LEAP – Quatrième trimestre 2011 : fusion implosive des actifs financiers mondiaux

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 septembre 2011

Comme anticipé par le LEAP depuis novembre 2010, et répété à plusieurs reprises jusqu’en juin 2011, le second semestre de 2011 a bien débuté par une rechute brutale et majeure de la crise. Près de 10.000 milliards de dollars des 15.000 milliards d’actifs-fantômes annoncés dans [notre communiqué de juin 2011] sont déjà partis en fumée. Le reste (et probablement beaucoup plus) va s’évanouir au cours du quatrième trimestre de 2011 qui sera marqué par ce que notre équipe appelle « la fusion implosive des actifs financiers mondiaux ».

Ce sont les deux principaux centres financiers mondiaux, Wall Street à New York et la City de Londres, qui vont être les « réacteurs privilégiés » de cette fusion. Et, comme prévu par le LEAP depuis plusieurs mois, c’est la solution des problèmes de la dette publique de certains Etats de l’Euroland qui va permettre à cette réaction d’atteindre sa masse critique, après laquelle plus rien n’est contrôlable ; mais c’est aux Etats-Unis que se trouve l’essentiel du carburant qui va alimenter la réaction et la transformer en choc planétaire réel (1). Depuis juillet 2011 nous n’avons fait qu’entamer le processus qui conduit à cette situation : le pire est donc devant nous et très proche !

Dans ce communiqué public, nous avons choisi d’aborder très directement l’immense opération de manipulation qui est organisée autour de la crise grecque et de l’Euro (2), tout en décrivant son lien direct avec le processus de fusion implosive des actifs financiers mondiaux. Par ailleurs, dans ce [numéro], le LEAP présente ses anticipations du marché de l’or pour la période 2012-2014 ainsi que ses analyses sur le néo-protectionnisme qui va se mettre en place à partir de la fin 2012. Outre nos recommandations mensuelles sur la Suisse et le Franc suisse, les devises, l’immobilier et les marchés financiers, nous présentons également nos conseils stratégiques adressés aux dirigeants du G20 à moins de deux mois du sommet du G20 qui se tiendra à Cannes.

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Evolution de l’indice de production économique US (1974-2011) (en grisé : récessions ; ligne pointillée bleue : niveau d’alerte à la récession ; en bleu : indice de production économique et en rouge, la projection pour les 3e et 4e trimestres 2011) – Source : Streetalk/Mauldin, août 2011

Crise grecque et Euro : état des lieux de la vaste opération de manipulation en cours

Mais, revenons donc à la Grèce et à ce qui commence à être un « antique scénario très répétitif (3)», dont nous avons déjà expliqué qu’il revenait sur le devant de la scène médiatique chaque fois que Washington et Londres entraient dans de graves difficultés (4).

D’ailleurs, comme par hasard, l’été a été catastrophique pour les Etats-Unis qui sont désormais entrés en récession (5), qui ont vu leur note financière dégradée (un événement jugé impensable par la totalité des « experts » il y a seulement six mois) et qui ont exposé au monde étonné l’état de paralysie générale de leur système politique (6), tout en étant incapables de mettre en place la moindre mesure sérieuse de réduction de leurs déficits (7).

Parallèlement, le Royaume-Uni s’enfonce dans la dépression (8) avec des émeutes d’une rare violence, une politique d’austérité qui échoue à maîtriser les déficits budgétaires (9) tout en plongeant le pays dans une crise sociale sans précédent (10) et une coalition au pouvoir qui ne sait même plus pourquoi elle gouverne ensemble sur fond du scandale des collusions entre dirigeants politiques et l’empire Murdoch.

Aucun doute, avec un tel contexte, tout était mûr pour une relance médiatique de la crise grecque et de son corollaire, la fin de l’Euro ! Si le LEAP devait résumer le scénario « façon Hollywood » ou « FoxNews » (11), on aurait le synopsis suivant : « Pendant que l’iceberg US est en train de percuter le Titanic, l’équipage entraîne les passagers à la recherche de dangereux terroristes grecs qui auraient posé des bombes à bord ! »

En terme de propagande, la recette est connue : elle consiste à faire diversion pour permettre d’abord de sauver les passagers qu’on veut (les élites informées qui savent très bien qu’il n’y a pas de terroristes grecs à bord) puisque tout le monde ne pourra pas être sauvé ; et ensuite, de masquer le plus longtemps possible la vraie nature du problème pour éviter une révolte à bord (y compris d’une partie de l’équipage qui croit sincèrement qu’il y a bien des bombes à bord).

Pour se concentrer sur le fond, on doit souligner que les « promoteurs » d’une crise grecque qui serait une crise fatale pour l’Euro passent leur temps à répéter cela depuis maintenant près de deux ans sans que quoique ce soit de leurs prévisions ne se réalise (12) (mis à part continuer à parler du sujet).

Les faits sont têtus : malgré ce déchaînement médiatique qui aurait emporté nombre d’économies ou de monnaies (13), l’Euro est stable, l’Euroland a fait des bonds de géant en matière d’intégration (14) et s’apprête à franchir de nouvelles étapes encore plus spectaculaires (15), les pays émergents continuent à se diversifier hors des Bons du Trésor US et à acheter des dettes de l’Euroland, et la sortie de la Grèce de la zone Euro est toujours totalement inenvisageable hormis dans les articles de médias anglo-saxons dont les auteurs n’ont en général pas la moindre idée du fonctionnement de l’UE et encore moins des tendances fortes qui l’animent.

Maintenant notre équipe ne peut rien faire pour ceux qui veulent continuer à perdre de l’argent en pariant sur un effondrement de l’Euro (16), une parité Euro-Dollar, ou une sortie de la Grèce de l’Euroland (17). Les mêmes ont dû dépenser beaucoup d’argent pour se prémunir contre la soi-disant « épidémie mondiale de grippe H1N1 » qu’experts, politiciens et médias en tout genre ont « vendu » pendant des mois aux populations mondiales et s’est avérée être une énorme mascarade alimentée en partie par les laboratoires pharmaceutiques et des cliques d’experts à leurs ordres (18).

Le reste, comme toujours, est auto-alimenté par le manque de réflexion (19), le sensationnalisme et le conformisme des médias dominants. Dans le cas de la crise Euro-grecque, le scénario est analogue, avec Wall Street et la City dans le rôle des laboratoires pharmaceutiques (20).

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Comparaison des données économiques Euroland-USA (2010) (Etat de la dette, chômage, croissance, balance des paiements) – Source : Spiegel, juillet 2011

Quand Wall Street et la City paniquent devant les solutions qu’est en train d’inventer l’Euroland

Nous rappelons en effet, que ce qui affole Wall Street et la City, ce sont les enseignements que sont en train de tirer les dirigeants et les peuples de l’Euroland de ces trois années de crise et des solutions inefficaces qui y ont été apportées. La nature de l’Euroland crée un espace de discussion sans équivalent au sein des élites et des opinions publiques américaines et britanniques.

Et c’est bien ce qui gêne Wall Street et la City, qui systématiquement cherchent à tuer cet espace de discussion, soit en essayant de le plonger dans l’affolement avec des annonces sur la fin de l’Euro par exemple ; soit en le réduisant à une perte de temps et en en faisant une preuve d’inefficacité de l’Euroland, d’inaptitude à résoudre la crise. Ce qui est un comble compte tenu de la paralysie complète prévalant à Washington.

Pourtant, c’est bien cet espace de discussion qui permet aux Eurolandais d’avancer sur le chemin d’une solution durable à la crise actuelle. Cet espace de discussion fait partie intégrante de la construction européenne où des visions contradictoires des méthodes et des solutions s’affrontent avant in fine de s’entendre sur un compromis (et c’est toujours le cas comme le prouvent les décisions très importantes prises depuis mai 2010). Il élargit ainsi le débat à une multitude d’acteurs, venus de 17 pays différents, de plusieurs institutions communes, et il s’ancre dans les débats de dix-sept opinions publiques (21).

Or, c’est de la confrontation des idées que jaillit la lumière : de la confrontation brutale des idées, le philosophe grec Héraclite disait, il y a 2 500 ans, « de quelques-uns elle a fait des dieux de quelques-uns des hommes ; des uns des esclaves, des autres des hommes libres« . Or les citoyens de l’Euroland refusent que cette crise les transforme en esclaves et c’est pour cela que les débats intra-européens actuels sont nécessaires et utiles. En trois ans, entre 2008 et 2011, ils ont notamment permis deux choses essentielles pour l’avenir :

  • ils ont relancé l’intégration européenne autour de l’Euroland et l’ont placé désormais sur une trajectoire d’intégration accélérée. Notre équipe anticipe désormais une forte relance de l’Europe politique à partir de la fin 2012 (analogue à celle des années 1984-1985) avec notamment un traité d’intégration politique de l’Euroland qui sera soumis à un référendum trans-Euroland d’ici 2015 (22).
  • ils ont permis l’émergence progressive de deux idées simples mais très fortes : sauver les banques privées ne sert à rien pour résoudre la crise et il est nécessaire que les marchés (c’est-à-dire essentiellement les grands opérateurs financiers de Wall Street et de la City) assument intégralement leurs risques, sans plus de garantie de la part des Etats. Aujourd’hui, ces deux idées sont au cœur du débat eurolandais, aussi bien dans l’opinion publique que dans les élites… et elles gagnent chaque jour du terrain. C’est cela qui provoque la peur de Wall Street et de la City et des grands opérateurs financiers privés. C’est cela qui est la mèche déjà bien consommée qui va déclencher la fusion implosive des actifs financiers mondiaux au quatrième semestre (bien entendu dans le contexte dominant de la récession US et de l’incapacité de réduire les déficits publics). Si les marchés commencent à anticiper une décote de 50% des titres grecs ou espagnols, c’est qu’ils sentent bien la direction que prennent les événements dans l’Euroland. Pour le LEAP, il ne fait aucun doute que les esprits sont mûrs, un peu partout dans l’Euroland, pour s’orienter vers une mise à contribution de 50%, voire plus, des créanciers privés pour résoudre les futurs problèmes d’endettement public. C’est un problème pour les banques européennes sans aucun doute, mais il sera géré pour garantir les épargnants. Les actionnaires eux vont devoir assumer pleinement leur responsabilité : c’est bien d’ailleurs le fondement du capitalisme !

Wall Street et la City, et leurs relais médiatiques, voudraient désespérément que ce débat n’ait pas lieu, qu’il soit clos par la panique, que les gouvernants soient obligés d’écouter leurs « experts » qui leur assurent que le seul moyen est de continuer à recapitaliser les banques, à les inonder de liquidités (23)… comme c’est le cas à Washington et Londres. Deux pays où ces mêmes établissements financiers font la pluie et le beau temps dans les gouvernements.

D’ailleurs le combat fait rage autour de la BCE comme nous l’avions mentionné dans un communiqué précédent : la nomination de Mario Draghi, ancien de Goldman Sachs, la démission de Jürgen Stark (24)… ressortent de ces tentatives de mettre Francfort sous la même tutelle que Londres et Washington. Mais, elles sont condamnées d’avance du fait même de cet espace ouvert, structurellement inscrit dans la construction européenne, où les discussions sont nourries par l’échec des politiques de 2008 et l’irruption croissante des opinions publiques dans le débat.

« Chi va piano va sano e chi va sano va lontano » (25) disent les Italiens. Cette crise est d’ampleur historique comme nous le rappelons depuis février 2006. Les mesures à prendre pour la traverser au mieux et en sortir plus fort (des hommes libres et non pas des esclaves, pour reprendre Héraclite) exigent donc des débats sérieux et profonds (26)… donc du temps. Et le temps pris par les Eurolandais, c’est de l’argent perdu pour les marchés… ce qui explique leurs craintes.

Le LEAP pense bien entendu qu’il faut aussi agir et nous avons souligné dès mai 2010 que les actions entreprises dans l’Euroland étaient d’une ampleur sans précédent dans l’histoire européenne récente. Et nous estimons qu’il faut laisser le temps au second plan d’aide à la Grèce de se mettre en œuvre. Pour le reste, nous savons aussi que les dirigeants actuels sont pour la plupart en « fin de course » et qu’il faut attendre la mi-2012 pour assister à une nouvelle accélération majeure de l’intégration de l’Euroland (27).

Pendant ce temps, avec 340 milliards de dollars à trouver en 2012 (28) pour se refinancer, les banques européennes et américaines vont continuer à s’entre-tuer tout en essayant de maintenir la situation pré-crise qui leur assurait un soutien illimité des banques centrales. Pour l’Euroland, ils risquent d’avoir une très mauvaise surprise.

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Evolution comparée de l’indice de la Réserve de Philadelphie et de la production industrielle US (2002-2011) – Sources : Philadelphia Fed, MarketWatch, août 2011

Le quatrième trimestre 2011 marque la fin des deux paradigmes-clés du monde d’avant la crise

La fusion implosive du quatrième trimestre va ainsi directement résulter de la rencontre entre deux nouvelles réalités qui contredisent deux conditions fondamentales d’existence du monde d’avant la crise :

  • l’une, née en Europe, consiste à rejeter désormais l’idée que les opérateurs financiers privés, dont Wall Street et la City sont l’incarnation par excellence, ne sont pas pleinement responsables des risques qu’ils prennent. Or, depuis plusieurs décennies, c’était l’idée dominante qui a alimenté le formidable développement de l’économie financière : « Pile je gagne, face tu me renfloues ». L’existence même des grandes banques et assurances occidentales est devenue intrinsèquement liée à cette certitude. Les bilans des grands acteurs de Wall Street et de la City (et de nombreuses grandes banques de l’Euroland et du Japon) sont incapables de résister à ce formidable changement de paradigme (29).
  • l’autre, générée aux Etats-Unis, est la fin avérée du moteur US de la croissance mondiale (30) sur fond de paralysie politique complète du pays qui de facto va terminer l’année 2011 comme la Grèce a terminé l’année 2009 : le monde découvre peu-à-peu que le pays a une dette qu’il n’est plus capable d’assumer, que ses créanciers ne veulent plus prêter et que son économie est incapable de faire face à une austérité significative sans plonger dans une profonde dépression (31). D’une certaine manière, l’analogie peut aller plus loin : tout comme l’UE et les banques, de 1982 à 2009, ont prêté à la Grèce sans compter… et sans lui demander sérieusement des comptes, sur la même période, le monde a prêté sans compter aux Etats-Unis en croyant sur parole ses dirigeants quant à l’état de l’économie et des finances du pays. Et dans les deux cas, l’argent a été gaspillé dans des booms immobiliers sans avenir, dans des politiques de clientélisme dispendieuses (aux Etats-Unis, le clientélisme, c’est Wall Street, l’industrie pétrolière, les opérateurs de santé), dans des dépenses militaires improductives. Et dans les deux cas, tout le monde découvre qu’on ne peut pas en quelques trimestres réparer des décennies d’inconscience.

Le « perfect storm » politico-financier US de novembre 2011

Ainsi, en novembre 2011 les Etats-Unis se préparent un « perfect storm » politico-financier qui fera ressembler les problèmes de l’été à une légère brise de mer. Les six éléments de la future crise sont déjà réunis (32) :

  • le « supercomité » (33) chargé de décider des coupes budgétaires pour lesquels il n’y a eu aucun accord cet été s’avèrera incapable de résoudre les tensions entre les deux partis (34) ;
  • l’automatisme des coupes budgétaires censées se mettre en place faute d’accord entraînera une crise politique majeure à Washington et des tensions croissantes notamment avec les militaires et les bénéficiaires des aides sociales. Dans le même temps, cet « automatisme » (une véritable abdication du pouvoir décisionnel par le Congrès et la Présidence des Etats-Unis) génèrera des troubles majeurs dans le fonctionnement de l’appareil d’Etat ;
  • les autres grandes agences de notation rejoindront S&P dans la dégradation de la note US et la diversification hors des Bons du Trésor US s’accélérera, sachant que les Etats-Unis dépendent désormais essentiellement de financements à court terme (35) ;
  • l’incapacité de la Fed à faire autre chose que parler et à manipuler les Bourses ou les prix de l’essence aux Etats-Unis (36), rend désormais impossible tout « sauvetage » de dernière minute ;
  • au cours des trois mois à venir, le déficit public US va s’accroître considérablement car les revenus fiscaux sont actuellement déjà en train de s’effondrer sous l’effet de la rechute en récession (37). Autant dire que le plafond d’endettement accru voté il y a quelques semaines sera atteint largement avant les élections de novembre 2012 (38)… et c’est une information qui va se répandre comme une traînée de poudre dès le quatrième trimestre 2011… renforçant toutes les craintes des investisseurs de voir les Etats-Unis suivre l’exemple de l’Euroland pour la Grèce et obliger leurs créanciers à assumer de lourdes pertes ;
  • le nouveau plan de Barack Obama en matière de lutte contre le chômage n’aura aucun effet significatif. D’une part, il n’est pas à la hauteur du défi et ne peut pas de ce fait mobiliser les énergies du pays ; et d’autre part, il va être taillé en pièces par les Républicains qui ne conserveront que les réductions d’impôts… dont le seul résultat sera d’accroître encore plus l’endettement du pays (39).

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Connexions des membres du super-comité US sur la dette avec les lobbyistes de Washington – Source : Washington Post, septembre 2011

Pour le LEAP, c’est donc la conjonction de tous ces éléments fin 2011 qui va déclencher ce grand choc financier… une sorte de choc ultime projetant définitivement la planète hors du monde d’avant la crise. Mais il restera à construire le monde d’après car plusieurs avenirs sont possibles, à partir de 2012. Comme l’anticipe Franck Biancheri dans son livre, la période 2012-2016 constitue un carrefour historique. Il faudra essayer de ne pas se tromper de chemin (40) !

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Notes :

(1) Pour l’instant, et comme nous le répétons depuis plusieurs trimestres, l’hystérie médiatique et financière autour de la crise grecque appartient essentiellement au domaine de la propagande et de la manipulation. Pour s’en rendre compte, il suffit de constater que, hors de la Grèce, aucun citoyen de l’Euroland ne se rendrait compte qu’il y a une crise en Grèce si les médias ne faisaient pas régulièrement leurs titres sur ce sujet. Alors qu’aux Etats-Unis, les ravages quotidiens de la crise n’ont pas besoin de couverture médiatique pour être ressentis durement par des dizaines de millions d’Américains.

(2) Car elle vise à brouiller et manipuler la perception de la réalité alors que notre travail vise au contraire à essayer de dévoiler cette même réalité.

(3) Tous les 3 ou 4 mois, on a une « bouffée » de crise grecque/fin de l’Euro, qui s’évanouit aussi vite qu’elle est arrivée quand tout le monde constate qu’in fine il ne se passe rien d’autre que la poursuite du processus tortueux de décision de l’Euroland et de la lente sortie de la Grèce de son « trou noir budgétaire ». Les déclencheurs varient bien entendu car sinon le public ne marcherait plus : un trimestre on va utiliser « la révolte des Grecs contre l’austérité » pour expliquer que tout va s’enflammer… y compris l’Euro (les enchaînements qui conduisent d’Athènes à l’ensemble de l’Euroland sont toujours très vagues ou simplistes, mais peu importe puisque les journalistes ne se posent pas de questions) ; le trimestre suivant, comme cet été par exemple, on utilisera une chute des bourses mondiales pour désigner un coupable… la Grèce… mille fois plus importante bien entendu que des événements aussi insignifiants que l’entrée des USA en récession ou la dégradation de la note US ! Et ainsi de suite. Les dieux grecs sont décidément toujours bien vivants et très puissants pour parvenir à faire trembler le monde de cette manière.

(4) Voir cet extrait de notre communique du 15 mai 2011

(5) Sources : MarketWatch, 14 septembre 2011 ; New York Times, 13 septembre 2011 ; USAToday, 07 septembre 2011 ; La Tribune, 05 septembre 2011 ; Mish’s, 29 septembre 2011 ; USAToday, 29 août 2011 ; CNBC, 17 juin 2011

(6) Cela n’a pas dû surprendre nos lecteurs, puisque dans notre communiqué de novembre 2010, nous avions anticipé « la paralysie politique générale et l’entrée des USA dans l’austérité en 2011 ».

(7) Pour se détendre sur un sujet sérieux, on peut regarder ce clip de rap au thème très politique « Augmente le plafond de la dette ». Source : Telegraph, 29 juillet 2011

(8) Source : Telegraph, 31 août 2011

(9) Ainsi, en cumulant dette privée et publique, le Royaume-Uni est le pays le plus endetté au monde. Source : Arabian Money, 28 août 2011

(10) Les associations humanitaires et sociales du pays luttent actuellement pour leur survie financière faute de dons et subventions. Source : Guardian, 02 août 2011

(11) Les deux traitent l’information à peu près de la même manière.

(12) Même la Suisse « peg » sa devise à l’Euro désormais. Ce qui devrait faire réfléchir les eurosceptiques comme le titre le Spiegel du 07 septembre 2011

(13) Imaginez l’état du Dollar ou de la Livre si les médias et experts consacraient la même énergie à décrire et fantasmer tous les problèmes des Etats-Unis ou du Royaume-Uni. Si par exemple, on tirait pour la Grande-Bretagne lors des émeutes de l’été, le même type de conclusions que celles tirées pour de bien sages manifestations grecques (comparées à la violence anglaise).

(14) Ainsi, l’UE augmente significativement son budget pour la recherche alors que les restrictions se multiplient aux Etats-Unis. Source : Nature, 05 juillet 2011

(15) Même le Wall Street Journal du 12 septembre 2011, peu suspect d’europhilie aigüe, reconnaît que l’Euroland s’apprête à passer une nouvelle étape d’intégration via un nouveau traité. Le Spiegel du 02 septembre 2011 confirme cette tendance.

(16) Comme l’explique clairement John Tammy dans Real Clear Markets du 25 août 2011 : « Le problème de l’Europe n’est vraiment pas l’Euro ».

(17) Nous soulignons à ce propos que l’anticipation politique, méthodologie sur laquelle sont fondés les travaux du LEAP, ne vise pas à se faire plaisir en prenant ses rêves (ou ses cauchemars) pour des réalités (approche idéologique par excellence), mais qu’elle est un instrument d’aide à la décision, bien ancré dans le monde réel. Et nous conseillons aux lecteurs de bien garder en mémoire un test très simple pour faire la différence entre les deux approches et déterminer ainsi quel degré de fiabilité accorder à une analyse sur l’évolution de la crise : les analyses passées ont-elles permis de prévoir justement et de manière régulière les développements de la crise ? Ou bien au contraire, rien ou presque de ce qui a été annoncé ne s’est réalisé ? Ensuite, à vous de choisir ce que vous voulez utiliser pour prendre vos décisions ; mais au moins le ferez-vous en connaissance de cause !

(18) A ce sujet, pour ce qui concerne la crise actuelle, le LEAP estime que la prise de conscience croissante, au sein des dirigeants et des opinions publiques de l’Euroland, du fait qu’il y a au minimum une opération de propagande venue d’outre-Manche et d’outre-Atlantique destinée à « casser la confiance dans l’Euro », va entraîner dans l’année à venir une révision radicale des références et de la crédibilité des journalistes et experts traitant de la crise. Car qui dit manipulation ou complot pour reprendre le mot de Laurence Parisot, la présidente du MEDEF, organisme qui rassemble les patrons des grandes entreprises françaises, dit relais inconscients ou agents manipulateurs. Et l’Euroland qui se croyait, encore il y a peu, dans une grande fraternité avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni découvre que les choses sont beaucoup plus compliquées que cela. En 2012 nous estimons donc que nombre de médias de l’Euroland vont commencer à questionner l’objectivité, voire l’honnêteté, de journalistes formés quasi-exclusivement aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni et/ou dans des grands médias anglo-saxons en pointe en matière d’attaque contre l’Euro. France24, où la situation décrite ci-après est très fréquente, vient d’en fournir un exemple remarquable. Interviewant la présidente du MEDEF sur ses déclarations à propos d’un complot américain contre l’Euro (France24, 05 septembre 2011), la journaliste Stéphanie Antoine n’a eu de cesse de mettre en doute sans argument la position de Laurence Parisot, ajoutant des mines éloquentes pour montrer qu’elle ne croyait pas un mot de ce que disait son interlocutrice. Le CV de Stéphanie Antoine sur Wikipédia est clair : elle a travaillé à New York et Londres pour ABC, CNBC et Bloomberg. Comme Laurence Parisot accusait notamment les médias US, on comprend mieux l’absence d’objectivité de la journaliste sur ce sujet. Pour notre équipe, il est certain que les journalistes et experts dotés de ce type de références, essentiellement voire uniquement US et UK, vont être progressivement mis sur la touche au cours de l’année à venir, dans l’ensemble des grands médias de l’Euroland. Dans ce domaine aussi le monde d’avant est en train de disparaître.

(19) On en a un bon exemple avec l’interview de l’ancien ministre allemand des Finances Peer Steinbrück réalisée par deux journalistes du Spiegel le 12 septembre 2011. Le premier échange est éloquent : les journalistes commencent par affirmer que l’Euro ne peut pas être sauvé. L’ancien ministre leur demande d’où ils tiennent cette « vérité » et les journalistes se justifient en répétant un cliché véhiculé par les Eurosceptiques de tout bord depuis des années : « parce qu’en fait ça ne peut pas marcher car nos économies sont différentes ». Deux enseignements à tirer de cette exemple : les journalistes se positionnent en « experts »… c’est le politicien qu’ils interrogent qui est obligé de leur poser des questions sur la légitimité de leurs affirmations. Et en fait d’expertise, ils ne font que répéter des lieux communs sans aucune analyse du sujet qu’ils sont censés traiter. C’est hélas la situation dominante dans les médias européens depuis des mois sur ce sujet. A la décharge des journalistes, ils sont victimes de l’incapacité des dirigeants actuels de l’Euroland à présenter une vision de long terme. Ce simple fait permettrait de dissiper ce « brouillard de guerre » en une minute. Par ailleurs les commentaires de Peer Steinbrück sont très intéressants et décrivent, selon le LEAP, assez fidèlement le processus des mois à venir.

(20) Et les Eurosceptiques de droite et de gauche à la manœuvre sur le continent européen, qui croient avoir trouvé la justification de leurs analyses même si elles sont démenties chaque jour pourtant par les faits et les progrès de l’intégration européenne. Ils seraient plus avisés de se concentrer sur la manière d’obtenir une démocratisation de la gouvernance de l’Euroland qui est en train de se mettre en place, plutôt que de rêver à leurs « lendemains qui chantent » et qui sont déjà tombés dans les oubliettes de l’Histoire.

(21) On peut lire ce très intéressant article repris de la Vanguardia par PressEurop du 08 septembre 2011 sur les deux manières d’être en crise, comparant l’Italie et l’Espagne.

(22) Nous reviendrons d’ici la fin 2011 sur l’anticipation détaillée de l’évolution de l’Euroland à l’horizon 2015 ; mais une chose est déjà certaine : Londres ne peut plus s’y opposer et on verra dans les prochaines semaines que le Royaume-Uni cherchera uniquement à négocier quelques avantages en échange de son inéluctable approbation à l’intégration accrue de l’Euroland. D’ailleurs, Londres ne peut plus s’offrir le moindre choc économique supplémentaire faute de voir l’économie britannique s’effondrer. Source : Telegraph, 15 septembre 2011

(23) La décision des banques centrales occidentales du 15 septembre 2011 de recommencer à inonder de Dollars les grandes banques n’aura pas plus d’effet durable que précédemment. Cela ne fait que confirmer la situation très fragile de tous ces établissements financiers… censés avoir passés des « stress tests » qui garantissaient leur solidité. Pour le reste, cela pousse les banques de la zone Euro à prêter en Euros : 2012 devrait voir cette situation s’imposer rapidement. Sources : MarketWatch, 15 septembre 2011 ; Les Echos, 12 septembre 2011

(24) Mais pas uniquement : avec Weber et Stark, on assiste aussi à la fin de la génération des « Bundesbankers » de la RFA. Leur vision des choses était certainement adaptée à la gestion de la banque centrale d’Allemagne de l’Ouest, mais les défis de la BCE pour les années à venir sont d’un autre ordre. La génération « Erasmus » des banquiers centraux doit maintenant prendre toute sa place. Et quelles que soit ses convictions, cette génération connaît l’importance stratégique du débat entre Européens avant de se lancer dans de grandes réformes. Entre l’urgence de la crise et le nécessaire débat de fond entre Européens, il est plus que temps de renouveler les élites allemandes et françaises en particulier puisqu’elles sont au cœur du processus : finies les certitudes « scientifiques » des experts/décideurs allemands et terminée l’arrogance brillante des technocrates/décideurs français. Des deux côtés, on a besoin de gens sachant travailler avec l’équipe Euroland : une qualité que tous les Eurolandais doivent garder en tête avant d’élire leurs prochains dirigeants.

(25) « Qui va lentement va sainement, et qui va sainement va loin ».

(26) C’est d’ailleurs la grande évolution 2011 du débat sur la crise en Allemagne : finis les délires de 2010 sur le retour au Deutsche Mark, il existe désormais en Allemagne un débat réel et sérieux sur les meilleurs moyens de réussir la prochaine étape d’intégration de l’Euroland. Il est regrettable qu’en France un tel débat n’existe pas. Il faudra attendre l’élection du ou de la candidate socialiste en mai 2012 pour pouvoir passer à cette étape. A ce moment-là, les deux pays pourront à nouveau jouer un vrai rôle moteur. Actuellement ils jouent surtout en position défensive : c’est nécessaire mais pas suffisant pour 2012.

(27) Cela dit les Eurobonds sont désormais à portée de main. Source : MarketWatch, 30 août 2011

(28) Source : International Financing Review, 02 septembre 2011

(29) Déjà les hedge funds sortent exsangues de l’été 2011. Source : Les Echos, 01 septembre 2011

(30) On peut lire cet article intéressant de The Nation du 19/07/2011 qui décrit le passage des Etats-Unis en 50 ans d’une prospérité de masse à une récession durable.

(31) Les ménages américains sont en effet encore plus endettés que leur gouvernement ! Sources : MSNBC, 09 septembre 2011 ; AlJazeera, 04 septembre 2011 ; Yahoo Finance, 28 juillet 2011

(32) Dans le prochain GEAB, notre équipe développera ses anticipations sur les Etats-Unis à l’horizon 2015.

(33) Sources : Washington Post, 14 septembre 2011 ; The Hill, 08 septembre 2011

(34) Source : Washington Post, 14 septembre 2011

(35) Sources : Financial Post, 01 septembre 2011 ; CNBC, 08 août 2011

(36) Un nombre croissant de questions se posent sur l’étrange différence entre le prix du brut aux Etats-Unis et celui du marché londonien. Même le Financial Times est entré dans la danse. Et les indices tendent à orienter vers l’un des multiples relais de la Fed qui maintiendrait artificiellement bas le prix de référence US pour éviter une hausse du prix de l’essence à la pompe. Les semaines à venir devraient dévoiler plus d’éléments sur cette histoire intrigante mais révélatrice de l’ambiance de suspicion vis-à-vis des institutions fédérales qui règnent désormais aux Etats-Unis. Source : Le Monde, 06 septembre 2011

(37) Source : ZeroHedge, 02 septembre 2011

(38) Source : ZeroHedge, 08 août 2011

(39) Source : USAToday, 09 septembre 2011

(40) Ce sera d’ailleurs l’un des thèmes abordés lors de la conférence « Quelle relation transatlantique après la crise globale ? » qui se tiendra à Houston les 3 et 4 Octobre prochains avec notamment la participation de deux responsables du LEAP, Franck Biancheri et Harald Greib.

Laboratoire Européen d’Anticipation Politique

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Commentaires (47)

  1. Je ne suis pas expert en économie mais je sens que tous ceci finira très mal je pense que ce chaos a venir sera d’une violence inouï tellement il y a de tensions entre les humains.

  2. @francelibre: ces tensions sont bien entendu provoquées par ceux qui en tirent profit: les peuples ainsi divisés ne peuvent s’unir pour se révolter, et en les poussant à bout ils finiront bien par s’entretuer, « obligeant » les Maîtres à intervenir pour enfin imposer leur Gouvernement Mondial.
    Toutes les manipulations financières comme médiatiques, les guerres de l’Otan, l’invasion migratoire de l’Occident et les provocations islamistes partout sont des étapes nécessaires à ce projet.

  3. J’aime bien le GEAB, souvent intéressant (bien que se gargarisant régulièrement de formules grandiloquentes) son principal défaut demeure cependant d’être écrit par d’indécrottables eurolâtres.

    Soyons clairs, je n’aime pas les magouilles américaines pour conserver leur hégémonie sur le monde à coups de PQ marqué « FED », mais pourquoi diable le LEAP (à priori composé de gens intelligents) soutient-il mordicus un machin aussi mal fichu que l’Europe, antidémocratique et dans lequel d’obscurs fonctionnaires osent prétendre imposer leurs vues au gouvernement élu d’un état souverain (affaire des contrôles aux frontières danoises) ?

    C’est pour moi un mystère.

  4. Pour ma part, je dis oui à une Europe avec un moteur franco-allemand diffusant ses idées, ses méthodes de travail et son mode de vie. Par contre, une Europe à la sauce de l’Anglosphère, il n’en est pas question.

  5. La coïncidence de certains événements me laisse perplexe.

    Par exemple, Ben Laden est retrouvé et liquidé quelques semaines avant le 10e anniversaire du 11 septembre, permettant au peuple américain de célébrer une victoire plutôt que de se murer dans le deuil.

    En même temps, 3 régimes arabes sont renversés « démocratiquement ». On aurait pu s’attendre à ce qu’il s’agisse de régimes supposés ennemis des USA, mais au contraire, il s’agit de régimes plutôt coopératifs et non invasifs dans les pays alentours (en particulier l’Egypte et sa position bienveillante à l’égard d’Israël). Ces régimes, on s’en aperçoit déjà, laissent une bonne marge de manoeuvre aux islamistes et on peut douter que les futurs régimes soient plus démocratiques que les précédents.

    Ce que ne dit pas le LEAP, c’est comment sera résorbée la dette européenne. On peut être optimiste sur les décisions qui seront prises, et envoyer les banques mourir, mais ça ne résoudra pas le problème d’endettement. Cela assainira certainement le milieu en éliminant 95% des intervenants, mais c’est tout. Cet optimisme béat me laisse lui aussi perplexe. Comme auparavant, je vais continuer de renforcer mes positions en or-métal, en espérant que les banques ne réquisitionnent pas directement dans les coffres.

  6. Il est regrettable qu’en France un tel débat n’existe pas. Il faudra attendre l’élection du ou de la candidate socialiste en mai 2012 pour pouvoir passer à cette étape.

    ???

  7. Babar

    « pourquoi diable le LEAP (à priori composé de gens intelligents) soutient-il mordicus un machin aussi mal fichu que l’Europe, antidémocratique et dans lequel d’obscurs fonctionnaires osent prétendre imposer leurs vues au gouvernement élu d’un état souverain »

    La réponse se retrouve dans cet article :

    « (20) Et les Eurosceptiques de droite et de gauche à la manœuvre sur le continent européen, qui croient avoir trouvé la justification de leurs analyses même si elles sont démenties chaque jour pourtant par les faits et les progrès de l’intégration européenne. Ils seraient plus avisés de se concentrer sur la manière d’obtenir une démocratisation de la gouvernance de l’Euroland qui est en train de se mettre en place, plutôt que de rêver à leurs « lendemains qui chantent » et qui sont déjà tombés dans les oubliettes de l’Histoire. »

    Ils pensent qu’on peut démocratiser l’UE. Ce sont leurs convictions, apparemment sincères, que voulez-vous ?

    Il est vrai que c’est un peu énervant (jusque dans l’utilisation du néologisme anglais et allemand « Euroland » et, du coup, du terme encore plus ridicule d’ « Eurolandais »), mais si on passe sur ce tropisme européiste-européaniste (on ne sait pas au juste), ainsi que sur leur optimisme, à mon sens excessif, quant aux succès à venir de l’intégration (fédéraliste ? Probablement l’entendent-ils ainsi…) européenne et des solutions à la crise économique en Europe, de nombreux points positifs sont quand même à signaler :

    - vision claire et courageuse, complètement à contre-courant des flux « mainstream », de la manipulation médiatique US concernant la perception juste de l’ampleur du problème grec ;

    - idem, pour ce qui est de la situation économique, financière et politique de l’anglosphère ;

    - anticipation d’une inversion de tendance politique en Europe (populisme, protectionnisme…) après 2012 ;

    - hostilité vis-à-vis de la finance et anticipation de sa mise à contribution croissante pour trouver des solutions aux problèmes de dettes publiques ;

    - revue et analyse de la presse étrangère, d’un grand intérêt.

    Tout cela, ce sont des choses qu’on ne lit pas souvent, c’est le moins qu’on puisse dire… Informations rares et donc très précieuses. Peu importent les détails esthétiques.

    En tout cas, c’est toujours mieux, en ce qui concerne ce qui pourrait me déplaire, que les solutions libertariennes du Pr Dowd qui, après avoir développé une analyse très pertinente de la situation aux USA, dont l’énorme scoop « 46 Etats sont insolvables », se contente de proposer que la Fed relève ses taux d’intérêt (je caricature un peu, mais en gros c’est ce genre-là) :

    http://fortune.fdesouche.com/33894-usa-%c2%ab-au-moins-46-etats-sur-50-sont-insolvables-%c2%bb/comment-page-1#comment-75925

  8. Analyse assez décevante, et surtout contraire aux évènements qui se déroulent sous nos yeux.

    Les américains veulent plus d’Europe, il faut aller plus vite, plus fort. Barack Obama veut une plus grande coordination des politiques fiscales en Europe. On a l’impression que les américains sont plus européens que les Européens.

    http://fortune.fdesouche.com/33953-europe-les-americains-sont-inquiets-par-peur-de-contagion

    L’UE est noyautée depuis ses lointaines origines par des lobbyistes pro-américains.

    LEAP est donc mal inspiré de reprendre à son compte la théorie du complot de la présidente du MEDEF, théorie selon laquelle les USA encourageraient le naufrage de l’UE.

    Nous rappelons en effet, que ce qui affole Wall Street et la City, ce sont les enseignements que sont en train de tirer les dirigeants et les peuples de l’Euroland de ces trois années de crise et des solutions inefficaces qui y ont été apportées. La nature de l’Euroland crée un espace de discussion sans équivalent au sein des élites et des opinions publiques américaines et britanniques.

    Et c’est bien ce qui gêne Wall Street et la City, qui systématiquement cherchent à tuer cet espace de discussion, soit en essayant de le plonger dans l’affolement avec des annonces sur la fin de l’Euro par exemple ; soit en le réduisant à une perte de temps et en en faisant une preuve d’inefficacité de l’Euroland, d’inaptitude à résoudre la crise. Ce qui est un comble compte tenu de la paralysie complète prévalant à Washington.

  9. Ils ont raison d’insister sur le fait que l’euro n’est absolument pas menacé et que c’est une monnaie solide, du point de vue des marchés financiers, aussi solide que naguère le mark.

    Ca n’empêche pas que l’euro détruit l’économie des pays qui l’ont adopté, sauf l’Allemagne, et que de ce fait le divorce est consommé.

    Plus les États quitteront rapidement l’euro pour reprendre leur monnaie, et plus ils limiteront l’explosion de leurs dettes et la destruction de leur économie.

    En résumé: l’euro va bien, mais les pays qui l’ont adopté très mal.

  10. Pierre Haucaret

    Ce n’est pas contradictoire.

    Le jeu des Américains est bien de feindre d’avoir peur de la contagion, justement parce que leur situation est bien plus grave que la nôtre.

    Leur but n’est pas le naufrage de l’UE, mais son affaiblissement par absence de lucidité politique, notamment pour pouvoir récupérer à leur profit les flux financiers mondiaux qui pourraient être investis en Europe.

  11. La seule manière que j’ai d’expliquer la contradiction du LEAP est peut-être un peu parano, mais avec ce qu’on voit de nos jours…

    En jouant les oiseaux de mauvais augure, LEAP ne fait que précipiter et encourager la crise par sa diffusion lente à toutes les couches de la population et par un pessimisme apocalyptique stressant et au bout du compte, violent. Ce chaos, voulu en haut-lieu (je parle de la stratosphère bien sûr) devant mené à la fameuse « gouvernance mondiale »….Dont l’Europe est le laboratoire. Normal donc qu’ils y croient dur comme (le rideau de) fer.

    De plus, à bien des égards, l’UERSS est plus libérale que son modèle américain (patriote et protectionniste). Il y a là un angle mort chez les gens du LEAP que je ne m’explique pas autrement.

  12. Boreas

    « [...]de nombreux points positifs sont quand même à signaler »

    C’est la raison pour laquelle « j’aime bien le Geab ». ;-)

    Cela étant, j’ai vraiment du mal avec l’Europe, il faut lui reconnaitre un talent inné pour emmerder le monde avec ses directives prétendant tout régenter -et très souvent de manière totalement absconse- je serais prêt à arrêter de râler si ces tracas quotidiens avaient pour corollaire le courage politique de s’opposer à la sphère anglo-saxonne, or je constate qu’à de rares exceptions cosmétiques près, il n’en est rien.

    Les pépins sans la pomme qui va autour, ce n’est pas trop mon trip.

  13. Sébastien

    Le LEAP n’est pas lu par « toutes les couches de la population ».

    Quant à un projet de « gouvernance mondiale », j’attends toujours (depuis plus d’un an, défi lancé sur ce blog) des éléments concrets susceptibles de prouver sa réalité et surtout, l’existence des moyens colossaux, matériels et humains, nécessaires à sa mise en oeuvre…

    Enfin, pour ce qui est du libéralisme de l’UE, certes le libre-échangisme est extrême (pour affaiblir l’Europe), mais de là à dire que les USA seraient particulièrement protectionnistes, ça me paraît un peu osé :

    http://fortune.fdesouche.com/1612-le-pire-moment-du-declin-est-encore-a-venir-selon-lancien-sous-secretaire-detat-au-tresor-de-reagan

    http://fortune.fdesouche.com/16852-la-delocalisation-nouvel-%C2%AB-or-des-fous-%C2%BB

    http://fortune.fdesouche.com/14895-une-economie-americaine-en-ruine#more-14895

  14. Babar

    « Les pépins sans la pomme qui va autour, ce n’est pas trop mon trip. »

    Excellent. :-)

    Nous sommes bien d’accord sur l’UE.

    Je ne parlais que du LEAP et il ne s’agit absolument pas de dédouaner en quoi que ce soit les eurocrates de Bruxelles et d’ailleurs.

  15. -Ils ne parlent pas de l’inflation qui arrive.

    -Ils disent que les actionnaires vont payer de leurs poches, vont « assumer pleinement leur responsabilité » > Mais ILS RÊVENT.
    Comment voulez-vous faire payer des types qui peuvent se barrer à tout moment et dont les copains sont les grands politiques? Parfois même ces actionnaires sont au pouvoir.

    -Ils parlent de l’idée de « s’orienter vers une mise à contribution de 50%, voire plus, des créanciers privés pour résoudre les futurs problèmes d’endettement public. C’est un problème pour les banques européennes sans aucun doute »
    Là aussi ILS RÊVENT.
    C’est impossible: les banques, les assurances… ne possèdent quasiment rien. Les actionnaires se sont bien servis!

    Seuls les peules vont payer… Enfin la plèbe.

  16. zoo
    17 septembre 2011 à 11:23

    Il est regrettable qu’en France un tel débat n’existe pas. Il faudra attendre l’élection du ou de la candidate socialiste en mai 2012 pour pouvoir passer à cette étape.

    ???

    Oui, le LEAP prévoit que MLP sera au 2ème tour de la présidentielle de 2012, devant le candidat UMP :

    http://www.leap2020.eu/France-2012-Le-Front-National-devance-l-UMP_a6041.html

    Il est donc logique qu’il anticipe une victoire finale du candidat PS…

  17. chevalier

    Ils parlent de l’idée de « s’orienter vers une mise à contribution de 50%, voire plus, des créanciers privés pour résoudre les futurs problèmes d’endettement public. (…) »
    Là aussi ILS RÊVENT.

    http://www.leparisien.fr/crise-europe/plan-d-aide-a-la-grece-les-banques-francaises-contribueront-pour-15-milliards-d-euros-28-07-2011-1548183.php

    http://www.news-banques.com/aide-a-la-grece-les-banques-allemandes-apporteront-leur-contribution/012180520/

    « les banques, les assurances… ne possèdent quasiment rien. »

    « les 50 plus grandes banques européennes affichent 2 000 milliards d’euros de fonds propres. Certaines sont “un peu justes” (l’OCDE et Christine Lagarde ont raison sur ce point), d’autres en ont en excédent. Globalement, cela représente 10 fois les 200 milliards d’euros de pertes qu’elles pourraient encourir en prenant la pire hypothèse en matière de défaut de la Grèce (60% de dépréciation sur l’ensemble des instruments de dette émises). »

    http://la-chronique-agora.com/zone-euro-future-creature-incontrolable/%20

  18. Samedi 17 septembre 2011 :

    Les Français hostiles à une nouvelle aide à la Grèce.

    68 % des Français désapprouvent l’augmentation de la contribution française au sauvetage de la Grèce, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.

    Les Français seraient-ils devenus moins solidaires avec la Grèce ? Ou tout simplement, inquiets qu’une nouvelle aide au pays creuse encore un peu plus l’endettement de la France ?

    En juin dernier, 59 % d’entre eux s’étaient déclarés favorables à une aide française pour sauver la Grèce au nom de la solidarité européenne. Trois mois plus tard, ils désapprouvent à 68 % la nouvelle contribution financière de la France à la Grèce, estimée à 15 milliards d’euros par François Fillon, selon un sondage Ifop pour Dimanche Ouest France.

    Dans le détail, 30 % des personnes interrogées se déclarent «tout à fait hostiles» et 38 % «plutôt» hostiles à cette nouvelle aide.

    Pour 87 % d’entre eux, l’argent prêté à la Grèce est de l’argent perdu. Ils estiment en effet que le pays ne pourra jamais rembourser ses dettes.

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/09/17/04016-20110917ARTFIG00397-les-francais-hostiles-a-une-nouvelle-aide-a-la-grece.php

  19. @ chevalier 17 septembre 2011 à 13:22

    - Ils parlent de l’idée de « s’orienter vers une mise à contribution de 50%, voire plus, des créanciers privés pour résoudre les futurs problèmes d’endettement public. C’est un problème pour les banques européennes sans aucun doute »
    Là aussi ILS RÊVENT.
    C’est impossible: les banques, les assurances… ne possèdent quasiment rien. Les actionnaires se sont bien servis!

    —-
    Si, elles possèdent des créances sur la Grèce dont la valeur va être réduite de 50%, c’est tout.

    C’est ce qui se passe toujours quand un commerçant est en cessation de paiement: ses créanciers sont payés a »u marc le Franc ».

    Sinon, la réduction sera de 100 %.

    Elles n’ont pas besoin de disposer de fonds en plus pour ça.

    En souscrivant des emprunts au taux de 85 % d’intérêt, elles ont admis qu’elles avaient un très gros risque de perdre leur mise.

  20. BA 17 septembre 2011 à 13:49

    Samedi 17 septembre 2011 :

    Les Français hostiles à une nouvelle aide à la Grèce.

    68 % des Français désapprouvent l’augmentation de la contribution française au sauvetage de la Grèce…  »

    —-
    1°) Il ne s’agit pas de sauver la Grèce, ni les Grecs, mais les créanciers de la Grèce: les GoldmanSachs, MorganChase, et autres requins de la finance.

    2°) Ce qui est le plus étonnant, c’est qu’il y ait 32 % qui soient d’accord. Ou alors ce sont des gens sans opinion, ou qui ne comprennent pas la question.

    Se porter caution d’un État étranger est en soi une aberration, et un abus de pouvoir.

    Le faire quand cet État est déjà en situation de faillite, c’est de la folie.

    C’était la question posée par réferendum aux Islandais, et 93 % des votes étaient opposés.

  21. « Mais, revenons donc à la Grèce et à ce qui commence à être un « antique scénario très répétitif (3)», dont nous avons déjà expliqué qu’il revenait sur le devant de la scène médiatique chaque fois que Washington et Londres entraient dans de graves difficultés »

    Et le pire, c’est que les peuples européens se laissent manipuler ! Même sur les sites de la ré-infosphère comme Fds, les lecteurs croient que c’est l’euro et l’Europe qui se meurent.

    Les Anglo-américains ont une emprise phénoménal sur nos consciences. Ils nous mènent par le bout du nez. Ils ont réussi à détruire notre culture, nous séparer de notre histoire et de nos racines, à nous pousser à la société de consommation, au capitalisme sauvage, au multiculturel et à la mondialisation qui a délocalisé une partie de nos usines ; à nous culpabiliser sur nos méthodes de travail (le mythe du Français fainéant et incompétent qui a bien pris chez les droitistes – alors que le taux de productivité d’un Français est supérieur à celui d’un Japonais !) ; à nous vendre des actifs financiers pourris qui détruisent nos banques ; à endetter nos Etats et les ménages ; à détruire notre environnement, notre patrimoine ; et maintenant à désunir l’Europe, à pousser les Européens les uns contre les autres et à tuer l’euro, la nouvelle monnaie de réserve mondiale qui a détrôné le dollar.

    « Comme l’anticipe Franck Biancheri dans son livre, la période 2012-2016 constitue un carrefour historique. Il faudra essayer de ne pas se tromper de chemin ! »

    Un carrefour historique pour que le continent européen retrouve sa souveraineté et se libère de la tutelle américaine 60 ans après la guerre mondiale. Pourvu que nous ne rations pas cette opportunité.

  22. Sébastien

    « Ce chaos, voulu en haut-lieu (je parle de la stratosphère bien sûr) devant mené à la fameuse « gouvernance mondiale »… »

    Les USA n’arrivent déjà pas à maîtriser les pays où ils sont présents militairement, n’ont pas réussi à empêcher la mort de leur économie et du dollar, alors je les imagine mal capables de tenir une gouvernance mondiale comme vous l’entendez ici, dans un monde qui n’a jamais été aussi hostiles à leur égard et sans parler du fait qu’ils vont être confrontés à une révolte de leur propre population avec une sécession entre Etats.

    Cette thèse de gouvernance mondiale relève selon moi du pure fantasme. Nous vivons déjà sous un ordre mondial depuis plusieurs décennies avec les USA qui décident de tout, nous avions aussi déjà une monnaie mondiale – le dollar -, mais cet ordre est mis en échec avec la montée en puissance d’un monde multi-polaires composé par la Chine, la Russie, des BRICS et l’Europe.

  23. D’accord pour les 50%, « Si, elles possèdent des créances sur la Grèce dont la valeur va être réduite de 50%, c’est tout. »
    Je pensais qu’ils parlaient d’augmenter les impôts sur les banques pour financier les pays européens.

    Par contre, je maintiens que les banques ne possèdent presque rien.

  24. Il semblerait que les EUA sont à bout de souffle et que l’UE va devoir assumer son rôle de leader mondial.

    Seulement les politiciens européens, dans l’ensemble ne paraissent pas avoir les reins très solides et les Américains vont certainement élire un nouveau Reagan aux prochaines élections.

    Allons nous vers un affrontement plus directe suite à une politique brutale du dernier espoir des EUA ajouté à une faiblesse chronique des dirigeants européens?

  25. PL24

    C’est ce qui se passe toujours quand un commerçant est en cessation de paiement: ses créanciers sont payés « au marc le Franc ».

    Non, ça, c’est ce qui arrive aux créanciers arrivant en dernier dans l’ordre légal de désintéressement :

    http://www.dictionnaire-juridique.com/definition/chirographaire.php

    68 % des Français désapprouvent l’augmentation de la contribution française au sauvetage de la Grèce… (…) Ce qui est le plus étonnant, c’est qu’il y ait 32 % qui soient d’accord. Ou alors ce sont des gens sans opinion, ou qui ne comprennent pas la question.

    Se porter caution d’un État étranger est en soi une aberration, et un abus de pouvoir.

    Qu’on le veuille ou non, une certaine solidarité européenne a été voulue par les Français depuis le référendum sur le traité de Maastricht.

    Evidemment, personne ou presque n’avait lu ni a fortiori compris le traité, mais ce qui est sûr, c’est que les Français, majoritairement, veulent l’Europe :

    http://www.lepoint.fr/archives/article.php/346392

    http://www.protectionnisme.eu/Sondage-IFOP-Les-Francais-et-le-protectionnisme-economique_a131.html

    http://www.protectionnisme.eu/Le-protectionnisme-plebiscite-par-les-Francais_a132.html

    http://www.protectionnisme.eu/Presentation-du-sondage-Les-francais-et-le-protectionnisme-economique-par-l-IFOP_a133.html

    L’Europe qu’ils veulent n’est certes pas celle des eurocrates de Bruxelles, mais tout de même, ils la veulent.

    Il faudrait donc, démocratiquement, qu’elle prenne forme, non ?

    Par conséquent, je pense que tant les gens qui sont opposés à une augmentation de l’aide « à la Grèce » (enfin, aux banques essentiellement, vous avez parfaitement raison) que ceux qui y sont favorables, ont tous d’excellentes raisons à leur choix.

    Des raisons… pro-européennes (ou européanistes), et majoritairement anti-européistes.

    Pour l’Europe, mais contre les eurocrates de Bruxelles et les banques.

  26. Acanthe

    « tuer l’euro, la nouvelle monnaie de réserve mondiale qui a détrôné le dollar »

    « Détrôné le dollar », pas encore (en 2010, 26,3% des réserves mondiales de change, contre 61,4% pour le dollar) :

    http://www.lexpress.fr/actualites/1/economie/bce-la-position-mondiale-de-l-euro-stable-en-2010-malgre-la-crise_1014345.html

    Mais surtout, n’oublions pas que nous avons 3 ennemis :

    - l’anglosphère et les différentes sphères de pouvoirs (financier, industriel, militaire, politique, médiatique) qui l’incarnent tout en ne lui appartenant pas toujours complètement (hyperclasse transnationale) ;

    - l’hyperclasse « européenne » (idem, orientée « eurocrates ») ;

    - nos CPF, instrumentalisés et éventuellement mobilisables contre nous en tant que kapos du « Système » (voir les politiques d’influence US révélées par Wikileaks et le doute qui plane sur l’origine réelle des émeutes de 2005).

    Il ne suffit pas que l’anglosphère s’effondre et nous débarrasse de sa tutelle.

    Il faut aussi que cet effondrement ne déclenche pas un (ou des) conflit(s) inter-ethnique(s) en Europe, éventuel dernier recours des anglos contre l’émergence de la puissance européenne.

    Et, plus que tout, il faut que l’effondrement de l’anglosphère entraîne celui de l’Europe eurocratique et de l’hyperclasse « européenne », pour que nous ne tombions pas de Charybde en Scylla, dans une UE dictatoriale renforcée dans son fédéralisme anti-démocratique.

    Cela dit, j’ai confiance, je ne vois pas comment la chute US et GB pourrait ne pas déclencher une réaction en chaîne mondiale, et notamment européenne, compte tenu du degré d’imbrication « global » des économies et des finances…

  27. @Boreas

    « Détrôné le dollar », pas encore (en 2010, 26,3% des réserves mondiales de change, contre 61,4% pour le dollar)

    Oui, mais les réserves en dollars ne cessent de baisser, et celles en euro augmentent. Ce n’est pas spectaculaire, mais c’est constant.

  28. Excellent article qui résume assez bien le Zeitgeist actuel. L’anglosphère se meure et va imploser. L’Europe est en construction et cette construction doit passer par une mue de l’UE technocratique au profit d’une Europe démocratique et politique. Souhaitons que la crise de croissance actuelle contribue à ce que l’on ne se trompe pas de chemin. C’est urgent.

    Comme l’a si bien remarqué Michel Drac : L’Europe risque de payer très cher son incapacité à construire un système de représentation autonome à l’égard de la haute finance anglo-saxonne

    Je suis d’un naturel pessimiste et, hélas, je ne vois ni dans les peuples, ni dans les politiques actuels, les « faustiens introvertis » (comme dirait le même Michel Drac ) capables et déterminés à nous offrir un nouveau système de valeur européen. Mais bon, il faut aussi savoir faire confiance au temps et aux hommes.

    Autre aspect d’inquiétude, la réaction du monstre militaire qu’est l’anglosphère.

    Intéressant de ne rien lire dans ce bulletin sur la montée en puissance de l’Allemagne dont le rôle et l’avenir vont être capitaux à la croisée des chemins qui s’ouvre devant l’Europe.

    Il nous manque cruellement une avant garde jeune et structurée idéologiquement afin d’assumer notre rôle dans le sens de l’histoire à venir. Nous n’avons, hélas, que des électeurs…

  29. En résumé :

    - les USA sont plus « mal » que nous.

    - l’UE doit s’améliorer, se démocratiser.

    D’accord avec le premier constat : – que le $ coule en 1er.

    Deuxième : pourquoi pas mais on part de très très loin.

    Ma conclusion, celle plutôt d’Asselineau : les USA encouragent les européens à tous devenir « copropriétaire »… Et comme nous n’avons pas les mêmes économies donc les mêmes intérêts nous ne trouvons pas un médiateurs européens, donc on va TOUJOURS chercher l’avis des USA…
    La boucle est bouclée, même pourrie jusqu’à l’os les américains nous donnent des conseils !

    Autant demander à une p.te de donner les prix de vertu.

  30. @Acanthe
    « Pourvu que nous ne rations pas cette opportunité. »

    Avec des gouvernants comme Sarkozy « l’américain », Papandréou (né aux USA, chargé de recherches sur les problèmes des migrations à l’université de Stockholm jusqu’en 1973), etc, je n’imagine même pas une seule seconde que l’Europe choisisse de défendre ses citoyens plutôt que les intérêts américains. Jusqu’à aujourd’hui, tout démontre que l’Europe de ses dirigeants et la France en tête (cf intégration à l’OTAN) veut notre mort.

  31. La métaphore avec le Titanic et la fausse alerte à la bombe supposée engendrer une confusion (y compris au sein de l’équipage) qui profitera aux plus avertis me plaît bien.

    Selon moi, la solution o

  32. Vendredi 16 septembre 2011 :

    66 % des Allemands sont contre l’aide à la Grèce et aux autres Etats surendettés.

    60 % des Allemands pensent que l’Allemagne n’a plus rien à gagner à rester dans l’Union Européenne.

    http://www.faz.net/artikel/C30638/europas-schuldenkrise-82-prozent-halten-merkels-rettungspolitik-fuer-falsch-30687564.html

    Zwei Drittel der Deutschen (66 Prozent) sprechen sich gegen Hilfen für Griechenland oder andere Staaten in der Schuldenkrise aus. Nur 34 Prozent bejahten die Frage, ob es richtig sei, Griechenland und anderen Ländern mit dem Euro-Rettungsfonds zu helfen.

    Nur 40 Prozent sind zudem der Ansicht, dass Deutschland trotz aller Risiken nach wie vor von der Europäischen Union (EU) profitiert. 60 Prozent sehen das anders.

    Deux tiers des Allemands (66 pour cent) se sont prononcés contre l’aide à la Grèce et aux autres pays subissant une crise de la dette. Seulement 34 pour cent ont répondu qu’ils étaient pour aider la Grèce et d’autres pays en utilisant le fonds de sauvetage européen.

    Seuls 40 pour cent des Allemands pensent que l’Allemagne, malgré les risques, gagne à rester dans l’Union européenne (UE). 60 pour cent pensent le contraire.

    Samedi 17 septembre 2011 :

    Les Français hostiles à l’augmentation de l’aide française à la Grèce : 68 % des Français la désapprouvent.

    http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/09/17/les-francais-hostiles-a-l-augmentation-de-l-aide-francaise-a-la-grece_1573849_3214.html#ens_id=1268560

  33. Il est à noter que si on se replonge aujourd’hui dans leur ancien numéro, on s’aperçoit que les évênements leur ont souvent donné raison.
    Par contre, comme d’autres plus hauts, je ne peux pas m’empêcher d’être cette fois assez dubitatif quand à leur vision de l’Europe qui sortirait par le haut de cette crise. La simple logique me ferait dire que même s’il est vrai que le monde anglo saxon avec les US en tête de liste sont effectivement bien plus dans la mouise que nous, nous n’avons vraiment pas de quoi pavoiser. Si les US sont au bord du gouffre, l’Europe est quand à elle au bord du précipice et je vois mal, malgré ce qu’ils racontent comment on va s’en sortir. Surtout que je ne sens vraiment pas dans la tête des Européens une tendance irréversible à abandonner les états souverains au profit d’un « bidule » supra national.
    Pour le reste, leur dépêche mensuelle semble bonne surtout que visiblement la fin n’est plus prévu pour la Saint glinglin mais pour le dernier trimestre 2011 soit très bientôt.
    S’ils ont raison, attachez vos ceintures car je reste persuadé que l’oncle Sam avec la première armée du monde (et de loin) ne se laissera pas piquer son hégémonie comme cela. On le sait, ça craint !

  34. Mouais …. Le LEAP est en train de faire sa propre propagande puisque c’est la pravda d’un mouvement fédéraliste pro-européen et anti-national. Si l’euro disparait, ils continueront à nous vendre que l’Europe de Bruxelles est une merveille de démocratie face à l’impérialisme US.

  35. Bon texte, malgré les accents européistes.

    « Les dieux grecs sont décidément toujours bien vivants et très puissants pour parvenir à faire trembler le monde de cette manière. »
    « on aurait le synopsis suivant : « Pendant que l’iceberg US est en train de percuter le Titanic, l’équipage entraîne les passagers à la recherche de dangereux terroristes grecs qui auraient posé des bombes à bord ! » »

    LOOOL On ne manque pas d’humour au LEAP!

    « Eurolandais »

    ????

    « Il est regrettable qu’en France un tel débat n’existe pas. Il faudra attendre l’élection du ou de la candidate socialiste en mai 2012 pour pouvoir passer à cette étape.  »

    Gné? Ils lisent dans une boule de cristal?

    « Et dans les deux cas, l’argent a été gaspillé dans des booms immobiliers sans avenir, dans des politiques de clientélisme dispendieuses (aux Etats-Unis, le clientélisme, c’est Wall Street, l’industrie pétrolière, les opérateurs de santé), dans des dépenses militaires improductives. Et dans les deux cas, tout le monde découvre qu’on ne peut pas en quelques trimestres réparer des décennies d’inconscience. »

    +100

    « sachant que les Etats-Unis dépendent désormais essentiellement de financements à court terme »

    L’Empire ne tient plus qu’à un fil…

  36. « sachant que les Etats-Unis dépendent désormais essentiellement de financements à court terme »

    Attention, ne pas oublier que les USA sont un pays producteur de pétrole.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:US_Proven_Oil_Reserves_1900_to_2005.png

    Bien que ses réserves soient en baisse constante, il reste aux Etats-Unis environ 20 milliards de barils, ce qui lui permettrait de se retourner et reprendre un chemin de croissance, si l’humeur leur en disait.

  37. Boreas

    « il faut que l’effondrement de l’anglosphère entraîne celui de l’Europe eurocratique et de l’hyperclasse « européenne », pour que nous ne tombions pas de Charybde en Scylla, dans une UE dictatoriale renforcée dans son fédéralisme anti-démocratique.

    Cela dit, j’ai confiance, je ne vois pas comment la chute US et GB pourrait ne pas déclencher une réaction en chaîne mondiale, et notamment européenne, compte tenu du degré d’imbrication « global » des économies et des finances… »

    Moi aussi j’ai confiance. Les Européens ne veulent plus de l’UE et de leurs technocrates, ils contestent aussi tous les dirigeants de leurs pays vendus à la finance anglo-saxonne que ce soit en France, en Allemagne, en Grèce, en Italie ou en Espagne, mais ils sont tous majoritairement pour une coopération, une solidarité européenne – contrairement aux Etats américains qui ne se sentent pas unis – et ça, je crois que les anglo-américains l’ont compris et essayent de semer la zizanie entre peuples européens en les montant les uns contre les autres (les Grecs sont des fumistes, les Allemands veulent créer un 4e Reich et dominer l’Europe, etc.)

  38. Arbre Sec

    Si les Américains étaient en mesure de lancer leur croissance, ils l’auraient déjà fait.

  39. Ping : LEAP – Crise systémique globale, 1er semestre 2012 : décimation des banques occidentales | Les moutons enragés

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  41. @LeSerged
    Vous avez parfaitement raison. La phase 3 (suite crise bancaire) est l’arrivée dans les médias de l’obtention de l’arme nucléaire par l’Iran.
    Depuis longtemps, on sait que le moyen orient est une poudrière, comme le fût, le mur de Berlin en sont temps.
    Aujourd’hui, il n’y a plus d’ennemi idéologique (bloc est vs ouest). Il est donc primordiale de trouver un nouvel ennemi pour canaliser les peurs et calmer les foules face aux austérités créées volontairement par les banques/marchés.
    En détournant l’attention sur des tensions internationales et minorer l’impact des indignés dans le monde, par rapport à cette nouvelle actualité internationale.
    Les vieilles méthodes vont être à nouveau employées, pour revenir à celles de la guerre froide. Propagande et autres manipulation d’opinion. Comme on peut le voir aujourd’hui dans d’autres domaines (ex: les primaires socialistes avec F. Hollande que les médias ont placés comme le seul à représenter une alternative à NS, sondage à l’appui etc.., ce qui a largement influencé le résultat de ces primaires, face à une France pressée de se débarrasser de NS).
    Alors que dans les faits, F.Hollande ne fera que pérenniser les solutions misent en oeuvre depuis 30 ans, voir faire pire. Une girouette n’indique que le sens du vent, elle n’en fait pas la direction!
    Donc, oui, nous allons bien vers des heures sombres.
    Et si j’osais parallèle et raccourci, je dirais que le comic’s « V for Vendetta » (Version canadienne, les dialogues sont bien meilleurs) pourrait au delà d’être un parallèle des évênements londonien, devenir une norme en Europe, si l’opinion n’est pas canalisé sur l’international et une propagande sur la peur.

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