Le faible chômage des jeunes en Allemagne, largement dû à la démographie

L’Allemagne s’enorgueillit du faible taux de chômage de ses jeunes… qui s’explique en grande partie par l’effondrement des moins de 25 ans dans la population.

Jeunes Allemands lors d’une manifestation, dénonçant la prison du chômage

C’est vrai, les chiffres sont impressionnants. En recevant mercredi une vingtaine de chefs d’État et de gouvernement européens, dont François Hollande, pour tenter de trouver des solutions visant à lutter contre le chômage des jeunes, Angela Merkel peut s’enorgueillir du “remarquable travail” que son gouvernement a accompli pour permettre aux moins de 25 ans de rentrer dans la vie active. L’an dernier, à peine 8,1 % des Allemands âgés de 15 à 24 ans étaient à la recherche d’un emploi, selon Eurostat.

Ce taux, sans équivalent en Europe, est ridiculement bas en comparaison de la moyenne européenne en mai, à 23,9 %, avec des pics au Portugal (42,1 %), en Espagne (56,6 %) ou en Grèce (59,2 %). La chancelière allemande a donc beau jeu de déclarer que “le chômage des jeunes (leur) cause beaucoup de soucis” et que son pays souhaiterait faire part de ses “bonnes expériences accumulées sur des années et des décennies“. Seulement voilà, ces “bonnes expériences” doivent être relativisées…

Selon une récente étude de l’institut allemand pour la recherche économique (DIW), la principale raison expliquant le faible taux de chômage chez les jeunes est… démographique. Depuis 2005, le nombre d’Allemands âgés de 15 à 24 ans a chuté de plus de 600.000 personnes. En 2006, le pays comptait encore 21,05 millions d’habitants de moins de 25 ans, contre à peine 19,87 millions à la fin de l’année 2011, selon l’office fédéral des statistiques (Destatis). Les moins de 20 ans représentaient, quant à eux, tout juste 18,4 % de la population outre-Rhin à la fin de l’année 2010, contre… 30,4 % en 1953.

Ce vieillissement de la population, qui représente une véritable bombe à retardement pour la première économie de la zone euro, l’a aidée sur le court terme à réduire le taux de chômage des moins de 25 ans. En France, à titre de comparaison, 700.000 jeunes entrent chaque année sur le marché du travail.


L’étude de DIW montre également les très fortes disparités qui existent d’une région à l’autre de la République fédérale. Si dans des États riches comme la Bavière et le Bade-Wurtemberg le nombre de jeunes à la recherche d’un emploi approche à peine 3 %, ce taux atteint 15 % à Berlin. Les Länder de l’ancienne RDA sont également bien plus fragiles (10,3 %) que les régions de la défunte RFA (5,5 %).

Et si l’apprentissage reste sans aucun doute une des raisons principales qui expliquent le succès du “modèle allemand” en termes d’emploi (chez notre voisin, 1,6 million d’apprentis suivent actuellement une formation contre à peine 400.000 en France), cette filière présente aussi quelques faiblesses. Près d’un quart des apprentis abandonnent ainsi leurs formations avant l’obtention de leur diplôme et de nombreux cours préparent des jeunes à des métiers très mal payés comme le BTP ou la coiffure. Si le taux de chômage des moins de 25 ans est effectivement très bas en Allemagne, Angela Merkel ne précise pas le niveau de salaire des “heureux travailleurs”…

Le Point

Commentaires (18)

  1. “En France, à titre de comparaison, 700.000 jeunes entrent chaque année sur le marché du travail.”

    Correction : 700 000 jeunes frappent à la porte.

  2. La croissance de la population est typique des enfumages que l’on nous sert depuis des décennies. On affole les gens avec la démographie “bombe à retardement”.
    Or quel est mon intérêt d’avoir une population croissante ? Aucun.

    Certes, si je m’appelle Mr Darty ou Mr Carrefour, Mr Bouygues ou Mr SFR, c’est un problème pour mon chiffre d’affaire.
    Si je pratique la spéculation immobilière, c’est aussi un problème.
    Mais perso, je ne suis pas concerné.

    Concernant les retraites, un pays bien géré fait en sorte que l’on cotise suffisamment le long de sa vie active pour payer sa retraite, à l’échelle de l’individu et non pas à l’échelle d’une génération !
    La venue massive d’immigrés, en admettant qu’ils travaillent (ce qui n’est pas le cas en France), ne résout pas le problème de fond (cotisations sur un individu dans sa vie active inférieures à ce qu’il va recevoir en retraites): n’oublions pas que tout individu qui cotise accumule aussi des droits en retraite ! On ne fait que décaler le pb de 20 ou 30 ans.

    Il faut absolument recentrer le débat sur cette notion de cotisations individuelle, et ne plus raisonner sur n générations.

    Sans oublier certains aspects positifs à cette décroissance, comme le montre l’article:
    * baisse du chômage
    * sans chômage, ces jeunes qui commencent à travailler tôt, comme en Allemagne, Suisse ou Autriche, et auront suffisamment épargné.
    * le coût de l’immobilier baisse: ces même jeunes vont pouvoir acheter un bien immobilier pas trop cher pour leurs vieux jours.
    * comme au Japon, les entreprises, si elles sont vraiment en manque de main d’oeuvre, innovent (robotique par ex.).

    Le marché du travail s’adapte: le chômage diminue et le nombre globale d’actifs diminuera avec.

    Comme toujours, on part d’un raisonnement biaisé, on affole la population, on on en arrive à faire venir des colons et une immigration massive. Et on se retrouve 30 ans après avec un pays ravagé.

    Sans parler des alternatives purement locales pour faire augmenter la natalité (pognon, congés parentales, etc.).

    On pourrait aussi parler de l’aspect écolo d’avoir un peu moins de population: les verts devraient être d’accord. Ah, on me signale à l’oreillette qu’ils s’en branlent et qu’ils travaillent sur le mariage gay, la légalisation et la protection des envahisseurs.

  3. Une fois n’est pas coutume mais comme il est heureux de souligner l’intérêt des “dividendes démographiques” lorsque la natalité diminue :

    - diminution des charges liée à l’enfance, moins de pression sur la scolarité par contraste avec l’africanisation que nous connaissons dans “nos” établissements scolaires dépassés par le nombre, et les résultats que nous connaissons bien.

    - moins de pression sur les emplois et les logements lorsque les classe d’âge creuses arrivent sur le marché de l’emploi et du logement. Il est étrange qu’il n’effleure à personne qu’un chômeur ne crée pas ni de richesse ni de cotisation pour la collectivité !

    - et quand bien même il y aurait un maque de main d’ooeuvre dans certains secteurs, un courant – modéré – d’immigration européenne y pourvoit largement. A cet égard l’Allemagne est un peu l’Eldorado des européens de l’Est souvent formés et germanophones.

    La baisse de la natalité s’observe surtout dans les pays à forte densité (La densité de l’Allemagne est deux fois forte qu’en France) et en soi elle relève d’un comportement sain et j’allais dire responsable.

  4. @ BillDeBaskerville a écrit le 6 juillet 2013 à 9 h 00 min

    Excellente analyse, 100% d’accord avec toi.
    Je me rappel il y a quelques années quand j’étais allé voir des amis qui habitaient en Allemagne à Berlin, je fut surpris de voir le prix des loyers en plein centre ville de Berlin, environ 450 euros un grand T2 BIS avec poutre apparente et au dernier étage d’un immeuble propre,pas loin d’une station de métro. Le même appartement à Paris était déjà à l’époque dans les 900 voir 1000 euros par mois.
    Une certaine immigration est clairement ici pour baisser le niveau de vie des Français et européens de souche en leur mettant la pression notamment au niveau du logement. Il est certain dans ce contexte que les propriétaires de plus de 3 appartements en France n’ont plus besoin de travailler et sont quasiment tous rentiers; eux et les grosses enseignes sont les gros gros gagnants de l’immigration massive. Je vous laisse deviner qui sont les gros perdants.

  5. @ BillDeBaskerville ,

    C’est exactement ça. juste un bémol au sujet des cotisations. Pourquoi forcément fonder les retraites sur un temps de cotisation et pas sur la richesse produite.
    les cotisation fondées sur un temps de travail datent de l’époque de mise en place du systeme, époque à laquelle on mettait un ouvrier derrière chaque clou à fabriquer.
    aujourd’hui, on fabrique des millions de clous avec personne. la richeese est bien là mais la cotisation s’est évaporée.
    et concernant l’immigration, sous l’angle purement économique que rapporte un bac moins 5 qui ne parle pas la langue et qu’on devra maintenir en perfusion ?
    J’ai souvenir d’un prof d’éco qui nous expliquait qu’un smicard ne rapportait rien voire coutait mais qu’il est un mal nécessaire en attendant de trouver comment automatiser.

  6. @Britt
    C’est vrai qu’il y a encore des pistes de réflexions ouvertes à ce sujet.
    Depuis ces dernières années, j’ai quand même tendance à me méfier de toute mesure de richesse produite. Nos amis les banquiers avaient à l’époque pu nous faire gober qu’ils produisaient de la richesse, et finalement, tout n’était que vent et spéculation. Mais oui, ton exemple des clous donne à réfléchir.

    Après, il ne faut pas oublier que dans un pays bien géré, on a aussi besoin de personnes qui balaient les rues, qui servent dans les restaurants, etc. L’état doit pouvoir leur offrir une vie digne (sans que cela pèse sur ceux qui créée la richesse). Tout le monde ne peut (et ne doit) pas être ingénieur.

    Ce qu’il y a de dramatique, c’est que 5 gugusses sur un forum arrivent en 10 minutes à faire des propositions sensées, raisonnables et viables, alors que nos politiciens en sont incapables (je me souvient notamment des débats sur l’allongement des retraites, où pendant 3 heures, 2 charlots payés 10 smics chacun, font semblant de diverger, et échafaudent des théories fumeuses, à base de milliards d’économies et d’âge du capitaine, et à partir de tendances fournies je ne sais où. Tendances qui sont bien sûr parties en fumée quelques semaines après le débat…).

  7. Sûr que qund y’aura plus de moins de 25 ans, y’aura plus de chômage des moins de 25 ans.
    Y’aura plus d’Allemagne non plus, mais c’est un détail.

  8. Il y a toujours eu des moments dans l’histoire où la population est descendue de manière temporaire. Quand nous faisions la guerre d’homme à homme, cela posait effectivement problème. De nos jours, ce n’est plus le cas.

    Il est préférable d’avoir une baisse temporaire de la population, sans immigration, que de vouloir à tout prix croître et se retrouver dans des agglomérations invivables bourrés d’allogènes.

    Franchement, JoeLeTaxi, je suis plus optimiste sur l’avenir de la Russie ou du Japon que sur la notre.

  9. Mais moi aussi.

    Là, je ne parlais pas de la Russie ou du Japon, mais de l’Allemagne. Vous avez dit “sans immigration” ?

  10. Et c’est bien pour ça que la politique allemande, par directives de Bruxelles, n’a pas vocation à appliquer ses spécificités à tous les autres pays, forts différents…

  11. Ce “dividende” du faible chômage des moins de 25 ans en Allemagne est très circonstanciel.
    L’inertie de la démographie finit toujours par rattraper ses creux et ses pleins .
    L’intérêt économique reste de privilégier une démographie linéaire .
    Le vide démographique Allemand n’est pas exempt de difficultés.

    En France la chèreté du logement tient à la rareté.
    Je ne pense pas que la différence de coût du logement en France et en Allemagne tienne à la démographie .

  12. Si j’étais un bas du front, je me réjouirais de cette faiblesse allemande. Mais il n’y a pas de quoi se réjouir, vraiment pas….

    L’Allemagne court tout droit vers un véritable hiver démographique, tandis que nous Français sommes menacés par l’immigration de masse.

    “Près d’un quart des apprentis abandonnent ainsi leurs formations avant l’obtention de leur diplôme et de nombreux cours préparent des jeunes à des métiers très mal payés comme le BTP ou la coiffure.”

    Ca relativise encore plus le “modèle” allemand vanté par tous les germanolâtres!!

  13. BillDeBaskerville,
    le type qui balaye crée de la richesse. ne pas avoir une rue déguelasse est une richesse.
    et je ne souhaite pas qu’il ny ait que des ingés, on s’ennuirait …
    A joeletaxi, l’allemagne n’a pas réussi à perdre tous ses moins de 25 ans à stalingrad. alors en temps paix on peut espérer qu’il en reste encore qque un.

  14. @Britt
    Entièrement d’accord.
    Je remarquais juste que si on s’amuse à mesurer la richesse produite avec les critères habituels, alors ces citoyens balayeurs allaient se trouver lésés par rapport aux banquiers. Alors que les premiers sont indispensables au fonctionnement de la société, les seconds rarement…

  15. Il faut arrêter avec la “démographie” et ses prétendues prévisions infaillibles. Je me souviens très bien de la fin du chômage et des pénuries de main-d’œuvre que devait provoquer l’arrivée à la retraite des “Baby Boomers”.

    Cela fait des décennies que l’on nous annonce une catastrophe dans les pays dont la population baisse, notamment l’Allemagne, et sur l’urgence d’augmenter la population avec davantage d’immigration.

    L’immigration provoque des dégâts qui nous mènent à la ruine. Nous avons besoin d’une jeunesse formée et motivée, pas de masses bonnes à casser les cailloux sous surveillance militaire (et à pourrir la vie sans surveillance). Dans le monde actuel, le nombre de jeunes ne sert pas à grand chose, sinon l’Inde dominerait l’Asie et la France l’Europe. L’Afrique serait le continent phare.

    L’Allemagne doit faire comme le Japon : produire plus avec des robots, automatiser les travaux pénibles le plus possible, former mieux des jeunes moins nombreux. Et s’il n’y a que 70 millions d’Allemands, ce n’est pas grave, il y aura moins besoin de ressources pour les loger, les nourrir, les chauffer, etc. C’est une baisse progressive qui laisse le temps de s’adapter et de voir venir. Les Allemands vont travailler plus longtemps.

    Le nombre d’habitants n’est plus qu’un paramètre parmi d’autres. Il y a des jeunesses fanatiques qui ne sont pas synonyme d’innovation, de curiosité scientifique et de progrès…

  16. @ 11 borphi a écrit le 6 juillet 2013 à 17 h 44 min :

    “En France la chèreté du logement tient à la rareté.
    Je ne pense pas que la différence de coût du logement en France et en Allemagne tienne à la démographie” :

    ——————————————————————————————————–

    Plus il y aura d’immigrés (à la démographie galopante) en France et plus il y aura pénurie et chèreté du coût du logement, c’est logique…

    Et plus il y aura une baisse du niveau scolaire, du fait de l’apport massif d’élèves incultes…

    Et plus il y aura de circulation automobile et son cortége d’embouteillages et de pollution…

    Et plus il y aura de délinquance ethnique (l’économie mafieuse rapportant infiniment plus qu’un smic)…

    Et plus il y aura de chômage chez les jeunes FDS discriminés négativement à l’embauche dans leur propre pays…

    Etc… etc…, car tout est lié…

  17. Oui il est temps d’admettre qu’une certaine baisse de nos effectifs présente de nombreux avantages
    Avantage au niveau du chômage, avantage au niveau de la baisse de la pression immobilière et bien sûr avantage général sur la pression anthropique sur le milieu naturel. Par définition un monde surpeuplé sera un monde détruit. Trop peu de gens osent briser le tabou sur la question, voyez ce que dit sur ce point l’association Démographie Responsable.

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