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  • NON, car en détruisant les garde-fous politiques et sociaux qui nous protègent encore un peu de la mondialisation, elle achèvera le travail de sape des précédentes crises (10%, 108 Votes)
  • OUI, car elle revitalisera l'économie, par la stimulation de ses potentiels d'innovation et de concurrence, grâce au "mécanisme de destruction créatrice" (J. Schumpeter). (5%, 54 Votes)

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Après Dubaï, à qui le tour ?

La quasi faillite de Dubaï n’a pas créé de panique sur la planète financière. Mais l’euphorie des derniers mois laisse place à un sérieux doute.

Quel pays va mettre les clés sous la porte comme l’Émirat vient de le faire ? La Grèce, l’Irlande ? L’Espagne, l’Italie ? Les pays de l’Est européen ? L’examen se fait précis : il s’agit non pas seulement de savoir si ces pays ont les capacités financières de rembourser. Analyse économique classique. Mais de savoir si leur gouvernement a les moyens politiques d’imposer à sa population les mesures d’austérité qui en découleront.

Dubaï a été une surprise : tout le monde savait que la ville-État construisait son futur, mi-Singapour, mi-Miami, à coup de crédits. Tout le monde pensait que construire des Marina en forme de palmier pour que les Britanniques viennent y attraper des coups de soleil, était périlleux.

Et cette tour de 810 mètres, la plus haute du monde : depuis la tour de Babel, l’histoire a montré que dès qu’un pays se plaît à monter ses tours plus hautes que les autres, il tombe (Babel, le Chrysler Building qui a été terminé un jour avant le jeudi noir de 1929, Singapour avant la crise asiatique…)

Dubaï : un subprime ? Les marchés financiers le savaient. Que l’émir Al-Maktoum ait à faire face un jour à un problème d’endettement, tout le monde s’en doutait.

La surprise est venue de l’inaction des Émirats Unis, qui a contraint les autorités de Dubaï de différer de six mois la dette de Dubaï World, un de ses fonds publics. Certes, ensuite, une fois que l’odeur de brûlé avait fait le tour du monde, les banques centrales locales ont agi. D’où le calme revenu dès le lendemain sur les marchés mondiaux.

Mais les investisseurs internationaux n’ont pas compris pourquoi Khalifa Al Nahyan d’Abou Dhabi a pris le risque de ne pas venir immédiatement au secours du cousin. L’opacité et la complexité des circuits financiers de la région ne les ont pas aidés à percer le mystère.

Mais la vraie raison est historique et politique, relative à la préséance au sein des Émirats. Et voilà qui cause le trouble : la politique, la petite politique parfois, fait basculer les tours les plus hautes. L’ordre économique ne résiste pas à la beauté du nez de Cléopâtre. Et ce nez fait peur aux banquiers.

Dubaï n’aura pas créé de panique faisant replonger l’économie mondiale. Juste un avertissement. Mais il a été entendu. Au sein des marchés financiers, le doute est profond : et si la reprise depuis six mois n’était pas solide ?

Les banquiers traînent les pieds pour adopter les régulations du G20 et, dans le même temps, leurs traders sont repartis comme avant dans la course pour inventer, titriser et multiplier les produits miracles. La liquidité, redevenue abondante, le leur permet. Et si le retour à ces pratiques financières d’avant-crise des banques n’était pas synonyme de la «sortie de crise», mais de la préparation de la suivante ? Dubaï vient de leur brûler les moustaches et de leur montrer la fragilité de ce qu’ils échafaudent.

Voilà, en vérité, quelques semaines que le climat est, disons, interrogatif dans la finance mondiale. N’a-t-elle pas été trop optimiste ? Le plafonnement des cours de bourse depuis début septembre en est l’expression.

Première question : et si la reprise était plus faible qu’attendue ? Les marchés financiers et les banques ont tenu un discours très positif depuis mars dernier : dire que la récession était terminée allait dans leur intérêt, celui de faire reprendre un peu de couleur aux actifs toxiques encore détenus dans les coffres. La réalité a été conforme : grâce à l’Asie, la récession s’est en effet arrêtée au printemps en Europe et après l’été aux États-Unis. La croissance est de retour.

Mais avec quelle vigueur ? Les économistes ont été prudents, mais les marchés ont cru à une forte reprise, évoquant même un schéma en V. Aujourd’hui, ils doutent. Est-ce si sûr ? Les calculs macro-économiques outre-Atlantique montrent que toute la reprise est due aux plans de relance. Quand ceux-ci vont être démantelés, à mi-2010, quand on va retirer les béquilles, comment se portera le malade ? Doute. Les marchés ne savent pas et ils n’aiment pas ne pas avoir de direction.

Deuxième question : les fameuses dettes souveraines. Les pays industrialisés vont lever 15 000 milliards de dollars cette année et la suivante, pour financer les plans de relance. Une hausse de 30%. N’est-ce pas trop ? Ne faut-il pas commencer à y regarder de plus près, comme il aurait fallu le faire à Dubaï ?

Pour l’heure, les emprunts souverains sont considérés comme sans risque. Le marché des dettes publiques a été calme. Les cas d’États qui font défaut sont rares, comme la Russie ou l’Argentine. Dans la tourmente, les bons des Trésors sont des havres de sécurité. Pourtant, les marchés commencent à s’interroger. Ils fabriquent à tour de bras des «dérivés» pour se couvrir contre les dettes des pays qui feraient défaut (les fameux CDS).

Nous revoici dans la politique. Réapparaît le nez de Cléopâtre.

Le problème des dettes gigantesques laissées par la crise a été repoussé à plus tard. Attendons, avant de s’en préoccuper, que la reprise se confirme, soulignent le FMI (Fonds monétaire international), Obama ou Sarkozy. Ils ont raison.

Et puis, ce renvoi à l’avenir du paiement ne gênait pas trop la communauté financière, elle croyait s’en sortir par une politique de crête : «juste assez d’impôts» et «juste assez de retour de croissance» et tout ira bien, comme le dit justement Gilles de Margerie. Mais aller sur une crête, c’est risqué. Les aléas sont très nombreux : les contribuables accepteront-ils ? Les jeunes ne vont-ils pas se révolter contre cette dette qu’on leur laisse?

Les banquiers savent qu’ils ont reconstruit leur business sur une réponse optimiste à toutes ces questions. Dubaï a, un instant, mis le feu à ces scénarios roses. Un instant seulement puisque la chute a été vite enrayée. Mais il reste comme une odeur de brûlé…

Slate

5 commentaires pour Après Dubaï, à qui le tour ?

  • Pakounta

    A qui LA tour, plutôt…

  • oriana

    Mon salaire misérable ne m’offre pas la possibilité de placer en bourse, à cela s’ajoute mon ignorance totale de ce « sport », toutefois je m’interroge sur la possibilité que cette crise soit plus ou moins provoquée afin de mettre en place une nouvelle économie et la nouvelle monnaie dont on entend parler depuis quelques temps.

  • Inferno 666

    Ils ont pris une enorme carotte les Dubayottes(?), les dettes sont de plus de 50 milliards, mais le manque à gagner
    est estimé à combien?

  • Geek

    @oriana

    « mettre en place une nouvelle économie et la nouvelle monnaie dont on entend parler depuis quelques temps. »

    Pour la nouvelle économie, tu sous-entends quelque chose d’autre que le capitalisme? Si oui, ne te voile pas la face le système est incapable de réformes (après la crise de 2007 des milliards donner aux banques, ce n’avait rien changer), et tout le monde se tire la couverture en espérant que le voisin qui tombe empêchera sa propre chute. L’empire capitaliste, car oui il s’agit bien d’un empire, est au bord du gouffre et la prochaine bulle l’achèvera.
    Pour la monnaie, idem ça se résume à maintenir le status quo, en déguisant le capitalisme.

    La vérité, c’est que cet empire va tomber, comme tout les autres avant et en particulier comme le communisme. La questions à se poser n’est de savoir si le système va survivre, ou quand il va tomber, ni quel sorte de chaos provoquera de cet effondrement, mais bien:
    Quel ordre naîtra des cendres du monstre, en France, en Europe et dans le monde???

  • old.john

    Cher Eric, vos propos manquent de perspicacité et son souvent des affirmations de votre crue sans justification autre que « le nez de Cléopâtre ». Moi je moi je moi je, et la vie c’est ça et pas ça, certes mais le pourquoi dans tout cela ?

    L’économie n’est déjà pas passionnante pour le commun des mortels, ce serait sympa de ne pas la rendre encore plus abscons si le fait est possible.

    Vos monologues pseudo-intellectuels n’intéressent que vous.

    [Avant de vous emballer comme ça, essayez de lire l'article, et vous verrez qu'il n'est pas d'€ric, mais du site Slate... - H€nri]

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