LEAP – 2ème semestre 2011 : explosion de la bulle des dettes publiques occidentales

Communiqué public du Laboratoire Européen d’Anticipation Politique (LEAP), du 15 décembre 2010

Le second semestre 2011 marquera le moment où l’ensemble des opérateurs financiers de la planète va finalement comprendre que l’Occident ne remboursera pas une partie importante des prêts réalisés au cours des deux dernières décennies.

Pour le LEAP, c’est en effet vers octobre 2011, du fait du plongeon d’un grand nombre de villes et d’Etats américains dans des situations financières inextricables suite à la fin du financement fédéral de leurs déficits, tandis que l’Europe fera face à un besoin très important de refinancement de ses dettes (1), que cette situation explosive se dévoilera dans toute son ampleur.

L’amplification médiatique de la crise européenne en matière de dettes souveraines des pays périphériques de l’Euroland aura créé le contexte porteur pour une telle explosion, dont le marché américain des « Munis » (2) vient d’ailleurs de donner un avant-goût en novembre 2010 (comme anticipé par notre équipe dès juin dernier (…) ) avec un mini-krach qui a vu s’envoler en fumée tous les gains de l’année en quelques jours.

Cette fois-ci, ce krach (y compris la faillite du réassureur monoline Ambac (3) ) a pu se dérouler en toute discrétion (4) puisque la machine médiatique anglo-saxonne (5) a réussi à focaliser l’attention mondiale sur un nouvel épisode de la sitcom fantaisiste « La fin de l’Euro ou le remake monétaire de la grippe H1N1 » (6).

Pourtant, la simultanéité des chocs, aux Etats-Unis et en Europe, constitue une configuration très inquiétante, comparable selon notre équipe au choc « Bear Stearns », qui précéda de huit mois la faillite de Lehman Brothers et l’effondrement de Wall Street en septembre 2008. Mais les lecteurs du LEAP savent bien que les chocs importants font rarement la une des médias plusieurs mois à l’avance, alors que les fausses alertes en sont coutumières (7) !

Evolution des sorties nettes des SICAV (mutual funds) investies dans les « Munis » (2007 – novembre 2010) (en milliards de Dollars) – Ces sorties ont été supérieures à celles d’octobre 2008 – Source : New York Times, novembre 2010

Dans ce numéro (…), nous anticipons donc l’évolution de ce choc terminal des dettes publiques occidentales (en particulier des dettes américaines et européennes), ainsi que les moyens pour s’en prémunir.

Par ailleurs, nous analysons les conséquences structurellement très importantes des révélations de Wikileaks sur l’influence internationale des Etats-Unis, ainsi que leur interaction avec les conséquences globales du Quantitative Easing 2 programmé par la Réserve fédérale US.

Ce numéro de décembre (…) est bien entendu l’occasion d’évaluer la pertinence de nos anticipations pour 2010 avec, cette année, un taux de succès de 78%. Nous développons également des conseils stratégiques pour l’Euroland (8) et les Etats-Unis. Et nous publions l’index GEAB-$ qui permettra désormais chaque mois de suivre synthétiquement l’évolution du Dollar US par rapport aux principales devises mondiales (9).

Dans ce communiqué public (…), nous avons choisi de présenter un extrait de l’anticipation sur l’explosion de la bulle des dettes publiques occidentales.

Ainsi, la crise de l’endettement public occidental s’accentue très rapidement sous la pression de quatre contraintes de plus en plus fortes :

  • l’absence de reprise économique aux Etats-Unis qui étrangle l’ensemble des collectivités publiques (y compris l’Etat fédéral (10) ), habituées, ces dernières décennies, à un endettement aisé et à des recettes fiscales importantes (11)
  • l’affaiblissement structurel accéléré des Etats-Unis tant en matière monétaire, financière que diplomatique (12), qui réduit leur aptitude à attirer l’épargne mondiale (13)
  • le tarissement mondial des sources de financement à bon marché, qui précipite la crise de surendettement des pays périphériques européens (de l’Euroland comme la Grèce, l’Irlande, le Portugal l’Espagne… et aussi du Royaume-Uni (14) ) et commence à toucher les pays-clés (USA, Allemagne, Japon (15) ), dans un contexte de refinancement très important des dettes européennes en 2011
  • la transformation de l’Euroland comme nouveau « souverain », qui élabore progressivement de nouvelles règles du jeu pour les dettes publiques du continent.

Ces quatre contraintes génèrent des phénomènes et des réactions variables selon les régions/pays.

Le contexte européen : le chemin du laxisme à la rigueur sera en partie payé par les investisseurs

Du coté européen, on assiste ainsi à la transformation laborieuse, mais finalement incroyablement rapide, de la zone Euro en une sorte d’entité semi-étatique, l’Euroland. Le côté laborieux du processus ne tient pas uniquement à la faible qualité du personnel politique concerné (16), comme le martèlent à longueur d’interviews les « ancêtres » comme Helmut Schmidt, Valéry Giscard d’Estaing ou Jacques Delors. Eux-mêmes n’ayant jamais eu à faire face à une crise historique de cette ampleur, un peu de modestie leur ferait du bien.

Ce côté laborieux vient également du fait que les évolutions en cours dans la zone Euro sont d’une ampleur politique gigantesque (17) et qu’elles sont effectuées sans aucun mandat politique démocratique : cette situation tétanise les dirigeants européens qui, du coup, passent leur temps à nier qu’ils sont bien en train de faire ce qu’ils font, à savoir, bâtir une sorte d’entité politique qui va se doter de composantes économiques, sociales, fiscales… (18)

Elus avant que la crise n’éclate, ils ne savent pas que leurs électeurs (et du même coup les acteurs économiques et financiers) se satisferaient dans leur majorité d’une explication sur le cours des décisions prévues (19). Car la plupart des grandes décisions à venir sont déjà identifiables, comme nous l’analysons dans ce numéro (…).

Enfin, il tient au fait que les actions de ces mêmes dirigeants sont disséquées et manipulées par les principaux médias spécialisés dans les questions économiques et financières, dont aucun n’appartient à la zone Euro et qui tous, au contraire, sont ancrés dans la zone Dollar/Livre Sterling, où le renforcement de l’Euro est considéré comme une catastrophe. Ces mêmes médias contribuent très directement à brouiller encore plus le processus en cours dans l’Euroland (20).

Cependant, on peut constater que cette influence néfaste diminue puisque, entre la « crise grecque » et la « crise irlandaise », la volatilité induite sur la valeur de l’Euro s’est affaiblie. Pour notre équipe, au printemps 2011 elle deviendra un phénomène négligeable.

Il ne restera donc plus que la question de la qualité du personnel politique de l’Euroland, qui sera profondément renouvelé à partir de 2012 (21) ; et, plus fondamental, le problème considérable de la légitimité démocratique des formidables avancées en matière d’intégration européenne (22). Mais d’une certaine manière, on peut dire que d’ici 2012/2013, l’Euroland aura bien mis en place les mécanismes qui lui auront permis de résister au choc de la crise, même s’il lui faudra légitimer a posteriori leur existence (23).

Comparaison des rendements sur les obligations d’Etat à 10 ans dans l’Euroland – Source : Thomson Reuters Datastream, 16 novembre 2010

En la matière, ce qui va contribuer à accélérer l’explosion de la bulle des dettes publiques occidentales, et qui interviendra de manière concomitante pour son catalyseur US, est la compréhension par les opérateurs financiers de ce qui se cache derrière le débat des « Eurobligations » (ou E-Bonds) (24), dont on commence à parler depuis quelques semaines (25).

C’est à partir de la fin 2011 (au plus tard) que le fond de ce débat va commencer à être dévoilé, dans le cadre de la préparation de la pérennisation du Fonds Européen de Stabilisation Financière (26). Or, ce qui apparaîtra brusquement, pour la majorité des investisseurs qui spéculent actuellement sur les taux exorbitants des dettes grecques, irlandaises, etc., c’est que la solidarité de l’Euroland ne s’étendra pas jusqu’à eux, notamment quand se poseront les cas de l’Espagne, de l’Italie ou de la Belgique, quoiqu’en disent les dirigeants européens aujourd’hui (27).

En bref, selon le LEAP, il faut s’attendre à une immense opération d’échanges de dettes souveraines (sur fond de crise globale en matière de dettes publiques), qui verra offrir des Eurobligations garanties par l’Euroland, à des taux très bas, contre des titres nationaux à taux élevés, avec une décote de 30% à 50% puisque, entre-temps, la situation de l’ensemble du marché des dettes publiques occidentales se sera dégradée.

Les dirigeants de l’Euroland nouvellement élus (28) (après 2012) seront démocratiquement très légitimes à réaliser une telle opération, dont les grandes banques (y compris européennes (29) ) seront les premières victimes. Il est fort probable que quelques créanciers souverains privilégiés comme la Chine, la Russie, les pays pétroliers… se verront proposer des traitements préférentiels. Ils ne s’en plaindront pas, puisque l’opération aura notamment pour conséquence de garantir leurs importants avoirs en Euros.

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Comparaison des risques de défaut sur dette souveraine et du risque de contagion (en bleu : risque de défaut ou de renflouement / en rouge : risque de contagion) – Source : MarketOracle, novembre 2010

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Notes :

(1) Plus de 1.500 milliards d’Euros par an en 2011 et 2012, en incluant bien entendu le Royaume-Uni.

(2) C’est le marché des bons municipaux US (les « Munis ») qui sert à financer les infrastructures locales de transport, de santé, d’éducation, d’assainissement… Il pèse près de 2.800 milliards de Dollars .

(3) Source : Reuters, 08 novembre 2010

(4) Dans un article du 20 novembre 2010, SafeHaven [parle] d’ailleurs ouvertement de l’ « omerta » des grands médias financiers sur le sujet.

(5) Le Financial Times a par exemple recommencé depuis un mois à consacrer deux ou trois articles par jour en une de son site à la soi-disant « crise de l’Euro » ainsi qu’à manipuler les informations comme les déclarations des dirigeants allemands, afin de créer artificiellement des sentiments d’inquiétude. Enfin, même certains médias français commencent à se rendre compte de la formidable machine d’Agit-prop qu’est devenue le Financial Times, comme le prouve ce récent article de Jean Quatremer, du journal Libération.

(6) A titre de comparaison, aucun investisseur n’a perdu d’argent dans les « épisodes grecs et irlandais » de la « crise de l’Euro », alors qu’ils sont des dizaines de milliers à avoir perdu des sommes très importantes dans le récent krach des Munis US… pourtant, les médias parlent du premier et pas du second.

(7) Comme déjà analysé dans les [numéros] précédents, le LEAP tient à rappeler que le discours sur la « crise de l’Euro » est du même ordre que celui sur l’épidémie de grippe H1N1 il y a un an, à savoir une vaste opération de manipulation d’opinions publiques destinée à servir deux objectifs : d’une part, détourner l’attention des opinions publiques de problèmes plus graves (avec H1N1, c’était la crise elle-même et ses conséquences socio-économiques ; avec l’Euro, c’est tout simplement pour détourner l’attention de la situation aux Etats-Unis et au Royaume-Uni) ; d’autre part, servir les buts d’opérateurs très intéressés à créer cette situation de crainte (pour H1N1 c’était les laboratoires pharmaceutiques et autres prestataires connexes ; pour l’Euro, ce sont les opérateurs financiers qui gagnent des fortunes en spéculant sur les dettes publiques des pays concernés (Grèce, Irlande…). Mais tout comme la crise de la grippe H1N1 s’est terminée en mascarade avec des gouvernements empêtrés dans des stocks monstrueux de vaccins et de masques sans plus de valeur, la soi-disant crise de l’Euro va se finir avec des opérateurs qui devront convertir à vil prix leurs bons si « rentables » tandis que ce sont leurs Dollars qui continueront à se dévaluer. L’été 2010 a pourtant déjà montré la direction des évènements. Source : Bloomberg, 18 novembre 2010

(8) Conformément à la méthodologie d’anticipation politique, notre équipe a bien entendu examiné depuis plusieurs années la possibilité que l’Euro disparaisse ou s’effondre. Sa conclusion est sans appel, car nous n’avons identifié qu’une seule configuration où une telle évolution serait réalisable : il faudrait qu’au moins deux Etats importants de la zone Euro soient dirigés par des forces politiques souhaitant renouer avec les conflits intra-européens. Cette option a, selon notre équipe, une probabilité égale à zéro pour les deux prochaines décennies (notre durée maximale d’anticipation en matière politique). Donc, exit ce scénario, même si cela rend triste certains nostalgiques du Deutsche Mark, du Franc…, certains économistes qui croient que la réalité prête la moindre attention aux théories économiques, et certains Anglo-Saxons qui ne peuvent imaginer sans douleur un continent européen qui trace son chemin économique et financier sans eux. Même Mervyn King, le patron de la Banque d’Angleterre, croit à une intégration accélérée de la zone Euro sous l’effet de la crise, d’après Wikileaks qui relate ses conversations avec des diplomates américains (source : Telegraph, 06 décembre 2010). Notre travail, pour ce qui est de l’Euro, se concentre donc sur l’anticipation du laborieux parcours d’adaptation de la zone Euro à son nouveau statut d’Euroland, dans le contexte de la crise systémique globale. Au passage, il est utile de noter que cette débauche de critiques et analyses que prodiguent pour l’essentiel les médias américains et surtout britanniques a une utilité indéniable pour les responsables de l’Euroland : elle éclaire tous les recoins du chemin de la zone Euro, condition sine qua non pour éviter les écueils. C’est paradoxal, mais c’est un avantage dont ne bénéficient ni les dirigeants britanniques, ni les dirigeants américains… sauf quand ils [nous] lisent.

(9) Et non pas par rapport à des devises « sur mesure », comme c’est le cas pour le Dollar Index.

(10) Le New York Times a mis en ligne un jeu très instructif intitulé « Vous réglez le problème budgétaire », qui permet à chaque internaute de tenter de rétablir l’état des finances publiques fédérales en fonction de ses priorités socio-économiques et politiques. N’hésitez pas à vous placer dans la peau d’un décideur de Washington et vous constaterez que seule la volonté politique manque pour régler le problème. Source : New York Times, novembre 2010

(11) Sources : CNBC, 26 novembre 2010 ; Le Temps, 10 décembre 2010 ; USAToday, 30 novembre 2010 ; New York Times, 04 décembre 2010

(12) Les Etats-Unis finançant leurs déficits par une ponction quotidienne énorme de l’épargne mondiale disponible, la crédibilité et l’efficacité diplomatique du pays sont donc deux paramètres essentiels pour sa survie financière. Or, les récentes révélations de Wikileaks sont très dommageables à la crédibilité du Département d’Etat, tandis que le récent échec complet des nouvelles négociations Israël-Palestine illustre une inefficacité croissante de la diplomatie américaine, déjà bien sensible lors du dernier G20 de Séoul. Voir analyse plus détaillée dans ce [numéro]. Sources : Spiegel, 08 décembre 2010 ; YahooNews, 07 décembre 2010 ; YahooNews, 08 décembre 2010

(13) Même les responsables chinois estiment que la situation fiscale américaine est nettement pire que celle de l’Euroland. Source : Reuters, 08 décembre 2010

(14) Islande, Irlande… Royaume-Uni, Etats-Unis, c’était la suite infernale de l’insolvabilité souveraine qu’avait anticipée le LEAP il y a plus de deux ans. Le processus suit son cours à une vitesse plus lente que nous l’avions prévue, mais l’année 2011 risque de s’avérer une année de « rattrapage ». Le Royaume-Uni tente actuellement de se sauver, au prix d’une formidable amputation socio-économique dont les violences étudiantes, y compris contre la famille royale (phénomène rarissime), témoignent de l’impopularité. Mais l’ampleur de son endettement, son isolement financier et le sauvetage par l’Etat de ses bombes bancaires (comme l’a fait l’Irlande) rendent cette fuite en avant très périlleuse, socialement, économiquement et financièrement. Quant aux Etats-Unis, leurs dirigeants semblent tout faire (en « ne faisant rien ») pour s’assurer que 2011 soit vraiment l’année de la « Chute du Mur Dollar » comme l’avait anticipé le LEAP en janvier 2006.

(15) Comme le souligne Liam Halligan dans le Telegraph du 11 décembre 2010, cette évolution des taux ne présage rien de bon pour la dette US et traduit ce que l’équipe du LEAP a anticipé il y a plus de deux ans déjà : nous atteignons le moment de vérité où l’épargne mondiale disponible ne suffit plus à satisfaire les besoins de l’Occident, et en particulier le besoin gargantuesque des Etats-Unis.

(16) Elément souligné depuis plus de quatre ans par l’équipe du LEAP.

(17) Fonds Européen de Stabilisation Financière, réglementation des hedge funds, limitation drastique des bonus bancaires, réglementation stricte des agences de notation, surveillance budgétaire, prochain renforcement de l’ensemble de la régulation financière du marché intérieur européen, première agence de notation de l’Euroland… Sources : European Voice, 26 octobre 2010 ; Deutsche Welle, 05 novembre 2010 ; Reuters, 13 juillet 2010 ; ABBL, 08 décembre 2010 ; BaFin, 16 novembre 2010

(18) Wolfgang Schaüble, le ministre des Finances allemand, est pour l’instant le seul homme politique à oser clairement annoncer la couleur, dans sa récente interview au magazine populaire Bild, dans laquelle il indique que, d’ici dix ans, les pays de l’Euroland auront réalisé une véritable intégration politique. Karl Lamers, son collègue en charge des affaires européennes au sein de la CDU, identifie, quant à lui, la crise à une chance pour l’Europe et pour l’Allemagne, tout comme d’ailleurs la trop rare voix américaine de Rex Nutting dans le Wall Street Journal du 08 décembre 2010. Côté technocrate, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, appelle lui à une « fédération budgétaire » de l’Euroland. Sources : EUObserver, 13 décembre 2010 ; DeutschlandFunk, 09 décembre 2010 ; EUObserver, 01 décembre 2010

(19) Depuis plus d’une décennie, les opinions publiques des pays de l’Euroland sont en effet beaucoup plus « intégrationnistes » que leurs élites. Ainsi, le rejet du projet de Constitution européenne en 2005 en France et aux Pays-Bas n’aurait jamais eu lieu sans la participation d’une partie des « pro-Européens » au vote « Non ». Ils rejetaient ainsi ce qu’ils estimaient être un projet trop timide en matière politique, démocratique et sociale.

(20) Les dirigeants européens sont un peu comme la tortue de la fable de Jean de La Fontaine « Le lièvre et la tortue »… mais dont la course serait commentée par des lièvres !

(21) A ce propos, ces futurs dirigeants politiques de l’Euroland seraient bien inspirés de s’entraîner à apprendre au plus vite à gérer l’Euroland, grâce aux deux jeux interactifs, Economia et Inflation Island, que la Banque Centrale Européenne vient de mettre à disposition du public.

(22) Comme le répète le LEAP depuis près de deux ans, l’austérité européenne n’est politiquement viable que si elle s’accompagne d’une indéniable équité fiscale et sociale et de la mise en place de grands projets démocratiques et sociaux à l’échelle de l’Euroland. C’est là que se trouve à moyen/long terme la vraie faiblesse de l’Euroland ; pas dans les dettes souveraines des pays périphériques. En guise d’illustration de cet aspect, il est utile de regarder la très intéressante série de reportages vidéos que le New York Times a réalisée au cours de l’été 2010, intitulée « The Austerity Zone : Life in the New Europe ».

(23) Au vu de l’évidente difficulté des élites américaines à comprendre les processus en cours en Europe, le LEAP souhaite apporter sa contribution au débat qui fait actuellement rage sur les campus universitaires US, où l’austérité budgétaire entraîne des coupes sombres dans les enseignements linguistiques. Comme toujours, derrière des justifications budgétaires, plusieurs « agendas cachés » peuvent être identifiés, ainsi qu’un réel manque de compréhension de ce qui se passe dans le reste du monde en matière de langues. Un parfait exemple des deux tendances semble être Richard N. Haas, ancien responsable-clé du département d’Etat américain dans l’administration GW Bush, et maintenant président de l’influent Council of Foreign Relations, qui préconise fortement de bouter les langues allemande, russe et française hors des campus américains. Avec des conseillers aussi « éclairés et équitables » (définis, aux séminaires GlobalEurope de La Haye et Washington en 2004/2005, comme ayant « un déficit intellectuel » pour comprendre le monde du 21e siècle), les étudiants américains sont condamnés à être de moins en moins capables de comprendre le monde de demain. Par conséquent, le LEAP estime qu’il est opportun de refaire circuler sa prévision 2007 intitulée « Quelles langues parleront les Européens en 2025 ? »

(24) Ce seront des obligations qui seront empruntées par l’ensemble des pays de l’Euroland et par d’autres états-membres de l’UE qui souhaiteront s’y associer, comme l’ont fait en Mai 2010 les autres pays, sauf le Royaume-Uni, pour le Fonds Européen de Stabilisation Financière.

(25) Malgré les dénégations des officiels français et allemands, ces Eurobligations sont au menu de toutes les discussions informelles des dirigeants de l’Euroland. Source : Euroinvestor, 10 décembre 2010

(26) Il est probable d’ailleurs que la montée en puissance des renouvellements politiques prévus en France dès le printemps 2012, et peut-être à cette date aussi en Allemagne, feront de ces sujets de vrais thèmes de campagne dès la fin de l’été 2011.

(27) Liam Halligan, décidément l’un des meilleurs observateurs britanniques de la crise globale, a ainsi tout-à-fait raison de souligner dans le Telegraph du 27 novembre 2010 qu’Angela Merkel (et bien d’autres responsables de l’Euroland) a bien l’intention de faire payer aux investisseurs une part significative de leurs paris irlandais, grecs… Mais cela se fera de manière organisée, selon une stratégie efficace et brutale dont les Etats forts ont l’habitude ; pas dans la panique, à l’occasion d’une mini-crise.

(28) Et dont nous répétons que, selon nos anticipations, ils seront probablement les dirigeants politiques les plus indépendants du lobby bancaire depuis les années 1990.

(29) Ce sera aussi un moyen organisé de réduire « manu militari » le bilan dégradé des grandes banques européennes.

Laboratoire Européen d’Anticipation Politique

Commentaires (39)

  1. Mefiez-vous du LEAP/2020. Ils annoncaient déjà une “crise systémique” imminente en 2005, quand j’ai découvert leur site !
    Leurs “experts” sont totalement inconnus du monde économique, et leur vocabulaire a le parfum de l’intello troskyste. Pas le lycéen, mais plutôt le militant à temps plein, avec des rudiments d’économie. Ca ressemble à du Lyndon Larouche, truffé de chiffres avec un jargon imbitable, même pour moi.

    En plus, 200 euros d’abonnement pour 10 numéros… On dirait une pompe à fric ! Ca pue la secte à plein nez, ce truc. Méfiance, donc.

  2. Personne ne conteste que le système ne peut continuer ainsi à savoir : des asiatiques qui travaillent, des occidentaux qui consomment à crédit.

    Donc reste à découvrir quand ça va craquer ?. Personne ne sait, c’est comme connaitre le tirage d’un loto.
    Le LEAP s’y risque, il faut juste retenir le factuel. Et puis nos gouvernants mentent chaque année en faisant le budget et personne ne dit rien.

  3. @ André avez vous remarqué que nombres de dirigeants communistes ,trotskistes, socialistes sont à des niveaux divers professeurs d’économie ……..

  4. Le système continuera ainsi tant que l’Asie , disons la Chine, le permettra et qu’elle y aura intérèt , ce qui sera encore le cas pendant quelques bonnes années pour l’Europe sauf incident trop gros à avaler .

    Elle s’est fait prendre dans le système et est plus ou moins obligée de tenir la barbichette. Sinon son trop beau développement s’arretera net .

    Ai je tort ?

  5. je n’écoute pas LEAP car il sprédisent la fin du monde depuis 3 ans, mais cette fois LEAP n’est pas le seul à dire que ça va pêter en 2011.
    Regardez bien l’Espagne, c’est de la que ça va venir

  6. Mais d’une certaine manière, on peut dire que d’ici 2012/2013, l’Euroland aura bien mis en place les mécanismes qui lui auront permis de résister au choc de la crise, même s’il lui faudra légitimer a posteriori leur existence (23).

    Voilà qui est peu crédible pour au moins deux raisons :

    1/ L’efficacité d’un tel mécanisme est soumis à deux inconnus :
    a. L’engagement effectif des Allemands, qui, pour le moment, n’ont fait que dire qu’ils allaient payer.
    b. La capacité réelle de l’UE à renflouer des mastodontes comme l’Espagne, et, à terme, la France (on y viendra max en 2013, quand la dette publique dépassera 110% du PIB).

    2/ La colère des peuple, une fois que se mettent en place les contreparties du sauvetage bancaire : l’austérité drastique. Comme le préfigure l’exemple de la Grèce, en plein chaos après une seule année d’austérité, il me paraît douteux d’espérer remettre ainsi à flot l’économie européenne.

    De même, sur la légitimité des dirigeants élus “après 2012″ : cela dépend uniquement de leur position. S’ils se couchent devant l’UE ou s’ils se dressent pour défendre les intérêts de leur nation.

    Le point de vue optimiste du LEAP sur l’Europe me laisse dubitatif.

  7. (19) Depuis plus d’une décennie, les opinions publiques des pays de l’Euroland sont en effet beaucoup plus « intégrationnistes » que leurs élites. Ainsi, le rejet du projet de Constitution européenne en 2005 en France et aux Pays-Bas n’aurait jamais eu lieu sans la participation d’une partie des « pro-Européens » au vote « Non ». Ils rejetaient ainsi ce qu’ils estimaient être un projet trop timide en matière politique, démocratique et sociale.

    lol.

  8. @Colbert

    Ah bah voilà, au moins comme ça c’est clair. LEAP est pro-UE et pro-Euro.

    Voilà qui porte un sérieux coup à leur apparence d’objectivité, ce qui n’enlève rien à la pertinence de leur analyse géopolitique, surtout en ce qui concerne les anglo-saxons.

    Cette idée que les pays d’Europe doivent à tout prix fusionner pour faire front face à l’empire anglo-saxon, est tout bonnement ridicule. La France n’a jamais mieux fait front que lorsqu’elle était indépendante…

  9. @Novice : vous êtes moins novice qu’il n’y parait :)
    La Chine faisait sa croissance sur les exportations. Avec la crise US et Europe, elle se réoriente vers le dévellopement de son marché intérieur (à peine 400 millions de consommateurs sur 1,5 milliard d’habitants). Y’a de quoi voir venir…

    @Vico : l’Espagne a déjà craqué avec la bulle immobilière. L’Irlande craque avec sa bulle du déficit public, l’Espagne suivra, mais le boulversement pour l’euro sera l’éclatement de la bulle des déficits… français. Il est possible que la monnaie unique devienne “commune”, avec retour du franc et parité variable franc/euro. J’ai même entendu parler d’un “euro-or”, c’est dire si la situation est grave !

    De plus, l’euro est surévalué autant que le yuan (chine pop) est sous-évalué. Les chinois ne feront rien, les européens non plus a cause du fétichisme monétaire de nos amis teutons (faut dire que leur prospérité s’est bâtie sur l’idée du Mark stable, ca laisse des traces). Seule solution : monnaie gérée strictement (chomage de masse, retraites réduites, fonctionnaires payés en retard, bref le bordel total en Europe) ou retour au SME (dévaluations variables suivant les monnaies). Nos élites étant aussi stupides que protégées, préparez vous à manifester avec 10 millions d’autres français (chomeurs, étudiant, fonctionnaires, retraités, salariés d’entreprises en faillite).

    C’est peut-être cela qu’avait prévu Nostradamus pour la “fin du monde” :-)

  10. Sur le fond, je partage grosso modo l’avis du LEAP (c’est pourquoi je ne poste quasiment pas sur la fin de l’euro, l’explosion de la zone euro, le retour au Deutschmark… parce que je n’y crois guère).

    La propagande de l’anglosphère sur l’état financier de l’Europe (pour mémoire, dette totale US : 370 % du PIB, dette totale de la zone euro : 220 % du PIB) me fait penser que Bianchéri & co ont raison.

    Sans parler des interactions, interdépendances, tutelles, idéologies et dilemmes complexes dans lesquels sont pris les pays et les dirigeants européens. Bref.

    Certains ici s’imaginent apparemment que la fin de l’euro signerait la fin de l’UE. Ce n’est pas le cas.

    Egalement, que la fin de l’euro marquerait le début des résurgences nationales et populaires. Ce n’est pas le cas non plus.

    A mon avis, il ne faut pas se focaliser sur la question de l’euro, ni sur celle de l’UE.

    La priorité des priorités, c’est la fin du protectorat américain sur l’Europe.

    Une fois ce protectorat levé du fait de l’effondrement économique des USA, et même déjà maintenant (on voit l’Allemagne se tourner vers la Russie, la France soutenir l’Allemagne contre son propre intérêt économique, et l’inverse, finalement, alors qu’apparemment cette solidarité est contre-nature… l’euromondialisme devient, certes encore timidement, de l’europrotectionnisme, en commençant par l’eurosolidarisme à base évidemment bancaire, mais en prévoyant de mettre à contribution la finance privée) ; une fois, donc, le protectorat américain levé, tout est envisageable quant à l’influence croissante des mouvements “populistes” en Europe et à l’avènement d’une UE moins bureaucratique, plus protectionniste, plus respectueuses des peuples et des identités.

    Quelle que soit l’issue (survie économique européenne, ou effondrement après implosion de l’anglosphère), je pense que cette révolution-là est en marche.

    Sans être, pour autant, européiste et donc, sans croire au besoin d’une structure supranationale en Europe, il me semble que pour faire face, dans un proche avenir (avant la chute réelle des ressources énergétiques et donc alimentaires), à la Chine principalement, une Europe politiquement émiettée n’est pas la meilleure formule.

    Actuellement, France contre Monde = défaite de la France.

    Donc, si l’échelon national ne convient pas actuellement, l’échelon continental, au moins dans le domaine économique et malgré toutes ses énormes imperfections, au moins dans le seul but survivaliste en tant que puissance, jusqu’à ce que l’anglosphère s’effondre, pourquoi pas ?

    Je ne suis pas nationaliste, je me fous de la forme et de la stratégie, tant que nos peuples et nos identités survivent et conservent une chance de retrouver leurs souverainetés.

    De toute façon, à mon avis, le retour à des entités politiques et économiques autonomes de plus petite taille, nécessite d’abord que la décroissance des échanges (imposée par celle des ressources) gagne la terre entière.

    Cette crise est mondiale, elle ne peut être résolue que par une chute mondiale des fondements du système actuel.

    Pas par une révoltounette de quartier ou un changement de monnaie.

    Nous devons préparer une vraie alternative et y travailler, sans nous raccrocher à tous les soubresauts de l’actualité (laquelle est bien davantage spectacle qu’événement).

  11. En tout cas je suis sur que la campagne UMPS de 2012 se fera sur ce créneau là.
    Face aux souverainistes “l’union fait la force” est le seul argument viabledes europhiles face à la crise qui semble s’aggraver. Ils ne vont pas se géner. Quitte à grossir le trait “sinon tout le monde va crever” tout en accusant le camp adverse de jouer sur les peurs.

  12. @Boréas

    une fois, donc, le protectorat américain levé, tout est envisageable quant à l’influence croissante des mouvements « populistes » en Europe et à l’avènement d’une UE moins bureaucratique, plus protectionniste, plus respectueuses des peuples et des identités.

    C’est une perspective bien optimiste. Car il ne faut pas oublier que toute notre élite, notre classe polico-médiatique, est atlantiste à 200%.

    Si je pense que l’on se dirige immanquablement vers la fin de l’Euro (inviable même avec un gouvernement économique européen), je ne crois pas à la fin de l’UE. Je crois à la fin de l’UE sous sa forme actuelle : bureaucratique et mondialiste.

    L’Europe, ce n’est pas les USA : on ne peut pas fédérer les états européens comme on a fédérer les états américains. Les situations n’ont rien à voir.

    L’Europe restera encore longtemps une alliance, non une fédération.

    Cette crise est mondiale, elle ne peut être résolue que par une chute mondiale des fondements du système actuel.

    Parfaitement d’accord. D’ailleurs, je l’ai déjà dit, je ne crois pas à une révolution violente. Le changement sera lent et populaire. Ce ne sera pas le fait d’une minorité urbaine.

  13. Dans le genre prédicateur de fin du monde Christian Saint-Etienne est pas mal non plus.

    Ca fait 10 ans qu’il écrit des remakes du déluge façon économiste en prônant la vassalisation de l’Europe auprès des ricains, sous couvert d’un libéralisme de façade ( logique).

    Reste plus qu’à trouver ceux qui jouent le rôle de Moïse laïques et qui nous ont asséché le marché de l’emploi pour leurs coller un taquet, comme en Grèce.

  14. Je pense tout de même, Boréas, que le changement induira aussi des mouvements de révoltes violentes. Dans les faits, celles-ci n’auront que peu d’utilité, mais elles seront l’expression du mécontentement populaire, et la base probable de la mythologie future.

    Les peuples ont besoin d’exutoires.

    Nous devons préparer une vraie alternative et y travailler, sans nous raccrocher à tous les soubresauts de l’actualité (laquelle est bien davantage spectacle qu’événement).

    Tant que le système tient debout, il est difficile d’envisager une alternative concrète. Une économie relocalisée et responsable est incompatible avec la concurrence mondialisée. Beaucoup en font en ce moment l’amer expérience.

    Tout ce que nous pouvons faire, c’est consommer moins, épargner, sortir son argent des banques, investir dans des projets d’avenir …

  15. +1 Boreas.

    Le scénario du LEAP propose un médian entre deux extrêmes proposés un peu partout, et basés sur la question : oui ou non l’Allemagne paiera t-elle pour les autres pays d’Europe?, mais jamais sur : oui ou non renégociera t-on la dette globale des Etats vis à vis de leurs créanciers.

    Je suis d’accord avec LEAP sur le fond : on va attendre d’y voir plus clair dans chaque pays au niveau de la dette, mais arrivera un moment où l’Allemagne sera en position de force pour poser ses conditions vis à vis des créanciers, et faire une négociation GLOBALE.
    En termes très vulgarisés, ce sera la menace : soit vous gardez votre euro de créance grecque au risque de le perdre entièrement, soit je vous file 30% de sa valeur mais avec une garantie de remboursement Allemande / Européenne. Toc.
    Ca s’appelle la Faillite des 2/3 pour remonter à l’Histoire de France.
    Puisque ce sont de plus en plus les intérêts de la dette qui étouffent la croissance européenne, ceux-ci seront forcément renégociés.
    Pas forcément avec une explosion de l’euro, n’en déplaise à un lectorat un peu trop nostalgique du franc et de la grandeur de la France d’avant l’Europe, etc…pour qu’il conserve une totale ojectivité en la matière amha.
    Tout est possible, la visibilité est difficile, mais ce scénario LEAP me semble plausible.

  16. ” oui ou non renégociera t-on la dette globale des Etats vis à vis de leurs créanciers ” ?

    Probablement oui.

    C’est ce que laisse entendre Jean-Claude Werrebrouck (un auteur souvent peu apprécié, parce que certains lecteurs s’attachent plus à son style qu’au fond) :

    http://fortune.fdesouche.com/8448-le-trou-noir-de-la-finance-n%E2%80%99engloutira-pas-les-etats

    http://fortune.fdesouche.com/11840-leuro-implosion-ou-sursaut

    Quel autre moyen, de toute façon, pour ceux qu’il appelle les “entrepreneurs politiques”, de se maintenir au pouvoir encore un temps ?

    Comme toujours, une alternative, puis un moyen terme.

    C’est soit le sauvetage éternel des banques, qui orienterait fatalement en la défaveur des politiciens responsables, les votes des électeurs contraints à l’austérité puis à la misère ; soit la satisfaction totale des électeurs, mais au prix du sacrifice des banques et donc, des moyens de la puissance politico-financière. Sans parler du sort des épargnants et investisseurs autres que banquiers.

    Donc, la solution retenue sera sans doute une renégociation des dettes, de manière à tenter de satisfaire et les uns, et les autres.

    Pour autant, le problème de la création monétaire (littéralement, du vol : http://fauxmonnayeurs.org/ ) n’aura pas été résolu au passage, faute de s’y être réellement attaqué.

    Et donc, même la renégociation partielle des dettes ne serait qu’une autre forme de fuite en avant (toujours plus affaiblissante, remarquez-le néanmoins, pour le Système, puisque la finance privée serait touchée).

  17. @ Christopher Johnson

    ” Une économie relocalisée et responsable est incompatible avec la concurrence mondialisée. ”

    ==> Alors il faut la rendre compatible. Il suffit d’un peu de bonne volonté.

  18. Il y a un point que je ne comprends pas dans leur raisonnement et qui est pourtant le point de départ de la crise qu’il prédise : le plongeon d’un grand nombre de villes et d’Etats américains dans des situations financières inextricables suite à la fin du financement fédéral de leurs déficits.
    Pourquoi l’etat fédéral ne financerai plus? On nous rabâche que l’avantage des US est de pouvoir imprimer de la monnaie, donc pourquoi il n’en imprimerai pas pour sauver leurs états? On nous rabâche qu’un bon moyen de diminuer la dette est l’inflation, donc l’impression de billets.
    Et quoi qu’on dise, le dollar reste la monnaie de reference. L’euro n’a meme pas réussi à le remplacer dans les contrats de vente d’avion alors qu’on est les premiers avec Airbus. Donc les américains pourront combler leur déficit avec l’ipression de billets sans que cela touche à leur position dominante.
    Qui irait mettre ses sous dans une banque chinoise qui au final appartient au PC?

  19. Un aricle de fortune il y a quelque semaine disait
    ” L euro une monnaie sans souverain ” Et la est toute la question
    Il semblerai aujourd hui que le souverain sera Bruxelle. Sinon qui d autre. Un collége de 11 ou 15 membre ne marchera jamais.

    Créer une monnaie commune , mais pour cela il faut une économie convergente, faire cela en pleine crise, me parait assez utopique. Pendant la reconstruction surement.
    Mais si nous ne le faisons pas, nous savons quel chemin prendra l europe, celui de la division. Et cela personne sur ce blog ne le veut dieu merci!!!!.

    Est ce que les gens voudront garder un symbole de l ancien système, vu comme l un des principals maux de notre pays ( tout est chers depuis l euro, avec le Franc c était beaucoup mieu ). Quel gouvernement pourra l imposer sans être traiter de faire comme Bruxelle, Sarko et les autres qui ont imposer aux peuples des choses qu il ne voulait pas

    Quel souverain pour l euro Bruxelle, les peuples ou un régime fort ?????
    Tout cela est tres interessant et fort complexe.

  20. j’ai eu l’occasion d’entendre ce nom qu’à l’occasion de sa faillite comme une météorite qui tombe sans bruit dans le sable !

  21. Comme d’habitude, une réflexion intéressante de Patrick Reymond qui, lui, pense que le LEAP se trompe :

    ” Leap 2020 nous a parlé, comme tous les 15 du mois. Pour eux l’euro n’est pas en danger, seul le dollar l’est, et la crise est beaucoup plus profonde aux USA qu’en Europe.

    En réalité, ce point de vue est erroné.

    Pourquoi ?

    Parce qu’ils proposent des solutions qui n’en sont pas. Une réduction de la dette par échange de titres, avec une décote, où les russes, arabes et chinois seraient moins pénalisés.

    C’est stupide, car pour les créanciers externes, il est conseillé de les massacrer, et ensuite, c’est politiquement à hauts risques.

    En effet, là aussi, que devient le reste de la dette ? Notamment celle détenue par les banques et les particuliers ? Si les banques refilent le mistigri aux contrats d’assurance-vie, on va voir la foire d’empoigne.

    Les litiges vont s’accumuler pour 50 ans, dans le meilleur des cas, et des émeutes de nantis dans le pire, car ceux qui ont l’épargne, soit les 20 % les plus aisés de la population ont l’habitude de diriger et de fixer les règles (façon polie de dire : enculer le monde), ils n’ont pas l’habitude de se faire mettre…

    La révolution française a éclaté parce que justement, ces classes privilégiées voyaient arriver le moment de la banqueroute.

    Une construction européenne clandestine, dans un contexte de banqueroute et de rigueur, est à mon avis condamnée.

    Car c’est la conjonction révolutionnaire qui s’opère. Les nantis rejoignent les classes populaires, dites moyennes, dans la contestation du système. “

    http://lachute.over-blog.com/article-la-dette-63135781.html

    Pour une fois, je ne suis pas tout à fait d’accord.

    Il y a de nombreux exemples d’épargnants qui se sont fait tondre, sans que cela provoque une révolution. Exemples, en France : la “banqueroute des deux-tiers” en 1797 ; la dévaluation Poincaré de 1928 ; la dévaluation Pinay de 1958.

    Quant à “la conjonction révolutionnaire des nantis et des classes populaires”, elle n’est pas près de naître, si les politiques d’austérité ratiboisent le peu d’avantages sociaux que connaissent encore les classes moyennes et pauvres : celles-ci, travailleuses et précaires, ne se battront pas aux côtés des rentiers pour l’intégrité des assurances vie.

    Il ne faut pas sous-estimer, notamment, la culte français de l’égalité. Je ne vois pas la jeunesse précarisée se mobiliser pour les retraites des soixante-huitards, ni le “Conti” se faire matraquer pour les carrés Hermès du 16ème…

    Au contraire, un gouvernement même peu avisé pourrait, avec une petite partie des allégements budgétaires obtenus, opérer des transferts sociaux clientélistes (tous les régimes européens en ont une grande habitude), de manière à empêcher une unification de la contestation.

    Sans parler du fait que les zélites au pouvoir sont, de toute façon, l’émanation de ces nantis dont P.R. imagine la révolte : pourquoi ne les soigneraient-ils pas, au contraire, en essayant de ne pas trop les spolier ?

    Personne n’a dit que ce que les dirigeants de l’UE essaient de faire est facile, au contraire et, comme le rappelle libherT, JC Werrebrouck a détaillé toutes les difficultés de la chose :

    http://fortune.fdesouche.com/27906-monnaie-recherche-desesperement-souverain-serieux

    Un autre article très intéressant, du même :

    http://fortune.fdesouche.com/8448-le-trou-noir-de-la-finance-n%E2%80%99engloutira-pas-les-etats

    A mon avis, le projet actuel de l’UE est une autre forme de fuite en avant. Elle ne pourra durer bien longtemps et le LEAP pèche peut-être par incapacité à penser vraiment un autre système, un système d’après-basculement, d’après-effondrement.

    Et donc, en revanche, là où je partage l’opinion de P.R., c’est quand il écrit :

    ” En réalité aussi, vu toutes les participations croisées des uns et des autres, créées dans le cadre de la mondialisation, si le maillon US tombe, il est trop gros pour que les autres s’en tirent sans casse, notamment l’Union européenne, littéralement pourrie de $.

    Bien sûr les “partenaires” arabes, russes, chinois, seraient aussi en première ligne. “

    Dans l’idéal, ce serait ça, le scénario :

    1/ l’anglosphère se casse la gueule, alors que l’Europe a “tenu” jusque-là, quels que soient les expédients employés à cette fin ;

    2/ par contagion, l’UE se casse également la gueule, mais alors que l’Europe est débarrassée de la tutelle US et libre de se relever à sa façon, sans qu’on lui impose encore plus d’esclavage (ce qui serait le cas si elle s’effondrait la première) ;

    3/ alors que, pendant ce temps, la Chine elle-même touchée ne peut prendre trop d’expansion, nous laissant la possibilité de nous relever sans être écrasés par une puissance économique devenue impossible à contrer.

  22. Boreas
    Vous avez tout a fait raison quand vous dites que l Amerique doit tombé en premier. Nous n avons pas le choix. Nous devons tenir jusqu a ce qu il tombe.
    Après trop de paramètres et le moindre oscillement pouvant déboucher sur un monde nouveau. Beaucoup de personne voudront prendre le pouvoir.

    La chine n ayant jamais été impérialiste elle ne m inquiete guere. De plus sa marine n est pas prete pour controler le monde, donc les routes maritimes, donc le commerce. De plus c est 400 millions de ” riche” et 1000 OOO OOO de crève la faim. Difficile a gérer je pense.
    Une puissance pleine de dollars pourris et complètement dévalué, donc plus du papier cul qu une arme. Je ne vois pas tres bien le danger…..

  23. Bon pour faire simple.
    A votre avis si je dispose d’une assurance vie pépère basée sur l’euro, est-ce qu’il vaut mieux la bazarder quitte à perdre un peu de blé, ou alors attendre.

    Peut-on tout perdre ???
    Sachant que l’assurance-vie est très souvent de la dette d’état.

  24. @ Wikking :
    La souscription d’une police d’assurance-vie est un acte hautement critiquable.
    Autant il est justifié de confier son fric à des gens intègres, habiles à le gérer et à vous transmettre le produit de cette gestion déduction faite de la rémunération honnête de leur mission, autant il est intolérable de le confier à des aigrefins.

    Certains indices auraient dû vous détourner de ce choix :
    - la vieille sagesse universelle : « les conseilleurs ne sont pas les payeurs »,
    - la carotte fiscale : comment faire confiance au fisc qui chaque année, renie ses engagements en modifiant les règles du jeu ?
    - le sort réservé à vos fonds par les banksters-assureurs : vous-même, directement, prêteriez-vous de l’argent à un ami qui est à découvert depuis trente cinq ans ?
    - le silence de ces aigrefins sur les placements opérés : vous avaient-ils annoncé qu’ils prêteraient votre argent à un état incapable d’équilibrer ses fins de mois ?

    Et vous voilà maintenant inquiet sur le sort de votre argent.
    Convenez que vous avez agi quelque peu à la légère, non ?

    Puisque vous avez la chance d’avoir du blé à placer, faites-le seul et avec discernement, dans vos entreprises, pour vous et votre famille, en investissant dans des biens à valeur pérenne d’usage (maison, terrains, titres de sociétés que vous maîtrisez ou dont vous pouvez orienter la gestion) ou, dans une moindre mesure en thésaurisant des reliques barbares ou du même acabit.
    Bref, prenez-vous en main et cessez de faire confiance en ces gens qui ne voient que l’intérêt immédiat que VOTRE argent leur procure.

    Moralité : cassez votre police et gérez vos actifs tout seul. D’autant que cela ne vous empêchera pas de recueillir les conseils des autres.

    Un dernier, au passage : si vous avez la chance d’avoir un excédent sur votre compte courant bancaire ou quelques picaillons sur vos PEL, PEA ou autres sonneries du même genre, retirez-les des mains de votre bankster : il en fait mauvais usage. Faites-le sans chercher à vous justifier autrement qu’en déclarant qu’il s’agit d’une décision de sanction. Comme le fait un tribunal à l’encontre d’un malfaisant.

    Et revoyez vos projets dans un sens plus… personnel. Tout ces gens qui vous veulent du bien, c’est anormal.

  25. J’ai mis des billes depuis longtemps en dollars singaporiens et de hong kong.
    Détenir de l’or physique me semble également de bon aloi quitte à reconvertir si la crise s’éloigne par un process non encore découvert.

  26. Le LEAP dévoile de temps en temps son vrai visage, celui de politiques férus d’économie fervents européens fédéralistes et … ennemis de la démocratie.

  27. Au contraire, un gouvernement même peu avisé pourrait, avec une petite partie des allégements budgétaires obtenus, opérer des transferts sociaux clientélistes (tous les régimes européens en ont une grande habitude), de manière à empêcher une unification de la contestation.

    Sur le papier, oui. Mais alors, l’Etat jouera avec le feu. S’il touche une nouvelle fois aux retraites, les baby boomers râleront fort.
    S’il touche aux propriétaires, il provoque l’éclatement de la bulle immobilière.
    S’il touche aux entreprises, il augmente un chômage déjà énorme.
    S’il touche aux jeunes/précaires, il provoque une révolte violente qui mènera à la paralysie du pays.

    Rappelez-vous que l’on parle de plans d’économies de dizaines/centaines de milliards. Regardez où cela mène l’Angleterre.

    Les vieilles recettes ne marcheront pas cette fois.

  28. @ vikking

    “A votre avis si je dispose d’une assurance vie pépère basée sur l’euro, est-ce qu’il vaut mieux la bazarder quitte à perdre un peu de blé, ou alors attendre.”

    Sauves qui peut malheureux. De plus perdre du blé… Qui te dis que dans 2 ans (si ça tient jusque là) il ne change pas la forme d’imposition? Ils viennent de le faire ils peuvent le refaire…

    “Peut-on tout perdre ???
    Sachant que l’assurance-vie est très souvent de la dette d’état.”

    La réponse est dans la question…

    Pour exemple certains marines qui ont 30% de leur solde versée automatiquement en fonds de pensions, ont tout perdu en 2008 alors qu’ils étaient en train de guerroyer en Irak pour imposer a un pays déviant leur vision capitaliste du monde.

  29. wisewhite
    Samedi 18 décembre 2010 à 05:36

    ” Le LEAP dévoile de temps en temps son vrai visage, celui de politiques férus d’économie fervents européens fédéralistes et … ennemis de la démocratie. “

    Prouvez-le donc !

  30. Je ne sais pas si le LEAP est européiste; en tout cas leur analyse est pertinente.

    “Il est fort probable que quelques créanciers souverains privilégiés comme la Chine, la Russie, les pays pétroliers… se verront proposer des traitements préférentiels. Ils ne s’en plaindront pas, puisque l’opération aura notamment pour conséquence de garantir leurs importants avoirs en Euros.”

    Exact. Nos alliés seront privilégiés (sans oublier les pétro-monarchies : nous avons besoin de pétrole).

  31. une catastrophe financière , attendue, entrainerait toutes les autres mais n’est-ce pas finallement LA solution attendue par certains face a l’enextricable ?

    etat d’urgence
    nationalisations de la finance
    protectionisme partiel
    gouvernement fédéral imposé

    donc finallement , profitant d’une catastrophe, ils imposent l’europe aux peuples , de la rigueur et un peu de martial.

    Je pense que c’est un bon scénario

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