Barack Obama va évoquer une réforme de l’immigration aux USA

Barack Obama va évoquer mardi [29 janvier 2013] une plus grande ouverture de l’immigration aux Etats-Unis, jugée bénéfique par la majorité des économistes, mais ne devrait pas présenter de programme détaillé par peur de braquer le camp républicain.

Clandestins arrêtés en Arizona, au nord de la frontière mexicaine, en 2010

Le président démocrate s’exprimera à 19h15 GMT à Las Vegas, dans le Nevada, au lendemain de la présentation d’un projet de réforme par un groupe de huit sénateurs des deux camps, qui marque une évolution d’une partie des républicains sur le sujet.

Des responsables de l’administration Obama ont précisé que le président se contenterait, comme il l’a déjà fait en 2011, d’évoquer une “feuille de route” afin de permettre aux onze millions d’immigrés clandestins d’acquérir la citoyenneté américaine de façon “méritée”.

La Maison blanche n’exclut pas cependant un échec du projet des sénateurs, et les conseillers de Barack Obama ont rédigé leurs propres propositions de réforme, même si la présidence privilégie la voie bipartisane.

Dès que cela deviendra le plan d’Obama, les républicains se placeront automatiquement dans l’opposition“, prévient Bill Schneider, politologue à l’université George Mason, en Virginie.

Le choix du Nevada pour ce discours est significatif : la population de cet Etat de l’Ouest compte une proportion de plus en plus importante d’immigrés hispaniques ‘latinos’, communauté qui a voté à 70% pour Barack Obama lors de sa réélection le 6 novembre dernier.

LES RÉPUBLICAINS PARTAGÉS

La présence de républicains parmi les huit sénateurs à l’origine du projet de réforme marque une évolution d’une partie des élus d’un camp toujours opposé en majorité à ce qui s’apparenterait à une “amnistie” des immigrés clandestins.

Pour la première fois, le risque politique est plus élevé si l’on s’oppose à une réforme de l’immigration que si on la soutient“, a expliqué Chuck Schumer, un sénateur démocrate lui aussi membre de ce groupe.

Le groupe compte ainsi dans ses rangs le républicain Marco Rubio. Le sénateur de Floride, fils d’immigrés cubains, soutenu par le mouvement conservateur Tea Party, est considéré à 41 ans comme un éventuel candidat républicain à l’élection présidentielle de 2016.

Parmi les sénateurs républicains figure également John McCain, candidat malheureux à l’élection présidentielle de 2008, et sénateur de l’Arizona, Etat voisin du Mexique, dont la population compte 30% de latinos.

Personne ne peut parler aux autres républicains de la nécessité de gagner les voix ‘latinos’ avec la même autorité que John McCain“, juge Ana Navarro, une stratège républicaine.

Le projet permettrait aux immigrés clandestins d’obtenir un statut provisoire qui les autoriserait à travailler aux Etats-Unis, même s’ils devraient toujours in fine poser leur candidature à la nationalité américaine de manière classique.

EFFETS INCERTAINS SUR LA CROISSANCE

L’adoption du projet est très incertaine, notamment à la Chambre des représentants, où les élus républicains, majoritaires, restent très opposés à une réforme de l’immigration et ont déjà fait échouer un texte proposé en 2007 par le président George W. Bush, pourtant issu de leur camp.

Le Congressional Budget Office – bureau indépendant des affaires budgétaires du Congrès – avait jugé alors que la réforme rapporterait 48 milliards de dollars à l’économie américaine et ne coûterait que 23 milliards de dollars en terme d’aides sociales.

Même si les économistes divergent sur les effets précis d’une réforme de l’immigration sur la croissance, la majorité d’entre eux jugent qu’une telle mesure accroîtrait la demande et la productivité, contribuerait à une baisse des prix et, à long terme, redresserait la natalité.

De nombreuses entreprises américaines ne peuvent pas trouver les employés dont elles ont besoin pour traiter leurs commandes et augmenter leur production pour obéir aux besoins du marché“, dit Alex Nowrasteh, spécialiste de l’immigration au Cato Institute, un centre de réflexion économiquement libéral.

Selon George Magnus, économiste auprès de la banque UBS, l’immigration aux Etats-Unis devrait doubler pour que la part active de la population se maintienne à 67%, son niveau actuel.

D’autres chercheurs relativisent cependant les effets d’une réforme et considèrent que l’immigration clandestine a déjà permis l’essentiel des avantages pour l’économie.

Reuters (via La Tribune)

Commentaires (6)

  1. Les US ont de la demande, nous avons de l’offre*.

    On peut s’entendre, c’est les soldes, Air-France a une nouvelle compagnie low cost.

    *non mentionné “satisfait ou remboursé”.

  2. “De nombreuses entreprises américaines ne peuvent pas trouver les employés pas chers, dont elles ont besoin pour traiter leurs commandes et augmenter leur production pour obéir aux besoins du marché“

    ces nombreuses entreprises se tirent des coups de canon dans le pied, mais comme leurs dirigeants ne sont que de passage, ils préfèrent faire du fric facile, obtenir leur promotion, et après eux le déluge…

    j’me d’mande qui c’est qui va nettoyer l’bor*del, après…

  3. Offrons a nos “jeunes” une chance de réussir la bas, puisqu’ici en “vieille europe”, comme aiment a nous le rappeler les anglo-saxons, tout est perdu. Les pauvres les voila bloqués ici, sur ce vieux continent décadent !
    Soyons généreux et permettront a ces chances pour la France, une France sans avenir, de devenir des chances pour l’Amérique.

  4. L’immigration constitue l’armée de réserve du Capital afin de diminuer l’offre du travail

    Karl Marx, Le Capital, VII° section : Accumulation du capital :

    « Le progrès industriel, qui suit la marche de l’accumulation, non seulement réduit de plus en plus le nombre des ouvriers nécessaires pour mettre en œuvre une masse croissante de moyens de production, il augmente en même temps la quantité de travail que l’ouvrier individuel doit fournir. A mesure qu’il développe les pouvoirs productifs du travail et fait donc tirer plus de produits de moins de travail, le système capitaliste développe aussi les moyens de tirer plus de travail du salarié, soit en prolongeant sa journée, soit en rendant son labeur plus intense, ou encore d’augmenter en apparence le nombre des travailleurs employés en remplaçant une force supérieure et plus chère par plusieurs forces inférieures et à bon marché, l’homme par la femme, l’adulte par l’adolescent et l’enfant, un Yankee par trois Chinois. Voilà autant de méthodes pour diminuer la demande de travail et en rendre l’offre surabondante, en un mot, pour fabriquer des surnuméraires. »

  5. Quand on sait que ce sont avant tout les rapports ra.ciaux/ethniques qui prédominent aux EU, ce baratin entre démocrates et républicains est plus que superficiel….

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