Espagne : Les chômeurs, prêts à tout pour travailler, se ruent sur les vendanges

Le nombre de sans-emploi travaillant dans les vignes des îles Canaries a augmenté cette année. En France, les producteurs de vin espèrent qu’ils réussiront fin septembre à mobiliser les chômeurs français.

Vendanges dans la province de Cordoue, en Andalousie

Surtout ne pas rester à attendre que les jours meilleurs arrivent… Alors que le taux de chômage dans la péninsule ibérique se situe toujours au dessus des 26 %, les sans-emploi espagnols sont prêts à tout pour travailler et se tournent actuellement de plus en plus vers les vendanges pour tenter de garder le pied à l’étrier. Et investissent un secteur jusqu’alors dévolu aux immigrés temporaires qui, eux, ont tendance à le délaisser.


Preuve sur l’île de Tenerife, dans les Canaries, où les chômeurs sont de plus en plus nombreux à être attirés par une récolte annoncée cette année comme exceptionnelle. «Ce n’est pas mon métier, mais au moins c’est un travail, et c’est à l’air libre», explique Alejandro Garcia, 45 ans. Avant d’être licencié il y a deux ans, Alejandro exerçait son métier de pâtissier dans le village d’à côté. Même son de cloche de Mohammed Laamech, un immigrant marocain sans emploi de 24 ans arrivé sur l’île il y a une dizaine d’années : «j’aimerais faire autre chose, mais pour le moment je suis heureux ici».

A Tenerife, deux tendances assez caractéristiques de la période se croisent. D’un côté, les habitants des Canaries, où près d’un actif sur trois est en recherche d’emploi, veulent saisir toutes les opportunités possibles de gagner quelques euros. Et de l’autre, les immigrés, qui servaient jusqu’alors de main-d’œuvre peu chère, désertent un territoire frappé par la crise et ne présentant plus assez d’opportunités pour eux. Domingo Martin Cruz, le gérant du domaine viticole Bodegas Marba, le confirme : «il y a moins d’immigrés dans les champs cette année».

Le même phénomène peut-il se produire en France ? Peu probable, au vu des dernières saisons où les producteurs ont eu le plus grand mal à motiver les chômeurs – de leur bassin d’emploi ou d’ailleurs, et ce malgré les ponts d’or parfois qu’ils leur ont fait – à venir faire leur vendange. Le chômage en France métropolitaine, sans atteindre le niveau espagnol, touche tout de même 10,4 % de la population active et est en hausse continue depuis deux ans.

Si les vendanges ont déjà commencé dans le Roussillon, plusieurs régions sont cette année forcées d’attendre jusqu’à la fin septembre pour récolter leurs raisins à cause d’une saison décevante. Outre sur les étudiants qui n’auront pas encore tous repris le chemin des bancs des facultés, les vignerons français compteront sur les sans-emploi pour assurer le gros de la main-d’œuvre. Une bonne affaire pour les employeurs, le contrat vendange étant assorti d’une exonération des cotisations d’assurance sociale. Et aussi pour les chômeurs dont la rémunération peut donc parfois être supérieure au smic. Bon à savoir…

Le Figaro

Commentaires (7)

  1. “Les chômeurs prêts à tout pour travailler, se ruent sur les vendanges”
    Ouais c’est dingue, ils vont jusqu’à travailler dans les vignes, quelle horreur !

  2. En espagne, les chomeurs se ruent en vendanges
    Mais en france ou ce qu’il en reste, ils se ruent sur les aides et les trafics…
    C’est ça la différence de mentalitéet de culture (surtout depuis 20 ans)

  3. Moui. En tous cas, en France, les vignes refusent parfois du monde. Ca a été le cas pour moi l’année dernière.

  4. Les espagnols sont déjà dans le vignoble bordelais depuis 2 ans… Et cette année à cause de la grêle et d’un déficit des rendements il n’y aura pas beaucoup de place.

  5. “et ce malgré les ponts d’or parfois qu’ils leur ont fait”

    Faut se méfier de ce genre de propos à l’emporte-pièce. Ca dépend de quelle exploitation, de quelles aides, de quelles contrées, etc. Les gens ne vérifient pas (ou pas souvent) l’info….

  6. Habitant en Touraine, tout ce qu dit cet article sur les difficultés des producteurs à trouver des travailleurs est faux ici.

    Ils refusent du monde, que ce soit dans les vendanges, les pommes ou le maïs.
    L’année dernière a été catastrophique pour les deux premiers, et cela n’est pas mieux cette année.

    Ou alors ils embauchent des clandestins à 1 €/jour entassés dans des granges.

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