« Les gros poissons mangent les petits »… Ce principe européen, depuis les tableaux de Jérôme Bosch jusqu’au sauvetage actuel des banques, serait-il aujourd’hui périmé ? Zhang Ruimin, le patron de Haier, entreprise chinoise inexistante il y a quelques années et devenue leader mondial de l’électroménager, le reformule à sa façon : « Les poissons rapides finissent toujours par manger les plus lents. »
Ce décalage expliquerait-il que nous soyons surpris de l’émergence de ces nouvelles multinationales chinoises, indiennes, brésiliennes, mexicaines…, que l’on continue à considérer comme de simples opportunistes bénéficiant de leurs faibles coûts de main-d’oeuvre, et qu’un peu de protectionnisme suffirait à contrer.

En réalité, la rapidité de leur croissance internationale a été préparée de longue date. Toute la question est de savoir si la crise va accélérer ces trajectoires ascendantes ; ou si elle leur fournit, à l’occasion de la paralysie du Nord, une pause nécessaire à la digestion de leurs acquis.
Ces firmes émergentes ont d’abord bénéficié d’un avantage classique, mais efficace : leur position dominante sur leurs marchés domestiques, en croissance forte, finance leur développement.
Les sociétés privées chinoises de technologie (Haier, les électroniciens Hisense et ZTE) ont été les meilleures à ce jeu, suivies des brésiliennes (Sabo pour l’automobile, Gerdau pour l’acier), indiennes (Tata, Mahindra pour les véhicules, Reliance pour la téléphonie) et mexicaines (le téléphoniste America Movil).
Mais cet avantage va s’essouffler : la concurrence internationale est ou sera très forte à un horizon de cinq ans ; cette anticipation est du reste le plus important mobile à leur internationalisation. Mais la sortie de crise, qui voit la reprise démarrer sur leurs marchés locaux, au moment où les investissements occidentaux dans les pays émergents sont gelés, a donné une nouvelle vigueur à cet avantage !
Ensuite, comme toutes les multinationales, ces entreprises émergentes ont combiné croissance et efficacité. Car une internationalisation rapide agrège des compétences et des ressources disparates ; le temps investi dans la globalisation des procédés évite leur gaspillage ou leur sous-utilisation. Tout juste internationalisées, elles sont déjà globalisées dans la gestion efficace de leurs ressources, et ce pour deux raisons.
Tardivement arrivées sur la scène mondiale, elles ont dû très rapidement se comparer à des organisations occidentales aux processus déjà éprouvés.
Surtout, elles sont basées dans des économies déjà très diversifiées, qui les ont amenées à adopter des structures décentralisées, mais bénéficiant d’effets d’échelle au travers de procédures, de marques ou de technologies communes. Les conglomérats indiens les plus connus en sont l’archétype (Ratan Tata a rebâti son groupe sur ces bases dans la décennie 1990), et d’autres entreprises de savoir-faire technique (comme l’équipementier Larsen & Toubro ou la firme de génie civil HCC) suivent le même modèle.
La crise leur a donné le temps de transposer celui-ci au niveau mondial. Pendant que nombre d’entreprises occidentales restructurent par le vide, se délestant de leurs ressources humaines et de leurs investissements lointains, les entreprises émergentes renforcent leurs bases, tout en s’interdisant de nouvelles acquisitions pendant un temps.
Ici les entreprises indiennes ont été les meilleures, suivies des indonésiennes et des brésiliennes. Les chinoises, elles, sont sur une autre trajectoire : celle de la mise en place d’un capitalisme industriel d’Etat, mais avec les mêmes effets et les mêmes objectifs. Toutes préparent ainsi les acquisitions suivantes ; il ne faudra pas être surpris lorsqu’elles surviendront !
L’émergence de ces nouvelles entreprises mondiales est un processus complexe : elle est le produit de l’histoire, de la technique et des hommes, du temps et des aléas. Le poisson rapide est aussi multicolore ; il se détache d’autant plus nettement dans la grisaille de la crise qui ralentit la nage de ses concurrents occidentaux.
Joël Ruet (chercheur CNRS au Latts – université Paris-Est – et au CEFC – Hongkong)











c’est drole je lisais les commentaires de l’article du dessous : « Les hommes du Moyen Âge travaillaient-ils plus que nous? »
3 commentaires qui nous vantent les merites du travailler moins, alors que tous les autres pays ne pensent qu’a une chose : nous manger , egalement un commentaire dit que grace a ses voyages en afrique il a tout compris , mais quand je vois la photo sur la gauche je ne sais pas si l’afrique et les africains sont de bons exemples…
le probleme du travail , c’est pour qui et pourquoi on travail … avant les gens le fessaient pour une nation , aujourd’hui l’individualisme a gagne une bataille , c’est pour cela que les gens sont pas bien , en plus l’etat ne joue plus son role et les banques et la speculation enfoncent le clou ….
mais ne vous inquietez pas la france sera bientot le tiers-monde … le probleme, les blancs doivent accepter qu’ils ont une meilleur organisation de societe et qu’ils sont plus inventeur et createur que les autres races … il faut vite remettre des frontieres ( car la pense africaine gagne pas mal de petit toubab ) , l’education en marche et egalement se mettre au travail et non pas vanter les merites des branleurs …
le dicton dit : apres l’effort , le reconfort … si meme sur F de souche les gens ne pensent qu’a ne rien faire, alors ….. au Fn il y a pas mal d’ancien du PC ceci explique peut-etre cela…
pendant des années je me suis évertué à convaincre des entreprises françaises d’investir au Brésil où je m’étais établi…Le Brésil étant pour moi une évidence de croissance du marché national et aussi un pole pour l’approvisonnement des pays périphériques au moins. Et je dois avouer que mes efforts n’ont pas vraiment été récompensés. Je n’ai jamais rencontré pires têtes de lard que des patrons français de PME (et même de grosses). Ils voulaient à tout prix que le Brésil vienne leur acheter leur production. Et on avait beau leur démontrer que..et que.. Bref aucune vision géostratégique, une hexagonalité cérébrale caractérisée…
fradet
2102
Exact,il est plus facile,sur ce terrain,de travailler avec des entreprises germaniques,qui sont prêtes à des accords locaux,quitte à abandonner une partie du marché (non sensible).
Les Français travaillent encore sur des schémas des années 70,et encore.L’habitude des grosses entreprises sures de leur fait et de leur marché captif.