En Europe, l’entrepreneuriat n’a plus la cote

Alors que le coup d’envoi des Assises de l’entrepreneuriat a été donné par la ministre déléguée chargée des Petites et Moyennes Entreprises, de l’Innovation et de l’Economie numérique Fleur Pellerin ce lundi, une étude européenne met en lumière la frilosité des Européens à l’égard de la création d’entreprise.

La création d’entreprise n’a pas le vent en poupe. C’est en tout cas ce que met en lumière une étude européenne, alors que les Assises de l’entrepreneuriat viennent d’être lancées lundi par Fleur Pellerin. Selon l’Eurobaromètre “Entrepreneuriat en Europe et au-delà”, publié par Bruxelles le 9 janvier dernier, la proportion des actifs qui souhaitent devenir leur propre patron irait decrescendo. En 2012, la part des Européens désireux d’entreprendre a ainsi perdu 8 points en 3 ans. Cette proportion est passée de 45% en 2009 (contre 49% préférant la situation d’employé) à 37% en 2012 (contre 58%).


2/3 des Etats membres

Dans plus de deux tiers des Etats membres de l’Union européenne (très exactement 19 sur 27), les sondés penchent majoritairement pour la situation d’employé à celle de travailleur indépendant. L’exemple est d’autant plus frappant en Scandinavie. Cette proportion flirte avec des sommets en Suède et en Finlande, où respectivement 74% et 73% des sondés préfèrent être employés. Il semblerait que les pays hors Union européenne soient quant à eux plus enclins à se lancer dans la création d’entreprise, si l’on observe les chiffres publiés dans cette étude. Notamment en Turquie où 82% des actifs y sont favorables quand seuls 15% préfèrent la situation d’employé, mais aussi au Brésil (63% contre 33%) et en Chine (56% contre 32%).

Une tendance plus large

L’enquête note toutefois que certains pays présentent des résultats comparables à ceux de l’Union européenne. Ainsi, en Norvège, 73% des sondés répondent en faveur du salariat contre 23% qui assurent préférer être leur propre patron. Une proportion que l’on retrouve également en Suisse et en Israël où 58% des personnes interrogées disent se conforter d’une situation d’employé (contre respectivement 39% et 34%). Aux Etats-Unis, enfin, cette préférence a également sensiblement augmenté, passant de 37% à 46% entre 2009 et 2012.

Risque de faillite et revenus irréguliers

Une tendance qui semble refléter la situation économique actuelle, à savoir une propension à rechercher un emploi stable plutôt qu’à se lancer dans l’aventure, plus hasardeuse, de l’entrepreneuriat. En effet, l’aversion au risque de faillite ainsi que l’irrégularité induite des revenus ressortent comme les deux principaux freins à la création d’entreprise. Le risque de faillite effraie ainsi 43% des sondés, tandis que les revenus irréguliers en rebutent 33%. Des craintes qui sont toutefois en baisse par rapport à 2009, chacune ayant respectivement perdu 6 et 7 points. Les contraintes administratives et financières ayant pris le pas sur les premières.

Et justement, en France – où près de 550.000 entreprises en 2012 ont fleuri en 2012, soit un peu plus qu’en 2011 – un site participatif dédié à l’entrepreneuriat hébergé par Bercy doit être lancé ce mardi afin de favoriser l’information et donc l’esprit d’entreprise. Les internautes pourront y déposer leurs contributions pendant un mois.

La Tribune

Commentaires (8)

  1. à savoir une propension à rechercher un emploi stable

    donc ailleurs…
    faudra penser à poser un garrot, les gars, l’hémorragie s’intensifie…
    y va bientôt plus rester que des fonctionnaires, des z’aliens et des cassos, en France…
    chuis bien curieux de voir combien de temps va mettre cette grosse bête infestée de vermine, à poser un genou à terre pour cause d’anémie…

  2. La beste farouche libérale agonise déjà Alex ,elle est blessée à mort mais ne le sait pas .

  3. Le problème c’est que les libéraux confondent allègrement les intérêts de l’entrepreneur indépendant et ceux des multinationales.

    Les multinationales ont tout intérêt à la disparition de l’entrepreneur indépendant. C’est d’ailleurs ce qu’elles se sont evertués à faire ces 40 dernières années, avec la complicité de nos politiques.

  4. Sans vouloir étaler ma vie professionnelle, je suis chef d’une petite entreprise que j’ai fondé il y a déjà pas mal d’années et je peux vous certifier qu’à l’heure actuelle, je commence sérieusement à me demander si je ne serais pas plus tranquille en tant qu’employé…
    J’ai de plus en plus de tracasseries notamment administratives qui finissent par me prendre beaucoup, beaucoup de temps. Quand aux charges, vous savez ce qu’il en est puisque nos politiques confondent les grosses entreprises du CAC qui, elles ne payent pas d’impôt et les PME, qui elles, sont matraquées fiscalement.
    Non, franchement, je dirais qu’en ce moment il faut être fou pour ouvrir un boîte en France !

  5. Voilà le jour de papier à mettre sous le nez de certains droitard de l’UMP qui cr.achent sur leurs propre compatriotes, en les traitant de “fainéants” “frileux” etc

    polomnic a écrit le 16 janvier 2013 à 11 h 47 min

    +1

  6. Je vous rappelle aussi que 85% du PIB est créé par les PME, autrement dit sans esprit d’entreprise c’est la faillite. C’est de toute façon la faillite me direz-vous, oui mais ce sera d’autant plus vite.

  7. Je m’insurge contre la désinformation pratiquée par le journal Les Echos.

    Le seul pays communiste d’Europe est la France et partout ailleurs, on déborde d’esprit d’entreprise.

  8. En France, l’attitude envers l’entreprise est pur et simplement haïssable.
    Pas seulement les organismes dédiés mais les gens.
    Le manifeste a infesté tous les cerveaux.

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