Le risque d’un coup d’Etat en Espagne n’est plus totalement illusoire

Jusqu’à il y a quelques années, le risque politique était considéré comme quasiment inexistant en Europe. Cependant la crise de la dette souveraine est venue changer brutalement la donne. Le spectre des défauts de paiement sur le Vieux-Continent est réapparu et avec lui les mesures d’austérité qui entraînent toujours les mêmes fléaux : mouvements sociaux, rejet de la démocratie et repli sur le populisme… pouvant jusqu’à entraîner un changement de régime.

On a tort de croire que la paix et la démocratie sont définitivement installées dans la zone euro. C’est une croyance qui fait fi des nombreux défis de l’Union. Il suffit par exemple de s’arrêter sur la situation de l’Espagne pour se rendre compte qu’un changement de paradigme est possible à tout moment.

Le taux de chômage dans le pays est autour de 26%, avec un taux de chômage des jeunes qui est à près de 60% selon les derniers chiffres. L’actuel gouvernement est aux prises avec un scandale massif de corruption qui semble toucher tous les niveaux de décision au sein du Partido Popular et, enfin, le 23 janvier dernier, l’Assemblée de Catalogne a déclaré solennellement que la région est une “entité légale et politique souveraine“. En d’autres termes, la Catalogne est prête à faire sécession. Bref, l’Espagne est au bord du précipice même si on l’oublie trop souvent.


De nombreux observateurs pourront toujours affirmer que les principes démocratiques sont bien ancrés dans le pays et que le risque d’un changement de régime est infinitésimal. Pourtant, c’est faire l’impasse sur l’histoire récente de la péninsule que de croire cela. Le dernier coup d’Etat remonte en effet au début des années 80 et a échoué seulement grâce à l’aura du roi Juan Carlos qui a beaucoup terni depuis.

Ainsi, une conférence organisée le 6 février denier par un centre de réflexion à Madrid et qui portait sur les forces armées et la Constitution a mis en lumière un certain malaise au sein d’une partie des officiers supérieurs de l’armée, notamment face à la gestion de la question catalane. Plusieurs officiers à la retraite ont pris la parole à l’occasion de ce colloque. Rien d’inhabituel à cela jusqu’à l’intervention du Général Juan Antonio Chicharo qui a commandé le corps d’élite de la marine jusqu’en 2010 et fait désormais partie de la réserve.

Il a notamment fait part “d’un sentiment général de préoccupation, de peur, d’incertitude et de confusion” au sein de l’armée espagnole au sujet de la sécession possible de la Catalogne, allant jusqu’à regretter la démission en 2006 du Général José Mena qui s’était publiquement prononcé en faveur de la possibilité d’une intervention militaire afin de mettre un terme aux demandes d’autonomie plus importante de la région.

Il a demandé ensuite, pendant son discours, d’imaginer un scénario qui a de grandes chances d’arriver: si le parti au pouvoir perd sa majorité absolue lors des prochaines élections générales et que les Catalans, en échange de leur soutien, demandent à abroger dans la Constitution la doctrine de “l’indissoluble unité” de l’Espagne, que pourra-faire alors l’armée, s’est-il interrogé. Il n’a pas apporté de réponse mais tout le monde a plus ou moins compris ce qu’il sous-entendait.

Depuis, le général a été réprimandé par sa hiérarchie mais, les propos qu’il a tenu montrent en tout cas une déstabilisation évidente du cadre institutionnel dans le pays sous l’effet des manifestations quasi-quotidiennes contre l’austérité, d’un rejet grandissant de la Maison Royale et du gouvernement et sous les coups de boutoir de la Catalogne. Une situation tout simplement explosive.

Le pays est entré dans une ère de difficultés croissantes et l’évolution actuelle de la situation n’augure rien de bon. Jusqu’à présent, la figure du roi Juan Carlos servait d’unité à la Nation mais ce n’est désormais plus le cas puisque même la monarchie constitutionnelle est de plus en plus critiquée en tant que système de gouvernement. L’armée qui est garante de l’unité de la Nation et du respect de la Constitution pourrait tout à fait intervenir en cas de total discrédit des gouvernants et de risque réel d’implosion de l’unité espagnole. Ce n’est évidemment pas le scénario le plus probable mais, dans tous les cas, on aurait tort de croire que l’Espagne est sur le chemin de la stabilisation. Le pays peut à tout moment s’enflammer, et faire avec lui basculer toute la zone euro dans un cycle infernal.

Forex.fr

(Merci à JoeLeTaxi et Boréas)

Commentaires (8)

  1. Vivement la même chose pour la France?

    La dernière fois qu’un militaire de carrière était président, on avait le plein emploi et une cohésion sociétale qui correspondait à la nature profonde de la France.

    Un régime militaire ferait sans doute mieux que n’importe quel des gouvernements passés depuis De Gaulle et à venir.

    Réaction à chaud, avant le café… ;)

  2. Ok mais alors pas un général coopté par le pouvoir politique.

    Parce que les officiers subalternes et leurs hommes j’ai confiance, pour les officiers supérieurs et d’Etat-major c’est les mêmes que ceux qu’on a au pouvoir. Des fio..es carriéristes.

  3. Il n’y a pas que l’Espagne… la Grèce et d’autres encore pourrait aussi passer par un coup d’état. Et pourquoi pas la France ? Au rythme ou vont les choses et l’absence totale de réaction face à l’UE de la dette et de la misère… Les ingrédients sont là.

  4. “les mesures d’austérité qui entraînent toujours les mêmes fléaux : mouvements sociaux, rejet de la démocratie et repli sur le populisme…”

    Foutage de gueule non? Rejet de la démocratie? AU CONTRAIRE! ON VEUT une démocratie qui n’existe pas aujourd’hui en France!

  5. Oui Lulu

    avec plus de démocratie, nous aurions comme en Suisse, les référendum d’initiative populaire, les votations, le respect des référendum, les députés élus à la proportionnelle, et les sénateurs au vote direct sans passer par les notables locaux.

    Nous aurions le respect du référendum de 2005

    Nous pourrions réclamer le rétablissement de vraies frontières douanières pour relancer l’emploi.
    Nous pourrions réclamer le renvoi des criminels et délinquants graves étrangers dans leur pays.
    Nous pourrions réclamer la fin des mécanismes qui encouragent l’immigration massive.

    – fin des allocations sociales pour les étrangers (allègement des cotisations, et donc du coût du travail)
    – réforme et simplification des loi d’expulsion des clandestins
    – naturalisations au compte goutte, de ceux qui ont rendu de vrais services à la France.
    – fin du droit du sol
    – fin du regroupement familial
    – priorité à l’emploi et au logement pour les citoyens français (insuffisant mais nécessaire)
    – fin de l’AME
    et puis :
    – interdiction des abattages sans étourdissement, fin des horreurs casher et hallal.
    – liberté de louer à qui on veut, d’embaucher qui on veut.

  6. Le plus tôt sera le mieux, l’Espagne est assise sur un baril de poudre, rien ne va plus, j’espère vraiment que l’Armée va enfin intervenir avec tout ses moyens, liquider cette horrible classe politique qui nous assassine sans vergogne, supprimer les autonomie corrompues et inutiles, remettre les séparatistes catalans à leur place (la taule)et surtout les quelques familles qui tiennent les rennes de ce cirques comme l’ignoble Pujol.
    Savez-vous que le fameux putsch de 1981 ne fut qu’un montage pour redorer le blason de ce stupide Bourbon, qui se fout de nous depuis 37 ans, à cette époque déjà le roi était discuté, les Bourbons ayant toujours été néfastes pour l’Espagne.
    Sortie de l’UE, expulsion de toute l’immigration/invasion. Sur le papier, c’est simple, les militaires ont l’appui d’une bonne partie de la population.

  7. ça m’étonnerait fort ,les états occidentaux sont beaucoup dans l’état de SOUMISSION que de redressement afin de retrouver leur liberté…
    de toute façon l’espagne a eu son expantion économique grace au trés large subvention de l’ue c’est à dire des allemands,français,benelux…
    les tartuffes redeviennent tartuffes…

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