Un réfugié, combien ça coûte ?

Cela varie grandement en fonction de sa situation. Un réfugié sri-lankais qui habite en région parisienne n’a pas les mêmes besoins que l’un des 400.000 réfugiés somaliens qui habitent dans les camps géants du nord-est du Kenya.


Dans les pays riches, le coût des réfugiés fait l’objet de polémiques. En France, 520 millions d’euros ont été dépensés sur l’asile par le gouvernement en 2011 pour 60.000 demandeurs (le budget initialement prévu était de 327,55 millions d’euros), soit 8.666 euros dépensé par demandeur d’asile.

Là encore, ce calcul est purement théorique, et ne prend pas en compte les aides aux personnes qui ont obtenu l’asile, ni le budget des associations qui travaillent en parallèle du gouvernement.

Sur ce budget, 334 millions d’euros (soit 64%) sont dédiés à l’hébergement. En comparaison, le logement ne représente que 4,7% de l’aide internationale prévue pour les réfugiés syriens de Jordanie.

En Australie, où le débat sur les immigrés illégaux est passionné, chacun y va de son calcul. Le pays a dépensé en 2011-2012 800 millions de dollars pour son système de rétention des demandeurs d’asile pour environ 7.000 personnes prises en charge, soit un coût de 110.000 dollars par demandeur d’asile.

Mais cette somme ne prend pas en compte le coût de la procédure, des interceptions de bateaux ou encore de l’aide légale ou médicale fournie aux détenus en attente de décision.

Si les réfugiés représentent indéniablement un coût important pour les pays qui les accueillent, ils peuvent également être une source de revenu, en payant des impôts et en travaillant par exemple, même si cela peut être compliqué.

Dans plusieurs pays européens, les demandeurs d’asile n’ont pas le droit de travailler, et sont donc légalement obligés de dépendre entièrement de l’aide publique, à moins de travailler au noir, en attendant l’éventuelle obtention du statut de réfugié. En France, ils le peuvent sous certaines conditions. C’est pourquoi le HCR et de nombreuses autres organisations militent pour le droit au travail des demandeurs d’asile.

Les réfugiés somaliens, comme les réfugiés syriens qui affluent en Jordanie ou les Soudanais partis du Darfour pour le Tchad, arrivent en grand nombre dans des camps sans aucune ressource et ont besoin de tout: eau, nourriture, éducation, santé, etc.

La Jordanie a lancé lundi 3 septembre un appel aux donateurs internationaux pour tenter de réunir 700 millions de dollars (un peu plus de 550 millions d’euros) pour venir en aide aux 240.000 Syriens du pays, dont 185.000 sont des réfugiés, soit 2.917 dollars pour chaque Syrien du pays.

Peut-on calculer le coût d’un réfugié aussi simplement? Et qu’est-ce qui coûte le plus cher dans la prise en charge de ces populations? Un Sud-soudanais vivant par ses propres moyens en Ouganda coûte moins cher qu’un Syrien dans un camp de Jordanie.

Pour évaluer le coût que représente leur prise en charge dans les camps, le Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR) s’appuie d’abord sur l’enregistrement: si l’on sait combien de familles sont présentes dans un camp, on peut calculer en gros le nombre d’écoles ou encore la quantité de nourriture nécessaire. Mais le processus est forcément approximatif.

L’ONU recense actuellement plus de 200.000 réfugiés syriens répartis entre la Turquie, la Jordanie, l’Irak et le Liban, mais concède que ce chiffre est en-deçà de la réalité, tandis que la Jordanie estime à 185.000 le nombre de réfugiés syriens sur son territoire.

Pour les réfugiés syriens, le HCR a lancé avec les organisations d’aide humanitaire un premier appel de 84,1 millions de dollars en mars 2012, une somme qui a été revue à la hausse à cause de l’afflux massif de personnes fuyant le conflit. En juin, le HCR avait estimé que la situation nécessitait désormais un financement de 193 millions de dollars au bénéfice d’environ 100.000 réfugiés syriens, un chiffre qui a encore doublé dans les deux mois qui ont suivi.

Cela revient à 1.930 dollars par réfugié, un chiffre purement théorique qui ne prend pas en compte la durée de séjour des réfugiés, qui atteint parfois plusieurs décennies.

Hébergement, nourriture, santé, éducation…

Tout réfugié a besoin d’un logement, de manger, de recevoir des soins ou encore d’aller à l’école pour les enfants. Mais la répartition de l’aide entre ces différents domaines dépend beaucoup de la situation du pays qui le reçoit. Les réfugiés syriens par exemple sont logés en majorité chez des familles d’accueil au Liban, tandis qu’en Turquie ils habitent dans des camps de réfugiés. 18,6% du budget prévu par l’ONU pour les réfugiés syriens en Jordanie est dédié à la santé, contre seulement 8,3% de celui prévu pour l’Irak, tandis que le budget «nourriture» représente 21,8% de l’aide destinée au Liban, contre 16,7% de celle pour la Jordanie.

Le coût des réfugiés plus autonomes qui vivent en ville est en principe moins important. Dans le meilleur des cas, ils ont un travail et parviennent à subvenir à leurs besoins, payent leur propre nourriture et louent leur propre appartement, même s’ils peuvent continuer à toucher des aides.

De nombreux réfugiés du Sud Soudan vivant en Ouganda ont ainsi choisi d’éviter les camps et de vivre de leurs propres moyens sans aucune aide. Dans une telle situation, le réfugié coûte forcément moins cher qu’une personne bloquée dans un camp et dépendante à 100% de l’aide qu’on lui apporte.

Un réfugié «intégré» utilise les services publics (santé, éducation etc.) de sa ville d’accueil et représente donc un coût pour son pays hôte, surtout quand celui-ci est pauvre. La plupart des deux à trois millions de réfugiés afghans au Pakistan habitent ainsi dans des villes et non dans des camps.

C’est pourquoi les pays aux économies fragiles qui accueillent des réfugiés de pays voisins préfèrent souvent que ceux-ci restent dans des camps où ils dépendent entièrement de l’aide internationale plutôt que de les voir vivre dans leurs villes et de devoir supporter tout ou partie de leur coût.

Dans certaines régions où les réfugiés sont mélangés avec la population locale, les programmes d’aide des organisations humanitaires ou de l’ONU profitent à toute la population. Quand le HCR construit une école pour des réfugiés colombiens en Équateur, les enfants équatoriens la fréquentent également et sont donc eux aussi bénéficiaires de l’aide.

Slate

Commentaires (15)

  1. Ce n’est pas combien ça coute mais à qui profite la situation de ces gens.
    Au début on croit toujours aux bonnes intentions, mais les comptes disent exactement le contraire. Le réfugié est le gagne pain des imposteurs et autres spéculateurs qui pullulent et mettent leur propre pays à sac.

  2. Dans le cas de la France, il faut aussi tenir compte de ce qu’un demandeur d’asile rapporte en autosatisfaction pour les militants d’extrême-gauche qui voient en eux leur avenir. C’est tout bénéf pour la ligne “antidépresseurs” du budget médocs de la Sécurité sociale.

  3. 8.666 euros dépensé par demandeur d’asile..;; 8.666 euros que nos retraités n’ont pas tous….est il compte dans cela le cout des assocs qui se gavent? la cmu, etc…

  4. Pfff .. compte même pas que ça va produire des “français de première, deuxième, troisième génération” …

    comme si un réfugié n’était qu’une ardoise à régler une fois!

  5. On s’en fou de combien ça coûte, on en veut pas et on en a surtout plus besoin depuis très longtemps.
    Même pas besoin de faire des calculs à 2 balles pour bien se rendre Compte que ça dénature les pays qui subissent ces torrents de merde.

  6. Et si en prend en compte la délinquance avec sont lot de dégradation, vols et agression que cela amène, la facture monte à combien ???
    Question :)

  7. Cet article est une sorte de mélange insensé du coût migratoire de tous les pays du monde. La qualité et donc le coût des prestations sociales ne sont les mêmes en Jordanie et chez nous, alors de quoi parle-t-on ? La notion même d’accueil n’a pas la même signification, un pays qui a un territoire énorme comme l’Australie va mieux «digérer » l’immigration par effet de dilution.
    Le modèle le plus nocif est celui choisi par nos dirigeants, le communautarisme.
    Je reste persuadé qu’à l’heure actuelle le pire ennemi du peuple est la propagande mensongère quant à l’immigration.
    Lorsque vous écoutez ce genre de choses ;
    http://www.dailymotion.com/video/xtbv7e_trois-millions-de-chomeurs-quelle-place-pour-les-travailleurs-immigres_news?start=601
    on a du mal à croire qu’il est possible diffuser ce genre de choses sur une chaine de radio à grande écoute, tant c’est énorme.

  8. Dans le coût, ne pas prendre en compte seulement les allocations, le logement et l’éducation, mais aussi la Santé, les transports, la fourniture d’eau, gaz et électricité en conséquence, les services sociaux et …les prisons. Le Rapport: la TVA, les jeux de la Française des jeux, la MO pas trop chère pour le patronat, un plus grand marché pour l’agro-alimentaire et surtout des voix pour les “bienfaiteurs” du PS aux élections municipales. Ces “bienfaiteurs” ne sont que des crapules, ils n’en accueillent pas chez eux et prennent l’argent nécessaire aux classes moyennes qui travaillent.

  9. Ces populations sont la ruine du pays d’accueil. Des villes de la banlieue parisienne se sont surendettées pour construire hlm, crèches et écoles pour les smalas de ces torrents humains.

    Mais les bolcheviks dégénérés qui nous gouvernent ne voient que la rente électorale ou associatives que ces populasses vont leur générer, comme si on pouvait continuer éternellement comme çà sans faire crever ce pays.

  10. Combien ça coûte ? La CMU coûte 3000 euros par an en moyenne. Les allocs sont 10 000 par an, un appartement HLM est subventionné 10 000 euro par ab, bref, par an, un réfugie coute 23000 euro au bas mot. Multiplié par 35 ans, il coûterait donc 805 000 euros, soit MILLE fois plus que le chiffre avancé.

    A tous et chacun d’en tirer les conséquences politiques et économiques. Et aussi: se demander qui a intérêt par occulter les vrais chiffres.

  11. Il faudrait peut-être commencer par se demander à qui profite le fait que ces gens ne peuvent plus survivre sur leur terre. Entre autre exemple, la vente de terres et la spoliation des paysans autochtones au profit des pays du Golfe et de la Chine… Cela mettrait en avant l’abbération qui consiste ensuite à nous faire obligation de les accueillir et nous en faire payer les inconvénients, avec l’argent public (quand il faut leur donner un logement par exemple ou scolariser leurs enfants)..

    En fait c’est un des aspects du combat pour la terre que nos élites ne veulent pas mener pour ne pas faire perdre d’argent aux plus favorisés.

    Exemple vécu. Je suis passée cette semaine dans une ville du Nord de la France où nous avions réservé un hôtel dont le nom figurait sur les brochures de l’office du tourisme. Standing moyen, deux étoiles “tout confort”, parking, centre ville….
    Quand nous avons garé notre véhicule dans la cour intérieure nous avons vu 3 “éléments décoratifs de couleur” assis sur des marches discutant tranquillement, pas des employés visiblement ( la réceptionniste était de type FDS). La chambre ne nous a pas convenu (tristounette), le temps d’avertir la réception que nous ne restions pas, quand nous sommes revenus, c’était une dizaine de types qui se trouvaient sur le parking, visiblement installés là au soleil, tranquillement….
    Il y a quelques mois à Paris, nous avons séjourné dans un 3 étoiles dont les piaules avaient été repeintes depuis peu, mais les parties communes ( sols et murs) entièrement maculées de tâches comme si une armée de vandales étaient passée peu avant et avait mis un soin particulier à tout sagouiner.
    Je pense que nous devons débourser énormément pour loger ces gens dans des hôtels normaux, et que tout cela se fait sans que nous en soyons avertis.

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