En 2009, le chiffre de la pauvreté peut aller de 8,1 à 11,7 millions en France. Et encore, deux millions de personnes ne sont pas prises en compte. L’analyse de Denis Clerc, fondateur du magazine Alternatives Economiques.
Combien y a-t-il de pauvres en France ? On sait, depuis la récente publication de l’Insee sur le sujet [1] qu’en 2010 la pauvreté monétaire [2] concerne 8,6 millions de personnes, un nombre en forte croissance par rapport à 2008 (7,8 millions). Mais ce chiffre tend sans doute à sous-estimer le nombre des personnes dont la situation sociale est dégradée ou menacée. Pour quatre raisons.
D’abord, il ne porte que sur la France métropolitaine et écarte un ensemble non négligeable de ménages. Il s’agit de ceux qui n’ont pas déposé de déclaration de revenus, soit environ 2 % des ménages, généralement parmi les plus pauvres, car ils vivent plus ou moins dans les marges de la société (sans domicile fixe, en hébergement d’urgence, en institutions, …). Il s’agit également des ménages dont la personne de référence est étudiante, car leurs revenus sont souvent complétés par des transferts de la famille difficiles à mesurer. Enfin, les ménages dont le revenu déclaré est nul ou négatif (situation que l’on trouve surtout chez les indépendants) sont écartés.
La France métropolitaine comportait au 1er janvier 2010 62,8 millions d’habitants, mais seules 61 millions de personnes étaient visées par l’enquête permettant de chiffrer la pauvreté monétaire. Près de deux millions de personnes sont donc ignorées, parmi lesquelles sans doute une proportion relativement élevée (mais impossible à chiffrer) est en situation de pauvreté, voire de très grande pauvreté.
Ensuite, le dixième le plus pauvre de la population consacre une part nettement plus grande de ses maigres revenus aux dépenses alimentaires, de boissons et de tabac, que la moyenne des ménages (21,5 % contre 18 % en moyenne). Il en est de même pour les dépenses liées au logement (loyer, énergie, …) : 22,6 % contre 14,1 % pour la moyenne des ménages. Or ces postes ont vu leurs prix progresser sensiblement plus vite que la moyenne, si bien que, pour le dixième le plus pauvre, le coût de la vie a progressé de 0,5 % de plus que la moyenne par an entre 2005 et 2010. Comme c’est à partir de l’indice des prix de la moyenne de la population qu’est calculée l’évolution du niveau de vie de toute la population, cela signifie que ce dernier a été surestimé de 0,5 % pour le dixième le moins favorisé, soit environ quatre euros par mois. Cela paraît négligeable. Ce ne l’est pourtant pas. Car il y a beaucoup de monde aux alentours du seuil de pauvreté, et ces quatre euros mensuels en moins feraient passer environ 100 000 personnes en-dessous du seuil, alors qu’elles étaient très légèrement au-dessus.
Par ailleurs, le chiffre publié ne concerne que la pauvreté monétaire, laquelle est déterminée en fonction des revenus perçus (après impôts) par chaque ménage et du nombre de personnes qui vivent dans ce ménage. Or, par exemple, il se peut que, du fait de dettes à rembourser ou d’une situation particulière (un loyer élevé, une rupture familiale, l’arrivée d’un enfant, de mauvaises conditions de logement, …), les conditions de vie soient très précaires, bien que le revenu du ménage soit supérieur au seuil de pauvreté monétaire. Cette pauvreté « en conditions de vie » est mesurée par une enquête menée dans tous les pays de l’UE, appelée « SILC » (Statistics on Income and Living Conditions), dont la dénomination française est SRCV (Statistiques sur les revenus et les conditions de vie).
Toutefois, alors qu’au niveau européen la pauvreté en conditions de vie est mesurée à partir d’un ensemble de neuf questions (est-ce que vous avez les moyens de vous chauffer correctement, d’acheter de la viande ou du poisson ou des plats protéinés équivalents au moins deux fois par semaine, etc.), SRCV va plus loin dans le détail et en pose 27 (retards de paiement, découverts bancaires, restrictions de consommation, logement suroccupé, etc.). Si 8 réponses au moins sont positives, le ménage est considéré comme étant pauvre en conditions de vie dans SRCV, alors que, au niveau européen, il en faut 4 (sur 9). Si bien que les résultats sont assez différents : en 2009, 12,6 % de la population de la France métropolitaine (7,7 millions de personnes) étaient pauvres en conditions de vie selon la méthode française, contre 5,8 % (3,5 millions) selon l’approche européenne. Mais, dans les deux cas, les recoupements entre pauvreté monétaire et pauvreté en conditions de vie sont assez faibles : toujours en 2009, dans l’approche française, 20,4 % des personnes pauvres monétairement étaient également pauvres en conditions de vie, et 22,3 % dans l’approche européenne. Ce qui signifie que, en raisonnant uniquement à partir de la pauvreté monétaire, on écarte de nombreuses personnes dont les conditions de vie sont très précaires bien que leur niveau de vie soit supérieur au seuil de pauvreté.
Enfin, l’Union européenne s’est fixée pour objectif de réduire le nombre de personnes confrontées à la pauvreté et à l’exclusion sociale de 20 millions d’ici 2020. Pour cela, elle a défini un indicateur spécifique, chiffrant les personnes concernées par la pauvreté monétaire ou par les mauvaises conditions de vie (ou « sévères privations matérielles », selon sa terminologie) ou par le fait de vivre dans un ménage où les adultes ayant de 18 à 59 ans ne travaillent pas ou, au total, moins d’un cinquième de temps (très faible intensité de travail selon la terminologie européenne [3]). Selon Eurostat, en 2010 [4], on comptabilisait 80,7 millions de personnes dans l’UE concernées par la pauvreté monétaire, 40,1 millions confrontées à des privations matérielles sévères et 37,9 millions vivant dans des ménages à très faible intensité de travail (une dimension qui ne concerne que les ménages comportant au moins un adulte de moins de 60 ans). En France, cette très faible intensité de travail concernait des ménages comprenant 4,6 millions de personnes, parmi lesquelles 2,5 millions (soit 54 %) vivaient en outre dans des ménages pauvres monétairement. On voit qu’il y a donc un lien étroit entre pauvreté monétaire et faible intensité de travail, plus étroit que le lien entre conditions de vie précaires et pauvreté monétaire.
Au total, nombre des ménages étant concernés par deux, voire trois de ces dimensions, l’UE comptait en 2009 115,7 millions de personnes « en risque de pauvreté ou d’exclusion sociale », selon la terminologie officielle. Soit, sur 500 millions d’habitants fin 2009, près d’un quart de la population européenne ! En France, le chiffre correspondant était de 11,7 millions de personnes, soit 19,2 % de la population enquêtée.
Ainsi, selon les sources (Insee ou Eurostat), la définition choisie (pauvreté monétaire seule, pauvreté monétaire et en conditions de vie, pauvreté monétaire ou en conditions de vie ou faible intensité de travail dans les ménages comportant au moins un adulte de moins de 60 ans), le chiffre de la pauvreté en 2009 (dernière année pour laquelle on dispose de toutes les grandeurs) pouvait aller de 8,1 à 11,7 millions pour la seule France métropolitaine. Et, encore une fois, ces chiffres sont sans doute sous-évalués puisqu’ils ne prennent pas en compte environ deux millions de personnes dont une partie sont très fragilisées ni le différentiel de hausse du coût de la vie qui pénalise les ménages les plus pauvres.
Notes :
[1] lire aussi Des pauvres plus nombreux, des riches plus riches
[2] Mesurée avec un seuil de pauvreté fixé à 60 % du niveau de vie médian
[3] Ainsi, un ménage comptant deux adultes de 18 à 59 ans dont un ne travaille pas et l’autre travaille un tiers temps rentre dans cette catégorie.
[4] Eurostat désigne comme année celle de la collecte des données, lesquelles concernent l’année précédente. Par conséquent les chiffres « 2010 » concernent en réalité l’année 2009.

Il suffit de passer au plus grand centre d’affaires d’Europe, le Parvis de la Defense. Tous les ans, il y a une foire aux expositions de SDF organisée à partir de Novembre.
N’y allez pas le reste de l’année, vous n’en verrez aucun.
A croire qu’ils sont mis là de façon intentionnelle au moment des primes et négociations salariales de fin d’année.
Histoire de rappeler aux réfractaires les réalités de la vie active, à défaut de bons et loyaux services.
Et puis pour les en convaincre, une image vaut toujours mieux que milles mots !
+ 50 000 000 000 (cinquante milliards) d’euros d’intérêts payés chaque année pour le “service de la Dette”
+ 50 000 000 000 d’euros d’intérêts payés par an par les collectivités locales, les entreprises publiques “déconcentrées”, les hôpitaux, les musées, les universités, les établissements publics, tous surendettés par les prêts toxiques imposés par DEXIA comme solution pour pallier à la diminution des budget normaux d’investissements et de fonctionnement des différents services public (l’État payant les 50 milliards du “service de la Dette” avec l’argent des impôts destiné normalement aux différents services publics auxquels on dit d’emprunter l’argent qui manque).
+ pour mémoire les versements à l’UE, le renflouement de la Grèce, le renflouement des banques en faillite comme DEXIA.
+ pour mémoire, la prise en charge de 200 000 immigrés supplémentaires / an + tous ceux qui sont déjà là et qui ne travaillent pas + tous les clandestins.
= 100 000 000 000 (cent milliards) d’euro
2 000 euros / mois = 25 000 euros / ans = salaire d’une ménage de smicards
25 000 euros x 4 000 000 (quatre millions de familles pauvres) = 100 000 000 000 d’euros.
100 000 000 000, c’est les intérêts payés chaque année par le contribuable au grand marché libre et obligatoire de la finance démocratique, humaniste et moooOoondiaaaale.
CQFD
pour répondre à la question posée. intellectuellement
82%
CQFD, CQFD… seriez pas en train de dire que les salaires des Français pauvres doivent être par construction égaux aux intérêts payés chaque année par le contribuable au grand marché libre et obligatoire de la finance démocratique, humaniste et moooOoondiaaaale ?
Si c’est l’idée, jouons un peu avec.
Loi de PL24 : SFP=intérêts.
Donc, si le gouvernement sucre tous les revenus des Français pauvres, alors les “intérêts payés chaque année…etc.” deviennent égaux à zéro. Soyons pas chiens, contentons nous de les diviser par dix, et on a désendetté l’État. (CQFD).
C’est ça que vous vouliez dire ?
“… dire que les salaires des Français pauvres doivent être par construction égaux aux intérêts payés … ”
—-
Je me suis mal exprimé, et je n’établis pas de corrélation.
Je remarque simplement que l’argent payé chaque année en service de SM la Dette, permettrait de verser un salaire de 2000 euros par mois à 4 millions de ménages français pauvres.
Incidemment, il n’y aurait plus de pauvres (loi de Robin des Bois).
Tout ça pour dire que ce ne sont pas les pauvres qui coûtent cher à l’État avec leur misérable RSA, mais les riches auxquels on paie ces fabuleux intérêts qui ruinent tout le monde.
Je faisais cette remarque à ceux qui disent que les déficits et l’endettement de l’État est dû aux pauvres, à la protection sociale, au RSA, aux minimums vieillesse, aux bourses des étudiants, au salaire des infirmières, des policiers, des instituteurs et des pompiers en surnombres.
Le programme d’austérité doit commencer par les banquiers et les assureurs: leur convention collective doit être alignée sur celle de la police nationale et de l’assistance publique, et évoluer comme les pompiers vers le bénévolat.