Sur le site de La Chronique Agora, Bill Bonner ne mâche pas ses mots pour nous dire à quel point la coupe de la dette publique est pleine.
▪ Le gouvernement fait-il n’importe quoi avec la situation monétaire ? Oh cher, très cher lecteur, s’il vous plaît, posez-nous une question plus compliquée. Des milliers de milliards de dollars de déficits… des dépenses pour relance qui transforment les Etats-Unis en Economie Zombie, des subventions données aux banquiers, des cadeaux aux carry traders…
Le gouvernement se surpasse.
En ce qui concerne le marché baissier à Wall Street, les investisseurs comptent sur un miracle, une « reprise » qui doublerait les bénéfices des entreprises en seulement quelques années. Ils pensent que c’est « exactement comme en 1982″. Et bien évidemment, c’est exactement l’opposé de 1982…
Qui plus est, il n’y a pas de reprise, et les bénéfices vont baisser, puisque les entreprises dépensent de moins en moins.
La reprise pourrait bien être entièrement dans nos têtes, écrit Robert Shiller dans le New York Times :
« Il faut envisager la possibilité suivante : après tout ce temps, les gens commencent à penser que la récession va bientôt se terminer. Cette pensée à elle seule commence à redonner confiance, et certaines personnes recommencent à dépenser — ils génèrent alors des signes visibles de reprise. Cela peut sembler absurde, et ce fait est rarement mentionné comme explication aux fins de récession, mais les économistes ont longtemps été fascinés par une telle possibilité. »
« La notion n’est pas si tirée par les cheveux qu’elle y paraît. Comme nous le savons tous, les récessions durent rarement plus de quelques années. La récession actuelle a commencé en décembre 2007, selon le Bureau National de Recherches Economiques. Cela fera donc bientôt deux ans. Le développement habituel voudrait que nous ayons une reprise sous peu. Ceci étant dit, le simple passage du temps pourrait faire remonter notre confiance, même si aucune analyse statistique ne peut le prouver… »
« Par exemple, en 1931, Le New York Times a attribué le cataclysme économique émergent à une « humeur pessimiste qui aurait été maintenue jusqu’à des extrémités grotesques ». En 1932, le journal a comparé les incessantes discussions concernant la « dépression » à quelqu’un qui crierait « au feu » dans un cinéma bondé. »
▪ Peu importe ce qui se dit. C’est une dépression. Cela n’a rien à voir avec une des petites récessions de la période d’après-guerre.
C’est une dépression à cause du travail qu’elle doit faire. Elle doit nettoyer trois décennies de mauvais bilans. Elle doit balayer des milliers de milliards de dollars de dettes de crédit à la consommation. Elle doit désamorcer la bombe de milliers de milliards supplémentaires de dettes à Wall Street. Elle doit nettoyer des milliards… peut-être des milliers de milliards de dollars de mauvaises décisions — des maisons trop grandes, trop chères, trop grandioses pour leurs propriétaires, des centres commerciaux avec trop d’espaces de vente pour les nouveaux consommateurs économes, des entreprises outillées pour produire des biens et des services pour des millions de gens qui ne peuvent plus se les acheter.
Quand la dépression se terminera-t-elle ? Quand tout ce travail aura été accompli.
▪ Mais attendez… Les gouvernements du monde accumulent les déchets plus vite que la dépression ne peut les enlever. Et voici venir la prochaine méga-crise !
« Aux Etats-Unis, le coût de paiement des dettes est de plus en plus élevé », annonce un gros titre en première page de The International Herald Tribune.
Et au Financial Times à Londres, Gillian Tett s’interroge : « La dette souveraine sera-t-elle le prochain subprime ? »
Tout le monde sait comment les choses se sont passées avec le subprime. Quand vous prêtez de l’argent à des gens qui ne peuvent pas le rembourser, vous allez au devant d’ennuis. Donc, si vous n’avez pas de travail et que vous voulez un prêt pour acheter une grosse caravane, vous n’avez pas de chance. Les banquiers ne vous donneront pas un centime.prêteur
Mais aujourd’hui, les prêteurs du monde entier font une chose tout aussi stupide. Ils prêtent aux gouvernements. Imaginez que vous êtes un banquier. Et le gouvernement américain vient vous demander un prêt.
- « Avez-vous suffisamment de revenus pour rembourser les traites ? » demandez-vous.
- « Eh bien, non, » répond-il. « En fait, nos revenus ont un peu baissé. C’est à cause de la récession, vous savez. C’est pareil pour tout le monde. »
- « Vous pouvez être un peu plus précis ? »
- « Euh… nous avons dépensé près de deux dollars pour chaque dollar de revenu. »
- « Oh… et vous espérez que l’on vous prête de l’argent ? Qu’avez-vous comme garanties ? Quelle est votre valeur nette ? »
- « Nous espérions que vous ne demanderiez pas. Le dernier relevé de nos obligations atteint 113 000 milliards de dollars. »
- « Vous n’avez pas d’actifs ? »
- « Nous avons quelques bâtiments à Washington… des bases militaires partout dans le monde… ce genre de choses. Mais concrètement, vous ne pourriez jamais les saisir. »
- « Oh, je vois… »
▪ Ce qui est intéressant, c’est que les investisseurs du monde entier commencent à voir que les Etats-Unis et beaucoup d’autres gouvernements sont des emprunteurs à haut risque. C’est une chose qui sort de l’ordinaire.
Jusqu’à maintenant, le gouvernement américain avait pu financer et refinancer ses dettes aux taux les plus bas en trois générations. Les prêteurs ont bien voulu prêter de l’argent aux gouvernements, parce qu’ils pensaient qu’ils étaient les emprunteurs les plus sûrs du monde.
On peut toujours compter sur les banquiers pour trouver les pires investissements au pire moment. Ils sont tout au bout de la chaîne de ceux qui anticipent ; cette chaîne commence par les analystes les plus indépendants et les plus pointus, passe par la communauté des fonds de couverture/courtiers, puis par les journalistes financiers et les experts de la télévision, arrive aux investisseurs stupides en passant par les médias populaires… et atteint enfin les banquiers quand ils tombent par hasard sur le Wall Street Journal et le lisent pour savoir ce qu’il se passe.
▪ Maintenant, les banquiers achètent de la dette souveraine — du papier émis par les gouvernements — parce qu’ils pensent que cela leur offre un rendement « sans risque ». En réalité, c’est l’un des investissements les plus risqués qui existe.
Cette année et l’année prochaine, les principaux gouvernements vont devoir lever 12 000 milliards de dollars pour financer leurs dettes et déficits. C’est une augmentation énorme de la quantité d’obligations souveraine dans le monde. Notre collègue Porter Stansberry estime que le gouvernement américain à lui seul va devoir trouver 4 500 milliards de dollars en obligations l’année prochaine. Ce montant représente deux fois le capital total de la plus grosse Banque centrale du monde — la Fed. Même si les Chinois prenaient tout ce qu’ils ont dans leurs réserves financières et s’en servaient pour acheter la dette américaine, il resterait encore près de 2 300 milliards d’obligations invendues.
En ce qui concerne le coût de la dette en lui-même, il va lui aussi atteindre des niveaux stupéfiants. L’administration Obama prévoit que les intérêts dépassent de 200 milliards de dollars leur niveau actuel, à 700 milliards de dollars d’ici 2019. C’est sûrement encore sous-estimé. Si le déficit atteint le niveau annoncé par l’ancien directeur du Bureau du Budget et de la Gestion, la dette nationale va grimper de 12 000 milliards de dollars à plus de 20 000 milliards de dollars en cinq ans. Les prêteurs vont certainement demander des rendements plus élevés. Même un banquier va sûrement vouloir plus que 3,5% d’intérêts pour prêter de l’argent au gouvernement sur dix ans. Peut-être 5%… peut-être 10%. Souvenez-vous que pendant les premières années de Volcker à la Fed, les taux d’intérêt sont montés à 18% pour les bons du Trésor à 10 ans.
Il existe aussi une autre possibilité — qui semble vague dans ce cas précis — et qui serait qu’une vente aux enchères de bons du gouvernement ne reçoive aucune offre. Cela arrive parfois. Quand les prêteurs voient que le risque est plus élevé que le potentiel de rendements, même s’ils sont élevés. Et quand cela se produit — ou même devient potentiel — les dirigeants se retrouvent dans la même situation que celle à laquelle des centaines de leurs ancêtres ont dû faire face pendant des siècles. Tous les gouvernements se retrouvent à sec de temps à temps. Puis ils sont en cessation de paiement. Quand ils contractent plus de dettes qu’ils ne peuvent en rembourser, ils se retrouvent toujours à sec.













Si notre gouvernement était un tant soit peu compétent, il emprunterait en dollars au lieu d’emprunter en euros, et, vu la propension du dollar à baisser, voire, potentiellement à s’effondrer, ça dégonflerait notre dette.
Ce serait risqué. En 6 mois, le cours de change a pu passer de 1,6 à 1,25. Dans un cas pareil, le gouvernement serait tout simplement failli.
Vos 2 réponses sont pertinentes Par contre un gestionnaire avisé devrait emprunter dans les 2 monnaies sur une base de 50/50 C’est la seule méthode pour éliminer le risque de change
Il y a un truc que je pige pas avec cette histoire de dette souveraine: normalement pour chaque bon emis il faut un acheteur, donc si il faut emettre 12 000 MM de bons il faut que quelqu’un ait ces 12 000 MM. Qui les a? Et si cette dette est achetée par l’augmentation de la masse monétaire, pourquoi l’inflation reste basse? Et si les risques liés a la dette sont réels, pourquoi les taux d’interets restent bas??
Réponse à Ben
Ta question est très intéressante mais une réponse sérieuse prendrait un long développement
Je vais essayer de préparer quelque chose mais je ne sais pas si cela peut convenir dans le cadre de commentaires
Les personnes comme toi qui s’interrogent ne peuvent pas trouver de réponses satisfaisantes en quelques secondes
Il faut comprendre que la dette est relative et qu’il ne s’agit pas d’une dette comme pour un particulier mais d’un crédit. En effet la définition des termes portent à confusion le mot dette est souvent utilisé négativement, le mot loyer ou échéance sont plus positifs. Lorsque l’on souscrit à un crédit on ne parle pas de dette car il est supposé être rentable donc positivé.
Dans le cas des états, il s’agit d’un niveau de crédit que chaque pays s’accorde et qui reste opposable aux autres dans sa masse monétaire car les devises réciproques sont reconnues par les différentes nations.
Dès lors que l’on dispose d’un adossement tangible et probant, un pays peut augmenter sa masse monétaire par le crédit qu’il accorde à ses propres dépenses et que l’on appelle de façon manichéenne « dette » !
Il y a ici manipulation car dans l’esprit général une dette est un débit plus ou moins irrécouvrable sinon par un effort supplémentaire. Comme pour un particulier, il semble que l’urgence soit à résorber la dette, alors que pour un état, ce n’est pas nécessaire. Le particulier juge au pas de sa période de vie alors que l’état dispose de l’éternité théorique, or la dette se dévalue chaque année par le moyen de l’inflation.
Le souci serait donc de vérifier à qui est attribué ce crédit, puisque certains en profitent !
Pour le reste ce serait une distorsion de concurrence que de permettre à un état d’augmenter sa masse monétaire au détriment d’autres sans qu’ils puissent en faire autant. En réalité tout dépend de sa puissance politique.
Dans la situation actuelle, la masse monétaire américaine a été soutenue par un effet de bulle que l’on peut assimiler à un effet Veblen du nom de l’économiste, l’arrêt subit de cette évolution fait s’écrouler l’inflation.
Des programmes de soutien économiques sont mis en place pour « relancer » les affaires, en réalité pour éviter qu’elles ne se dégradent plus.
Il serait contradictoire de maintenir des taux d’intérêts importants car la relance servirait alors à payer les taux. Nous noterons que les taux sont une charge inutile pour le marché. Le bénéfice des investissement doit être seulement obtenu par l’effet de levier.
Des outils complémentaires ont été édités qui mesurent et quantifient le risque appelés de CDS (credit default swaps).
Des pays achètent par ailleurs de la « dette » en réalité des bons de crédit émis par l’Agence France Trésor pour stabiliser leur propre monnaie.
Le déficit budgétaire de la France pour l’année 2010 va être multiplié par environs 4 par rapport à 2007.
Idem pour beaucoup de pays de la zone euro.
A qui les Etats empruntent-ils de telles sommes extravagantes ?
La planche à billets fonctionne-t-elle dans la zone euro ?
Il y a peu, certains annonçaient la « faillite » des USA pour septembre 2009… finalement, rien ne se passe.
Certains (C. Reichman, JC Mounicq…) pensent que la France pourrait être en faillite avant 2012… je commence à avoir dû mal à y croire.
Le dollar US n’a de la valeur que parce que les Chinois achètent des bons du Trésor…
@ Henri
Est-il possible de constituer un dossier sur la « dette » souveraine? On raconte tout et son contraire dans les médias et sur différents sites Internet. Que se passe-t-il concrètement si notre pays est en « faillite »?
@ SanPierro
Merci pour cette précision.
@Triskelion
Le risque que l’Etat puisse être en « faillite » existe, mais tant que nous conservons l’euro, ce risque est minime. L’Agence France Trésor ne jouant pas la transparence, difficile d’y voir voir plus clair et chaque prophète de malheur y va de son pronostique…
Tout cela est bien complexe, mais la dette publique est pour moi le véritable problème de nos économies, et sera la cause d’un possible effondrement économique.
Pour répondre à Ben
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dette_publique_de_la_France#Cr.C3.A9anciers_de_l.E2.80.99.C3.89tat
Une bonne partie de la dette (50% ?) est directement prélevée sur le compte épargne des Français.
Vous ne touchez pas 4% sur votre compte assurance vie par simple bonté des banquiers.
Tant que le système est en confiance, ça tient, mais le jour où un vent de panique circule et que tout le monde veut retirer ses économies, attendons-nous à des surprises.
@Imperator ( commentaire 8 )
Nous avons déjà abondamment traité le sujet, comme vous pourrez le constater en tapant « dette publique » dans le moteur de recherche du site ; notamment, dans cet article, dont les commentaires sont intéressants :
http://fortune.fdesouche.com/4208-a-qui-profite-la-dette-de-la-france
Un « dossier » est donc d’ores et déjà constitué, même s’il ne se présente pas sous une forme synthétique.
Nous ne prétendons pas détenir la vérité ni dire la bonne aventure et, à notre avis, bien malin qui pourrait prédire avec exactitude le sort des Etats menacés par leurs déficits publics excessifs.
Nous n’avons aucune tendance sadique à être alarmistes, mais nous ne pouvons tout simplement pas ne pas voir la désinformation qui règne, ni refuser, après étude des faits, d’accepter l’idée que la situation est dramatique et, à notre avis, irréversible.
Si la France devait faire banqueroute, cela pourrait se traduire de différentes manières et un ouvrage de fiction paru en 2006 a proposé un scénario intéressant, mais ne tenant pas compte d’une crise mondiale d’un niveau encore jamais vu, telle que celle qu’à notre avis, nous commençons à connaître :
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/le-jour-ou-la-france-a-fait-14358
Une banqueroute constituerait évidemment une catastrophe économique et sociale pour la France, mais au-delà de ses modalités pratiques variables, les deux vraies questions me paraissent être les suivantes :
1/ La banqueroute peut-elle être évitée ?
2/ La catastrophe, malgré ses désagréments considérables, ne serait-elle pas souhaitable pour la survie des Français de souche (question déjà posée par des posteurs comme @Three piglets, @Spoiler et @Boreas) ?
Réponses, selon moi et je précise qu’elles n’engagent que moi :
1/ Non, la banqueroute ne pourra être évitée, parce que la crise de la dette est trop avancée, trop importante et que, notamment, les mécanismes habituels de secours (FMI, solidarité au sein de l’Union Européenne…) seront d’un montant bien trop faible pour leur permettre de sauver les finances de la France, dans un contexte de déficits colossaux généralisés à l’ensemble des pays dits développés : c’est le caractère mondial de la crise qui la rend fatale.
De même, il faut bien comprendre que la crise de la dette n’est pas que publique. Les dettes privées aux USA sont ainsi d’un montant quatre fois supérieur à la dette de l’Etat fédéral. Par conséquent, comment un Etat impécunieux, ne trouvant plus de prêteurs, pourrait-il espérer créer durablement par une intenable hausse des impôts, par ailleurs désastreuse pour l’économie réelle déjà plus que durement frappée par la récession, un palliatif ?
Pas davantage, au stade avancé de décomposition où en sont parvenus la plupart des pays occidentaux et surtout les USA et la Grande-Bretagne, l’inflation par dévaluation de la monnaie ne pourrait, bien qu’éteignant au moins en partie les dettes publiques, résoudre le problème, car elle serait, elle aussi, destructrice pour l’économie dans une situation où la demande est déjà en très forte chute et où on ne pourrait espérer une hausse proportionnelle des salaires pour maintenir la consommation.
Sans parler des liens d’intérêt des agences de notation (vous savez, celles qui décident les créanciers à prêter aux pays auxquels elles attribuent de bonnes notes de solvabilité) avec les Etats, puisque l’activité de ces agences est tributaire de normes et d’agréments délivrés par ceux-ci et que les notes sont donc en général très surévaluées, aggravant depuis longtemps les déficits « toxiques » puisque la réalité est pire que celle qui est présentée aux investisseurs, lesquels sont le plus souvent trop naïfs et/ou paresseux pour faire leur propre analyse de la situation…
Quant à la France, elle se trouve, de toute façon, dans une posture où elle n’est maîtresse ni d’une augmentation de ses ressources fiscales (le taux des prélèvements obligatoires y est un des plus élevés d’Europe), ni d’une inflation provoquée hors du cadre européen, faute d’indépendance monétaire (depuis 1973 et encore un peu plus depuis 2002). Elle est donc totalement dépendante du crédit que lui accordent ses créanciers (les deux mots ayant d’ailleurs une étymologie en relation avec le terme « confiance »), ainsi que du sort de l’économie mondiale, à commencer par les USA, clé de tout le système, dont je pense toutefois qu’ils s’effondreront avant nous. Quant à la lucidité, au désintéressement et au courage de la classe politique française et de nos « élites » en général, n’en parlons même pas.
Les finances publiques, comme l’économie mondiale, sont dans la situation du serpent qui se mord la queue. Il n’y a, je pense, aucune solution dans le système actuel et seul un changement radical de mentalités et de civilisation, comme nous le suggérait un article du 15 septembre dernier :
http://fortune.fdesouche.com/7384-nouveau
me paraît de nature à permettre un retour à une situation durablement tenable.
2/ J’ignore s’il faut souhaiter la catastrophe qu’un nombre croissant de personnes pressentent, mais une chose me paraît certaine : si nous restons dans le système actuel et que celui-ci poursuit sa route, les Français de souche, comme les Européens de souche en général, seront submergés, tant par l’immigration de peuplement que par la désintégration consumériste de tout leur univers naturel, spirituel, social et culturel.
Par conséquent, je suis assez tenté de penser que toute chance d’échapper à ce sort funeste est la bienvenue, quelle que soit la dose de souffrances qui l’accompagnerait.
Je pense donc qu’il faut se préparer, à tous points de vue.
Sur la dette, je vous conseille de lire ce rapport fait pour le ministre de l’époque.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rapport_P%C3%A9bereau_sur_la_dette_publique
http://www.minefi.gouv.fr/notes_bleues/nbb/nbb301/pebereau.pdf
Il commence à dater un peu (2005), mais est assez simple à lire, très pédagogue, et n’est pas annonciateur de bonnes nouvelles. C’est pas mal pour comparer la France aux autres pays.
La dette ne sera jamais payée…
De toute façon l’argent est totallement virtuel.
Le moment venu losqu’ils auront assez usé de ses effets afin de rendre skyzophrène et maléable la population ce qu’on va voir via l’inflation et les hausses d’impôts.
Ils feront tout simplement un reset général, et les compteurs seront remis à 0. Tout le monde trouvera ça génial !!! Du coup le gouvernement mondial sera instauré dans la liesse populaire…
On assistera certainement aprés coup à l’instauration d’une monnaie mondiale avec une parité en or.
» Ils feront tout simplement un reset général, et les compteurs seront remis à 0. Tout le monde trouvera ça génial !!! Du coup le gouvernement mondial sera instauré dans la liesse populaire…
On assistera certainement aprés coup à l’instauration d’une monnaie mondiale avec une parité en or. »
Pfff… Décidément, qu’est-ce qu’on peut trouver cette théorie apocalyptique sur le Net !
J’attends juste que quelqu’un m’explique avec quels moyens humains et matériels l’hypothétique surpuissante oligarchie mondiale unifiée, solidaire et suréquipée, menée par le diable ou encore des « supérieurs invisibles » à l’intelligence surhumaine, va mener à bien ces opérations d’une ampleur et d’une portée démentielles…
Curieux comme il est difficile à certains d’imaginer que leurs adversaires ne sont, en réalité, que des épiciers désunis, certes parfois sans scrupules mais aux intérêts souvent divergents, bulles médiatiques et financières dépourvues des pouvoirs quasi surnaturels que leur attribue une imagination aussi débridée que fertile, surfant sur la gazette des nouvelles technologies ou sur l’apocalypse de Jean.
Il est certain que cela donne du piment aux histoires que l’on se raconte pour supporter la grisaille d’un certain quotidien et éviter d’étudier réellement les faits, le plus souvent plus prosaïques (voir par exemple le virtualisme décrypté par dedefensa.org)…
D’autant que ces histoires mêlent si inextricablement le vrai et le faux qu’elles peuvent constituer une séduisante théorie générale. Les systèmes généraux de représentation étant le péché mignon de l’intellect occidental qui, vice rédhibitoire de la modernité et arrogance suprême de l’humain déspiritualisé, ne supporte rien de ce qui échappe à l’emprise mentale qu’il prétend avoir sur le monde…
Il n’y aura jamais de gouvernement mondial, ni de monnaie mondiale, tout simplement parce que nous avons déjà nettement pris une direction inverse, complètement opposée à ces fantasmes de financiers occidentaux.
Le bateau de l’Occident court encore sur son erre, mais déjà, la propulsion étant tombée en panne, il ralentit et le courant qui se substitue peu à peu à sa force motrice n’est en rien favorable au maintien d’un cap désormais impossible à tenir.
Le naturel des régions, des nations, des petites entités politiques et économiques, des oppositions entre intérêts divergents, que les brasseurs d’argent ont cru pouvoir chasser à coup de théories globalisantes et de cupidité propagandique, est ce courant contraire qui est en train de revenir au galop.
Pourquoi ? Tout simplement parce que le mirage messianique du paradis matériel sur Terre (croissance infinie, progrès, paix, unification de l’humanité, opposés à épuisement des ressources et surpopulation, destruction du milieu naturel, perte des valeurs et des repères, montée des conflits et des communautarismes), s’estompe à la vitesse grand V.
Le virtuel est désormais, de manière de plus en plus visible de tous, la principale substance de ce bateau que des épiciers sans réelle intelligence croyaient réel, à force de le fantasmer, de le proclamer tel dans leurs livres de banque et leurs médias aux ordres. La croyance à cette réalité virtuelle va bientôt rejoindre le niveau d’échec concret de ses incarnations économiques et sociales.
A bas le monde mesquin des marchands.
Vive la crise.
Vive la révolution.
@Henri
J’ai vaguement entendu parler de ce livre à l’époque, en me disant « encore un qui veut faire son beurre avec la peur ». Par contre je me souviens très bien de ce docu-fiction diffusé sur France 5 en 2008 « la France en faillite » présenté par Nicolas Beytout (http://wiki.france5.fr/index.php/LA_FRANCE_EN_FAILLITE). Mis à part les histoires des personnages qui n’ont aucun intérêt, ce docu-fiction me parait très pédagogique.
Merci d’avoir exposé votre point de vue. A mon humble avis, je pense que nous allons vers des lendemains difficiles.
1) la banqueroute, sauf si un gouvernement prend le taureau par les cornes, semble inévitable à terme (15, 20 ou 30 ans?).
2) Sur ce point je ne la désire nullement, parce que concrètement, cela signifie des troubles sociaux au mieux(le docu-fiction passe un peu trop rapidement là dessus je trouve), une guerre civile au pire .
Je ne pense pas qu’on doive arriver à de telles extrémités pour se débarrasser de cette immigration délirante. Regardez les réactions des gens : ils ont de plus en plus marre qu’on les prenne pour des cons, Sarko nous a mené en bateau (je suis gentil), on tourne autour du pot avec les « discriminations positives » (négatives pour les FDS), etc. Je peux paraitre naïf, mais je crois qu’on assistera à une révolution conservatrice (un peu comme celle qui a porté Reagan au pouvoir en 1980). Je souhaite de tout cœur que cela se passe par les élections, et non par la rue. La situation est tellement caricaturale!
« Nous ne prétendons pas détenir la vérité ni dire la bonne aventure et, à notre avis, bien malin qui pourrait prédire avec exactitude le sort des Etats menacés par leurs déficits publics excessifs.
Nous n’avons aucune tendance sadique à être alarmistes, mais nous ne pouvons tout simplement pas ne pas voir la désinformation qui règne, ni refuser, après étude des faits, d’accepter l’idée que la situation est dramatique et, à notre avis, irréversible. »
C’est pourquoi je vous le demande une rubrique spéciale : le sérieux de votre travail m’a persuadé.
@ allgemein
Merci.
Boreas
« Il n’y aura jamais de gouvernement mondial, ni de monnaie mondiale »
C’est ce que je pense aussi, mais je n’osai pas l’écrire de peur de passer pour un ch ieur.