jour), tout cela à moindre coût pour l’éleveur.

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Europe : En pilotage automatique néo-libéral ?

Par Michel Santi, économiste, auteur de « L’Europe, chronique d’un fiasco politique et économique », de « Capitalism without conscience » . Son dernier ouvrage est  « Splendeurs et misères du libéralisme »  (l’Harmattan).

Une confiscation en bonne et due forme de l’appareil économique a été entreprise depuis la fin des années 70 par une infime minorité qui a redistribué en sa faveur le produit du travail des autres.

L’austérité tue

Ce ne sont effectivement pas tant nos usines, nos industries et nos entreprises qui ne sont pas ou plus productives. En fait, cette productivité a été monopolisée au bénéfice d’une élite qui a assisté – totalement indifférente- au creusement d’un fossé entre salaires réels et productivité.

L’Allemagne elle-même, qui s’érige en donneuse de leçon de productivité, n’a pu bénéficier d’une croissance au-dessus de la moyenne européenne qu’à la faveur de sacrifices constants exigés à sa population. Le moteur à l’exportation allemand ne rugit pas seulement par la grâce de la force productive de ses entreprises.

En réalité, c’est aux réformes dites « Hartz » entreprises dès 2003 – et qui ont consisté à transférer des ressources et des richesses du citoyen vers les entreprises et vers le secteur financier – que l’Allemagne doit d’avoir dopé ses exportations. Ce sont effectivement les réductions salariales et les réformes drastiques de son marché du travail qui ont amélioré notablement sa productivité, en y comprimant à l’extrême le coût du travail.

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Santé : Les dangers méconnus du monoxyde de dihydrogène

Le monoxyde de dihydrogène est un composé chimique incolore et inodore. Le fait qu’il soit un excellent solvant et que son constituant de base soit l’hydroxyl, un radical instable, le rend particulièrement intéressant pour l’industrie chimique. D’autant plus que, présent en abondance sur Terre, son coût est minime.

Et pourtant… sa dangerosité, aussi bien sur l’environnement que pour la santé humaine, est établie depuis des décennies. Le monoxyde de dihydrogène (en anglais « Dihydrogen Monoxide » ou DHMO) est en effet un constituant de substances toxiques, d’agents provoquant ou favorisant de nombreuses maladies et menaces pour l’environnement et peut même être létal à un être humain à de faibles doses.

Également dénommé: oxyde de dihydrogène, hydroxyde d’hydrogène, hydroxyde d’hydronium, ou simplement acide hydrique, cette substance chimique cause la mort de centaines de milliers de personnes tous les ans. On la retrouve dans de nombreux composés caustiques, explosifs et toxiques tels que l’acide sulfurique, la nitroglycérine et l’alcool éthylique.

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Rémi Brague : « Vouloir être moderne à tout prix crée un terrible vide social et politique »

Par Rémi Brague, membre de l’Institut, professeur de philosophie à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne et à la Ludwig-Maximilians-Universitat de Munich, auteur de nombreux essais dont Europe, la voie romaine (1992), la Sagesse du monde (1999), La Loi de Dieu (2005), Au moyen du Moyen Âge (2008) et le Propre de l’homme (2013)

Il faut être “modérément moderne“, et non “résolument”, comme le préconisait Rimbaud dans un slogan aussi galvaudé que creux. Et prendre ses distances d’avec cette maladie, la “modernité”. C’est ce qu’explique Rémi Brague dans une série de réflexions incisives sur les notions de Modernité, de Culture, d’Histoire, de Sécularisation, de Progrès…

Le 28 mars 2014, sur Radio Courtoisie, Jean-Marie Le Méné recevait dans son Libre Journal: Rémi Brague pour son dernier ouvrage “Modérément moderne“, paru aux Éditions Flammarion:

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La “modernité” – concept souvent vide de sens dans la bouche de ceux qui s’en réclament – ne doit pas être la fin en soi de l’action politique. Plutôt que de sombrer dans le culte de cette “modernité”, mieux vaudrait savoir préciser cette notion difficile à manier.
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Petite histoire de l’heure d’été (Rediff.)

Sur le site du ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, on pouvait lire jusqu’en 2011 : “L’heure d’été a été instituée en France en 1975 suite au choc pétrolier de 1974 avec l’objectif d’effectuer des économies d’énergie en réduisant les besoins d’éclairage notamment en soirée. On estime aujourd’hui à 250.000 tonnes d’équivalent pétrole (tep) les économies d’énergie annuelles résultant de la mise en œuvre du régime de l’heure d’été dans notre pays.”

Vrai ? Faux ? Notre but, ici, n’est pas de prendre position mais je vous conseille quand même la lecture très édifiante d’un rapport d’une Délégation du Sénat pour l’Union européenne qui date de 1997 et qu’on peut trouver ici.

La conclusion en est : “Il ressort de l’ensemble de cette étude que les avantages annoncés ou attendus du changement semestriel de l’heure ne sont pas suffisamment importants pour compenser les inconvénients ressentis par les populations. En conséquence, la logique conduit à souhaiter l’abandon de ce dispositif artificiel et de revenir à un déroulement plus naturel du temps…” Ah bon ?

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