Cinq millions de Français sont seuls au monde

De plus en plus de personnes sont seules et isolées, et même les liens familiaux sont de moins en moins solides, selon une enquête menée par la Fondation de France.

Pas de déjeuner en famille, pas de collègues avec qui partager un verre, pas d’amis avec qui partir en vacances. Cinq millions de Français sont isolés, selon une enquête de grande ampleur menée par la Fondation de France et n’entretiennent pas ou presque pas de relations sociales avec les autres.

Pire encore, ce phénomène va croissant.

En 2010, ils n’étaient «que» quatre millions de Français à être entièrement livrés à eux-même. L’extension comme une tâche d’huile de cette solitude est notamment due au glissement de notre société vers toujours plus d’individualisme, analyse Francis Charhon, le directeur général de la fondation.

«Nous vivions auparavant dans une société conformée et étouffante. Nous sommes aujourd’hui beaucoup plus indépendants. Le corollaire de cette liberté individuelle totale est que dès vous glissez, personne n’est là pour vous rattraper.»

En effet, 39% des Français n’entretiennent plus aucun lien avec leur famille. Le dernier rempart contre l’isolement reste le voisinage. Quand on a tout perdu ou presque, ce sont les derniers à vous adresser la parole.

La pauvreté, accélérateur de solitude

17% de ceux qui gagnent moins de 1.000 euros par mois sont seuls. Les sorties aux restaurants entre amis ou les invitations au cinéma coûtent cher, et les personnes aux faibles revenus sont contraintes de les refuser, les poussant peu à peu vers l’isolement. Ainsi, 40% des personnes élevant seules des enfants disent souffrir de solitude. Le chômage est aussi un puissant facteur d’isolement.

En effet, la Fondation de France constate que les réseaux de socialisation (le travail, les amis, les voisins, etc.) sont interdépendants entre eux. Quand l’un flanche, un cercle vicieux se met alors en place. Une personne qui vient de perdre son emploi, fragilisée, osera moins aller à la rencontre de ses voisins, une autre fraîchement divorcée aura honte de son échec et ira moins vers sa famille, etc.

«Les personnes seules se sentent inutiles, invisibles, et n’osent plus aller vers les autres car elles estiment n’avoir rien à leur apporter», ajoute Francis Charhon. Néanmoins, le travail protège de moins en moins de la solitude et 7% des actifs en emploi déclarent être confrontés à l’isolement relationnel. Les horaires décalés, le développement du télé-travail et des missions courtes sont autant de facteurs explicatifs.

Le Figaro

Commentaires (40)

  1. Voila la conséquence diabolique de la destruction de la famille, de la nation de l’urbanisation et de la mondialisation a outrance.
    La solitude.
    Autant dire qu’une population faible et sans encrage arrange bien les instances autoritaires.

  2. A cela s’ajoute le déracinement les gens déménagent un peu partout et pour couronner le tout le communautarisme. Un blanc dans un environnement “autres” se sentira très seul .

  3. Sartre n’écrivait-il pas “L’enfer c’est les autres !” ;-)

    C’est le matérialisme, le consumérisme et les souhaits d’appartenance qui sont à l’origine de l’éclatement familiale et amicaux.

    Et tout ceci n’a à l’origine qu’une seule cause, la PUB, qui véhicule des valeurs purement mercantile et égocentrique.
    C, dont l’impacte sociologique est considérable.

    Mais elle ne saurait s’accompagner de l’accès facilité à tous biens et services de consommation qui ont détruit les liens amicaux et familiaux dont la première valeur était l’entraide entretenu par la rareté ou à la difficulté de se procurer certaines denrées ou marchandises .

    Puis comme toute chose le couple, qui était par le passé “pour le meilleur et pour le pire”. est devenu lui aussi, un objet de consommation comme les autres. Donc principalement pour le meilleur.

    Et si la femme a été l’objet de cette première marchandisation.

    Aujourd’hui tout le monde se vend et s’achète sur des sites de rencontres, des sites d’offres d’emploi…

    On ne se rencontre plus. On se choisit, non par accointance, mais pour une situation financière, un niveau de vie, un niveau social…

    Comme en marketing. On segmente, on catégorise, on sélectionne….

    Ce qui était cantonné à l’exception et aux marchandises est devenu règle.

    Nul n’y échappe.

    La solitude, comme toute exclusion, en est le résultat désastreux.

  4. L’être humain naît seul et meurt seul. Tout le reste n’est qu’accessoire et temporaire, voire n’est que du bruit pour combler sa propre vacuité.

  5. «Les personnes seules se sentent inutiles, invisibles, et n’osent plus aller vers les autres car elles estiment n’avoir rien à leur apporter». A tort;le plus souvent,ce sont celles qui apportent le plus.

  6. Noway

    Je suis en parfait accord avec vous. En tout point.

    La solitude est un gimmick de la postmodernité et plus précisément de l’ingénierie sociale qui s’applique à atomiser les êtres pour répondre aux impératifs du Marché.

    Si je m’élève invariablement contre la “diplomisation” de la société c’est bien parce qu’outre le marketing, la pub (atomisation et narcisation des désirs) comme vous le signalez, le management scolaire produit par l’Educ Naze depuis 68 est l’autre variable d’endoctrinement du narcissisme sociétal postmoderne.

    Par l’élévation du temps de scolarisation on a fortifié l’individualisation des destins professionnels sur un mode lénifiant. L’hypertrophie de la conscience de soi sur un mode lénifiant (j’ai mon diplôme donc je suis plus que l’autre) a instillé dès les plus jeunes âges l’idée que l’individu ne dépend que de lui-même et n’a besoin de personne et qu’au final c’est gratifiant. Je passe sur tout le catalogue du management de la domination sociale qui va de l’individualisation de tous les parcours de vie (de l’entretien d’embauche à la lettre de licenciement en passant par la division et la spécialisation du travail). Je passe sur les valeurs véhiculées par la sous culture de masse avec ses stars (figures spectaculaires du surmoi), ses talk-show et ses débondances de narcissisme spectaculaire mis en avant comme nec plus ultra de la société.

    On pourrait également jeter un oeil critique sur le progrès technologie et les nouvelles technologies, celles de l’écran qui soumettent dans l’isolement, dans une bulle aux relents schizophréniques et dépersonnalisant leurs utilisateurs.

    Bref toutes la société postmoderne n’est grosse que de solitude, d’atomisation institutionnalisée à dessein pour faire oublier une seule chose : l’union fait la force et la solidarité est ce qui permet à l’homme de fonder ce qu’elle nomme : civilisation.

  7. Personne ne souhaite vivre seul. Celui qui saura fédérer ces gens en les servant sera l’homme le plus puissant de France car ils le remercieront au centuple.

    Coller les morceaux.

  8. Mon Dieu je n’ai pas relu mon message et je m’aperçois qu’il aurait besoin de corrections quant à la forme.

    Fin de semaine… Grosse fatigue.

    Prier de ne garder que le fond !

    Et bon week-end.

  9. NOP a écrit le 28 juin 2013 à 16 h 35 min

    «Les personnes seules se sentent inutiles, invisibles, et n’osent plus aller vers les autres car elles estiment n’avoir rien à leur apporter».

    A tort;le plus souvent,ce sont celles qui apportent le plus.

    _________________

    Paroles rassurantes, mais malheureusement fausses. Une relation se nourrit de 80% de commérages, ragôts et d’expériences inter-personnelles. Votre moi-profond, gardez le pour vous, ça n’intéresse personne. Nous sommes des êtres sociaux, pas des psychatres. Je suis ton copain parce que grace à toi, je commences à exister aux yeux des autres. Ton ami, parce qu’on se comprend sans se parler, un mauvais ami parceque j’en ai pas d’autres.

  10. Il semblerait qu’une personne âgée sur 4, en France, soit complètement isolée…essentiellement des femmes aux retraites tellement insuffisantes qu’elles ne peuvent que “survivre”…

    Ces personnes là se cachent car elles ont honte…je pense qu’elles ont tort et qu’elles devraient se manifester afin de mettre les familles/autorités etc…face à leurs responsabilités…dans la situation actuelle, il est bien trop facile de les “oublier”…ça arrange trop de monde !!

    Autrement, oui, nous sommes souvent transformés en “marchandise” mais certains anticipent d’eux mêmes la tendance…Je pense, par ex, à ces personnes qui se présentent sur “Meetic”, ou autres sites, et qui font leur propre “pub”…

    Là, on est bien dans le cas d’une d’une marchandisation volontaire qui rencontre, pourtant, un grand succès…

    Mais Baratapas a raison: fondamentalement on naît seul, on meurt seul, et si, entre les deux, on a la chance de rencontrer “l’âme soeur”…alors… il ne faut pas s’arrêter à des considérations trop matérielles car l’essentiel n’est pas là … Il vaut mieux, toujours, préférer une tête ” bien pleine” à un porte-monnaie “bien plein” .

    Ce ne sont pas les mêmes valeurs et on risque moins d’être déçu…

  11. De très bons commentaires ici, et je n’ai pas grand-chose à rajouter, si ce n’est qu’un petit bémol à apporter à ce que déclare Francis Carhon:

    «Les personnes seules se sentent inutiles, invisibles, et n’osent plus aller vers les autres car elles estiment n’avoir rien à leur apporter»

    ce à quoi je ne suis pas entièrement certain qu’il ait raison, dans la mesure où je le soupçonne d’inverser un peu les rôles dans cette histoire… Car, de ma propre expérience (ô combien solitaire), je remarque que quand bien même vous iriez vers les autres, ce sont le plus souvent les autres qui ne voudront soudainement plus rien savoir de vous dès lors qu’ils vous sauront: chômeur, seul, pauvre, abonné aux projets foireux, indécis, etc… Du coup, celui qui s’est pris une première tuile, ou qui a manqué d’un soutien familial, affectif, ou autres joyeusetés, peut rapidement se retrouver enfermé dans un cercle vicieux où, petit à petit, tout fini par le fuir… et dont un Francis Carhon fini par lui en imputer l’entière responsabilité.

    5
    Noway a écrit le 28 juin 2013 à 15 h 09 min

    “On ne se rencontre plus. On se choisit… [...] Comme en marketing. On segmente, on catégorise, on sélectionne….”
    ___________________________________________

    C’est criant de vérité, et tout simplement sidérant. L’essor des sites de rencontres en est le témoin de plus éclatant, et je ne cache pas que je trouve cela inique, proche de l’eugénisme… Des gens qui y ont eu recours me rétorquent, avec une apparente justesse, qu’ils (elles) auraient procédé au même type de sélection rigoureuse et sur mesure si la rencontre avait eu lieu de manière naturelle et aléatoire, et non pas sur un site organisé ad hoc. On peut en douter beaucoup, justement. Du coup, même la séduction en public est en train de passer à la trappe avec ces conneries consuméristes appliquées à tous les aspects de la vie de l’individu. Peut-être (sans doute) parce que ces demoiselles y ont trouvé une zone de confort… (croient-elles.) On est entré la logique de maximisation du gain par rationalisation du temps consacré à la sélection, entré dans l’ère du rendement appliqué aux relations humaines.

    Même principe pour le monde du travail: sélections individuelles avec mise en concurrence la pus féroce possible, sur critères arbitraires, pointus et parfois franchement aliénant.

    Corollaire: uniformisation des individus, tous formatés à l’aune de ce qui est attendu de chacun d’entre eux. Conformisme assuré, aucune originalité, aucune prise de risque… Société du moindre-risque, du politiquement correct, de l’auto-censure, et donc société docile.

    Grand paradoxe contemporain: l’individualisme aboutit au conformisme.

  12. Je tenais à souligner que les croyants, eux, ne sont jamais seuls.

    Et je les envie pour cela…

  13. A l’intention de ;12,Le Duc de Nevers a écrit le 28 juin 2013 à 19 h 44 min
    ———–”Une relation se nourrit de 80% de commérages, ragôts et d’expériences inter-personnelles.”———-
    Sauf qu’il s’agit en l’espèce de mettre en commun des solitudes,et non de s’encombrer de marionnettes sociales,vivantes par abus de langage.

  14. @ Cedericoco : clapclapclapclapclapclapclapclapclap… pour l’ensemble de l’oeuvre.

    “Je tenais à souligner que les croyants, eux, ne sont jamais seuls.

    Et je les envie pour cela…”

    juste un p’ti quelque chose a ajouter : c’est à mon avis la raison d’une bonne partie des conversions à l’Islam.

  15. on pourrait imaginer le constat contraire.
    Malgré les libertés individuelles qu’on nous a données mais qui ne nous rendent pas libres, responsables et autonomes puisqu’on ne les a pas acquises, on est déja trop dépendants les uns des autres, trop assistés, trop nombreux. On est devenu cyberdépendants et interconnectés. La preuve on ne se connait même pas mais je vous parle.
    Il ya trop de liens sociales, trop d’échanges, trop d’informations, trop de propagande, trop de publicités et comme toute chose, il y a du bon et du mauvais. Or il existe trop peu de moments simples dans la vie ou on peut vraiment être en accord avec soi même, seul(s), libre, tranquille et se vider l’esprit.
    Si bien qu’on peut déprimer et la solitude au lieu d’etre bénéfique , elle pèse car elle n’est pas choisi. C’est d’abord un sentiment.

    Fatalement on peut se retrouver bien seul, abandonné, triste, même en bonne compagnie alors qu’on cherche souvent à être seul. C’est une conséquence de l’isolement qui est ressenti.
    Il ya trop de foule, trop de pressions que ce soit au travail, en famille, en société, à l’école, dans les réseaux sociaux,à la radio, à la tv, alors on étouffe de ce vivre ensemble qui nous rend trop esclave et on est contraint à s’isoler en réaction. Malheureusement on se construit une cage doré car l’homme ne peut pas vivre individuellement en dehors du groupe et s’il peut, c’est uniquement par choix.
    Ceux qui sont “seule” en vérité ont plutot le sentiment qu’on vit une société individualiste mais en vérité ils sont ‘isolés’ du reste de la société. Ce sont uniquement des marginaux et je crois aussi que c’est un besoin et qu’on se protège comme on peut des contraintes exétérieures;

    http://www.youtube.com/watch?v=fMMWC4e2kCg

  16. Cedericoco a écrit :
    “Grand paradoxe contemporain: l’individualisme aboutit au conformisme.”
    ——————————————
    Non, c’est parfaitement logique. L’être humain est un animal social. Dans son individualisme (individuellement modelé), il reste en recherche de repères sociaux. Cette modélisation de l’individu (individuellement sur les mêmes bases) produit à grande échelle un conformisme obligatoire.

    Voici une expérience de sociabilité qui a été mené sur les chevaux, tout être social suit les mêmes principes.

    Vous prenez un cheval sauvage et vous le mettez dans un enclos. Vous essayez de le dompter 10mn sans violence… puis au bout de la semaine, vous recommencez, mais ensuite, vous lui tournez le dos en restant dans l’enclos. Le cheval viendra de lui-même vous solliciter tout en devenant réceptif et docile à vos demandes.

    C’est une forme de mise en conformité volontaire.

    Pour ce qui est des rencontres par approche directe.
    “qu’ils (elles) auraient procédé au même type de sélection rigoureuse et sur mesure si la rencontre avait eu lieu de manière naturelle”

    C’est tout simplement statistiquement et biologiquement improbable, même si l’on peut forcer la chance et multiplier les partenaires.

    Les choix sont avant tout physique ou par compatibilité biologique. Et personne n’y déroge. La rationalisation est en contradiction total avec un choix affectif et sentimental (non rationnel).

    Le reste, c’est de la prostitution déguisée et je pèse mes mots. Donc autant prendre une professionnelle. On est certain de la prestation et du prix que cela va couter. ;-)

    ———————————————–
    Antoiine :
    A contrario de la femme qui évoque verbalement une problématique sans la traiter, ni la résoudre, pour s’en détacher psychologiquement.

    L’homme a pour sa part, a besoin d’isolement pour traiter et résoudre ses problématiques (professionnels, familiales….).

    Cela n’en fait pas un marginal. Ou alors c’est pathologique.

    Ce que vous évoquez, est un mal plutôt féminin. A force de mettre les problèmes sous le tapis sans les traiter, cela finit par avoir un impact psychologique.

    C’est d’ailleurs l’une des causes de l’alcoolisme entre autres usages de psychotropes.

    ———————————————–
    Eisbar (11)
    Il est vrai que nos avis se rejoignent souvent, mais votre dextérité littéraire dépasse de loin ma formulation plus… analytiquement spontanée. L’écrin ne fait pas le contenu ;-)

    ———————————————-
    Johnny Walker
    Le refuge dans une religion rigoriste est un abandon de sa capacité au libre arbitre au profit d’une dogmatique doctrinale.

    Ceux qui se convertissent, sont généralement des gens désorientés dans une société qu’ils ne comprennent plus (c’est souvent lié à l’ignorance et à la recherche d’un environnement sécurisant dans ce contexte, une communauté protectrice)

    On peut adopter des valeurs ou principe de vie, sans avoir besoin de se convertir. Le reste n’est qu’une faiblesse de caractère dont la conversion est l’acte de soumission.

    J’en connais quelques uns. Et certains pensent sincèrement avoir changé de couleur. (et je ne plaisante pas en disant cela)

  17. Cedericoco a écrit le 29 juin 2013 à 7 h 02 min
    Je tenais à souligner que les croyants, eux, ne sont jamais seuls.
    Et je les envie pour cela…

    En effet c’est exact d’ailleurs un grand nombre de saints et certains ordres monastiques vivent en ermites dans une “solitude” totale qui n’en est pas une car on dialogue avec Dieu.

    Le drame de notre existence ce n’est pas l’isolement mais la perte de lien généralisée. J’étonne souvent les gens encombrés de paquets ou poussettes en les aidant spontanément. Et dire qu’il y a 30 ans c’était un geste naturel, qu’il aurait été impensable de ne pas faire.

  18. Si l’homme est un grand solitaire, il ne vit pas pour autant isoler d’autant que la solitude n’est pas une fin. Par exemple, les hommes aiment réfléchir et méditer afin de mieux s’ouvrir au monde ou découvrir les merveilles et les joies de la nature.
    L’isolement par contre est plutot subi et il est coupure avec le monde extérieur, la société ou même la réalité. C’est une contrainte et non une liberté. a l’inverse quand cet isolement est voulu, il devient du renfermement qui peut devenir salutaire ou carrément angoissant.

  19. @Noway,

    Merci pour cette réponse. Expérience très intéressante, que j’ignorais, mais qui ne m’étonne pas, tant certains animaux (surtout mammifères, mais pas que) me semblent très proches de nous…

    Ceci étant, et sans prétendre vouloir faire de mon cas une généralité, je ne cherche pas non plus à nier qu’une bonne part de ma solitude est au moins en partie voulue (un peu origi-margi-nal), une autre partie tout simplement consécutive de ma personnalité (pourtant ouverte, mais bon… c’est ça qui fait peur, manifestement…), et l’autre subie et non-voulue….

    @Noway a écrit:

    “Le reste, c’est de la prostitution déguisée et je pèse mes mots. Donc autant prendre une professionnelle. On est certain de la prestation et du prix que cela va couter. ;-)
    ____________________

    Question de point de vue… Sachez que (vous le savez évidemment, mais je fais semblant…), contrairement à une idée reçue, tous les hommes n’ont pas forcément accès aux professionelles: en effet, depuis la disparition des maisons closes, n’ont accès aux “courtisanes” de rue que les hommes disposant d’une voiture…. Reste les réseaux d’escortes, dont j’ignore tout, sauf le prix dont je présume qu’il est très élevé… et du coup, sans intérêt.

    Même les quadraplégiques ont un meilleur accès aux pros! (à peine exagéré.)

    Ceci dit, le sexe pour le sexe n’est pas forcément le but recherché (surtout dans ces conditions!!!), et rien ne remplace le plaisir d’une séduction en bonne et due forme (ainsi que la qualité de la relation après coup, évidemment.) Sauf que celle-ci tend à disparaître sous l’effet des sites de rencontres et autres lieux communément admis comme étant fait pour ça (bars à bobos, discothèques à “djeuns” à la con…) Lamentable, mais c’est pourtant ainsi en France, version 2013.

  20. @Grrr,

    Voilà, vous avez compris mon propos. Lorsque j’écris que le croyant n’est jamais seul, je ne fais pas référence à la communauté dans laquelle il se retrouve et évolue, mais bien à sa relation avec Dieu. Quand il aura tout perdu, et même lorsque tout semblera perdu, il aura toujours ce soutien, même s’il peut paraître ridicule à l’incroyant… mais qui n’en demeurera pas moins une source d’encouragement, d’énergie, de motivation, de résilience (pour paraphraser le médiocre Cyrulnik…), et d’amour…

  21. @johny Walker,

    Merci johny pour ce bon mot…

    Mais parler d’oeuvre, hormis au sens littéral, c’est au moins exagéré :)

    Etrangement, lorsque j’ai employé le terme “croyants”, je ne pensais qu’aux Chrétiens, et en particulier aux Protestants, lesquels semblent avoir une relation en “tête à tête” avec Dieu… C’est sans doute le cas d’autres courants, mais je ne les connais pas suffisamment.

    La conversion à l’islam relève d’une autre logique, d’une autre dynamique, je crois… @Noway, en com n°19, me semble avoir très bien résumé la chose…

  22. Je me rends compte d’un certain nombre de redondance ou d’incohérence dans mes propos (cf com n°24).

    Soyez indulgents, j’ai un Saint-Estèphe à moi tout seul dans le nez…

  23. @Noway a écrit:

    “Le refuge dans une religion rigoriste est un abandon de sa capacité au libre arbitre au profit d’une dogmatique doctrinale.”
    ___________________________

    …et pourtant, libre arbitre très souvent invoqué par les défenseurs (musulmans ou non) de la RATP, lorsqu’on leur fait remarquer que le coran et les hadiths sont truffés de messages de haine et de violence à l’encontre des non-muzz…

    Ne pas trop compter sur ce libre arbitre, plus théorique qu’autre chose…

  24. @Cedericoco (23)
    C’est toujours sympathique d’échanger au delà du commentaire unilatéral.

    Pour les professionnelles, c’était une métaphore pour évoquer des relations (sélection par fiche) qui ne répondent à aucune sélection par vocation naturelle. Et c’est ce qui rend, la “relation” beaucoup moins honnête sur son objectif. (un choix de raison ciblé sur tout autre chose que la personne elle-même).

    Pour l’anecdote, mais j’en ai beaucoup d’autres. Lors d’un diner ou j’étais invité. L’une des “con-vives” célibataire n’hésitait pas à parler de sa recherche d’un profil à 100k€ par an, pour seul critère. Engager une relation sur cette base n’a aucun intérêt “quand la victime le sait !”. Et c’est pour cela que je parle de prostitution déguisée et que je fais un rapprochement avec l’activité professionnelle (sans en être un utilisateur).

    Si comme vous, j’apprécie la traque (in the street) des vrais séducteurs.

    Ce type de propos assez répandu dont l’usage des site de rencontre est l’expression, et la verbalisation du Taboo la transgression. Cela m’exaspère fortement. Après il y a ceux qui en sont conscient et ceux qui font marcher le secteur de la restauration à grand frais à chaque rendez-vous mythique ;-)

    Mais nous sommes d’accord sur le fond et la forme des sites de rencontre et leur coté dégénérescent, d’autant que sur les bars à “gogo’s” / bobo’s…

    Pour faire un point global au risque d’évoquer des références populiste. Le sketch de Bigard “La salope d’élevage, la salope sauvage” décrit avec une certaine clairvoyance cette engeance. Et je n’ai rien contre les femmes, je les adore. Mais elles doivent rester sauvage ;-) Sinon, point d’intérêt dans la chasse ;-)

    —————————————————
    @Cedericoco (27)
    A mon avis, il s’agit plutôt de propos politiquement correct.

    Un peu comme ce “vivre ensemble” qui est vite transformé en “permis de faire chier tout le monde”, dont tout le monde est conscient, tout en conservant l’expression première.

    Le politiquement correct est une plaie de la communication et du conformisme. Celui-ci nous mènera au déclin culturel, dont l’esprit éthique est plutôt d’origine chevaleresque en Europe (les récentes évocations des croisées n’est pas anodine dans ce sens).

    Quand je parlais de libre arbitre. J’évoquais le sens critique, quel qu’en soit la forme et l’orientation.

    Et ceci en l’objet de distinguer, le pratiquant qui applique une doctrine rigoriste sans contradiction (conversion) et celui qui fait preuve de discernement (esprit critique) dans l’application de précepte de vie.
    Cela n’a rien de théorique. D’autant que la distinction est importante.

    Vous-même vous pouvez avoir des préceptes de vie judéo-chrétien, majoritairement répandu en Europe, mais vous savez les adapter à l’environnement social, à contrario de ceux qui tente d’imposer la pratique et leur vision religieuse aux autres.

    C’est la même distinction ou confusion que l’on fait ou entretient entre les termes “assimilation” et “intégration”.

  25. Commentaire de grande qualité sur ce fil !

    Moi, je dirais simplement que ce que j’ai compris de la vie c’est ceci :

    Pour être heureux et pour pouvoir communiquer avec les autres, il faut apprendre a ce connaître au mieux.

    Et pour moi, l’introspection qui passe par des moments seuls, n’est en rien de la solitude ou de l’individualisme.

    C’est en se rencontrant, mais sans artifice technologique, que l’on découvre le chemin de la connexion avec le vivant en général.

    Il y a pas de méthode parfaite, la prière, la méditation, peu importe, le plus important c’est l’introspection : ne pas se fuir !

    Il va s’en dire qu’on vit dans une société qui nous impose tout l’inverse. Avec une inflammation de l’ego qui nous met en état d’hybris perpétuel.

    Je ne vois pas d’autre méthode pour sortir de la propagande et des « rêves » imposés.

    Plus on sait qui on est, plus on devient fort et plus on est fort et plus les autres viennent à nous ! Il trouve en nous ce qu’il rêverait d’avoir et que rien dans la société ne peut combler.

    Mais pour se rencontrer, sa signifie qu’il faut aller se balader dans notre tréfonds ! Et dans notre tréfonds se trouvent caché nos démons et nos anges, notre face sombre avec toutes les choses qui nous tourmentent depuis toujours et nos espoirs qui peuvent être nos saluts !
    Il va s’en dire qu’on est loin des conneries de développement personnel version new âge, ou il faut être positive, avec la peur et l’amour comme simple sentiment.

    Les hommes sont beaucoup plus subtiles et la vie est beaucoup plus complexe que c’est hippie baba voudraient nous persuader.

    Bref, à titre personnel, j’en suis loin de ma propre recherche sur moi même. Mais je tente au cours de cette existence d’expérimenter et de prendre des risques pour apprendre à travers ces expériences ce que je suis, mes aspirations profondes et suivre mon chemin et nous celui que les autres voudraient m’imposer !

    Etre libre sans être détaché, se connaître sans être seul, se comprendre sans être narcissique, s’écouter sans être prisonnier de mon ego, et enfin réaliser mes rêves sans sombrer dans l’hybris !
    Et je serais un homme comblé !

  26. @Enoch
    L’introspection est nécessaire pour mieux apprécier les autres.

    Car hormis connaitre ses qualités et ses défauts en faisant un temps soi peu d’autocritique. Dans le reste des cas, elle ne peut être objective sans le regard des autres. A défaut, elle n’aurait aucun cadre référentiel. Elle est d’ailleurs effectué dans cette recherche des autres et de liens sociaux.

    Pour le reste (le moi et les autres) De nombreux artifices conscient et inconscient, lié à la préservation du moi, sont à l’oeuvre dans nos liens sociaux.

    Et l’image que l’on a de soi, est loin d’être celle que l’on véhicule aux autres (enfin, selon leur perception). Mais l’on a malheureusement rarement l’occasion de les comparer hors situation de crise ou diner bien arrosé ;-)

    Dans ce contexte, je pense que vous ne me contredirez pas, si je vous dis que l’honnêteté intellectuelle qui pourrait être une base de comparaison est souvent mal vécu (voir considéré comme un défaut), lorsque l’on en fait preuve dans nos relations sociales.

    Relations sociales qui se dégrade d’autant dans leurs sincérités (politiquement correct, faux-semblant, relationnel forcé….) dans laquelle la quote-part d’autocensure est toujours plus importante (qu’elles soient personnelles ou d’autrui).

    Tout en formalisant, incompréhension, rejet et animosité amenant à tendre vers l’individualisme, la solitude et le replis sur soi pour s’extravertir dans l’hybris.

  27. L’être humain est foncièrement individualiste, il se regroupe par intérêt pour la survie ou le bien-être. Quand on va vers l’autre, consciemment ou inconsciemment c’est selon ce que la personne peut nous apporter sur le plan matériel, psychologique, intellectuellement ou opportunité.
    La séduction c’est du narcissisme en réalité et tester le pouvoir qu’on a sur son prochain.

  28. @ Noway :

    C’est pourquoi, seule la connaissance de soi basée sur une communication interne honnête permet de déconstruire nos artifices conscients et inconscients.

    En d’autres mots ne pas se mentir.

    Ensuite nos relations sociales changent puisque nous changeons notre perception du monde.

    Le concept de vérité découle toujours de notre perception du monde. Il n’est pas donné à l’homme d’avoir une perception universelle. C’est notre condition en tant qu’être humain.

    Il faut aussi savoir accepter nos limitations.

    Et oui, les rapports avec les autres seront probablement toujours fait de faux semblants. Mais on n’est pas tous sur le même niveau de subtilité.

    Le bobo vit lui dans un déni d’un certain réel qui ne correspond pas à la réalité qu’il s’est construit. Il ne pourra jamais accepter de changer de perception sous peine de trop grande souffrance. Il préfère refuser de voir ce qu’il voit pour être en accord avec une morale bien-pensante qui l’apaise dans ces angoisses.

    Il n’y a qu’à réfléchir à la schizophrénie des profs et leurs nombres de dépressions. Ils soutiennent un système alors qu’ils sont les premiers à en subir les conséquences. ON ne va pas remettre la phrase éculer de Bossuet.

    En tout cas, j’ai arrêté de vouloir me friter avec eux sur des réalités qu’ils ne veulent percevoir. Toutefois, je ne vais jamais me priver d’envoyer des pics, du genre, pour les défenseurs de la diversités compulsives, la question qui tue : Mais alors pourquoi tu vis pas en banlieue ?

    Pour conclure, les rapports aux autres nécessaires sont ultra-complexes. Finalement, la seule chose sur lequel on peut travailler reste soi-même et contrairement a ce qu’on pense c’est extrêmement complique et exigeant. La majorité des être humains sont esclaves d’eux –mêmes et de notre cerveau et de sa perception. Rares sont les gens qui se connaissent vraiment, qui s’acceptent dans leurs laideurs et dans leurs beautés intérieures.

    Et que si tout le monde faisait un minimum d’introspection (ce qui se nommait mes grands-parents, prières) tout les jours, l’humanité n’irait que mieux !!!

  29. @Enoch a écrit :
    “Finalement, la seule chose sur lequel on peut travailler reste soi-même”

    Mais ce temps passé à travailler sur soi-même (et quelque part, pour soi-même) ne tend-il pas vers le conformisme volontaire ?

  30. Noway
    Je pense que nos aspirations, nos reves surtout si ils sont specifiques et qu’autour de toi, les gens te prennent pour un fou, un reveur, un idealiste ou peu importe, nous appartiennent!

    La question que je me pose d’ou viennent-elles?

    Est-ce qu’on peut deconstruire son inconscient pour etre pleinement libre, je ne le crois pas non plus!

    Je suis, a titre personnel, mon ressentie le plus possible, base sur mon experience empirique, il s’avere etre nettement plus precis que mon niveau conscient/reflexion/rationnel.

    Je crois ne vraiment pas me situer dans aucun conformisme, ou peut etre le suis-je sans en avoir conscience? Mais vraiment je fais des choix a contre-courant qui vont dans la direction de ce que je crois juste et bon pour moi, fruit de mes honnetes introspection sur moi-meme et la vie que je souhaite vraiment.
    Avec les consequences que cela entrainent!

  31. A la vanité des hommes, à leur égoïsme, à leur vacuité, je préfère la loyauté des chiens…qui comblent amplement ma soliitude.

  32. @Noway,

    Simplement pour vous signifier que j’ai bien lu (et apprécié) vos réponses, et afin que vous sachiez que vous n’écrivez pas pour rien…

    J’avais bien compris ce à quoi vos faisiez référence lorsque vous abordiez la prostitution déguisée… J’ai ensuite digressé.

    D’accord sur tout. Sauf peut-être sur la partie concernant le libre arbitre, où manifestement je me suis mal exprimé. Je voulais dire que les défenseurs de la RATP prétendent justement que le croyant peut exercer son libre arbitre (esprit critique) par rapport aux obligations dictées par le coran et les hadiths, et s’affranchir de celles-ci si elles leur paraissent mauvaises, que cela est prévu par ces mêmes textes… Une doctine rigoriste, une religion violente en théorie, mais non en pratique, grâce au libre arbitre: voilà en gros ce que l’on est prié de comprendre. Mais dans la mesure où pratiquement tout dans l’islam est absurde et nocif, je ne vois pas en quoi la position est défendable… On en voit globalement les effets un peu partout dans le monde.

    De toutes façons, ne jamais “cartésianiser” le non-cartésien… Ce serait chercher une logique selon une grille de lecture qui nous est propre, mais pas partagée par l’Autre. Une faute, doublée d’une apparente naïveté.

  33. @Grrr a écrit:

    “J’étonne souvent les gens encombrés de paquets ou poussettes en les aidant spontanément. Et dire qu’il y a 30 ans c’était un geste naturel, qu’il aurait été impensable de ne pas faire.”
    ____________________________________________

    !!! Cela m’est arrivé il y a quelques temps. Une dame en avait manifestement plein les mains de ses sacs de courses. Les ai portés jusqu’à chez elle. Toute étonnée qu’elle était…

    La perte de liens que vous évoquez justement se nourrit aussi d’une méfiance généralisée des uns envers les autres.

  34. @Cedericoco (37)
    Ah, je vois mieux !

    Le libre arbitre “à la carte” dans les nuances des faux pratiquants, (ceux qui se revendique d’une religion par fronde communautaire et non comme précepte de vie ou ceux qui appliquent les préceptes sans être vraiment pratiquant).

    Si la première catégorie est assez répandu, la seconde beaucoup moins.

    C’est le coté “hypocrite” très répandu de la première catégorie qui est de loin la plus dangereuse. Se donner une éthique ou un semblant d’éducation rigoriste, dans l’objectif de légitimé une action par intérêt personnel, tout en se réfugiant derrière une stigmatisation communautaire quand ils sont visés…

    On retrouve le même principe lorsque l’on évoque la nationalité qui varie en fonction des intérêts de la situation. Ce sont les pires !

    Ce sont des catégories que je n’abordais pas en parlant de pratiquant qui applique des préceptes de vie en application des dogmes religieux.

    Quand à ceux qui se convertissent, j’ai peur de n’en voir aucun qui réponde à cette définition (par définition).

    Cedericoco (38) +1
    La recrudescence d’escroquerie commerciale due à l’avidité et à la cupidité et l’accroissement de l’insécurité fait naitre de plus en plus un sentiment de paranoîa.

    Et encore nous ne sommes pas les pires. Au US, dans certaines villes / régions, les particuliers appellent la police, sur la simple base d’un individu à pied dans leur quartier (neighbourhood watch).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>