Goodyear : Quand Hollande, candidat, promettait une loi

En visite à l’usine Goodyear d’Amiens, en octobre 2011, François Hollande promettait une loi pour empêcher les licenciements boursiers. Le moment a été immortalisé dans une vidéo amateur.

La scène se déroule le 14 octobre 2011, à l’usine Goodyear d’Amiens Nord. À deux jours du second tour de la primaire socialiste, le candidat Hollande est venu rencontrer les salariés en lutte pour la sauvegarde de leur emploi. Il drague les électeurs d’Arnaud Montebourg, en position d’arbitre grâce aux 17,19% des votes qu’il a obtenus au premier tour avec un discours inscrit à gauche.

« Je ne suis pas comme [un] autre qui vient devant les travailleurs et leur promet ce qu’il n’est pas capable de tenir après », introduit François Hollande (2’30). « L’État peut fixer les règles », promet-il alors (3’30), « dans les cas de licenciements dont le seul but est boursier, la saisine d’un tribunal doit être possible pour suspendre ce plan et obliger le groupe à revenir dans la négociation. »

Cette promesse de légiférer contre les licenciements boursiers, intégrée dans le programme du candidat socialiste, est aujourd’hui menacée.

Alors que les salariés tentaient, mardi, d’organiser une mobilisation interprofessionnelle pour faire pression sur le sujet, le gouvernement se cache derrière les « accords pour la compétitivité et la sécurisation du travail », conclus le 11 janvier entre des syndicats de patrons et de salariés.

« Il ouvre la possibilité aux instances représentatives du personnel au sein des entreprises d’être associées beaucoup plus en amont que par le passé à toutes les décisions prises par la direction », se réjouissait lundi sur RMC et BFM la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem. L’accord prévoit une réforme des procédures de licenciement économique qui suffira, selon le gouvernement, à empêcher les licenciements boursiers.

Aucune loi sur le sujet n’est donc pour l’heure inscrite au calendrier de la majorité, ni au gouvernement ni au Parlement. « Les licenciements boursiers n’étaient pas légaux et ne le seront pas plus demain puisque le contrôle du motif économique va continuer », justifie un membre du gouvernement cité lundi par Les Échos, même si Najat Vallaud-Belkacem estime qu’il « n’est pas exclu d’aller plus loin », que l’accord sur l’emploi.

La direction de Goodyear a confirmé ce jeudi matin la fermeture de son usine d’Amiens Nord et la suppression de 1173 postes.

Réunis deux jours plus tôt devant le ministère du Travail avec les salariés de Renault et PSA Peugoet-Citroën notamment, les salariés de Goodyear s’estimaient déjà « trahis » par le chef de l’État. « On a tous voté pour lui. Il nous a bien baisés », lâchait un salarié en promettant de « tout brûler ».

Politis

Commentaires (3)

  1. Mhollande le traître au service du Nouvel ordre mondial :
    “La gauche a été au gouvernement pendant 15 ans au cours desquels nous avons libéralisé l’économie, et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a rien à craindre.”
    http://www.fdesouche.com/277118-francois-hollande-il-ny-a-plus-de-communistes-en-france

    “Je crois qu’il y a une menace, (…) c’est la menace du protectionnisme. (…) Il faut avoir une conception ouverte de l’économie.”
    http://www.defrancisation.com/francois-hollande-et-le-protectionnisme-pas-pour-nous/

  2. Les gens ont voté Hollande. Qu’ils paient. Si Good Year n’est pas rentable, la liquidation s’impose. S’il s’agit de licenciements boursiers, on ne voit pas ce que peut faire la clique socialiste sinon finir de décourager tout investissement en France. Autrement dit Hollande ne fera rien parce qu’il ne peut rien faire. Et puis que les syndicats – qui en représentent pas grand monde – fassent leur autocritique. Certains ont appelé à voter à gauche. Qu’ils se démerdent.

  3. Dans la vie tout se paye, les mauvais choix, les mauvaises décisions, les mauvaises orientations.
    Que ce soit dans le cas de Mittal ou Goodyear. S’ils ont choisi un mollusque qui n’a strictement rien fait de puisqu’il est au pouvoir, ils vont le payer. C’est cynique et cruel mais ils vont le payer de leurs emplois, de leurs carrières, par la misère sociale,…

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