Jacques Blamont : “La machine s’est emballée” (Màj Vidéo)

Addendum du 31/01/2013 : Vidéo intégrale de l’intervention.

Jacques Blamont, membre de l’académie des sciences, est le père de la recherche spatiale française. Il est convaincu que l’humanité ne sera pas capable de relever l’ensemble des défis qui vont se poser à elle dans les prochaines décennies. Un changement de phase va se produire…

La technologie avance à une telle vitesse que toutes les structures sociales mondiales sont bouleversées.

Dans son ouvrage “Introduction au siècle des menaces” paru en 2004, il écrivait déjà:

Si l’affrontement des peuples riches et des peuples pauvres, comme celui de Caïn et d’Abel, remonte à la nuit des temps, il prend de nos jours un caractère plus destructeur avec la création du village global par la technologie.

Le progrès stupéfiant des moyens de communication dans les trente dernières années permet la formation de réseaux multiples, nouvelle arme des plus démunis, qui portent leur combat dans la cybersphère et acquièrent ainsi une puissance formidable. A leurs attaques, les pays nantis ne fournissent qu’une riposte militaire, dans le dépérissement universel de la pensée politique et l’obsolescence grandissante des structures de sécurité collective.

Trois menaces pèsent sur le XXIe siècle les conflits armés, dans la perspective inévitable d’un recours aux armes de destruction massive, l’expansion d’épidémies, favorisée par la mondialisation, et l’épuisement des ressources naturelles, consécutif à la surpopulation et au pillage de la Terre. Tout ne conspire-t-il pas pour produire une déflagration comme le monde n’en a jamais connu ?

Commentaires (19)

  1. C’est un peu dommage de ne pas avoir la conférence dans son ensemble. Un clip c’est un peu court.

    [Nous mettrons en ligne la conférence dans son intégralité lorsqu'elle sera diffusée. - Janu$]

  2. La technologie avance mais je n’ai toujours pas de robot pour tout faire à ma place. Dans le liquide aqueux de mon bocal, mon cerveau se sentira enfin tranquille, le monde que je voudrait changera en un claquement de doigts.
    Sans les mains, sans les mains..

  3. Tout raisonnement basé sur un prétendu épuisement des ressources naturelles est intrinsèquement faux, car la seule ressource naturelle est l’intelligence humaine (fort inégalement répartie, ceci dit : http://www.douance.org/qi/lynn.htm), il y en a donc de plus en plus !

  4. @Mapomme

    Ce que vous dites ne veut rien dire. L’intelligence humaine a ses limites, rien ne laisse a supposer qu’elle peut franchir tous les problèmes qui lui seront posés.
    L’intelligence humaine n’a pas sauvé l’empire Romain de ses problèmes structurels, elle n’a pas permis aux peuples de l’île de pâques de dépasser leur problèmes. Les exemples dans l’histoire sont nombreux et bien détaillés.
    notre cas est bien pire puisqu’a la différence du passé, le monde est devenu un grand village inter connecté, inter dépendant et outrancieusement consommateur de matières premières nécessaire au mode de fonctionnement actuel.
    Ce dont parle Blamont dans sa video, c’est qu’il va se passer un changement de paradigme en connaissant des périodes de trouble terrible.

  5. l’intelligence humaine se construit grâce à son environnement
    aujourd’hui il est favorable aux classes aisées (enfin… favorable en terme de biens matériels, mais c’est souvent au prix d’une misère intellectuelle et sociale) mais on voit bien que ceux qui manquent de ressources s’abrutissent avec le pire de ce que peut produire nos industries (sucre, info débilitantes, alcool, bagnole, gras, objets débiles) tout en ne se souciant que très peu des impacts (déchets, pollution, esclavage, accaparement des richesses, destruction d’écosystèmes, disparition de cultures ancestrales). Un manque de ressources réduit la possibilité de faire des choix, finalement d’avoir un cerveau fonctionnel
    A priori, une raréfaction des ressources n’est donc pas en faveur d’un épanouissement intellectuel
    On attend l’entretien… D’autant que la source Thinkerview est complètement vide

  6. C’est très bien tout ça.

    Perso je pense que les problèmes démographiques (culturel, ethniques, religieux, et tuti quanti) sont bien bien plus important que les problèmes de la technologie.

    Bien des choses peuvent êtres promises pour dans 10, 20 ou 40 ans. Mais beaucoup ne seront jamais développées car ces projets deviendront caduques lors que les décideurs n’auront plus de sous, que les ingénieurs seront au chômages, que la populace viendra piller les laboratoires et lieu de connaissances, à la mode iranaise 2003, sous les yeux des G.I…

  7. ” Si l’affrontement des peuples riches et des peuples pauvres, comme celui de Caïn et d’Abel, remonte à la nuit des temps ”

    —-
    Caïn et Abel, c’est l’affrontement des cultivateurs et des éleveurs,
    des peuples sédentaires et des peuples nomades,
    des peuples industrieux contre les peuples commerçants,
    donc la guerre que les réseaux apatrides font pour prendre le pouvoir sur les nations.

    C’est très précisément là que réside le problème, le Nouvel Ordre Mondial contre les nations, pas dans l’évolution technique.

  8. Ce que ne parviennent pas à comprendre la plupart des gens c’est que nous sommes face à plusieurs crises à des phases de développement différents (ce qui peut être déroutant) : Crise du capitalisme consumériste, Crise des ressources, Crise du mondialisme. En un siècle l’humanité est passée de 1 à 6 milliards d’individus, or toutes les ressources naturelles sont hélas limitées. Nous sommes à la fois dans un modèle économique intenable mais en plus la globalisation souhaitée par une certaine élite suprématiste au pouvoir s’ajoute comme facteur aggravant. La Tour de Babel est en train de craquer de toutes parts.

  9. ce qu’il va se passer ????

    -concept de guerre civile meta-locale (twitter emeute)
    -60% puis 70% de la population mondiale vivant en zone urbaine et littorale
    -affaissement des populations urbaines :homo,stup, pma, CLONAGE
    -population d’ASTMATIQUE et propagation de nouveaux virus : pandémie
    -avenement de l’umbrella corporation et SURVIVANCE de ceux qui vivent dans les près

    le déclin c’est maintenant

    la survie AUSSI

    en résumé est en synthèse, il existe chez l’homme aujourd’hui 2 sous espèces:
    une en VOIE DE DISPARITION
    une en VOIE D’APPARITION

  10. Je pense malheureusement qu’il y a du vrai. Penser que l’aventure humaine va être réduite à néant par deux sectes de bédouins rétrogrades …

  11. Parler de surpopulation c’est bien…mais à condition de pas foutre tout le monde dans le même panier.
    Il n’y a pas surpopulation de blancs dans le monde, la pollution et ses ravages tient plus de la vision économique et de ses aberrations que du méchant blanc occidental de sexe masculin et chrétien.
    Qui est le plus occidental? le baba en bas de sa cité ou la famille de beaufs moyens? Les immigrés sont tout aussi matérialistes si ce n’est plus.

    Je tiens à souligner que les peuples les plus vigoureux sont ceux qui se reproduisent, nous sommes en tant qu’européens dans un culte de mort qui montre que, de toute façon, si nous réagissons pas il n’y aura pas besoin de beaucoup de catastrophe pour que nous disparaissions.
    Car je ne connais pas votre avis mais pour le quart d’heure les autres je m’en cogne, j’ai simplement de la sympathie pour les peuples fiers
    L’humanisme, c’est le cancer de la pensée.
    Grâce à la mondialisation on se pose des questions en tant qu’humanité là où, avant, on parlait de cultures, de civilisations…..forcément puisque tout se vaut.

  12. Ce scientifique évoque les problèmes, mais n’apporte pas de solutions, parce que les solutions n’existent pas??
    Les prochaines décennies vont être très très dures ……

  13. Il parait que plus on vieillit plus on a tendance a imaginer que le monde va disparaitre. Cela viendrait du fait qu on ne pourrait supporter l’idée que le monde nous survive.
    La surpopulation affectera surtout les pays importateurs, mis en concurrence. Les exportateurs de ressources sont eux en bonne position.

  14. Ca va s’arranger,avec le dumping salarial il y aura un choc de robotisation,la crise ne sera plus qu’un mauvais souvenir :)

  15. Dans la continuité de cette excellent entretien, il faut lire Jospeh Tainter, « the collapse of complexe society », en cours de traduction actuellement sur l’éditeur du retour au source (cf san giorgio).
    Selon cette analyse l’avenir de la civilisation actuelle est sombre pas simplement pour des raison financières ou écologique, mais parce qu’une société trop complexe s’effondre sous son propre poids alors que les élites, qui profitent de la complexité, refusent tout changement qui réduirait leur prélèvement sur la richesse produite.
    Tainter affirme que le propre de l’histoire humaine a été la création de mécanismes sociaux et technologiques de plus en plus complexes permettant de s’approprier l’énergie disponible dans l’environnement. L’augmentation de l’apport énergétique permet l’expansion de la communauté humaine. La population augmente en nombre, la vie sociale s’intensifie et se diversifie, la culture se développe. La quantité d’énergie disponible ne suffit plus à satisfaire les besoins d’une population de plus en plus nombreuse, à défendre l’Etat contre les envahisseurs ni à entretenir les infrastructures. Selon Tainter, une civilisation pleinement développée est au bord de l’effondrement lorsqu’elle atteint un seuil au-delà duquel le simple maintien en l’état de ses structures requiert une dépense d’énergie croissante, tandis que la quantité d’énergie qu’elle est en mesure d’assurer à chaque habitant ne cesse de diminuer.
    Pour conjurer la catastrophe, la société thermo-industrielle va brûler ses dernières réserves d’énergie fossile dans un effort désespéré pour survivre, se rapprochant ainsi un peu plus du point de non-retour. La croissance économique n’est autre que le développement de méthodes d’exploitation de l’environnement naturel toujours plus intensives Les terres cultivées seront alors surexploitées afin d’augmenter la plus-value énergétique, ce qui favorisera la dégradation des sols et fait baisser les rendements. L’Etat augmentera les impôts pour équilibre des comptes de plus en plus déficitaires, une partie de l’énergie résiduelle ne servira qu’à alimenter le style de vie des élites au pouvoir et autres couches sociales non productives. Le progrès technique s’apparentera à un tâtonnement motivé par le désespoir. Une population plus nombreuse recevra moins d’énergie qu’auparavant, tout en travaillant plus et plus longtemps. Confrontés à des troubles sociaux de plus en plus sévères, les gouvernants devront dépenser ce qu’il reste d’énergie pour maintenir un semblant de loi et d’ordre au détriment de l’approvisionnement de la population.
    Sans les combustibles fossiles, la civilisation industrielle moderne cesserait immédiatement d’exister.
    Par « accroissement de la complexité », il faut entendre la diversification des rôles sociaux, économiques et politiques, le développement des moyens de communication et la croissance de l’économie des services, le tout soutenu par une forte consommation d’énergie. L’empire romain, par exemple, fut confronté à l’augmentation de sa population, à la baisse de sa production agricole et au déclin de l’énergie par habitant. Il tenta de résoudre ces problèmes en élargissant encore son territoire par de nouvelles conquêtes afin de s’approprier les surplus énergétiques de ses voisins (métaux, céréales, esclaves…). Cependant cette extension territoriale engendra une multiplication des coûts de maintenance et des communications, des garnisons, au point que les invasions barbares ici, ou les mauvaises récoltes là, ne purent plus être résolues par une nouvelle expansion territoriale. La solution non intentionnelle de l’empire fut de se fragmenter en de plus petites unités sociales.là, ne purent plus être résolues par une nouvelle expansion territoriale. La solution non intentionnelle de l’empire fut de se fragmenter en de plus petites unités sociales.
    Quand la complexité augmente, les sociétés doivent ajouter de plus en plus de niveaux de gestion, mais dans une hiérarchie, un individu doit tenter de conserver une vue d’ensemble, et cela commence à devenir impossible. À ce moment-là, les hiérarchies cèdent leur place à des réseaux dans lesquels la prise de décision est distribuée. Nous en sommes à ce point : notre efficacité réside dans notre prise de décision très distribuée. Cela rend les sociétés occidentales modernes plus résistantes que celles dans lesquelles la prise de décision est centralisée, comme dans l’ancienne Union soviétique. L’accroissement de la connectivité est une aide : si un village souffre d’une mauvaise récolte, il peut se procurer de la nourriture auprès d’un autre village. Cependant, avec l’augmentation des connexions les systèmes en réseau deviennent de plus en plus fortement couplés : ils commencent à transmettre les chocs plutôt que de les absorber. Certains produits sont fabriqués par une seule usine dans le monde entier. Financièrement, c’est logique, car la production de masse maximise la rentabilité. Malheureusement, elle minimise aussi la résilience. Une crise financière, une attaque terroriste ou une épidémie provoquent presque instantanément des effets déstabilisateurs d’un bout à l’autre du monde. L’interdépendance mondialisée actuelle implique qu’une défaillance survenant n’importe où implique de plus en plus une défaillance partout. Cela signifie que la civilisation thermo-industrielle est très vulnérable.
    Existe-t-il une alternative ? Même une société revigorée par de nouvelles sources d’énergie bon marché finira par faire face au problème des rendements décroissants, une fois de plus. Pourrions-nous commencer à redescendre prudemment l’échelle de la complexité ? M. Tainter ne connaît qu’un seul exemple de civilisation qui ait réussi à décliner sans tomber. « Après que l’empire byzantin ait perdu face aux arabes la plupart de ses territoires, il a simplifié l’ensemble de sa société. La plupart des villes disparurent, la lecture et l’aptitude au calcul ont diminué, leur économie est devenue moins monétisée, et ils sont passés d’une armée de professionnels à une milice de paysans. » Réussir sera plus difficile pour une société plus complexifiée comme la notre. Néanmoins, nous devons encourager la production décentralisée et distribuée de produits essentiels comme l’énergie et de la nourriture.
    Les enjeux sont élevés. Historiquement, l’effondrement a toujours conduit à une baisse de population. « Aujourd’hui, les niveaux de population dépendent des carburants fossiles et de l’agriculture industrielle », observe M.Tainter. « Enlevez-les du tableau et il y aurait une réduction de la population mondiale qui est bien trop horrible pour pouvoir y penser. » Si les civilisations industrialisées faillissent, les masses urbaines – qui représentent la moitié de la population mondiale – seront les plus vulnérables. Les gens qui ont le moins à perdre sont ceux qui pratiquent une agriculture de subsistance, et pour ceux qui survivront, les conditions pourraient finalement s’améliorer.

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