Innovation : quand la Chine rattrape les Etats-Unis

Parmi les pays émergents, l’Inde apparaît comme l’autre challenger des économies matures.

A mesure que la reprise mondiale se précise [Nous laissons bien sûr l'entière responsabilité de cette allégation aux Echos - Note de Fortune], les Etats-Unis sont encore assurés de rester la référence absolue dans la course à l’innovation pour au moins deux ans. Mais au-delà ? Sans être pour l’instant réellement menacée, cette première place est, au fil du temps, grignotée par la Chine, qui arrive déjà numéro deux.


L’Inde se range, quant à elle, à la cinquième place comme le montre une enquête d’Accenture menée auprès de 1.000 chefs d’entreprise de moins de 40 ans des pays du G20. A la question de savoir quels seront les pays qui compteront dans les deux ans, les Etats-Unis restent en tête (46 %), devant la Chine (34 %), l’Allemagne (22 %), le Royaume-Uni (17 %) et l’Inde (14 %) qui fait jeu égal avec le… Japon. La France n’apparaît pas dans les réponses.

Il y a bien sûr un effet loupe avec ces deux géants émergents, mais qui n’enlève rien à la force du changement qui a débuté depuis une dizaine d’années et qui fait aujourd’hui de ces pays de véritables usines à talents. Pas moins de 86 % des cinq millions de diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques dans le monde sont venus, en 2012, de Chine, d’Inde et du Brésil. En outre, 41 % des nouveaux diplômés en Chine et 26 % en Inde sont des scientifiques et des ingénieurs alors que ce type de formation ne rassemble que 13 % des diplômés aux Etats-Unis et 22 % au Royaume-Uni.

Un autre facteur joue en faveur des marchés émergents. Leur développement à marche forcée génère un fort courant de nouveaux entrepreneurs, qui sont eux-mêmes de plus gros consommateurs de technologie numérique que les pays développés. « Les jeunes entrepreneurs sont totalement acquis au numérique : ils savent que la technologie ne connaît pas de frontières géographiques ou sectorielles et qu’elle peut les aider à adapter rapidement leur activité en vue de conquérir des marchés qui, il y a peu encore, étaient accessibles uniquement aux grandes entreprises », explique Bruno Berthon directeur général de l’activité conseil en stratégie et développement durable d’Accenture monde.

Ces jeunes entrepreneurs constituent un vivier privilégié pour inventer de nouvelles catégories de produits et de services, en s’appuyant sur leurs domaines de prédilection : les réseaux sociaux, les mobiles, le stockage dans le « cloud » ou encore la gestion des données. Le degré de sophistication n’est pas identique partout. L’Inde s’est ainsi fait une spécialité de l’« innovation frugale ». Le scanner à ultrasons de General Electric avait été conçu au départ pour les cliniques rurales d’Inde et de Chine. Il a, depuis, été vendu dans le monde entier.

Pour 78 % des jeunes entrepreneurs interrogés, l’innovation demeure donc l’une de leurs priorités stratégiques. Phénomène intéressant, ils approuvent à 46 % de futures collaborations avec de grandes entreprises comme autant de marchepieds pour accéder à des marchés nouveaux et aussi à des technologies plus sophistiquées. L’intérêt n’est pas à sens unique. Car les marchés émergents peuvent se transformer, ponctuellement, en zones d’application grâce à une réglementation bien moins contraignante que dans les marchés matures. Ainsi, dans des domaines comme la capture du carbone ou les gaz de schiste, ils font presque figure de laboratoires grandeur nature. De quoi séduire certains pays développés.

Les Echos

Commentaires (4)

  1. Ces jeunes entrepreneurs constituent un vivier privilégié pour inventer de nouvelles catégories de produits et de services, en s’appuyant sur leurs domaines de prédilection : les réseaux sociaux, les mobiles, le stockage dans le « cloud » ou encore la gestion des données.

    Raccourci de poncifs caractéristiques de la patte d’un journaleux qui ne pige rien à la macro économie. En quoi les réseaux sociaux dopent l’innovation ou le stockage en mode hébergé (cloud) qui existe déjà depuis 15/20 ans permet de créer de nouveaux produits 8O.

    Cette histoire, c’est le gaz de schiste numérique.

  2. “Pas moins de 86 % des cinq millions de diplômés en sciences, technologie, ingénierie et mathématiques dans le monde sont venus, en 2012, de Chine, d’Inde et du Brésil. En outre, 41 % des nouveaux diplômés en Chine et 26 % en Inde sont des scientifiques et des ingénieurs alors que ce type de formation ne rassemble que 13 % des diplômés aux Etats-Unis et 22 % au Royaume-Uni.”

    Voilà LE facteur structurel. A surligner.

  3. Le monde Blanc périclite complètement, bientôt rattrapé et dépassé par ces 3 géants que sont la Chine, l’Inde et le Brésil.
    Et une fois ce processus atteint, il sera très difficile de revenir dans la course et même d’échapper à un déclin sans fin, alors que nous sommes confrontés à une invasion qui amènera inéluctablement à des affrontements et au chaos qui mineront nos sociétés.

    La Chine a elle seule est une puissance mondiale au niveau de l’agriculture, des ressources minières (80% des terres rares il me semble sont concentrées là-bas, ce qui constitue un atout stratégique considérable), des produits manufacturés et de la R&D, bref dans tous les domaines. Et la Chine restera compétitive pour le travail d’usine, puisqu’il y aura toujours des millions de pauvres prêts à exploiter.
    Avec leurs 2 milliards d’habitants, la Chine et l’Inde auront des dizaines de millions d’ingénieurs, le moteur de l’innovation mondiale sera chez eux demain, c’est sûr. Les BRICS produiront et créeront tout ou presque.
    Le seul problème de la Chine est sa natalité catastrophique, mais l’Inde et le Brésil n’ont absolument pas ce problème, bien au contraire.

    Le monde Blanc risque bien de sortir définitivement de l’Histoire.

  4. 2- Bien d’accord avec vous.

    D’ailleurs, nos instances dirigeantes ne comptent plus d’ingé ou de scientifques: que des financiers. On voit le résultat.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>