Le mot-clé “austerity” (“austérité“) commence à entrer dans le vocabulaire estonien. On le dit et l’entend de plus en plus. Le dictionnaire Merriam-Webster l’a même déclaré mot de l’année. En estonien, le mot “austérité” a une couleur grise et une odeur de pauvreté.

Vivre comme des petites souris
Comment les Estoniens pratiquent-ils l’austérité ?
Les jeunes filles vont à Londres pour travailler comme serveuses. Elles y gagnent pas mal d’argent mais choisissent de vivre comme des petites souris en partageant une petite chambre à trois.
Les hommes partent travailler en Finlande dans le bâtiment en emportant avec eux un sac de provisions pour une semaine – du saucisson, du fromage, des briques de soupe et des canettes de bière – ne laissant derrière eux que des poubelles et une mauvaise odeur.
Un orchestre symphonique part donner un concert à l’étranger et les musiciens emportent avec eux leurs sacs de sandwiches ! L’argent de poche sera dépensé pour les livres.
L’austérité est sévère.
(…)On peut dire que l’austérité est un état de santé mentale et physique connu pour les Estoniens. Dans notre histoire, nous avons toujours été habitués à vivre avec. Etant donné que le projet, lancé en 2005 par le Parti de la réforme, de hisser en 15 ans l’Estonie au rang des pays les plus riches d’Europe n’a pas réussi à cause de la crise économique, ce parti semble avoir choisi un autre objectif :
figurer au rang des pays les plus austères en Europe pour commencer, et ensuite s’efforcer de remporter le titre du pays le plus austère du monde. Un objectif tout de même plus intéressant pour l’élite politique que de gouverner l’Estonie en s’ennuyant.
Ils ont été tristement abusés par le “rêve européen”.
Ca me rend triste tout ça.
Il n’y a pas loin de l’austérité à l’avarice…
Baltes et slaves, ont une expérience de l’austérité qui court sur trois générations, les européens de l’ouest n’ont pas cette chance, et pour eux la chute sera rude. Les français ont oublié ces cars venus des pays de l’est dans les années 90….ces gens qui voulaient voir l’ouest, avaient sacrifié des mois d’économies dans le voyage , et se nourrissaient d’un sandwich maison sur un banc des TUILERIES. A u pays, on avait le réflexe de toujours sortir avec un sac en plastique vide, au cas ou on trouverait une queue devant un magasin , on était heureux de ramener des trognons de chou pour la soupe …L’embellie aura duré moins de quinze ans! Merci l’EUROPE !
Je viens d’apprendre que j’étais moi même un estonien…