« La zone euro vient de porter un coup terrible à Wall Street »

Grâce aux mesures prises mercredi [26 octobre 2011], la zone euro peut se replacer en acteur crédible d’une nouvelle donne économique mondiale. Selon Franck Biancheri, du Laboratoire européen d’anticipation politique, les partenariats vont se multiplier avec les pays du BRICS. Une redistribution qui effraie l’Amérique.

Le sommet de la zone euro de mercredi a-t-il accouché d’une Europe plus forte ?

A tous points de vue. L’Union européenne a démontré qu’elle entendait gérer la Grèce sur le long terme, car il est clair qu’un pays qui n’a pas de cadastre digne de ce nom ne peut se mettre à jour en moins de cinq ou dix ans.

Amener les créanciers, les banques qui avaient acheté de la dette grecque, à payer 50% de la note était une prouesse encore impensable il y a huit mois. Depuis un demi-siècle, ce type de créances était payé rubis sur l’ongle. C’est une rupture majeure. C’est un rafraîchissement gigantesque pour l’Europe, et une bonne chose pour la perception qu’elle a d’elle-même.

L’augmentation de 440 à 1000 milliards d’euros du Fonds européen de stabilité financière (FESF) serait donc la traduction d’une bonne gouvernance ?

L’Allemagne a eu une vision saine du fonctionnement du Fonds en évitant la vision « sarko-bancaire » qui voulait le lier à la Banque centrale européenne, comme les Etats-Unis l’ont fait en 2008, en donnant mission à la Fed de renflouer leurs banques. Ce piège aurait été dangereux pour la zone euro.

Malgré la décision de recapitaliser les banques, vous prédisez la disparition de 20% d’entre elles pour 2012 ?

C’est ce que j’appelle la décimation annoncée des banques au premier semestre 2012. Il faut l’entendre au sens romain du terme, c’est-à-dire une sur dix, mais je table sur la mort de 10% à 20% des banques occidentales. Elles sont trop nombreuses, et beaucoup plus faibles qu’elles veulent bien l’avouer. Les estimations faites par les experts financiers et les gouvernements sous-estiment l’impact de la crise sur ces établissements.

UBS figure parmi les établissements menacés…

Oui, de même que la Société Générale en France, ou Bank of America, énorme, poussive, qui peut s’effondrer d’un jour à l’autre. La plupart d’entre elles s’empêtrent dans des bilans mitigés, des procès à rallonges, et n’arrivent pas à abandonner des secteurs dangereux tels que la banque d’investissement. Le démantèlement de Dexia illustre bien ce processus, avec la création d’une banque spéciale pour solder les actifs pourris et un morcellement de ses activités.

On a beaucoup parlé du sauvetage de l’euro, comme s’il pouvait disparaître. Fantaisiste?

Evidemment. L’euro ne peut pas disparaître, ni demain ni dans quelques années. Même si la Grèce avait dû revenir à la drachme, cela aurait pris deux à trois ans pour remettre en place toute l’infrastructure monétaire. Alors imaginez à l’échelle de la zone euro. Par ailleurs, je rappelle que l’euro flotte toujours à environ 1,40 par rapport au dollar, ce qui n’est pas mal pour une monnaie déclarée moribonde depuis plusieurs années. Cette mort de l’euro est un pur fantasme.

D’où vient-il ?

Des grands médias et des grands acteurs économiques anglo-saxons. Le succès de l’euro va accélérer la perte d’influence de Wall Street et de la City de Londres sur les devises. La position dominante qu’ils occupent depuis deux cents ans arrive à son terme, et c’est pourquoi ils ont déclenché une guerre de communication inouïe contre la zone euro, en s’appuyant sur la crise grecque. Une crise, rappelons-le, avivée à son commencement par la banque Goldman Sachs. Le sommet de mercredi marque un coup d’arrêt pour cette propagande qui a frôlé l’hystérie collective.

La Chine propose une aide de 100 milliards d’euros, notamment pour le Fonds de stabilité. Dangereux ?

Au contraire. Elle n’est pas la seule d’ailleurs. La Russie, le Brésil sont aussi sur les rangs pour investir en Europe. Pourquoi faudrait-il avoir peur de la Chine ? Certaines voix crient au loup, alors que personne ne s’est inquiété de l’identité européenne lorsque, durant des décennies, ce rôle était joué par les Etats-Unis. Depuis le mois d’août, la Chine a mis un frein à l’achat de bons du Trésor américain. Comme d’autres pays, elle veut sortir du piège du monopole du dollar. Une Europe crédible et un euro qui sort renforcé de cette crise lui offrent cette solution.

Assiste-t-on à un basculement des alliances économiques ?

L’axe se déplace en effet, car le monde devient multipolaire. La zone euro, qui progresse vers cet « Euroland » dont nous avons besoin, est appelée à créer de nouvelles alliances avec la Chine, et d’une manière générale avec les pays émergents du BRICS. C’est ce qui effraie Wall Street et la City : que la Chine, désireuse de se diversifier, investisse davantage dans les « eurobonds », même si ce mot est tabou, que dans les bons du Trésor américain. Dans une optique écostratégique à moyen terme, l’accord trouvé à Bruxelles mercredi est un coup terrible porté à Wall Street.

Mais la Bourse de Wall Street est montée en flèche suite au sommet ?

C’est normal : depuis quelques jours, le dollar baisse face à l’euro, et quand il baisse, Wall Street monte. Ensuite, les opérateurs financiers croyaient dur comme fer au naufrage de l’euro, ils manifestent donc leur soulagement. On le sait, les Bourses ont une capacité d’anticipation égale à zéro.

Vous parlez d’« Euroland », mais n’est-ce pas une pure vue de l’esprit ?

Plus pour longtemps. C’est inéluctable. C’est l’image de la seringue : le liquide, c’est l’Europe, et le piston, la crise, qui la pousse vers la seule issue possible. Malheureusement, elle a pris du retard car les dirigeants aux commandes se sont révélés assez médiocres, sans aucune vision politique à long terme, spécialement Nicolas Sarkozy. De fait, les rôles historiques dévolus à la France, chargée de l’impulsion, et à l’Allemagne, responsable de la mise en œuvre, se sont évanouis. L’Allemagne s’est trouvée seule pour assumer les deux tâches, alors qu’elle n’a pas l’habitude d’être le leader politique de l’Europe.

Comment cette nouvelle Europe peut-elle se construire ?

2012 sera une année de crête, un point de bascule entre deux mondes, celui d’avant et celui de demain. Il faut recourir à de nouveaux outils pour décrypter, anticiper, agir et non plus réagir dans cette dislocation géopolitique mondiale. L’an prochain, il y aura des changements de leadership dans plusieurs pays, et on vient de voir que Silvio Berlusconi a quasi signé son arrêt de mort en appelant des élections anticipées pour ce printemps. Dorénavant, deux sommets de la zone euro seront organisés chaque année, et elle va se doter d’une nouvelle Constitution en 2013 ou 2014.

Celle de 2005 avait pourtant échoué…

Ce sera un texte plus simple et plus fondamental pour quelques grands axes de la zone euro. Le précédent, trop lourd, indigeste, parlait d’une Europe passée. La prochaine Constitution sera soumise à référendum, non plus pays par pays, mais lors d’un seul vote pour l’ensemble des pays de l’UE.

Comment les Etats-Unis vont-ils sortir de leur endettement ?

Pour l’heure, ils ne peuvent pas. Dès novembre, les calculs montreront que la dette a encore augmenté. Le déficit va s’accroître, ils sont dans une spirale descendante. C’est l’effondrement d’un système transatlantique, basé sur l’alliance et le leadership de Wall Street et de la City. Nous sommes à la fin d’un cycle historique, de ceux qui se déploient sur deux, trois ou quatre siècles. Les Etats-Unis ont perdu de leur puissance et de leur crédibilité sur le plan international. Et pour leurs affaires intérieures, ils ne sont plus seuls maîtres de leur destin. Les indignés de Wall Street, comme les gens du Tea Party, sont deux symptômes de la défiance des Américains envers le système en place, où démocrates et républicains sont déconnectés des citoyens. Je pronostique l’émergence d’une troisième force politique lors des élections au Congrès en 2012.

Le Matin (Suisse), 30 octobre 2011

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Commentaires (16)

  1. Franck Biancheri doit regretter d’avoir dit tout ça avant le 30 octobre, maintenant que nous sommes après le 2 novembre…

    C’est ce que l’on appelle  » l’auto-décrédibilisation en direct ». Il faut être un artiste pour la réussir aussi parfaitement.

    « -Le sommet de la zone euro de mercredi [pas mercredi hier note du Taxi] a-t-il accouché d’une Europe plus forte ?

    -A tous points de vue. L’Union européenne a démontré qu’elle entendait gérer la Grèce sur le long terme,… »

    Ah, le baudet.

  2. Je me suis arrêté à l’euro ne peut pas disparaître.

    Mieux l’euro ne doit pas disparaître avant le dollar .

  3. les mesures prises le 26/10 … et annulées le 01/11.
    Oh oui, en effet, les US doivent trembler!

  4. Oui Fontzie, les US tremblent.

    Les banques et les assureurs américains sont les plus exposés sur la Grèce.

    Un défaut ou une perte de 50% comme prévu dans le nouveau plan de Sarko et Merkel est une catastrophe pour l’Outre Atlantique et beaucoup moins pour la zone euro qui se prépare progressivement à dégager le boulet grec.

    Le très pro anglais Papandréou a cherché à gagner du temps avec son référendum et à cacher la faillite de MT Global et la descente aux enfers de Wall Street (voir la revue de presse de Pierre Jovanovic de cette semaine).

    Les américains ne sont pas au bout de leur surprise. L’euro étalonné sur l’or qui se prépare en douce va mettre à bas le dollar.

  5. Je persiste à penser que, si on s’extrait une minute de l’actualité immédiate (les réactions à courte vue des marchés, le tintamarre médiatique sensationnaliste), Biancheri et le LEAP ont toujours assez largement raison.

    Attention, je ne prends pas parti pour l’UE actuelle, ni pour sa politique, reflet néanmoins, ne l’oublions pas, des politiques nationales de ses Etats membres. J’essaie juste de deviner l’évolution globable de la situation.

    Quelle que soit l’issue du référendum grec (si référendum il y a), la zone euro a fait la preuve, à l’initiative de l’Allemagne et malgré tous les lamentables cafouillages propres à la calamiteuse architecture politique européiste :

    - de sa capacité à faire payer les banques (au point qu’on peut se demander si Papandréou, outre son problème de légitimité politique interne à la Grèce, n’est pas en mission – il est demi-américain de naissance et a fait ses études aux States – pour la finance américaine) ;

    - de son refus d’emboîter le pas au délirants QE américains de Bernanke and Co. ;

    - de sa volonté politique de conserver l’euro et d’en faire une monnaie de réserve susceptible de prendre le relais du dollar ;

    - désormais, de laisser la Grèce suivre sa route (a priori, encore moins drôle sans l’euro qu’avec, mais c’est une opinion personnelle, je ne connais pas l’avenir), marquant ainsi non seulement une certaine lucidité quant à l’importance réelle (faible : 2,65 % du PIB de la zone euro) de ce pays au sein de l’Union monétaire, mais surtout, contrairement à ce qu’on peut lire ici et là, une volonté moins « totalitaire » que prévu.

    A ce sujet, il est quand même assez amusant de voir Dupont-Aignan reprocher à la zone euro (en fait, au couple Sarkozy-Merkel, traités d’ « apprentis dictateurs ») de faire du chantage à la Grèce pour qu’elle renonce à son référendum ou fasse en sorte que le vote soit favorable à l’euro.

    Qu’est-ce que les défenseurs à tous crins de la souveraineté et de la dignité des Grecs face aux banques entendent par ce « chantage » ?

    Simplement, le fait qu’en cas de « non » à un éventuel référendum, eh bien, le dernier plan de sauvetage conclu avec l’accord des dirigeants grecs, ne serait pas appliqué. Fin des aides financières à la Grèce. Quoi de plus normal, puisque la Grèce n’en veut plus ?

    Eh bien non. Les mêmes Français soucieux de leurs « petits sous », tellement en défaveur de toutes les aides à la Grèce tout en déplorant, la main sur le coeur, la situation du peuple grec (- « Oh, t’as vu le pauvre mendiant ? » – « Ah oui, c’est triste, mais faut surtout pas lui donner d’argent »…), viennent maintenant dire qu’il serait dégueulasse de faire ce qu’ils souhaitent, c’est-à-dire d’arrêter de donner (pardon, de prêter) à la Grèce ! C’est grotesque.

    Il n’y a pas de « chantage ». Pourquoi les contribuables de la zone euro devraient-ils aider la Grèce malgré le revirement des dirigeants grecs sur le plan de sauvetage, aussi imparfait soit-il ?

    Je veux bien que le peuple grec soit victime de la corruption de ses élites depuis des lustres, victime aussi de l’aide intéressée apportée à ses dirigeants par certaines grandes banques, que le prêt à intérêt c’est du vol, etc.

    Mais tout de même, à un moment donné, il faut arrêter les mouchoirs et regarder la réalité en face.

    La Grèce est un pays souverain, comme PL24 aime à le dire de la Slovaquie ; pays souverain, qui vit au-dessus de ses moyens depuis des lustres en truquant sa comptabilité publique, où la corruption est quasi-généralisée, où aucun effort de rationalisation fiscale n’a jamais été fait et qui a largement profité de son entrée dans la zone euro pour redoubler d’emprunts.

    Et on voudrait nous faire croire que les Grecs sont tous des victimes, que ce sont les Français et les Allemands, riches prêteurs via leurs banquiers privés, les salauds ?

    Le petit peuple grec est à plaindre. Le reste des Grecs, tout ceux qui ont bien profité du système, non. Que les élites grecques s’expliquent avec leurs électeurs et clients, cela ne nous regarderait que si nous adoptions le détestable « devoir d’ingérence » cher à Kouchner et BHL.

    Personnellement, si Papandréou et l’ensemble des politiciens grecs étaient, dans les prochains mois, lynchés par une foule de nouveaux pauvres et pendus aux réverbères d’Athènes, je ne lèverais même pas un sourcil.

    Mais qu’on ne vienne pas me dire qu’aider la Grèce contre la volonté de ses dirigeants, voire contre celle de son peuple (puisqu’il paraît que le référendum verrait un « non » massif au plan de sauvetage européen – j’en suis beaucoup moins sûr que les médias et la droâte nationale, tous d’accord avec les altermondialistes pour le coup, mais enfin…) ; qu’on ne vienne pas me dire, donc, qu’aider la Grèce si elle le refuse, ce serait justifiable d’une façon quelconque.

    Ah au fait, une question à tous les grands savants furieusement en faveur d’une sortie de l’euro de la part de la Grèce : à qui ce pays ruiné va-t-il bien pouvoir emprunter pour continuer de financer son train de vie largement au-dessus de ses moyens ?

    Admettons même que le gouvernement tombe et que, miracle, un autre plus intègre lui succède (on peut toujours rêver).

    Admettons, suprême audace onirique, que ce gouvernement intègre décide de répudier la dette publique grecque, de faire défaut, de repartir de zéro.

    Bon. Moi, je suis pour, hein. Jamais aimé les banquiers. Rien à foutre des épargnants qui seraient lésés par le défaut grec.

    Seulement, le problème, pour la Grèce, c’est que, si elle pourra repartir (je suis d’accord avec Patrick Reymond qui donne l’exemple de l’Islande : quand on a fait faillite une bonne fois, on vous reprête, après ; sauf que l’Islande a des ressources naturelles et industrielles, et une réputation de travail, toutes choses qui ne sont pas si évidente du côté d’Athènes), il faudra quand même qu’elle encaisse un appauvrissement carabiné.

    Que produit la Grèce ? Qu’a-t-elle à manger, à vendre, à exporter ? Sa marine marchande, à l’heure de la démondialisation ?

    A force de ne voir que la finance, on en oublie l’essentiel, l’économie réelle.

    La vraie question, c’est : comment les Grecs vont-ils encaisser une décroissance carabinée, bien pire encore que celle contre laquelle ils manifestent déjà ? En développant le tourisme ? Si les touristes sont « accueillis » par le spectacle des Black blocks et de leurs barres de fer, le chiffre d’affaires risque d’être limité.

    Les Grecs ont le choix : être prolongés de quelques années maximum par la zone euro et faire défaut avec tout le monde (ce qui est quand même plus convivial, plus festif : j’imagine les evzones dansant le sirtaki devant la fontaine Saint Michel en balançant des liasses d’euros sans valeur, applaudis par des ex-touristes allemands subitement néo-pauvres, coincés à Paris sans même un ticket de métro) ou plonger seuls, tout de suite, peut-être dans la révolution mais, avec certitude, dans la misère.

    Sans parler du FMI et autres vautours et donc, d’une autre « tutelle » que celle de la zone euro, car qui voudra des obligations d’Etat grecques avec le taux record desquelles BA nous bombarde quotidiennement ? Qui d’autre que le FMI voudra prêter à la Grèce ?

    Alors, je pense… que malgré tout, la Grèce va rester dans l’euro.

    Nous verrons bien.

  6. Le coté européiste du LEAP m’agace, mais ils ont raison.

    leperigourdin
    3 novembre 2011 à 08:41

    D’accord. Mais la Grèce risque de sortir (ca va être rock’n roll pour elle…)

    Boreas
    3 novembre 2011 à 11:54

    Ce que vous dites est juste, mais j’aimerais revenir sur un point (je vais passer pour un ch*ieur): l’UE, le FMI, etc n’aident pas la Grèce. Ils lui prêtent (fort cher d’ailleurs) afin qu’elle remboursent sa dette, détenue en grande majorité par les banques françaises et allemandes.

    C’est quand même curieux, au fil de mes lectures des fils sur FDS, que peu de gens rappellent ce fait le plus élémentaires…

    La Grèce n’aurait jamais du rentrer dans la zone euro; on connaissait ses problèmes financiers, son clientélisme, etc depuis belle lurette. Mais en 2001, comme par magie (merci à Goldman Sachs) elle a présenté des comptes parfaits. Et aujourd’hui, elle est à deux doigt d’être mis sous tutelle de l’UE et/ou du FMI: on lui reproche son manque de sérieux, de transparence dans ses comptes publiques! De qui se moque-t-on????

  7. Imperator.

    Ce que vous dites est juste. :-)

    Il est évident que les grands Etats de la zone euro cherchent à protéger les grandes banques de leurs pays, voire à les sauver.

    Mais étant donné qu’une recapitalisation aurait aisément pu, techniquement (cf. ce qu’ont fait les USA), se substituer aux multiples et fastidieux plans de sauvetage de la Grèce que la zone euro aurait alors simplement laissé couler, je pense qu’il doit quand même y avoir aussi un zeste de vraie solidarité européenne.

    A l’époque où certains n’ont que le mot « diabolisation » à la bouche, ne pensez-vous pas qu’il serait prudent de s’abstenir de « diaboliser » complètement des personnages déjà assez ridicules (Barroso, Juncker, Sarkozy, Van Rompuy, etc.) en leur déniant implicitement toute qualité humaine ?

    Ce sont, objectivement, nos ennemis, mais ils sont susceptibles d’agir correctement, humainement, parfois, je crois.

    Et surtout, ne sous-estimons pas la bêtise humaine, dont ils sont pourvus en suffisance, eux aussi, avec son cortège de légèretés coupables, d’incompétences…

    De tout ce qui se passe de négatif, je doute que 20% soient réellement intentionnels.

  8. Boreas

    Vos sentiments chevaleresques vous honorent quand vous dites : « ne pensez-vous pas qu’il serait prudent de s’abstenir de « diaboliser » complètement des personnages déjà assez ridicules (Barroso, Juncker, Sarkozy, Van Rompuy, etc.) en leur déniant implicitement toute qualité humaine ? »

    Vous ajoutez avec raison : « ce sont nos ennemis ».

    Donc on se moque de leurs qualités humaines et/ou de leur éventuelle sincérité, comme on se moque de la morale ou de la diabolisation.
    Ces gens nous diabolisent, nous haïssent comme ils haïssent l’Europe et les Européens. Ils sont responsables de la catastrophe, de la décadence qu’ils organisent, de l’immigration africaine etc.
    Ces gens sont le diable, le diable incarné. Ils ne sont pas humains et jamais il ne faudra hésiter à les traiter comme tels : des monstres, des parasites.

  9. Un referendum de tous les pays d’Europe en même temps, c’est malin. Plus question de montrer quel pays a dit oui ou non. Seul le oui compte qui a recommencer le referendum.

  10. Elsässer

    Je ne crois pas au diable, sauf dans son sens philologique tel que donné par Arturo Reghini : ce qui divise, ce qui s’oppose à l’unité.

    Il n’y a rien de « chevaleresque » dans ma remarque sur la psychologie des eurocrates de Bruxelles et des dirigeants nationaux européens.

    Juste la volonté de comprendre leur fonctionnement.

    Or, ils n’ont rien de monstres ou de diables. Ce sont de tout petits humains avec beaucoup de défauts, qui se révèlent tous les jours à l’observateur attentif.

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