Une biologiste lauréate du CNRS pour sa thèse sur la “crise identitaire” d’un ver (Màj)

01/10/2015

L’Alsacienne Marie-Charlotte Morin, 27 ans, doctorante en biologie cellulaire à l’université de Strasbourg, avait été la vedette de l’édition nationale et internationale de “Ma thèse en 180 secondes”. Hilarant, son one-woman show autour de la cellule rectale d’un ver qui a envie de devenir un neurone avait conquis le public.

Que lui a apporté cette gloire éphémère ? Contactée en plein congé maternité, un bébé d’un mois pleurant à ses côtés, la lauréate de la finale nationale du concours “MT180″ en juin 2014, répond cependant avec joie à francetv info : “Une opportunité théâtrale. J’ai été contactée par un metteur en scène, Alexandre Taesch, et nous avons écrit une pièce sur l’évolution au sens de Darwin. Cela s’appelle ‘Tout le monde descend. Darwin, un grand pas pour l’hominidé.’ Pendant plus d’une heure, je vais me démener sur scène pour défendre Darwin face aux créationnistes ! Je commencerai à la jouer en avril prochain à l’Illiade à Strasbourg, puis dans d’autres cafés-théâtres de la ville. Et peut-être à Paris : nous sommes déjà en contact avec des salles.

A réaliser des rêves

Noémie Mermet, elle, a remporté la finale internationale du concours MT180 en septembre 2014, pour avoir expliqué l’enjeu de “l’implication des récepteurs 5-HT2A dans la modulation des interneurones PKCy dans un contexte d’allodynie”. Sachez plus simplement qu’elle travaille sur le développement des symptômes douloureux chez l’enfant.



Cette célébrité, raconte cette doctorante en neurosciences à l’université d’Auvergne, lui a permis de réaliser un rêve, qui deviendra réalité dans trois semaines. Le 17 octobre à Clermont-Ferrand, elle sera l’une des intervenantes d’un “TEDx”, ces conférences où des personnalités innovantes présentent leurs idées “pour changer le monde”. Elle y parlera des “idées reçues sur la douleur de l’enfant”.

A se reconvertir dans la vulgarisation

Grâce à la “MT180″, Noémie Mermet a également pu être invitée de l’émission “La Tête au carré” sur France Inter. Elle en avait envie depuis longtemps. Elle a aussi commencé, pour son plus grand plaisir, à animer une émission mensuelle de vulgarisation scientifique sur Radio Campus. Curieusement, note la thésarde, les trois minutes des “MT180″ propulsent davantage dans l’univers de la communication que dans celui des sciences.

Marie-Charlotte Morin, elle aussi, s’est vu proposer des chroniques scientifiques après son passage au “MT180″. Enceinte, elle les a refusées, mais, reconnaît-elle, cela pourrait la tenter “à la télé ou sur internet.” D’autant que les sacrifices lui paraissent moins “énormes dans le journalisme que dans la recherche”.

A désespérer de l’avenir dans la recherche ?

C’est là que le bât blesse. Des trois doctorants interrogés, seul Thomas Loyau est tiré d’affaire professionnellement. Il se félicite d’ailleurs de pouvoir bénéficier d’un statut de fonctionnaire – “C’est si rare !” – et de n’avoir pas connu le chômage, contrairement à tant de ses condisciples.

Comment Marie-Charlotte Morin envisage-t-elle l’avenir ? “La question que détestent les thésards, avec aucun poste qui ne s’ouvre au CNRS !” répond-elle dans un éclat de rire. Et de peindre gaiement l’avenir en noir : “La recherche académique a des salaires ridicules en France, alors qu’elle réclame un investissement énorme. 

On commence à 1 600 euros, on ne dépasse pas les 2.300 euros la deuxième année. La concurrence est très dure avec les États-Unis, avec une course à la publication qui vous dévore vos soirées et vos week-ends. Et pas question d’être payée en heures sup’ ! Pourtant, j’aurais bien aimé poursuivre dans cette voie, moi qui ai été boursière toute ma vie, pour pouvoir rendre à mon pays ce que j’ai reçu. Mais, dans ces conditions, ce n’est pas possible.” 

Et d’évoquer les “300 postes ouverts au CNRS en sciences dures en 2013″, des recrutements qui “ne remplacent même pas ceux qui partent”. Si elle est moins sombre,

Noémie Mermet reconnaît, elle aussi, que le “MT180″ lui a apporté davantage de contacts que de propositions concrètes.

L’avenir de la recherche est-il plus riant dans le privé ? Marie-Charlotte Morin s’esclaffe à nouveau : “C’est sûr que, en Suisse voisine de l’Alsace, Novartis ou Roche ont viré tellement de monde qu’ils vont peut-être finir par réembaucher !” Et de conclure : “C’est la panique chez les doctorants ! Si le ‘MT180′ pousse les jeunes à aller en sciences, comme on me l’a dit, on se demande si on ne les envoie pas au casse-pipe !”

14/06/2014

Expliquer une découverte scientifique importante mais compliquée à une assistance et la captiver en quelques minutes, c’est ce qu’a réussi une biologiste de l’université de Strasbourg. Elle a remporté, mardi 10 juin au soir à Paris, le concours de vulgarisation scientifique du CNRS et de la Conférence des présidents d’universités baptisé “Ma thèse en 180 secondes”.

Cette compétition a pour objectif de mettre sous les projecteurs les acteurs de la recherche de demain. Pas moins de 23 universités et communautés d’universités participent au concours. Marie-Charlotte Morin, a remporté la finale nationale avec une présentation simple et drôle d’un processus qu’elle a repéré chez un ver

Elle résume ainsi sa thèse : “une cellule du rectum d’un ver qui veut changer d’identité. Un phénomène extraordinaire qui m’a captivé tout de suite: dans le rectum du ver, il y a une cellule qui doit avoir une crise identitaire de fou et qui doit en avoir vraiment marre de sa condition rectale, et avoir envie de devenir un neurone“, explique-t-elle en préambule de sa présentation.

Le rôle des protéines lin-15A et rétinoblastome dans la reprogrammation cellulaire directe in vivo chez C.elegans est un phénomène étonnant donc, mais très prometteur puisqu’en en décryptant les mécanismes, il laisse entrevoir des avancées intéressantes pour l’homme, notamment concernant la maladie d’Alzheimer. La finale internationale de ce concours se déroulera les 24 et 25 septembre 2014 au Québec.

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>