Baisse record du pouvoir d’achat des Français en 2012

L’Insee, qui avait évalué la baisse du pouvoir d’achat des ménages à 0,4% fin mars, déjà un record, a revu son estimation et fait désormais état d’un recul de 0,9% l’an dernier. Résultat, la consommation a flanché de 0,4% en 2012, une première depuis 1993.

L’année 2012 aura été historiquement difficile pour le porte-monnaie des Français. Leur pouvoir d’achat a baissé de 0,9%, un repli record, selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), qui avait évalué ce recul à 0,4% fin mars, un chiffre record lui aussi. Concrètement, le revenu disponible brut a augmenté seulement de 0,9% en valeur, tandis que le prix de dépense de la consommation finale a grimpé de 1,9%.


«Le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages recule, en raison essentiellement du ralentissement des revenus d’activité et du patrimoine et de l’accélération des impôts courants, et le taux d’épargne des ménages se replie», résume l’institut. Il s’agit de la plus forte baisse depuis 1984 (-1,1%), après une progression de 0,7% en 2011 et de 0,9% en 2010.

En 2012, ce sont surtout les impôts qui ont plombé le portefeuille des Français. La mise en œuvre de nouvelles mesures fiscales votées avant et après l’élection présidentielle – désindexation du barème de l’impôt sur le revenu des personnes physiques, modification du régime de taxation des plus-values immobilières, hausse des taux de prélèvements sociaux sur les revenus du capital et instauration d’une contribution exceptionnelle sur la fortune – a entraîné un bond de 10,2% des prélèvements obligatoires l’an dernier, après une hausse de 6,3% en 2011.

La hausse des cotisations sociales salariales et la suppression des exonérations sur les heures supplémentaires ont aussi contribué à grignoter le pouvoir d’achat des salariés. Et ce, d’autant plus que cette envolée fiscale n’a pas été compensée par le progrès plus faible des prestations sociales reçues par les ménages (+4%), ni par celle de la masse salariale (1,6%).

En parallèle, le patrimoine des ménages n’est plus aussi pimpant. Certes, les intérêts nets perçus par les Français ont été soutenus par la hausse du taux du livret A l’an dernier (+ 17 points de base en moyenne sur l’année) et le relèvement des plafonds de certains placements (livrets A et de développement durable). Mais la mauvaise santé des entreprises a fortement raboté le rendement des actions. Les dividendes perçus par les ménages ont augmenté de 1,9% en 2012, contre un bond de 6,4% l’année précédente.

Enfin, l’assurance-vie a largement perdu de son attrait. Les revenus générés par le placement préféré des Français ont reculé de 4% l’an dernier, après une hausse de 5,6% en 2011.

Pour les Français, la situation ne s’arrangera pas en 2013. Dans un récent sondage, 77% s’attendaient à perdre encore du pouvoir d’achat cette année, à cause de l’augmentation des impôts et taxes, mais également de la hausse des prix.

Dans ce contexte, l’Insee a également revu à 0,4% la baisse de la consommation des ménages l’an dernier, précédemment estimée à 0,1%. «C’est la deuxième baisse depuis l’après-guerre après celle de 1993 (- 0,2 %)», souligne l’Insee. Aucun poste de dépense n’a été épargné par la morosité ambiante, à l’exception de ceux de l’eau, des déchets et de l’énergie, notamment le gaz et l’électricité pour le chauffage, qui ont rebondi de 5,2% , après une chute de 9,1% en 2011 due à des températures clémentes.

Les dépenses en biens d’équipement, traditionnellement les plus dynamiques, ont vu leur progression ralentir à 4,2%, contre 6,8% l’année précédente. Soit leur plus faible hausse depuis 1993. A noter une baisse marquée des achats de voitures (7%) qui ont pesé sur les dépenses en produits manufacturés. Même tendance pour les services, dont la consommation a ralenti à 0,4% après une hausse de 1,2% en 2011. Forcés de se serrer la ceinture, les Français ont surtout rogné sur les sorties et les loisirs l’an dernier. Les dépenses en hébergement-restauration se sont ainsi repliées de 1,5 % (contre + 1,3 %).

Le Figaro

Commentaires (0)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>