Cet entretien a précédé la publication, en 2007, de l’ouvrage intitulé Demain la décroissance (le titre prévu initialement : Objectif décroissance, était déjà pris).
Alain de Benoist nous explique pourquoi l’écologie n’est en rien un domaine réservé aux gauchistes, altermondialistes et autres bourgeois-bohèmes en goguette, ni ne constitue nécessairement une vision du monde contraire au respect des identités, ou une conception rétrograde de l’existence.
Par opposition au mythe de la croissance infinie, apanage tant des théories économiques libérales que des postulats marxistes, la décroissance paraît inéluctable. De Benoist propose d’en tirer parti, au lieu de la subir.
Quelle est la genèse de l’idée de la décroissance ?
Elle est apparue dans les milieux écologistes lorsque ceux-ci ont commencé à réaliser que, l’activité économique et industrielle étant la cause première des pollutions, il était nécessaire de s’interroger sur la notion même de développement.
Elle est née aussi d’une réaction contre la théorie du « développement durable » qui, prétendant réconcilier les préoccupations écologiques et les principes de l’économie marchande, aboutit seulement à reporter les échéances.
Sur le plan scientifique, le premier grand théoricien de la décroissance a été l’économiste roumain Nicholas Georgescu-Roegen qui, en s’appuyant principalement sur le deuxième principe de la thermodynamique, la loi de l’entropie, a très tôt présenté la décroissance comme une conséquence inévitable des limites imposées par la nature.
Quelle définition pourriez vous donner de la théorie de la décroissance ?
C’est une théorie qui se fonde précisément sur la notion de limites. Toutes les doctrines axées sur la croissance raisonnent comme si les réserves naturelles étaient inépuisables, ce qu’elles ne sont évidemment pas. La biosphère elle-même a ses limites.
Pour les théoriciens de la décroissance, il ne peut pas y avoir de croissance infinie dans un monde fini. Pour le dire autrement, nul ne peut vivre indéfiniment à crédit sur un capital non reproductible.
Quelles différences y a-t-il entre la décroissance et la notion de croissance zéro ?
La « croissance zéro » serait une sorte d’état stationnaire terminal équivalant à la fin de l’histoire.
Travailler à une décroissance soutenable n’équivaut évidemment pas à mettre un terme à l’existence sociale-historique. La décroissance, en outre, ne peut s’appliquer uniformément dans tous les secteurs et dans tous les pays. Avec la décroissance, enfin, il ne s’agit pas de « tout arrêter », mais de remettre sur d’autres rails une machine qui s’est aujourd’hui engagée dans une folle course en avant, sans avoir ni frein ni marche arrière, et sans savoir où elle va.
Pourriez vous nous donner quelques idées d’applications possibles et concrètes en matière économique ?
Vu la distribution actuelle des préférences, une politique économique basée uniquement sur une forte réduction de la consommation créerait de toute évidence une forte diminution de la demande globale, et donc une importante augmentation du chômage. La plupart des programmes sociaux seraient également atteints.
Il faut donc miser sur une distribution différente des préférences, afin qu’à la décroissance des quantités physiques produites ne corresponde pas nécessairement une diminution de la valeur de la production.
Parmi les pistes concrètes à explorer, il y a d’abord la lutte contre le gaspillage (dont l’une des causes est l’obsolescence programmée des produits), la mise en place de communautés autonomes se suffisant le plus possible à elles-mêmes, et surtout la relocalisation de la production, qui implique de se remettre à produire au plus près des lieux de consommation (au lieu, par exemple, d’aller vendre en Pologne des poissons pêchés en Hollande préalablement vidés au Maroc).
Sachant que l’idéologie marchande, ayant pour vecteur le capitalisme et le libéralisme, s’appuie exclusivement sur le dogme de la croissance infinie, que cette idéologie est portée au paroxysme par tous les grands décideurs économiques et financiers de la planète, comment peut on imaginer que demain ces gens viennent à adopter l’idée de la décroissance, ce qui serait porter un coup terrible à leurs coffres-forts ?
Ils ne l’adopteront pas en effet, aussi longtemps du moins que leur système ne se sera pas effondré, puisque cette idée contredit à angle droit leurs croyances profondes, tant du point de vue idéologique (remise en cause de l’idée d’arraisonnement du monde sous l’angle exclusif du rendement) que du point de vue pratique (remise en cause du primat des valeurs marchandes et de la loi du profit). C’est bien pourquoi le travail doit s’effectuer à la base.
« Pour concevoir la société de décroissance sereine et y accéder », écrit Serge Latouche, « il faut littéralement sortir de l’économie. Cela signifie remettre en cause sa domination sur le reste de la vie, en théorie et en pratique, mais surtout dans nos têtes ».
Cette « décolonisation » de l’imaginaire symbolique implique bien entendu tout un travail de pédagogie. Les préoccupations écologiques touchent désormais un public de plus en plus large. Il reste à faire comprendre qu’elles resteront lettre morte aussi longtemps que les fondements mêmes de la société occidentale actuelle n’auront pas été remis en question.
La décroissance est elle possible finalement dans le cadre d’un régime démocratique ?
Elle l’est d’autant plus qu’il n’y a que d’« en bas », c’est-à-dire de la masse des usagers, que peut provenir l’appel à décélérer, puisque la classe dominante ne pense au contraire qu’à faire aller toujours plus vite la Mégamachine.
Mais cela implique la mise au point de nouvelles modalités de participation à la vie publique, permettant aux sociétaires de se faire entendre en tant que citoyens, et non comme simples individus provenant de la société civile ou de la sphère privée. Ici, c’est à la crise de la représentation qu’il convient de remédier, en cessant d’attendre de la démocratie représentative parlementaire et libérale ce qu’elle ne peut donner.
Prise en compte de l’empreinte écologique, redéploiement du territoire, relocalisation de l’économie, bio-régions, mise à mort de la société marchande, finalement pourrait-on dire que l’idéologie de la décroissance est consubstantielle aujourd’hui à toute idée identitaire et de réenracinement ?
Pas forcément. On peut être partisan de la décroissance tout en étant aussi un chaud défenseur du mondialisme.
A l’inverse, on peut adopter une posture identitaire tout en s’imaginant que la puissance nécessaire à garantir les identités passe par le productivisme.
Ces deux attitudes sont également irréalistes.
Il n’en reste pas moins qu’il existe d’évident points de passage entre les « objecteurs de croissance » et les défenseurs de l’identité des peuples. Ce n’est pas un hasard si de nombreux théoriciens de la décroissance, tel Edward Goldsmith, défendent aussi la cause des peuples et citent volontiers en exemple les sociétés traditionnelles.
Serge Latouche, de son côté, souligne que le « local » est un terme qui « renvoie de façon non équivoque au territoire, voire au terroir et plus encore aux patrimoines installés (matériels, culturels, relationnels), donc aux limites, aux frontières et à l’enracinement ». Un retour à l’économie locale ne peut qu’être favorable à ce réenracinement.
La décroissance ne doit elle pas être accompagnée d’un malthusianisme farouche ?
L’école est très divisée sur ce point. Il ne faut pas oublier que les problèmes démographiques ne sont pas seulement une question de volumes bruts.
Une autre question importante est celle des rapports démographiques entre grandes aires de civilisation.
Une troisième a trait à l’évolution de la pyramide des âges : la mise en œuvre d’une politique malthusienne « farouche » aurait pour effet immédiat d’aggraver le vieillissement de la population.
Accumuler de la richesse, consommer, sont devenus les buts quasi uniques des sociétés occidentales, toutes classes sociales confondues. Comment dépolluer l’imaginaire des peuples d’Europe ?
D’abord par le travail d’explication et de pédagogie dont j’ai parlé plus haut. Les gens ne seront certes pas convertis en un jour aux principes de la frugalité volontaire, puisqu’ils semblent aujourd’hui avoir pour seule ambition de toujours consommer plus.
Cependant, je ne crois pas qu’il soit impossible de leur faire peu à peu comprendre que « plus » ne signifie pas toujours « mieux », que ce qu’ils gagnent dans un domaine est souvent perdu dans un autre, et que l’axiomatique de l’intérêt est finalement une bien pauvre réponse à la question de savoir ce qui justifie notre présence au monde.
Ajoutons que les catastrophes écologiques qui se profilent à l’horizon, les dérèglements climatiques auxquelles nous assistons déjà, l’épuisement programmé des ressources pétrolières, l’extrême fragilité du système financier mondial, la propagation des épidémies nouvelles et, finalement, l’extrême absurdité de tout ce système dans lequel nous vivons, sont susceptibles aussi d’accélérer certaines prises de conscience.
Que répondre à ceux pour qui décroître, c’est retourner en arrière ?
Que c’est bien plutôt la fuite en avant dans une croissance indéfinie, dépourvue de signification comme de finalité, qui risque de déboucher sur la pire des régressions. Toute tendance poussée à l’extrême passe à la limite, comme disent les mathématiciens, c’est-à-dire qu’elle s’inverse brutalement dans son contraire.
Est-il possible selon vous de faire un bout de route avec les partisans actuels de la décroissance qui, dans leur immense majorité, ne rêvent que d’une autre mondialisation et sont toujours empêtrés dans leur logorrhée antifasciste et antiraciste ?
Oui bien sûr, car ils ne sont pas les seuls à être empêtrés dans des attitudes réflexes qui ne sont plus de mise aujourd’hui.
Alors même qu’ils dénoncent les effets pervers de la théorie du progrès, beaucoup d’altermondialistes hésitent encore à rompre avec l’idéologie des Lumières, même s’ils sont bien obligés de constater que ses promesses d’autonomie et de liberté n’ont pas été tenues. Il leur manque souvent de posséder une conception réaliste de la nature humaine et d’avoir compris que la politique ou la pensée critique ne se ramènent à des protestations morales ou « humanitaires ».
A l’inverse, il reste aux partisans de l’enracinement à redéfinir ce qu’ils entendent par là et à admettre que les préoccupations « globales » que sont les préoccupations écologiques exigent de porter sur la Terre un regard auquel ils ne sont pas encore accoutumés. De même que l’universel et l’universalisme ne sont pas synonymes, l’amour de la Terre n’est pas forcément du « cosmopolitisme ».
Face au cancer de la mondialisation libérale, l’idée de décroissance n’est-elle pas finalement la seule idée authentiquement révolutionnaire capable de surcroît, avec le temps, de briser le stupide clivage gauche-droite ?
Elle est à coup sûr révolutionnaire, puisqu’elle est à peu près la seule à prôner une rupture radicale avec les valeurs, les principes et le mode d’organisation des sociétés occidentales actuelles. Elle a en même temps une incontestable dimension conservatrice, puisqu’elle se bat pour préserver un acquis menacé. Les notions de droite et de gauche sont en effet totalement dépassées quand il s’agit d’en apprécier le sens et la portée.
Source : Alain de Benoist
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Si on persiste vers cette croissance aveugle il faudra obligatoirement à un moment donné « limiter » le nombre de protagonistes pour garder un équilibre, qui est maintenant planétaire. Je vous laisse deviner quoi et comment..
Effectivement on est entrain de reduire les européens… Vu que si tout les habitants de la terre consommait comme les europeens ou les americains il faudrait 7 planete(evidement c pire pour les americains)….
De toute les façons la pensée des chinois c’est la polution c’est une invention des euro pour les limiter et les empecher de les rattrapés
Ce n’est que récement qu’ils ont pris au sérieux tout ces problèmes de respirations que causait leur mode de vie accéléré.
Quand le monde sera totalement en décroissance il restera l’Afrique resté totalement en sous croissance pourvu qu’elle réusisse a caché ses réserve(illusoire) sous évalué par les colons car d’autre étant déjà présente(Arabie saoudite… Etc)…
Bin l’ »frique techniquement restera le seul continent encore en croissance sa sera normal étant donné d’ou elle par…
SAUF incapacitée congénitale comme cela est tant « hurlé » par les Pakounta de Pakotille
Un appel sincère et clairvoyant a cesser de focaliser notre attention sur la possession morbide et psycho-délirante d’objets. Plutôt que de voir dans la décroissance un appel à un retour à l’âge de pierre, il faut voir le concept comme une nécessité impérieuse de changer nos valeurs et notre éthos de vie. Plutôt que de focaliser notre existence sur des jouissances matérielles, peut-être serait-il temps pour nous de laisser de côté le consumérisme compulsif pour un retour à des vrais valeurs, au sens du sacré, de la famille, de l’appartenance à une terre, une patrie, des valeurs historiques et culturelles, géographiques et humaines, spirituelles et intellectuelles.
Pour moi la décroissance c’est surtout stopper la centration obsessionnelle vers l’objet pour chercher une transcendance supérieure. Se détacher de la matière et retrouver une transcendance loin des standards de vies anglo-saxons terre à terre et mercantiles.
Il n’est nullement question de privation mais de désintoxication dans l’attachement excessif à l’achat et à l’objet planifié par les Bernays et autres partisans du veau d’or qui dépensent 500 milliards de $ par an (2ème budget mondial derrière l’armement) pour nous obliger à acheter surtout des objets dont nous n’avons pas besoin.
La décroissance ce n’est pas tout arrêter pour aller sous une hutte. A mon avis c’est surtout arrêter de ne vivre que pour consommer afin de vivre pour des choses plus enrichissantes humainement. Parce que si notre existence ne doit dépendre que de ce que certains nous obligent d’acheter et d’avoir, alors à quoi bon vivre ?
Le bouquin de Georgescu est un peu sec et technique, mais pour ceux que ça intéresse, dispo ici:
http://decouverte.uquebec.ca/primo_library/libweb/action/display.do?ct=display&doc=aleph_udq000200751&indx=1&indx=1&vl(69065447UI1)=all_items&fn=search&tab=default_tab&vl(freeText0)=Nicholas%20Georgescu-Roegen&mode=Basic&scp.scps=scope%3A(CLAA)&vid=UQAC&vl(11972214UI0)=creator
Ah, la « didactique de la réduction drastique »…
Objectif 150 milliards !
Dans leur tête la « sphère finie », la Terre, est une boule lisse !!
Dans la mienne je la hérisse.
On est loin d’avoir vu le bout…
La seule limitation c’est précisément : la surface ensoleillée.
C’est à partir de ce critère qu’il faut raisonner.
Nous voulons nous développer, avoir chacun une surface au soleil et à l’air libre, et nous voulons – nous devons – avoir une terre naturelle bien vivante et bien portante.
A proximité avec du ‘jardinage semi urbain dans sa direction, de l’a pure urbanité derrière.
Gardons cela à l’esprit ; pour le reste on peut développer dans la 3ième dimension, il suffit de dépenser de l’énergie pour ça.
Et d’avoir le moral adéquat.
La morale…
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Quand il n’y aura plus d’uranium pour nos centrales on sera déjà passé à d’autres réactions nucléaires, initialisées à plus hautes températures utilisant d’autres éléments.
A priori on peut en attendre ‘la totale’ : éléments de base abondants, produits de réaction non polluants (hélium…), et une sécurité très bonne du type arrêt instantané. A voir…
Tout ceci n’était même pas imaginé il y a dix ans, un ‘mur de la chaleur’ ayant été franchi depuis. La fusion par contre semble bien être une impasse, mais ne jurons de rien.
Le régénération est un passage obligé, intellectuellement, même si le produit final plutonium est une vraie saloperie nous sommes d’accord. (Ceci dit ça concentre les déchets…) Et si c’est trop délicat pour l’instant (euh.. enfin la filière MOX tourne à plein cependant que nous bataillons ici… C’est déjà une semi régénération si on veut, on ‘re-brûle’ des déchets dans une proportion substantielle), une vraie re-génération pourrait être mise en oeuvre éventuellement quand même, avec le temps, et toute cette sagesse tranquille et raisonnée dont nous sommes imprégnés.
Il y a effectivement une différence de tailles et de moyens entre les énergies de faible investissement (comme je les appelle), éolien solaire, et dans une moindre mesure selon ce critère précis (la légèreté d’investissement) : géothermie, et le nucléaire qui est forcément gros cher et central, ainsi que le charbon propre, le fuel propre, le bois propre. Forcément tributaires d’un ‘palier d’échelle’ eux aussi.
Et autres… (bouse de vache etc.)
Je n’aime point les barrages, qui tuent la vie du fleuve en tuant sa dynamique et en coupant ses transferts, mais j’aime beaucoup l’énergie des vagues etc.
Oui le problème a longtemps été que ‘les gros’ voulaient interdire ‘les petits’, jusqu’à très récemment encore ils interdisaient aux petits de produire. Et ça reste bien interlope tous ces rapports actuellement, l’éolienne de gouvernement étant devenu ‘réservé aux gros’, bouygues-compatible et quasiment même succursale de Rockefeller : pédagogie de masse et « réduction drastique » obligent…
Cependant ce que je lis sous des plumes qui se croient plus autorisées, est la névrose inverse, symétrique : le petit exclurait maintenant le gros.
Certains sont vraiment bêtes, baignent dans le flippeux mental et chassant l’ennemi progressiste bienfaiteur comme des torturés, de l’esprit mauvais ; d’autres, très souvent, plus nombreux, ne jouent ce jeux (d’éradiquer toute solution ‘par les gros’) que par cette ‘nécessité pédagogique’ parfaitement illusoire (non pas son efficacité, sa nécessité…), ainsi que par simple réflexe dialectique, habitude du combat de chiens, de la joute verbale, geste débattoire. Le plus malhonnête possible selon leurs coude mental, la fin n’étant pas une justification des moyens comme il le croient: mais leur image. A la Thierry Henry.
Simple réflexe donc.
(Fausses intentions habillées sur les contradicteurs, ‘puits sémantiques (scusez je ne connais pas l’appellation francophone de la chose…), et cetera.)
Mais la ‘didactique de la réduction drastique’, alors là… passez muscade !
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Canaux d’apport cresués à l’intérieur des terres continentales
+ désalinisation
+ hydrogène liquide carburant automobile
+ chauffage en régions froides, hostiles
+ constructions d’habitations, territoires
= TERAWATTS
On les produira !
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Nos principes moraux réaffirmés nous y obligeront.
Nous garderons une Terre bien vivante et bien portante, nous aurons tous notre espace, privatif, collectif, à l’air libre et au soleil.
Regardons en attendant les flippeux barbotant dans le sirop du mensonge toléré, nous pédagogiser notre disparition volontaire, centralisée mondialement, baignant dans le fatalisme spiritueux néanmoins doctrinaire, flashés cérébraux gardiens de la dissolution, bougistes de l’éphémère parfumés à la déresponsabilisation sourcilleuse, et reprenons notre avenir.
Je n’ai pas lu son bouquin et peut-être répond-il à certaines de mes interrogations car je suis assez sceptique sur cette notion de décroissance.
Son postulat de départ est imparable « il ne peut pas y avoir de croissance infinie dans un monde fini » mais les solutions apportées me paraissent bancales.
On oublie les « communautés autogérées », Paris, Londres, Francfort, Rome peuvent-elles s’autogérer ?
De même l’argument de la « relocalisation de la production » qui est certes une mesure positive mais a-t-on vraiment besoin de décroissance pour cela ?
Il suffit à mon avis de taxer les produits importés (taxe carbone, taxe saisonnière, etc…) et d’avoir des campagnes efficaces (lobbying, étiquettage,…) pour alerter les consommateurs.
A cette notion de décroissance, je lui préfère la notion archéofuturiste de Faye où certaines zones du monde vivent dans la croissance et d’autres sont laissées sur le côté pour se développer à leur rythme. A l’heure actuelle cela parait impossible, mais il en est de même pour cette décroissance.
Ce qui m’inquiète le plus serait une sorte de « retour à le terre » alors que le génie européen repose au contraire sur la science (qui n’est pas incompatible avec une « retour à la terre » mais qui doit l’accompagner).
Pour ce qui est du consumérisme, il faut une volonté politique et une certaine ré-éducation qui doit commencer dès le plus jeune âge.
La croissance économique est la conséquence directe de la présence d’un e masse toujours plus considérable d’individus à nourrir , vêtir,..
Sans maîtrise démographique malthusienne (adaptation du chiffre de population mondiale aux ressources des biosphères planétaires), la décroissance / acroissance
ne servira à rien et dame nature se chargera à sa façon de réguler la population .
Je ne souscris pas du tout à l’optimisme de OS et sa confiance en les capacités intellectuelles infinies de l’homme .
Sauf dépopulation massive mondiale , l’après pétrole ser a chaotique et les énergies dites renouvelables ne serviront pas à grand chose .
N’oublions pas que les engrais / petsicides tirés de la pétrochimie sont indispensables à l’alimentation des masses : que le pétrole vienne à se raréfier ou son prix devenir trop élevé et là les jours de l’agriculture intensive sont comptés entraînant dans la famine et la mort des millions de gens .
Conclusion : acroissance et dépopulation bien menée sont étroitement liés .
Le titre » Demain la décroissance » est également déjà pris. C’est le titre du livre de Nicholas Georgescu-Roegen paru chez Favre en 1979. Le livre fut réédité en 1995 aux éditions Sang de la terre sous le titre » La décroissance « , préfacé par Jacques Grinevald et Ivo Rens.
Georgescu-Roegen a fondé la bioéconomie. Désormais, l’économie devait prendre en compte la biologie, la thermodynamique et se préoccuper de la survie de l’espèce humaine.
Cette histoire de titres n’enlève en rien de l’intérêt du livre d’Alain de Benoist.
Saffa: « Ce qui m’inquiète le plus serait une sorte de « retour à le terre » alors quCe qui m’inquiète le plus serait une sorte de « retour à le terre » alors que le génie européen repose au contraire sur la science (qui n’est pas incompatible avec une « retour à la terre » mais qui doit l’accompagner).e le génie européen repose au contraire sur la science (qui n’est pas incompatible avec une « retour à la terre » mais qui doit l’accompagner). »
Qui vous dit que seul le genie europeen repose sur la science ? C’est avec ce genre de raisonnement que l’occident s’enfonce dans un puits sans fonds sans savoir ce qui lui arrive.
Il est assez remarquable que s’agissant de la crise eschatologique actuelle, les solutions envisagees sont celles qui sont inscrites dans la culture africaine, culture regulierement meprisee sur ce site pour manque de technologisme, etc.
Il faut aussi savoir qu’il s’agit en fait d’un phenomene de redistribution au detriment de l’occident: Si vous ne faites pas la decroissance, vous y serez forces par la force des chose. Car de quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une minorite (au niveau mondiale) qui s’enrichissait au detriment du reste du monde qui lui payait tribut. Cet occident ne pouvait franchement plus tenir des lors que le reste du monde cesse de payer sa tribut.
@ Karanga:
Je vis en Afrique ce qui explique la raison pour laquelle je ne veux absolument pas voir les solutions « africaines » utilisées par l’Europe.
La solution de Marcel me convient également.
Un élément essentiel serait la décroissance démographique.
Il faudrait exiger des pays africains (et, en cas de refus, couper toute aide internationale) une stricte politique de contraception et de respect des droits de la femme.
Décroissance = retour à l’age de pierre. Malgré leur baratin de sophistes, c’est exactement ça.
Ils cachent mal leur malthusianisme ( »culture de mort » comme disent les cathos). Au mieux c’est une forme de communisme, au pire une forme de haine de l’Humanité, qui nous plongera tous dans un suicide collectif.
« Plutôt que de focaliser notre existence sur des jouissances matérielles, peut-être serait-il temps pour nous de laisser de côté le consumérisme compulsif pour un retour à des vrais valeurs, au sens du sacré, de la famille, de l’appartenance à une terre, une patrie, des valeurs historiques et culturelles, géographiques et humaines, spirituelles et intellectuelles. »
Nous sommes d’accord : c’est ce qui manque le plus en Occident.
@ OS
+10000
@ Sorcière
Vous avez tout à fait raison : l’Afrique subsaharienne y gagnerait beaucoup. Pour ce qui est du Maghreb et du Makhrek (Libye et Egypte) ils sont en train de terminer leur transition démographique.
@imperator :
où voyez-vous de la haine de l’humanité dans le malthusianisme (celui de l’Essai sur le principe de population) ?
T.R Malthus était un pasteur anglican probablemnt ému par le sort de ses compatriotes avant la Révolution industrielle .
Le suicide collectif consiste plutôt à ignorer le contrôle démographique et à nous laisser submerger par le lapinisme
du 1/3 monde (politique suivie par les tarés qui nous dirigent) .
La haine de l’humanité est présente chez nos pseudo élites et la politique démographique qu’ils pourraient appliquer n’a rien à voir avec Malthus mais relève de l’endlosung.
Ce n’est pas tant la dépopulation qui est prioritaire, que la néo-colonisation.
La construction, l’aménagement, l’effort, l’intelligence soumis aux bons principes de liberté, responsabilité, humilité et d’amour de la vie.
Avant de nous ‘réduire’, nous devons d’abord essayer sérieusement.
Sans aucun de ces tabous poilus qui encombrent tant de pensées… et de penseurs :
développement=pollution, =’technocratie’, =hyperconsumérisme, hyper matérialisme, = ‘optimisme’ (mais non, c’est du positivisme, volontarisme avec les moyens disponibles ou en cours : aucun appel à la chance), =ultra-capitalisme, =’temps anciens’, =saccage de la nature libre etc. … Non ! rien de tout cela n’est intrinsèque au développement, rien. C’est juste dans les têtes.
Crevettes hirsutes qui rôdent dans l’environnement mental de certains, et certainement pas de moi.
Quelques soient mes exclamations et mes emportements, simplifications et manquements zéventuels, une chose est sûre :
Toute théorie qui parle de dépopulation (décroissance) SANS avoir d’abord exposé les actions (nombreuses ! belles !) à mener auparavant pour améliorer le développement humain de façon écologique réelle, coloniser l’Afrique, la Sibérie et dans une mesure réaliste les mers et la troisième dimension même : est IRRECEVABLE.
(en attendant la Lune et compagnie.)
On ne peut pas parler de décroissance sans encourager les moyens du développement harmonieux D’ABORD.
On ne peut PAS tutoyer le suicide AVANT de s’être retrousser les manches.
C’est ce point là que j’entends faire admettre par quiconque se proclame sérieux.
@ Marcel
Une mise au point: quand je parle de malthusianisme, je devrais dire néo-malthusianisme. Abus de langage…
Vous avez raison concernant Malthus. Je ne dis pas que c’est une mauvaise chose dans l’absolue. Mais quand je parle de haine de l’Humanité, je pense à tous ces partisans de l’écologie profonde (Sylvie Brunel en parle bien dans son livre). Ce sont eux qui nous bassinent, notamment avec leur « empreinte écologique » odieuse!
De plus, durant tout le XIXe et jusqu’au début des années 1930/40, la France a été très malthusienne! Je vous invite à (re)lire le livre de J. Dupaquier sur l’histoire de la population française. Cela nous a pas porté chance…
Je crois malheureusement que vous êtes un peu trop impressionné par les chiffres que l’on donne en matière de démographie (ce n’est pas un reproche, je constate). La population mondiale va se stabiliser, exception pour l’Afrique subsaharienne, d’ici quelques décennies, ou plus exactement un taux de croissance très faible. Bien sur il y a des divergences selon les estimations, mais le fait est que la plupart des pays du monde ont, au moins entamé, sinon terminé leur transition démographique.
Un conseil : oubliez les chiffres catastrophistes des années 70. On a dit beaucoup de conn*** à cette épqoue et malheureusement cela est resté dans la tête de beaucoup de gens. La bombe P est un mythe.
Le problème avec ce genre de débat, c’est que ça part très vite dans tous les sens et on ne sait plus de quoi on parle…
1 – Le malthusianisme est clairement (à mon avis) adapté pour l’Afrique noire (en gros, je schématise, car dans les détails, c’est plus compliqué).
2 – Au contraire, en Europe et en France en particulier, il nous faut une politique nataliste (FDS de préférence). Elle ne nous gène en rien dans notre développement économique, bien au contraire.
3 – Il est temps de tordre le coup à certaine bêtise qui trainent : il y a « développement » ou bien il n’y en a pas! Parler de « développement durable » est à la limite du pléonasme. Parler de « pays en voie de développement » est un bel euphémisme qui désigne la plupart du temps des pays sous-développés, voire non développés.
4 – Quand on parle d’écologie, c’est en fait faire du bon sens! L’écologie en politique est (en France en tout cas) accaparée par la Gauche (ou l’extrême-gauche si vous voulez). D’ailleurs la plupart des leaders éco sont en fait des maoïstes recyclés
5 – Parler de décroissance : faut arrêter de nous prendre pour des mongoliens! Comme l’ont bien soulignés certains commentateurs ici, la décroissance c’est pour le riche homme blanc qui doit faire de la place (dans tous les sens du terme) aux pauvres noirs et jaunes (même s’ils ne le sont pas tout à fait). C’est la dernière lubie de l’Occident pour se faire fouetter!!!
6 – Faire confiance à l’Homme, c’est si difficile? Regardez les innovations technologiques (les vraies) sur ces, disons 50, dernières années. Nous, Européens mais aussi Américains et Japonais, avons les talents et les ressources nécessaires pour faire face aux VRAIS problèmes qui vont se poser dans un avenir proche (exemple le pic pétrolier). Les autres? Ben, pour être franc, je m’en fous un peu… Qu’ils se démerdent!
C’est exactement ce qui se passe et Alain de Benoist tombe dans le panneau (en se croyant très malin) : on va être les premiers à décroire pour sauver la planète. À Copenhague on prévoit même que nous payons une dette de CO2 aux pays du Sud… (voir fil sur le Climategate).
Je n’ai d’ailleurs pas renouvelé mon abonnement d’Éléments par la suite.
De toute façon, je trouve liberticide l’idée qu’il faille forcer la décroissance. Si vraiment la Terre ne peut plus soutenir notre croissance, les matières premières deviendront trop chères pour se permettre de continuer ainsi.
Mais « ainsi » peut vouloir dire plusieurs choses : être plus économe (et en fait on produit de plus en plus pour moins de matières premières, de tonnes de pétrole par exemple), trouver d’autres matières premières, dématérialiser certaines activités (informatique, internet, télécommunications, télétravail).
Ceux qui ne « décroîtront » pas de bonne grâce, y seront forcés par l’évolution des choses.
Je doute que les Chinois et leur surpopulation en rigolent, dans quelques temps.
Pas de surpopulation en Chine ?
1,34 milliard d’habitants en 2009, contre 600 millions en 1953, 400 millions en 1900 et seulement 150 millions en 1700 :
http://docs.google.com/viewer?a=v&q=cache:xmW6eoQHEVIJ:www.ined.fr/fichier/t_telechargement/15644/telechargement_fichier_fr_francais_394.pdf
Et puis… 22 % de la population mondiale, pour 6 % des terres arables.
Si ce n’est pas de la surpopulation, qu’est-ce que c’est ?
La surpopulation chinoise n’est pas vraiment sensible actuellement, en effet, en raison de la persistance, pour le moment, du modèle actuel : commerce international, agriculture importatrice, etc., tout cela fondé sur les énergies fossiles.
En revanche, si l’on ne prend en compte que les ressources naturelles locales, ce qui a toujours été la règle et ce par rapport à quoi le modèle actuel n’est qu’une excroissance, une verrue passagère, l’énorme excédent de la population chinoise est impossible à tenir durablement.
Quant à la décroissance, il ne s’agit pas de s’affaiblir volontairement, mais d’anticiper la diminution inévitable des ressources, pour ne pas en être victimes.
Je recommande absolument la lecture de ce livre d’Alain de Benoist.
Une implacable mise au point.
Il y a plusieurs problèmes:
1/ Le « réchauffement climatique », fonds de commerce des Al Gore de tout poil, n’est apparemment pas limité à notre planète mais bien à l’ensemble du système solaire.
Les planètes les plus éloignées du soleil le subissent aussi (voir à ce propos les mesures effectuées par la NASA).
2/ La surpopulation mondiale est bien sûr un autre problème. Comment imaginer qu’un pays sous-développé puisse progresser si le pourcentage de sa croissance démographique dépasse son produit national brut?
Cette question n’est plus abordée depuis une trentaine d’années; à l’époque,des campagnes de stérilisation volontaire étaient organisées par les instances internationales, notamment en Inde.
3/ De toutes façons, il semble que la « Main invisible » ait un programme structuré qui passe par la désertification de l’Occident-USA compris- et nos sufureuses stuctures européennes sont en place pour lui prêter main-forte.