Les pays qui préoccupent les investisseurs

A plus ou moins brève échéance, ces pays pourraient se retrouver en défaut de paiement. Tour d’horizon.

Les pays proches du défaut

Le Venezuela se retrouve complètement asphyxié. Entre la baisse du prix du pétrole qui représente la principale source de devises étrangères du pays, et le fait qu’il doit importer la quasi-intégralité de ses besoins en produits manufacturés, les réserves de changes ont fondu.

Elles ont atteint en juin 16,3 milliards de dollars, leur plus bas niveau en douze ans. La crainte est donc importante que le Venezuela manque de cash pour faire face à sa prochaine échéance de dette. D’autant qu’il ne peut faire appel aux marchés de dette, sauf à un prix exorbitant, ni au FMI qu’il a quitté en 2007.
L’Ukraine a réussi à trouver in extremis un accord avec ses créanciers, jeudi dernier. Le pays a vu sa dette exploser dans un contexte de guerre civile et de crise économique grave qui a entraîné une chute de sa monnaie de 70 % face à la devise américaine l’an dernier. Il a obtenu un allégement de 20 % de son endettement, soit 3,6 milliards de dollars et un allongement de quatre ans du remboursement du solde, 11,6 milliards de dollars.

Mais pour les agences de notation, cette restructuration constitue un défaut, qui sera constaté lorsque l’accord entrera en vigueur. En outre, la Russie continue d’exiger le paiement intégral de 3 milliards de dollars prévu le 20 décembre prochain.

Les pays qui inquiètent

Le Brésil est dans le collimateur des agences de notation, avec le risque de voir ses obligations souveraines rétrogradées en « junk bonds ». Pourtant, à l’heure actuelle, la dette extérieure du Brésil est faible et ses réserves de change sont suffisamment importantes pour voir arriver sans difficulté les prochaines échéances de remboursement.

Mais le pays souffre d’un vrai problème de croissance qui entraîne une détérioration des comptes publics à très grande vitesse. Toutefois, étant donné l’importance du pays dans la région, il est plus que probable que le FMI interviendrait si la situation du Brésil devait se dégrader.

La Turquie accumule les circonstances aggravantes. Le pays est confronté à une grave crise politique, que les élections de novembre prochain ne résoudront pas forcément, à une résurgence du terrorisme, et à un affaiblissement de son économie et de sa monnaie qui a atteint un plus bas historique le 26 août.

De quoi inquiéter les investisseurs étrangers. Or la dette des entreprises locales est majoritairement à court terme et libellée en dollars. Une crise de confiance pourrait donc avoir un effet dévastateur pour un pays toujours sur le fil du rasoir.

Les pays à surveiller

L’Argentine est dans une situation particulière, celle d’un défaut technique. Après plusieurs restructurations, le pays dispose des ressources nécessaires pour payer ses créanciers. Mais le conflit judiciaire qui l’oppose avec plusieurs porteurs de dette ayant refusé de réduire la valeur de leurs titres l’empêche de facto de respecter ses engagements de remboursement.

n outre, il complique très fortement l’accès du pays aux marchés de capitaux. « A moyen terme, si rien ne change, le pays pourrait épuiser ses réserves de change et se retrouver à nouveau en défaut réel », s’inquiète Régis Chatellier chez Société Générale.

La Russie dépend beaucoup du gaz et du pétrole et subit donc le contrecoup de la baisse des cours. Mais surtout, la Russie doit faire face à des sanctions financières, qui privent ses banques d’un accès aux financements externes, notamment en dollars. Or, toutes les grandes entreprises travaillant dans le secteur des matières premières sont dépendantes des financements extérieurs en devise américaine.

Pour l’instant, la banque centrale russe jouait le rôle d’apporteur de liquidité, au détriment de ses propres réserves de change. Une situation à surveiller de près, même si pour l’instant il n’y a pas de risque de défaut proche.

La Grèce a pu faire face pour l’instant à ses échéances, grâce aux programmes d’aide européens. Mais son endettement, qui s’élève désormais à 300 milliards d’euros, soit 170 % de son PIB, semble au-delà de ses capacités de remboursement. Une restructuration de la dette grecque paraît à terme inévitable.

Économiquement, le pays devrait alors se retrouver en défaut de paiement partiel. Toutefois la dette grecque est quasi intégralement détenue par des organismes publics ou supranationaux, ce qui éviterait, techniquement, le défaut. Les conséquences seraient néanmoins les mêmes pour la capacité du pays à se financer sur les marchés.

Les Échos

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