Par Jean-Yves Le Gallou
« Choc de compétitivité » : c’est la nouvelle illusion à la mode. Industriels et économistes (de l’offre) la réclament et le gouvernement la promet. Le débat sur le calendrier fait rage : pour aujourd’hui, pour demain ou pour les calendes grecques ?

C’est pourtant une illusion de plus ! La question n’est pas de répartir autrement les charges sociales et les impôts, c’est de les diminuer. Or pour baisser les impôts, il faut réduire les dépenses.
Mais pour diminuer les dépenses publiques, il faut s’attaquer aux causes structurelles de leur croissance : le libre-échange intégral et la poursuite de l’immigration.
Car le libre-échange (et les délocalisations) ne sont supportées par l’opinion que grâce aux « amortisseurs sociaux » qui permettent de vivre sans travail : mais ces aides publiques, ces allocations chômage, ces retraites anticipées, ce RSA, qui vont encore croître en 2013, il faut bien les financer. Et donc augmenter les charges.
Le libre-échange a un autre effet pervers : la libre concurrence joue en faveur de produits toujours moins chers, toujours moins durables, qu’il convient ensuite de recycler. La camelote qui sort des containers venus de Chine (ou d’ailleurs) finit dans les déchetteries. Qu’il est nécessaire, là aussi, de payer : en dix ans, les dépenses des intercommunalités (qui ont notamment la responsabilité de l’environnement) ont explosé.
Délocalisations et immigration sont incompatibles : il n’est pas cohérent de continuer à laisser venir des nouveaux Marocains en France et de délocaliser au Maroc des usines automobiles et des centres d’appels téléphoniques ; ce qui met au chômage des Franco-marocains et des Marocains déjà résidents dans notre pays.
Un pays en déficit et à fort chômage n’a plus les moyens d’accueillir 200 000 immigrés supplémentaires par an. Immigrés qu’il faut bien loger, scolariser, soigner, ce qui coûte plus de 20 milliards supplémentaires chaque année. Il y a plus de vingt ans que le prix Nobel Maurice Allais avait souligné ce point.
Sans parler du chômage qui se développe : des immigrés nouveaux arrivent alors que le tiers des immigrés maghrébins et africains de la deuxième génération est sans emploi. Le cumul État-providence et ouverture des frontières est ruineux.
Hélas, ceux qui contrôlent l’opinion, les journalistes, sont attachés aux dogmes sans-frontièristes. Tout comme les multinationales, les banques et les fonds étrangers (qataris, notamment) qui possèdent les médias.
Ne leur en déplaise, ce ne sont pas des bricolages fiscaux qui permettront à la France de rééquilibrer son budget et de rétablir la balance de ses comptes extérieurs (80 milliards de déficit). C’est un changement des paradigmes idéologiques dominants. Bon courage !
(Merci à Pierre)
Texte intéressant de M. Le Gallou, néanmoins j’ai envie d’émettre une réserve:
Expliquer des procédés telle que la délocalisation ou l’obsolescence programmée par la seule libre concurrence est un peu simpliste. La transition d’une élite d’ingénieurs à une élite marchande est une problématique qui ne s’arrête pas à une politique douanière idéologique, hélas…
Mardi 9 octobre 2012 :
Le FMI craint une aggravation de la crise dans la zone euro.
Le FMI, qui a abaissé ses prévisions de croissance pour la France, se montre tout aussi pessimiste pour l’ensemble de la zone euro. “La crise dans la zone euro reste la plus claire menace sur les perspectives mondiales”, assure-t-il dans ses perspectives économiques, publiées lundi 8 octobre.
Malgré de récentes avancées, la récession semble plus forte que prévu cette année en zone euro et le rebond s’annonce limité en 2013, pire, la crise pourrait encore s’aggraver sans nouvelles “mesures immédiates”, prévient le FMI, qui participe aux trois plans d’aide en cours dans la région (Grèce, Irlande, Portugal).
“La crise de la zone euro s’est aggravée en dépit des décisions politiques visant à la résoudre”, constate-t-il. Les indicateurs “restent dans le rouge, ce qui suggère que la faiblesse se répand de la périphérie vers l’ensemble de la zone euro”, touchant tous les pays, y compris l’Allemagne.
http://www.boursorama.com/actualites/le-fmi-craint-une-aggravation-de-la-crise-dans-la-zone-euro-ef23c6e2cce73aae3d33155efcba7249
Ménard qui invite Le Gallou sur son site web… Ca fait plaisir de voir que l’ostracisme habituellement déployé à l’égard des intellectuels de la droite nationale n’a plus cours – au moins sur le Boulevard Voltaire.
Bonjour Pitch
oui, mais je crois que Ménard est passé à présent de l’autre coté de la ligne rouge (contraint et forcé ?)
Très bonne analyse. M. Le Gallou explique simplement une situation complexe ce qui n’est pas facile.
Excellent résumé!
Je constate que le “boulevard Voltaire” est en effet très ouvert…. Ménard tient ses promesses!
Bonjour WhiteBerry.
En effet, le pauvre Robert s’est fait débarquer comme un malpropre de Sud Radio puis de i>télé à cause de ses positions explicites sur certains sujets… Je souhaite longue vie à son nouveau site !
bravo à Ménard, il va finir par devenir un dissident
Le Gallou rejoint Quatrepoint : quand on a désindustrialisé un endroit et qu’on veut maintenir le niveau de vie pour qu’il n’y ait pas de révolution et être réélu, la seule solution, c’est la dette.
Publique comme en France et en Europe.Privée et publique comme au USA.
C’est un changement des paradigmes idéologiques dominants. Bon courage !
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L’histoire montre qu’un changement des paradigmes idéologiques ne s’est jamais fait de manière douce mais plutôt de manière brusque et violente.