Croissance mondiale : Le diagnostic pas très folichon de l’OCDE

Une croissance moins soutenue qu’on aurait pu l’espérer dans les économies avancées et un ralentissement plus fort dans les émergents : c’est ce que prévoit pour 2015 l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’année 2016 serait meilleure, même si l’organisation s’inquiète, pour le moyen terme, du ralentissement de la croissance potentielle dans le monde.

D’après les Perspectives économiques intermédiaires, présentées mercredi 16 septembre, la croissance mondiale serait ramenée de 3,3 % en 2014 à 3 % en 2015 (soit – 0,1 point par rapport aux prévisions de juin 2015).

Elle accélérerait ensuite à 3,6 % en 2016 au lieu des 3,8 prévus avant l’été, sur fond de stagnation du commerce mondial et de détérioration des conditions financières. Comme souvent, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne.

  • Le dynamisme retrouvé des vieilles économies

Les États-Unis et la zone euro sont les deux régions du monde pour lesquelles les prévisions ont été revues à la hausse en 2015 : + 2,4 % pour le produit intérieur brut (PIB) américain, soit un mieux de 0,4 point, et + 1,6 % pour la zone euro (+ 0,1 point). La reprise se poursuivrait en 2016 mais plus modérément que prévu : + 2,6 % aux États-Unis et + 1,9 % seulement dans la zone euro. Le Japon retrouverait le chemin d’une petite croissance : + 0,6 % en 2015, le double en 2016.

Tout en qualifiant de « solide » la reprise américaine, sur fond de consommation soutenue et d’amélioration de l’emploi, l’économiste en chef de l’OCDE, Catherine Mann, a fait observer que l’investissement, même s’il avait commencé à se redresser, restait décevant.

  • La Fed, élément perturbateur ?

S’agissant de la hausse annoncée et peut-être imminente des taux d’intérêt américains, qui devrait provoquer des « turbulences négatives » dans les pays émergents, Mme Mann a insisté sur la nécessité d’une meilleure communication de la Réserve fédérale américaine. « A force de crier au loup, la Fed affaiblit sa propre crédibilité », a-t-elle ajouté en précisant que, « plus que la date, c’est le rythme d’augmentation des taux qui importe ».

En zone euro, l’hétérogénéité demeure la règle. L’Allemagnedevrait croître de 1,6 % en 2015 et de 2 % en 2016, la France de 1 % et de 1,4 %, tandis que le PIB italien ne progresserait que de 0,7 % et de 1,3 %. Pour l’économiste en chef de l’organisation, la reprise « décevante » de la zone euro – eu égard au coup de pouce que représente la baisse de l’euro et du prix du pétrole – s’explique par les difficultés persistantes du secteur financier.

Les efforts de relance monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) n’ont pas assez d’effets sur l’économie réelle et la zone euro ne se désendette pas, a observé Mme Mann.

  • Le risque chinois, l’atout indien

La croissance chinoise, qui a tant fait parler d’elle depuis l’été, serait ramenée de 7,4 % en 2014 à 6,7 % en 2015 et à 6,5 % en 2016. L’OCDE, en d’autres termes, ne croit pas au scénario d’un atterrissage brutal de l’ex-empire du Milieu mais souligne les retombées sur l’économie mondiale de la baisse de la demande chinoise.

L’Inde, de son côté, connaîtrait un sentier de croissance bien meilleur : + 7,2 % en 2015 et + 7,3 % en 2016. Quant au Brésil, son économie se contracterait de 2,8 % cette année et de 0,7 % en 2016. Une « récession profonde ».

Le ralentissement plus important que prévu de la demande chinoise ne ferait pas dérailler la reprise mondiale sauf s’il devait aller de pair, comme ce fut le cas cet été, avec une correction importante et généralisée des marchés financiers mondiaux, a prévenu la chef économiste.

Mme Mann reste donc convaincue de la nécessité de soutenir la demande par la poursuite des politiques de relance, chaque pays devant doser son « policy-mix » tout en engageant les réformes structurelles nécessaires au relèvement de la croissance potentielle.

Le Monde

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