Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant.

Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. »

Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael T. Klare (professeur de peace and world security studies – études sur la paix et la sécurité mondiale – au Hampshire College, dans le New Hampshire, spécialiste des questions d’énergie, historien et auteur respecté) en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue, il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël.

Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Note à l’attention de la CIA : vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.

Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : en Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années – parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde.

Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable – et qui a fait les unes – était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative – même dans le domaine militaire – diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé. Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude.

Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – désignés collectivement par l’acronyme BRIC – jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux.

Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales – le Groupe des 7 (G-7) – s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort – pour le moment – mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

1. Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

2. Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US – qui perd de sa valeur – dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs – dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique – envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.

Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 – à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

3. Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles – une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington – le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

4. On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

5. Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays – mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

6. Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances – même parmi nos plus proches alliés – poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.

Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les talibans ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie – 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) – nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme – plutôt que de contre-insurrection – qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan – à l’aide de drones et des forces spéciales – au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option – qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants – soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir. Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak. Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin – ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.

ContreInfo

Commentant cet article sur son site dedefensa.org, Philippe Grasset écrit, sous le titre “Nous y sommes” :

Bien sûr, le problème exposé par Klare est celui qui devient, de loin, le plus mystérieux, le plus explosif et le plus préoccupant. Il n’est plus de savoir si la puissance des USA s’effondre (est en train de s’effondrer), ce qui est une évidence, mais comment et avec quels effets cette puissance s’effondre (est en train de s’effondrer). On comprend qu’il y a une grande nuance, une immense différence dans le fait de dire que “la puissance des USA s’effondre” et le fait de dire, comme on pourrait être tenté de faire également mais qui serait faux, “les USA s’effondrent”.

Cette différence est d’autant plus grande que nous sommes dans l’époque des artifices de la communication, au pays qui a créé la communication comme artifice suprême pour dissimuler ou compenser ses faiblesses, dont la principale est d’être un pays, ou une entité, complètement anhistorique. On peut, on a les moyens de dissimuler une situation générale, comme on le sait si bien, jusqu’à une situation de virtualisme – dans tous les cas, pendant un certain laps de temps. Encore récemment, Andrew Bacevich soulignait la dualité antagoniste des actes et discours de l’administration Obama entre une certaine politique de retenue, voire de repli, et un discours qui, par instants, est plus que jamais celui de la réaffirmation de la puissance dite dans des termes emphatiques et messianiques…

La question, finalement, revient à celle-ci, désormais sempiternelle (elle est déjà venue sous notre plume plus haut, en présentant le texte de Klare) : les USA peuvent-ils devenir un “un pays normal” ? (Notez que nous n’écrivons pas “redevenir”, parce que les USA n’ont jamais été un “un pays normal”, et cela est un autre facteur aggravant du problème posé.) Les USA peuvent-ils subir une crise massive comme celle qu’ils affrontent et s’en sortir en s’adaptant aux nouvelles conditions, réduites, restreintes et contraintes, suscitées par cette crise ?

Certes, et nos lecteurs le savent bien, nous en doutons absolument. L’Histoire – qui existe, contrairement aux convictions américanistes – montre que, jusqu’ici, les USA n’ont pas pu réaliser une transmutation vers la “normalité” d’une vraie nation ; qu’ils sont sortis, si l’on peut dire “sortir”, des crises majeures avec des prétentions plus grandes que jamais, imposant aux relations internationales des contraintes telles que la crise apparemment résolue l’était dans des conditions telles qu’elle préparait la suivante ou bien une renaissance sous une autre forme de la même crise endémique jamais résolue et impossible à résoudre en prétendant conserver toute la puissance initiale. (La Grande dépression ne fut “résolue” qu’en créant un complexe militaro-industriel et un gouvernement lié à elle, préparant effectivement l’évolution jusqu’à aujourd’hui. D’où la tendance quasi-universelle, si pressante aux USA, de prendre la Grande Dépression comme référence pour la situation actuelle. Cela en dit long sur la pression sur la psychologie de ces opérations de réparation sommaire de la puissance US.) La grande, l’immense différence avec ces expériences antérieures, comme le dit Klare, sur ce point en accord complet avec notre analyse, est la rapidité stupéfiante des événements (de la “chute de la puissance US”) par rapport à ce qui a précédé – 2025 déjà aujourd’hui, en onze mois, de novembre 2008 à octobre 2009 !

Le test là-dessus sur cette capacité d’adaptation à la normalité, qui est à notre sens perdu d’avance, viendra vite, sur tel ou tel aspect de la crise. Par exemple, l’hypothèse esquissée par Klare selon laquelle l’administration Obama est en train d’hésiter vraiment à propos de l’Afghanistan est intéressante et, comme on l’a vu, soutenue par des faits immédiats. Peut-être cette indécision est-elle, également, en plus d’un caractère trop mesuré et ainsi hésitant, le signe d’une opinion en train d’évoluer ? Peut-être le Obama de fin octobre n’est-il plus le Obama de fin septembre ? Peut-être, alors, telle ou telle décision sur l’Afghanistan, plutôt dans le sens d’un retrait, mettrait-elle le feu aux poudres ? En effet, l’alternative à l’idée que les USA peuvent devenir un “un pays normal”, c’est l’idée du feu aux poudres. Telle décision sur la voie de se transformer en “un pays normal”, soudain perçue comme la décision de l’abandon, de la trahison, et voilà le feu mis aux poudres.

La question centrale devient alors, aujourd’hui de savoir si, et si oui dans combien de temps, la situation présente (“la puissance des USA s’effondre”) risque-t-elle de se transformer en cette situation hypothétique mais selon nous inéluctable (“les USA s’effondrent”). Notre première réponse est que, désormais, le “quand” a complètement supplanté le “si”, désormais passé du stade de la question au stade de l’affirmation ; notre seconde réponse est que le “quand” risque de concerner un délai très rapide, en fonction de la rapidité des événements et des pressions d’une communication qui continue à farder la réalité au profit du virtualisme en accentuant ainsi tension et pression. Notre constat est que les conséquences sur les relations internationales et, surtout, sur la perception psychologique du poids et de la légitimité du système de l’américanisme dans ces relations, avec sa mise en cause radicale, seront considérables, très rapides et bouleversantes. C’est notre thèse sur les effets de la disparition dans notre psychologie collective du mythe de l’American Dream.

Dedefensa

Commentaires (29)

  1. Et avec le recul Obama apparaitra pour ce qu’il est : un joker même pas capable de s’autonomiser qui aura servi par sa simple présence “colorée et Démocrate” à calmer, voire à scotcher sur place, les Démocrates, et/ou pauvres et/ou immigrés américains qui ne prennent la crise de plain fouet, qui n’épargne pas les blancs américains de base.

    Il est toujours étonnnant de constater que les mêmes personnes qui soutiennent la théorie du complot du 11/09 sont à peu près aussi certaines de la virginité d’Obama et de son élection.

  2. Le débat sur la fin de l’Amérique me fait toujours un peu rire, parce qu’elle s’est toujours avérée fausse..

    Déjà à l’époque de Reagan, et après le mandat désastreux de Carter (crise économique + mauvaise gestion de la crise iraniène), beaucoup estimait la fin de l’Amérique comme inéluctable…

    Mal leur en à pris…

    Pour moi ce serait plutot et d’abord le déclin de l’Europe qui serait plus approprié…
    L’immigration musulmane de masse d’ici 20 ans ne permettra plus à l’Europe de fonctionner…
    C’est bizarre parce que ce sujet là ne semble jamais abordé…

    De plus L’Amérique a une capacité de rebond hors du commun qu’elle a démontré à maintes reprise dans le passé…

  3. Il y a vraiment des articles de qualité dans Fdesouche Fortune. Bravo, c’est vraiment du bon travail.

  4. Excellent article et bravo à l’auteur, sa lecture m’a régalé , elle exalait en outre un petit parfum de revanche fort agréable….
    Tout cela confirme ce que je peux lire jour après jour dans la “Chronique Agora” ,qui pointe le déclin US du doigt avec talent !

  5. Le Pen Visionnaire

    La différence entre les sujets que vous évoquez, c’est que l’immigration en Europe n’est pas la cause de la crise économique mondiale.

    La déliquescence de l’économie américaine et, surtout, les pratiques kleptocratiques de la finance anglo-saxonne, si.

    De même, l’Europe n’a jamais été une puissance ; certaines de ses composantes, oui, mais elles ont perdu ce statut il y a longtemps et ont globalement su s’adapter.

    Les Etats-Unis, eux, ne sont plus capables de maintenir leur colossal dispositif militaire (d’ailleurs très peu performant au regard de son prix exorbitant) et leur capacité d’adaptation est, comme le dit le site dedefensa, très douteuse.

    Et pour cause : comparés à l’Europe, ils sont dans une situation économique indéniablement pire.

  6. Boreas

    La situation de l’Europe est bien pire que celles des Etats Unis. Car n’ayant aucun pouvoir central fort et unifier parlant d’une seule voix, elle ne pourra plus compter face à la montée en puissance de la Chine qui sera un des eux acteurs majeurs de ce siècle.

    Il suffit de voir la mise aux pas de la France sur la question tibétaine par exemple ou l’incapacité de l’Europe à exister sur la question israelienne…. Et ce n’est que le début…

    Il ne faut pas oublier pour ceux qui ne le sauraient pas que l’économie mondiale dépend encore et toujours des consammateurs américains…

    De plus l’histoire à montrer la capacité de l’Amérique a ressortir des crises plus fortes qu’auparavant (il y a eu l’après deuxième guerre mondiale, l’après Viet Nam, l’Après guerre froide et maintenant l’après ère Bush).

    Désolé de vous décevoir, et de ne pas partager votre optimisme aveugle, mais c’est l’Europe qui semble incapable de s’adapter à la nouvelle réalité mondiale et qui risque vraisemblament de rester sur le carreaux…

    Deuxièmement l’immigration musulmane n’est pas responsable de la crise économique, certes, mais elle sera l’élement majeur de l’effondrement de l’Europe, l’exploition démographique de la population musulmane, remettra en cause sa défense nationale, son indépendance nationale, et son statut dans le monde … C’est inéluctable…

    Cette réalité l’Amérique le sait très bien, mais les Européens semblent les seuls à ne pas le voir…

    Mon but n’est pas de refroidir l’euforie de ceux qui veulent voir enfin le déclin de l’AAmérique…

    Mais rappeller certaines réalités qui font males…

    L’Europe est condamnée à disparaître au profit de deux grandes puissances

    Nous sommes passés d’un monde unipolaire (Usa seul au monde), à un monde bipolaire Chine-US

    Le G7 maintenant G20 n’est en fait qu’un G1 qui se transforme en G2

    Rien de bien nouveau

  7. Si vos réponses se limitent à “rira bien qui rira le dernier”

    C’est bien la preuve que vous êtes en manque d’argument…

    Malheureusement dans ce type de sujet, on est toujours plus dans l’ordre du fantasme, qu’autre chose…

    Ce qui me fait rire c’est que les européens mais aussi les russes (qui sont dans une situation économique la plus grave) se réjouissent comme si les choses aillaient mieux chez eux…

    On verra quand les musulmans passeront du simple au double en Europe, et qu’il representeront d’ici 20 ans près d’un quart de la population européenne…

  8. Le Pen Visionnaire

    Votre défaitisme n’ayant d’égal que votre surdité à tous mes arguments, largement développés sur d’autres fils et que je ne vais pas me fatiguer à répéter, je laisse les faits vous parler.

    Vous le dites vous-même, “on verra”.

  9. @Le Pen Visionnaire

    Je ne comprends pas la cohérence de tes propos.

    Quand il s’agit de critiquer le “lobby qui n’existe pas” tu es le premier mais quand il s’agit de défendre les USA, tu es aussi le premier à intervenir. Ou es la logique dans tout ça, sachant que tout est lié ??

    Un conseil change de pseudo parce que tu fais du tort au FN et eux ont toujours été dans la ligne gaullienne, c’est à dire anti-atlantiste !

  10. Je vois pas que les etats unis sont en declin !! en fait les E-U sont munis d’un dynamisme exceptionnel : le taux de fecondite est parmi les plus eleves dans l’occident , les compagnies americaines dirigent le monde entier et militairement l’armee americaine depasse ses rivaux de plusieurs decennies! en plus l’immigration au etats unis est une immigration “non offensive”, a l’oppose de l’immigration musulmane en Europe les immigres vers les etats unis sont majoriterement des Latinos qui ne sont pas des integristes comme les maghrebiens et les musulmans en France ou en Europe , en plus ils sont des chretiens comme les americains donc il ne sont pas un facteur destabilisant..
    En tout cas il ne faut pas se rejouir du declin des etats unis car ca signifie la monte de l’islam et de la chine face au declin de la civilisation occidentale dont les etats unis representent le principal pilier..

  11. charbel

    Bah, je vous laisse défendre votre Occident bien-aimé…

    En ce qui me concerne, sa civilisation destructrice du monde entier peut crever.

    Pour moi, c’est la France d’abord, et l’Europe ensuite. Les Etats-Unis sont objectivement nos ennemis.

    Après l’effondrement de la patrie de Mickey et du cheeseburger, je déboucherai le champagne, mais j’aurai une pensée pour Jack London et les quelques rares hommes de qualité de ce magnifique pays colonisé par des brutes et des imbéciles.

  12. Colbert

    Comme €ric te questionne, je suppose, te connaissant un peu, qu’il y a méprise, et que tu ne parlais pas (au contraire) de l’article en tête de ce fil…

  13. Boreas
    Il faut bien reflechir avant de commenter , moi je suis pas americain ni europeen ! je suis un Libanais chretien.
    Ce que tu dis n’a pas de sens!! de quel Europe tu parles?? L’union europeenne et l’europe ne peut pas seul affronter ses problemes , la France est en train de perdre son indentite, c’est desormais le nouveau Maghreb , vous avez des problemes a n’en plus finir!! l’union europeene n’est pas homogene !! et son ennemis principal est l’immigration … En plus si tu regardes bien les cartes de geopolitique mondiale et si tu lis les annales de geopolitique et d’histoire tu comprends bien que l’europe n’est qu’une partie de la civilisation occidentale qui englobe en plus les etats unis , le canada , l’australie, la nouvelle zelande et plus ou moins l’amerique latine… et que l’europe seul ne peut affronter aucune puissance mondiale ! vous avez besoin des Etats unis comme vous l’etiez durant la seconde guerre mondiale et que l’oncle sam a debarque en Normandie pour vous liberer..
    L’anti-americanisme a la Francaise n’est qu’une autre version de Al Qaeda.Concentrez vous sur vos problemes internes et sur les 20 % de musulmans en France qui ne se disent pas francais et qui dans quelques annees seront la majorite.

  14. charbel

    Ah, notre ennemi principal est l’immigration ? Et qui donc la fait venir, l’immigration, sinon des suppôts de l’Amérique ?

    Puisque vous êtes Libanais, vous êtes a priori bien placé pour savoir quel mal les anglo-saxons ont fait au Proche-Orient, et à quel point les Etats-Unis, par leur politique agressive, en Irak et ailleurs, détruisent les équilibres.

    Dois-je vraiment vous apprendre, concernant l’Europe, que les USA ont financé, dès l’origine, la création de l’Union Européenne, ce machin paralysant et déstructurant qui empêche l’Europe de se construire sur autre chose que le pouvoir du fric ?

    http://www.historia.fr/content/recherche/article?id=6744

    C’est-à-dire, en fait, sur le mercantilisme mondialiste destructeur des nations.

    Comme par hasard, ce sont ces mêmes “amis” qui, par leurs actions incessantes en faveur de l’immigration, notamment musulmane, en France et en Europe (aide militaire aux Albanais du Kosovo contre la Serbie, incitations à l’entrée de la Turquie dans l’UE, propagande médiatique incessante en faveur du métissage et du “village global”, discours d’Obama au Caire pour le port du voile en Europe, etc.), continuent de pousser à cette putréfaction de notre patrie.

    Alors, abstenez-vous de donner des leçons à ceux qui ont identifié les USA (son gouvernement, son oligarchie politico-économique, et non ses habitants en général, bien que peu soient lucides) comme un ennemi.

    Quant à Al Qaïda, quand on sait que Ben Laden et ses copains ont été recrutés et formés par la CIA dans les années 1970 et que l’Arabie Saoudite wahhabite est encore l’un des plus fidèles alliés de l’Oncle Sam, vous me faites vraiment rigoler !

    Concentrez-vous, à votre tour, sur votre communauté chrétienne dans votre pays, menacée par l’Islam sunnite que soutiennent les gouvernements américains successifs, et dites-vous que quand les USA s’écrouleront, ce sera un bien pour vous comme pour nous.

    Et si vous tenez à la civilisation occidentale, dépêchez-vous d’en profiter, il n’en restera bientôt plus, et c’est tant mieux.

    Aucun vrai nationaliste français ne peut s’identifier à l’Occident.

    La signification moderne de ce mot ne correspond plus en rien à son sens médiéval.

    Par ailleurs, si l’on étudie un peu la crise en cours, qui n’est pas seulement économique, mais énergétique et alimentaire, il est clair que l’avenir est à la décroissance, aux pays de taille raisonnable, et non au gigantisme des empires.

    Par conséquent, la France et l’Europe, une fois débarrassées de la pieuvre financière anglo-saxonne, se débrouilleront très bien toutes seules, comme elles le faisaient à l’époque où, sans Wall Street, sans les GI (de grands soldats, en vérité : en Afghanistan, à 300.000 si on compte l’armée afghane, ils sont en train de se faire foutre dehors par 25.000 “talibans”… comme au Vietnam) et sans les centaines de milliards de l’armée US qui n’arrive pourtant même pas à contrôler l’Irak…

  15. Boreas,
    A commencer par le Liban, c’est de nous en tant que chretiens libanais que vous devez apprendre comment defendre votre existance et votre societe et culture! je vous rappelle de la guerre civile qui c’est deroulee au Liban entre 1975 et 1990 et durant laquelle les partis chretiens ont sacrifie 15 000 martyrs pour defendre nos principe et notre existance dans cette partie du monde et dont vous en tant que francais et en tant que medias europeennes vous nous avez qualifie comme etant des milices chretienne extremistes!! alors que nous tout simplement on defendait notre pays contre les palestiniens et leur allies les musulmans libanais qui voulaient l’utiliser comme une plate forme por attaquer israel et pour resoudre des problemes regionaux sur notre terre.. que personne n’ose a nous donner des lecons du patriotisme !!
    Revenant au Sujet des USA , bcp de chose que tu dis sont vrai !! je suis tout a fait d’accord concernant le “KOSOVO” (dont je suis personnelement contre) mais malheureusement c’est aussi la position de votre pays bien aime la France ainsi que la majorite des pays europeens ! meme chose pour les talibans mais a l’epoque le principal danger etait les communistes sovietiques ! l’immigration ca c’est une affaire purement francaise c’est vous qui aimez les algeriens , mais l’algerie c’est une partie de la France?!?! et c’est vous qui avez adoptez cette constitution socialiste , seculaire coupant la France de son passe glorieux chretien catholique!
    Ensuite je vous pas comment tu percevois la divistion entre anglo-saxons et europe ?? mais toute l’europe du nord est anglosaxone! l’allemagne votre principal allie ainsi que la GB , pays-bas, pays nordiques… sont tous des anglo-saxons. Ainsi parlant , vous ne devez alors cooperer qu’avec les italiens , espagnols et autres europeen du sud seulement..
    Concernant la politique americaine en Moyen orient !! ca depends des pays, chez nous a Liban il ya une tres forte division politique et c’est tres complexe! mais en 2005 les etats unis nous ont aide pour se debarrasser des Syriens… et en plus Hezbollah et les allies iraniens et syriens ne sont pas une chose beneficitaire pour le Liban , ils sont pires que les sunnite, notre interet est de cooperer avec l’occident … en tout cas le Liban est tres complexe a comprendre.
    En tout cas , pour la France , c’est vous que decidez le future de votre pays ! je vous souhaite tout le succes et la prosperite , la France est un grand ami du Liban.

  16. @ Boréas

    Comme d’habitude je vous lis avec délectation ! La chute de notre ennemi et maître américain ne tardera pas et nous pourrons rapidement sabler le champagne. Quoiqu’il en soit, et quoique les idiots utiles abreuvés de coca-cola et fans de rokaineraule puissent dire ici ou là, cette chute est d’ores et déjà enclenchée tout autant qu’elle se trouve être inexorable. Gageons que des décombres de cet empire ploutocratique une nouvelle donne géopolitique multi-polaire puisse naître où l’Europe trouvera le moyen de sa renaissance et de son affirmation. Une Europe puissance loin de celle que nous connaissons aujourd’hui nécessairement. Il est grand temps de substituer à l’Europe potiche, création de l’atlantiste et agent américain Jean Monet, une Europe autonome, unie sur des bases ontologiques et civilisationnelle. Une Europe forte, politique, débarrassée du libéralisme anglo-saxon. Une Europe ayant pour colonne vertébrale l’axe Paris – Berlin – Moscou. Ce que nous aurions du faire depuis deux siècles pour contrer Albion !

    @ charbel

    Vous êtes libanais donc je peux comprendre votre manque de connaissance concernant le fait européen. Sachez que ni les allemands, ni les hollandais, ni les suédois ne sont des anglo-saxons, ce sont des peuples germains. Si vous avez voulu dire protestants, là encore il y a syllogisme. Allez dire à un bavarois qu’il est luthérien il vous dira la suite… Pareil aux 50% de hollandais du sud qui sont catholiques.
    Quant à votre parti pris pro américain je le mets sur le compte de votre haine aveugle de la Syrie qui induit une admiration tout aussi aveugle pour ceux que vous jugez être des alliés puisqu’ils vous ont soutenus contre vos ennemis syriens. Vos arguments sont émotionnel donc caduc.

  17. Le Pen Visionnaire
    31 octobre 2009 à 13:48

    Si vos réponses se limitent à « rira bien qui rira le dernier »

    C’est bien la preuve que vous êtes en manque d’argument…

    ————————–

    t’en a, toi, des arguments?

    des arguments, et des faits, y’en a une palanquée dans le long article ci-dessus !

  18. Eisbar
    “The Germanic peoples (also called Teutonic in older literature) are a historical ethno-linguistic group, originating in Northern Europe and identified by their use of the Indo-European Germanic languages which diversified out of Common Germanic in the course of the Pre-Roman Iron Age. The descendants of these peoples became, and in many areas contributed to, the ethnic groups of North Western Europe: the Danish, Norwegians, Swedish, Finland-Swedes, Faroese, English, Icelanders, Germans, Austrians, Dutch and Flemish, and the inhabitants of Switzerland, Alsace and Friesland on the continent.”
    “Le terme Anglo-Saxons désigne a posteriori les peuples germaniques (rattachés au rameau ethno-linguistique occidental ou westique des peuples indo-européens) qui s’installèrent dans l’île de (Grande-)Bretagne à partir du début du Ve siècle.”
    Les Anglo-saxons sont un peuple d’origine germanique !! ils ont comme origine l’allemagne actuelle !! et la langue anglaise et allemande sont tous deux germaniques par oppostion aux langues latines (Francais , espagnol..)
    tout de meme pour les hollandais et les scandinaves…
    Donc votre distinction fictive n’a pas de preuves scientifiques…. A propos de la question religieuse , savez vous que les etats unis sont le 3 eme pays catholique du monde avec 75 millions (le monde/la vie Atlas des religions) bien devant la France , l’italie… (Mexique et Brezil etant les premiers) ..
    Votre commentaire est charie par votre haine et votre phobie de la puissance des etats-unis.. pour toujours les francais ou la majorite des francais ont eu ses sentiment envers les etats unis !! c’est totalement absurde et incomprehensible votre complexe d’inferiorite envers les etats unis , meme Freud ne peut pas exliquer ca!!
    concentrer vous aux problemes de la France et regardez bien les etats unis pour savoir comment etre efficace et comment gerer son pays et comment avoir de la prosperite!!
    Haine pour la syrie , peut-etre! mais c’est pour le regime et non pas le peuple !! la syrie en fait n’a pas encore digeree l’idee que le Liban est un pays independant souverain depuis 1943 (date d’independance de la France).. et comme les etats unis sont contre la syrie alors ils sont nos amis .
    “L’ennemi de mon ennemi est mon ami”
    Mais moi j;admire le modele americain! c’est un exemple a suivre et une histoire de succes!! GOD BLESS AMERICA
    Mon blog personnel: http://christiangeopolitics.blogspot.com/

  19. Bon article, mais visiblement des intervenants n’ont pas compris que l’on parle d’une dynamique à moyen terme (20 à 30 ans voire plus). Structurellement parlant, les EU sont sur le déclin depuis les années 1970 (les stratèges étasuniens évoquaient déjà à cette époque).

    Bien sur que les États-Unis reste une grande puissance (militaire, financière, diplomatique, culturelle)à l’heure actuelle, mais d’ici quelques décennies…

    Quant à sabler le champagne, libre à vous, mais moi je préfère le réserver que quand on aura neutraliser la menace islamique en France. Je suis d’accord avec ceux qui disent que le déclin des EU nous redonnera une partie de notre indépendance, en ce sens c’est un bienfait. De plus cela nous (France + Europe) obligera de prendre certains problèmes à bras le corps, notamment le problème musulman.

    @ Charbel
    Vous êtes un admirateur du modèle américain : c’est évident. Je suis tout à fait d’accord avec vous pour que la France redevienne un pays catholique (bon en pratique c’est très compliqué), mais de grâce renseignez vous sur l’histoire de France avant de nous balancer des phrases du genre “les américains sont venus nous délivrer en 1944″.

    Je n’ai pas de haine envers les EU (gouvernement ou le peuple) ni d’admiration particulière. Nous avons des intérêts communs c’est tout.

  20. Les défenseurs aveugles des USA oublient de dire que la politique US ne défend en rien le monde occidental, les USA agissent dans leurs propres intérêts (Les groupes, Lobbys…) et celui de leur création : Israel!
    @ Charbel, juste une question penses tu qu’un GI qui meurt en Irak ou en Afghanistan meurt pour la civilisation blanche et chrétienne??
    Les USA s’en foutent bien du sort de la civilisation occidental, car ils sont les plus grands promoteurs de l’immigration de masse et du métissage interraciale! D’ailleurs les USA en tant que nation blanche va disparaitre pour devenir un brésil bis avec son lot de violence, d’émeutes, de criminalités…
    Tant que les USA ne se libèreront pas des lobbys, l’occident ne fera que s’enfoncer, l’europe étant devenu progressivement une colonie des USA

  21. Ceux qui, dans les années 1980 prédisaient le déclin de l’URSS faisaient remarquer sa mauvaise performance en matière de mortalité infantile, indice de poches dramatiques de pauvreté et de faible niveau du systeme de santé, marqueurs d’un dysfonctionnement grave de la société. Les fait ont confirmé leur diagnostic.
    Or maintenant, les USA ont un tel taux anormalement mauvais pour un pays développé : 6.14 pour 1000 contre 2.3 pour Singapour meilleur mondial 3.6 pour la France au 13éme rang, Les US aux 43eme rang viennent apres…. Cuba!

  22. Le monde de 2025 sera pas joyeux pour les usa, encore moins pour l’Europe.
    Qui sait, la sclérose économique et les masses immigrées seront peut-être un facteur d’union pour les européens… A condition que l’union européenne crève

  23. Excellent article et bonnes interventions de Boréas.

    En effet, les USA sont notre ennemi objectif. Ils sont le relais historique d’un combat entre civilisation française et civilisation anglo-saxonne, laquelle a largement gagné ce combat depuis 200 ans.
    Néanmoins, la France peut récupérer sa souveraineté grâce au déclin du monde anglo-saxon, qui ne peut que faire, sur le plan stratégique notre plus grand bonheur, car nous aurons alors notre rôle à jouer pour le bien de notre peuple et de notre civilisation et non plus pour subvenir aux besoins américains.
    Et je dis cela même alors que j’ai beaucoup d’amis américains et anglais/écossais… nous avons des interêts différents, et les anglo-saxons nous ont tellement pourri au fil des siècles que je ne verserai pas une seule larme quand les USA auront décliné et la GB “splitté” (écosse etc.) comme ils disent.
    Par contre, à tous ces européistes naïfs, il faut bien avoir en tête que l’UE est une construction américaine, comme cela a été rappelé et prouvé dans les commentaires et liens; et que l’Allemagne est la “bottom bitch” des Etats-Unis.
    Pour ceux qui veulent approfondir le sujet, je ne peux que recommander les conférences de François Asselineau disponibles sur youtube et dailymotion.

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