Le taux de pesticides dans le corps humain est plus élevé chez les Français (Màj)

(Addendum)

Les Français présentent un niveau d’imprégnation par les pesticides parmi les plus élevés, par rapport à ceux relevés dans des pays comparables. C’est ce qui ressort des résultats de la première étude du genre, publiée lundi 29 avril, et réalisée par l’Institut de veille sanitaire (InVS).

Carlos Candelario, né sans bras ni jambes (maladie dite “Tetra-amelia”) le 17 décembre 2004. Ses parents, ouvriers agricoles mexicains travaillant pour l’industrie de la tomate à Immokalee en Floride (Etats-Unis), avaient été exposés à un cocktail de pesticides toxiques.

Cette enquête constitue le volet environnemental de l’étude nationale nutrition santé. Menée en 2006 et 2007, elle a porté sur un échantillon d’environ 3.100 personnes âgées de 18 à 74 ans, représentatif de la population résidant en France métropolitaine. Elle comporte deux volets. Le premier porte sur l’exposition aux pyralènes (PCB-BL ou polychlorobiphényles non dioxine-like), substances utilisées comme lubrifiants ou isolants, et aux pesticides. Le second concerne les métaux lourds.

Parmi les pesticides, les investigateurs distinguent l’exposition liée à des produits pour la plupart désormais interdits appartenant à la famille de organochlorés, et l’exposition aux organophosphorés (toujours utilisés) et aux pyréthrinoïdes.

Si “les mesures d’interdiction et de restriction d’usage semblent avoir montré leur efficacité pour les pesticides organochlorés“, souligne l’InVS, ces produits ont un caractère persistant. Les niveaux retrouvés dans les urines en France sont intermédiaires entre ceux des Etats-Unis ou de l’Allemagne et ceux des autres pays européens.

Mais, pour l’un des organochlorés, le 2,5-DCP (paradichlorobenzène, utilisé comme antimite ou désinfectant) le niveau moyen est dix fois plus élevé qu’en Allemagne. Une “particularité française“, qui mérite d’être explorée, selon l’InVS.

CONTRASTE AVEC LES NIVEAUX D’IMPRÉGNATION

Développés comme alternative aux pesticides organochlorés (tels le DDT), les organophosphorés ont été retrouvés à un niveau supérieur à celui constaté dans la population américaine, et similaire à celui présenté par les Allemands.

Dans le cas des pesticides les plus récents, ceux de la famille des pyréthrinoïdes, le contraste avec les niveaux d’imprégnation de la population américaine est encore plus marqué. Les taux français apparaissent trois fois plus élevés que ceux constatés outre-Atlantique et demeurent supérieurs à ceux relevés en Allemagne.

Les produits de dégradation des pesticides pyréthrinoïdes “ont été retrouvés dans plus de 80 % des échantillons“, à l’exception de deux des produits de cette famille.

Quant aux pyralènes, les niveaux de concentration sanguins sont “un peu supérieurs à ceux rapportés dans la population allemande il y a dix ans” (et qui ont vraisemblablement diminué depuis, précise l’InVS). Surtout, ils sont quatre à cinq fois supérieurs à ceux de la population américaine ou néo-zélandaise.

RETARDS CHRONIQUES

Pour ce qui est des métaux lourds, l’étude dresse un inventaire plutôt rassurant. Les taux sanguins de plomb ont baissé d’environ 60 % par rapport à ceux observés en 1995. Cette diminution résulte des efforts qui ont porté sur l’élimination du plomb dans les peintures et l’essence.

Les concentrations urinaires de cadmium – un toxique qui a tendance à s’accumuler – sont comparables à celles relevées précédemment en France, en Europe et aux Etats-Unis. Le seuil correspondant à une augmentation du risque d’atteinte rénale est dépassé dans 1,5 cas sur mille.

Les concentrations de mercure dans les cheveux, qui servent d’indicateur, restent à des niveaux “relativement faibles“. Mais 19 % des adultes dépassent le seuil de 1 µg/g de cheveux adopté par les Etats-Unis. Quant à l’arsenic inorganique, la forme la plus toxique de ce métal, les taux retrouvés sont “relativement bas.

C’est donc un premier état des lieux que livre l’InVS, mais il reste que la “biosurveillance” en France présente des retards chroniques par rapport à celle de nos voisins.

Le Monde

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A lire en complément :

Exposition aux Pesticides PERTurbateurs Endocriniens

(et le rapport complet, sur le site de l’association Générations Futures)

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Pesticides : La France est championne du Monde

Les Français sont davantage contaminés par les pesticides que les Allemands, les Américains ou les Canadiens. C’est ce qui ressort d’une étude révélée vendredi par l’Institut national de veille sanitaire (INVS) et réalisée dans le cadre d’une grande enquête sur la nutrition et la santé des Français réalisée en 2006-2007.

Exposition de la population française aux substances chimiques de l’environnement

Pour la première fois l’INVS a mesuré la concentration de pesticides dans notre organisme. En se basant sur un échantillon de 400 personnes, les résultats des études de concentrations urinaires révèlent des niveaux de pesticides particulièrement élevés.

L’INVS estime qu’une “attention particulière doit être portée aux pesticides organophosphorés et pyréthrinoïdes pour lesquels les niveaux Français semblent être parmi les plus élevés en référence à des pays comparables“.

La consommation de certains aliments et l’utilisation domestique de pesticides (traitements antipuces ou dans un potager) influençaient de façon notable les concentrations“.

Enfin, si la concentration moyenne de PCB a été divisée par trois en 20 ans (1986-2007) dans les analyses de sang, il y a encore 13% des femmes en âge de procréer (18-45 ans) et moins de 1% des adultes, qui avaient en 2007 des niveaux supérieurs à ceux recommandés par les autorités sanitaires.

Plus de 90% des pesticides sont utilisés dans l’agriculture, le reste par des jardiniers amateurs et pour usages collectifs, comme les voies ferrées. Ces derniers mois plusieurs études ont révélé les risques de l’exposition aux pesticides, en particulier chez les agriculteurs et les viticulteurs.

Mi-mars 85 médecins limousins signaient un appel contre les pesticides : trop de “signaux de danger sont au rouge : cancers, maldie de Parkinson, troubles de la fertilité…”

Télécharger le rapport ( PDF 3,46Mo)

France Info

Commentaires (11)

  1. En France on a de grandes idées mais rarement suivies d’effet : les milieux concernés s’ingéniant à contourner les règlements , à s’inventer des seuils franco-français , voire s’accorder des dérogations pour ne pas en tenir compte .
    Tant que nous aurons un affairiste-commerçant ( X. Beulin ) à la tête de la FNSEA ( agriculture 90% des pesticides épandus ) avec son officine “Sofiprotéol” qui commercialise + de 50% de ces produits nocifs : rien ne bougera . Tant que nous aurons des écoles d’agriculture arcboutées depuis 50% sur la religion du tout chimique ( permettant de se passer de main d’oeuvre – un pulvérisateur coûte moins cher que des journaliers autrefois ) … on peut attendre longtemps !
    J’ai lu récemment que la France (seulement) allait interdire pour 2 ans les pesticides nicotéinoïdes potentiellement mortels pour les abeilles à partir du … 1er Juillet 2013 ; les semis de maïs “enrobés” sont déjà en cours et il est certain que les agriculteurs anticipant cette interdiction ont accumulé leurs réserves pour ces 2 années . Au pire , comme ça se pratique dans le sud-ouest , ils iront se ravitailler en pays limitrophe comme l’Espagne .
    Pour évoluer vers du mieux dans ce domaine , il faut une sérieuse prise de conscience et la remise en cause des pratiques culturales enseignées depuis 50 ans , il faut abandonner cette ridicule prétention ( Bussereau ) de vouloir “nourrir-le-monde” , il faut cesser cette course au veau d’or en faisant passer le profit derrière l’intérêt des populations exposées à ces pratiques quasi-criminelles : comme le nucléaire , l’exposition aux pesticides se solde par un nombre de cancers accru 30 ou 40 ans plus tard : difficile alors de faire le lien et de châtier les coupables à ce moment là .

  2. Je n’ai pas lu le “rapport” mais l’article est nullissime: Le titre n’est pas en adéquation avec le contenu, l’étude date de six-sept ans…
    Venant de France-info il fallait s’y attendre.

  3. “Etude réalisée en 2007 sur un échantillon de 400 personnes”
    Si j’ai bien compris, cette étude ce base en moyenne sur moins de 45 personnes par pays… (400 personnes / 9 pays). Ca me paraît limité tout en sachant que les différentes régions ne sont pas exposées de la même manière.
    Cela dit, la France étant un énorme producteur pour une population relativement “petite”, je ne trouve rien d’étonnant.

  4. La méthodologie est contestable: un échantillon de 400 personnes est minuscule; est-il même significatif?

    La dangerosité des pesticides n’est plus (ou presque) à démontrer, mais là, on se lance dans le n’importe quoi….

  5. retrouvons une agriculture à taille humaine,arrêtons les nouveaux kolkoses capitalistes ou la disparition des hommes au profit l’ultra-matérialiste…
    mais arrêtez -vous de rèver une agriculture purement “naturelle” divisera les rendements par deux juste de quoi nourrir la france, fini les fortes exportations de céréales …
    un fait l’ export agro-alimentaire reste un des plus valorisant pour la france…

  6. L’industrie chimique ça nous connait bien en France, du gaz moutarde jusqu’à manu le chimique, en passant par toute l’industrie pharmaceutique qui va faire de nous la deuxième civilisation en terme de cadavre “embaumé” après l’Égypte…

    @ 6 Commercialement à court terme vous avez raison sur les chiffres, mais le commerce ça ne nous empêche pas de réfléchir si ? Les rendements ont tout l’air d’avoir atteint un plafond depuis 10 ans, certains agronomes déjà cités ici les voient même régresser à l’avenir, les pesticides ont trouvé leur limites.
    http://agreste.agriculture.gouv.fr/IMG/pdf/primeur210.pdf

    On peut très bien essayer de les conservés avec des moyens plus “naturelles” comme vous dites, voir les améliorer… Faire de la recherche en somme.
    Certains voient les ogm comme solution possible, le problème est que ces ogm reconnus comme les plus “rentables” consistent à mettre le pesticide dans la plante, chercher l’erreur. Tout ça en laissant soigneusement de côté les problèmes d’interaction environnementale, parce que c’est pas rentable…
    Même démarche que l’amiante qui finalement nous couterait 10 fois plus cher à enlever qu’à installer partout en France alors même que le produit était reconnu dangereux depuis 30 ans (exemple Jussieu désamiantée pour 1,8 milliards… construction en valeur certainement pas 180millions).

    La marche irrépressible du progrès (si chère aux socialistes qui au passage s’en foutent plein les fouilles sans scrupule grâce à ça), mais qui vous ramène dans l’ornière et bien profond quelques décennies après … non merci ! Voir par exemple les nombreux articles du site sur le gaz de schiste et de sa belle bulle.
    Après tout ça, vous me dirait que la vie est une succession de prise de risque, oui mais alors sans risquer la vie des autres.

    Avant de gazer la planète entière il y a des solutions logistiques plus simples comme l’acheminement de l’eau et sa gestion dans des zones fertiles mais arides. Tout un programme, pas forcément rentable ? Ben si puisque ça fixe les populations et ça évite les migrations massives et donc les déstabilisations de nation toute entière…
    Ah mais oui mais c’est pas le projet mon pauv’ monsieur…

  7. Concernant le MERCURE :

    “Les concentrations de mercure dans les cheveux, qui servent d’indicateur, restent à des niveaux “relativement faibles“.”

    C’est normal, on ne trouve pas de mercure directement dans l’urine, les cheuveux et le sang sauf en cas d’intoxication récente.
    “le mercure se lie aux protéines des tissus au bout de six mois et dans les organes (foie, rein, cerveau). Pour trouver la présence de mercure dans les tissus, il faudrait faire une biopsie. Evidemment on va choisir d’autres procédés.On peut utiliser un test d’excrétion au DMSA.”
    http://www.filariane.org/intoxication-aux-metaux-lourds.html

    Listes des analyses permettant la recherche directe ou indirecte d’intoxication par des métaux lourds :
    http://amalgamesdentairesdangerpourlasante.skynetblogs.be/archive/2011/02/11/principales-analyses-de-recherche-des-metaux-toxiques.html

    Comparaison des expertises française (Afssaps) et suédoise
    (Maths Berlin) sur les risques liés au mercure dentaire :
    http://www.non-au-mercure-dentaire.org/_fichiers/comparaisonexpertisesfrance-suede.pdf

  8. a quoi sert un pesticide?
    a garentir le potentiel génétique d’une plante ,une plante malade perd partiellement ou les 3/4 de son rendement…
    la génétique des plantes a produit la hausse des rendements …

  9. Non, l’INVS n’a pas les moyens et les autorisations pour réaliser des études en dehors de la France.
    On parle bien d’un échantillon de 400 personnes EN FRANCE. Cela dit, l’échantillon reste faible.

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