La BCE se lance dans le Quantitative Easing illimité

Ceux qui trouvent rassurant que la BCE ait décidé de se lancer, à la suite de la Federal Reserve US, dans le Quantitative Easing illimité (comme vient de l’expliquer J.C. Trichet) pour soi-disant tenter d’éviter l’effondrement de la zone euro ont tort.

Parce que, non seulement, cela n’empêchera pas l’incendie des défauts de paiement virtuels ou réels de se propager au Portugal, puis à l’Espagne, à l’Italie et autres dont les niveaux d’endettement sont insupportables, mais encore, parce que les dizaines de milliards d’euros supplémentaires créés ex nihilo pour que la BCE achète toutes les obligations d’État des PIIGS (sans compter leurs dettes bancaires) ne manqueront pas de provoquer une forte chute de l’euro, donc une fuite des capitaux étrangers encore placés dans la monnaie unique européenne.

Sans compter le risque d’inflation monétaire majeure que cette politique monétaire ultra laxiste européenne induira. Ce qui, à un certain moment, conduira l’Allemagne à sortir de l’euro parce qu’elle n’acceptera pas de se retrouver dans une situation du type République de Weimar, du fait de l’irresponsabilité des autres États-membres de l’euro zone comme de la Banque centrale européenne.

La BCE ne peut pas pratiquer la même politique monétaire de QE massif à laquelle vient de se livrer la Federal Reserve US parce que l’euro, contrairement au dollar US, ne jouit pas du statut de monnaie mondiale et qu’il n’est pas supporté par la Chine et autres pays émergents qui sont contraints -en toutes circonstances- de soutenir le dollar US, monnaie dans laquelle ils détiennent près de 70% de leurs réserves de change.

Il n’y a pas d’autre solution pour l’euro zone que d’organiser le défaut ordonné (restructuration) des dettes de ses États-membres comme de laisser ceux qui ne pourront jamais revenir aux critères de Maastricht et autres pactes ou traités européens reconstituer leurs monnaies nationales d’antan pour les dévaluer et ainsi rétablir leur compétitivité, quitte à ce qu’ils conservent l’euro comme monnaie commune et non plus unique (ce qui sauverait les apparences).

Faute de quoi, la zone euro entrera dans une récession économique prolongée avec un chômage de masse et une paupérisation croissante de ses populations, par suite des politiques de rigueur extrême que ses États-membres devront mettre en place pour des années comme contrepartie des financements qu’ils auront reçus des États encore préservés et du FMI (à l’instar de la Grèce, de l’Irlande ou de l’Islande).

Et la décadence européenne entrera dans une spirale sans fin. L’entêtement irresponsable des dirigeants européens à maintenir contre vents et marées une monnaie unique qui ne convient à aucun de leurs pays aurait alors raison de l’Union européenne elle-même qui ne pourra pas subsister si le maintien de ladite monnaie conduit presque tout le continent à la dépression. A l’opposé, en finir avec l’euro de façon ordonnée ne tuerait pas l’UE mais la sauverait.

Forum Monétaire

Commentaires (33)

  1. La situation de l’Espagne est en train de dégénérer.

    Lisez cet article :

    Grève des contrôleurs aériens : l’Espagne envisage l’état d’urgence.

    Les autorités espagnoles ont menacé samedi de décréter l’état d’urgence si les contrôleurs aériens en grève ne reprennent pas le travail.

    «Si la situation ne se normalise pas, le gouvernement déclarera l’état d’urgence», a averti Alfredo Rubalcaba, ministre de l’Intérieur et vice-président du gouvernement, lors d’un conseil des ministres extraordinaire.

    «Les contrôleurs seront réquisitionnés et, s’ils ne reprennent pas le travail, l’affaire sera transmise immédiatement à la justice et ils seront poursuivis pour un crime passible de la prison», a-t-il ajouté.

    Le contrôle de l’espace aérien espagnol est actuellement assuré par l’armée.

    Les aiguilleurs du ciel, dont la grève surprise a affecté 250 000 voyageurs, sont en conflit avec la direction des aéroports AENA pour des questions salariales et de conditions de travail.

    http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Greve-des-controleurs-aeriens.-L-Espagne-envisage-l-etat-d-urgence-_6346-1610954-fils-tous_filDMA.Htm

  2. Précedement appartenir a la Zone Euro ça voulait dire .

    Vous ètes dans une Prison dorée.
    Aujourdhui !
    Vous voici dans un Bagne pourri .

    Et Après ? 2012 La Fin . Ah ! je rigole ….

  3. Quand les intérêts perçus atteignent 6% avec des pics à 9%, ça vaut vraiment le coup de faire marcher la photocopieuse pour prêter à la Grèce et au Portugal, d’autant plus que l’UE se porte caution des emprunts.

    D’ailleurs, la Fed est en train de faire un lobbying intense pour contribuer à ce généreux sauvetage et recevoir sa part du pactole.

    La question qui est débattue actuellement est la proprtion pour répartir le butin entre la FED, Goldman Sachs, la Société Générale, Rotshild, etc..

  4. Je n’ai pas très bien compris ce que disait J.C. Trichet il faut dire que mon niveau d’Anglais est plutot faible.

    M. Trichet que je croyais citoyen français s’exprimait effectivement en Anglais,langue officielle de la Grande-Bretagne qui ne fait pas partie de la zone Euro .

    Mais peut-etre que ce Monsieur se considère comme un citoyen du Monde.

    Je ne compte donc pas sur lui pour défendre les intérets de l’U.E,encore moins ceux de la zone Euro ,et encore ,encore moins ceux de la France .

    Il va bientot etre remplacé par un citoyen Allemand .Vous verrez ce que veux dire pour un Allemand intéret national (ce n’est pas une critique …)

  5. Questions réponses à la conférence de presse de la BCE de Jeudi. Une traduction suit, pour BAC 40 et pour Le Vieux. Soit dit en passant, BAC, je ne trouve pas plus normal que vous que ce monsieur s’exprime en globish, mais c’est ainsi.

    “Question: My second question focuses on Germany. One of a number of recent surveys found that 47% of Germans want their Deutschmark back. How worried are you by this? And why do you think so many Germans are against the euro?

    Trichet: Well, there are German citizens in this room. They can say that the euro has given the 330 million citizens of the euro area, including their compatriots, price stability, with inflation standing at 1.97%. Nobody ever challenges this when I say it. In Germany, the figure is even better. For Germany, inflation has stood at around 1.5% since the inception of the euro, the best result for Germany and indeed the euro area as a whole in 50 years. Frankly, for an institution that was called on by the citizens of Europe to have a primary mandate of delivering price stability, I think this is worth repeating. Let me tell you that I never comment on surveys with questions on going back to this or that currency. Of course, it is, in my opinion, totally, totally out of the question. And I trust that if you were to ask a question which would try to check whether it is a real question or a fancy question, you would probably see that nobody really thinks that it is a real question.”

    La source :
    http://www.ecb.int/press/pressconf/2010/html/is101202.en.html

    En français :
    Question: Ma deuxième question porte sur l’Allemagne. Selon un récent sondage, parmi d’autres, 47% des Allemands souhaitent retourner au Deutschmark. Cela vous préoccupe-t-il ? Et pourquoi, selon vous, y-a-t-il autant d’Allemands contre l’euro ?

    Trichet : Eh bien, il y a dans cette salle des citoyens allemands. Ils peuvent se dire que l’euro a donné à 330 million de citoyens de la zone euros, y compris leurs compatriotes, la stabilité des prix avec un niveau d’inflation inflation qui s’inscrit à 1.97%. Personne ne le conteste jamais lorsque je l’affirme. Le chiffre pour la seule Allemagne est encore meilleur. Pour l’Allemagne, l’inflation s’est maintenue aux alentours de 1.5% depuis l’introduction de l’euro, le meilleur résultat tant pour l’Allemagne que pour la zone euro dans son ensemble depuis 50 ans. Franchement, pour une institution que les citoyens européens avaient chargé de maintenir, avant touts autre chose, la stabilité des prix, je pense que c’est un fait. Laissez-moi vous dire que je ne commente jamais les sondages portant sur le retour à telle ou telle devise. Il va de soi que c’est, à mon sens, totalement hors de question. Et je suis sûr que si vous interrogez autout de vous pour savoir si cette question est sérieuse ou farfelue vous ne trouveriez probablement personne qui la prenne au sérieux.”

    Le commentaire du Taxi :
    Si vous examinez, Boreas, en quoi la réponse correspond à la question, vous serez peut-être surpris de voir qu’il n’y a aucun rapport. Ce n’est pas une erreur de traduction. Trichet a effectivement botté en touche. Ce qui peut se comprendre : l’insolent journaliste lui demandait en somme quand il pensait être mis à pied, ce qui, bien sûr, est toujours “unsettling” (pour employer un mot de cette langue que vénèrent nos eurocrates).

    Plus spécifiquement, lorsque il affirme que personne ne prendrait cette idée du retour au Mark au sérieux, c’est simplement traiter de simplet les lecteurs de Fortune, de Hartgeld et d’autres sites peu alignés sur la pensée unique. C’est aussi traiter de simplet la moitié des Allemands. Mais comme le savent les fidèles lecteurs d’ici, si quelqu’un doit donner un démenti à Trichet… ça risque d’être Schaüble, et ce ne sera pas en anglais. Va falloir qu’il se fasse traduire.

  6. JoeLeTaxi

    Vous me confondez avec cet affreux libéral de BAC 40.

    Je ne saurais trop vous recommander de songer au tort considérable que cela risque de lui faire. :-)

  7. “Sans parler du fait qu’il s’agit, pour la BCE, de dettes à nettement plus court terme.”

    Euh, non, pourquoi ? A priori, ils achètent sur toute la courbe. Du 2 ans, du 5 ans, du 10 ans. En tout cas, je n’ai jamais vu nulle part mentionner qu’ils n’achèteraient que des T-Bills.

  8. “JoeLeTaxi

    Vous me confondez avec cet affreux libéral de BAC 40.”

    Exact. Ma langue a fourché (enfin, mon clavier).

  9. Euh… “c’est du jamais vu” me semble pourtant signifier que jamais auparavant, la BCE n’avait acheté des titres publics à un an et qu’a fortiori, elle n’en achète pas à plus long terme.

  10. Je ne partage pas cette déduction. Le but ici n’est pas d’investir, mais de contrer l’effondrement des titre souverains de certains pays de la zone, et cet effondrement vaut pour les titres de toutes maturité, jusqu’au dix ans.

  11. Oui, mais le programme de refinancement à 3 mois, c’est très différent. Ça correspond à ce qu’on appelait l’appel d’offre, du temps de la Banque de France. Les banques peuvent emprunter à trois mois, pour – crise oblige, c’est là que réside l’assouplissement – la taille qu’elle désirent. Il n’est pas question de vendre des titres d’État ici, ni, pour la BCE, d’en acheter. C’est juste des prêts. Des prêts nantis, ou l’emprunteur dépose quelque chose en gage, mais des prêts.

  12. Eh bien oui.

    “three-month longer-term refinancing operations (LTROs) to be allotted on 26 January, 23 February and 30 March 2011 as fixed rate tender procedures with full allotment. The rates in these three-month operations will be fixed at the average rate of the MROs over the life of the respective LTRO.”

    Ce sont des opérations de prêt, pas des achats de titres.

  13. Bon, OK.

    En tout cas, comme je n’ai jamais lu nulle part que la BCE entendait acheter des titres publics à long terme, je reste, sauf preuve du contraire, sur l’idée qu’elle n’en achète pas.

    D’autant plus qu’il lui est en principe interdit d’en acheter, quelle que soit leur terme, et que ce n’est que depuis le mois de mai qu’elle contrevient à cette règle, pour les raisons exposées dans les articles pour lesquels j’ai donné des liens.

    Rien à voir, en volume, avec la monétisation dans l’anglosphère.

  14. Si vous trouvez un lien ou une source qui confirme explicitement votre croyance, je serais très heureux de le voir.

    Quand à l’interdiction de principe que vous mentionnez, elle existe, mais s’applique au marché primaire. La BCE violerait cette interdiction si elle achetait des titres qui font à ce moment l’objet d’une adjudication par le Trésor qui les émet, et je veux croire qu’elle s’en garde bien, mais ça la laisse toujours libre d’acheter tous les autres. Encore qu’on pourrait argumenter que les achats sur le marché secondaire contournent de facto l’interdiction, en un temps où, de toutes façons, les titres concernés n’ont plus de marché secondaire fonctionnant normalement. Je crois d’ailleurs que c’est une des lignes d’attaque retenues par ces groupes de juristes allemands hostiles à l’euro, qui font procédure sur procédure auprès de la cour constitutionnelle de Karlsruhe et bientôt de la CJCE. Sur le plan économique, ils ont d’ailleurs raison, la BCE viole l’esprit sinon la lettre de la loi. Je présume cependant qu’ils se feront retoquer, la Justice n’étant pas forcément impartiale…

  15. Eh bien, l’article du Monde citant André Fourçans me paraît pourtant clair, mais bon…

    Certes, la BCE n’est pas d’une grande transparence.

    Cela dit, je ne suis pas forcément contre la monétisation de la dette (c’est la méthode qu’appliquait la Banque de France avant 1973).

    Le problème est que la BCE n’est pas prêteur en dernier ressort puisque, comme le rappelait Frédéric Lordon, “Sauver la finance privée, c’est autorisé. Sauver les finances publiques, non”:

    http://fortune.fdesouche.com/18288-la-crise-quand-cest-fini-ca-recommence

    … car la BCE est le jouet de la Commission européenne, c’est-à-dire de tout, sauf des peuples européens :

    http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/05/12/04016-20100512ARTFIG00572-la-commission-europeenne-veut-controler-les-budgets.php

  16. Le commentaire du Taxi :

    Si vous examinez … en quoi la réponse correspond à la question, vous serez peut-être surpris de voir qu’il n’y a aucun rapport. Ce n’est pas une erreur de traduction. ”


    Effectivement, ce dont des monomaniaques, quoiqu’on leur disent il ressassent toujours la même chose depuis le début de la création de la BCE: il est impératif qu’il n’y ait pas d’inflation, nous arrivons à empêcher qu’il y ait de l’inflation, notre but est la stabilité des prix (à la consommation), nous sommes en train de juguler l’inflation, c’est un grand succès, le premier principe de la politique économique est la stabilité de la monnaie, l’Euro ne doit pas dévaluer, ils faut que les prix soient stables, notre objectif est de contenir le plus possible une hausse des prix, les prix n’augmentent pas, nous arrivons à tenir nos objectif, grâce à l’Euro nous arrivons à maintenir la stabilité des prix, sans l’euro, on retournerait à l’Allemagne de Weimar avec une inflation de 600 % par semaine, …

    En réalité, l’euro et la BCE sont un système qui provoque une inflation gigantesque des actifs financiers et immobiliers, ainsi que des dettes. Ce sont uniquement les créanciers en argent, donc les banques qui ont intérêt à ce que la monnaie soit très stable.

    Du côté de l’UE, c’est aussi toujours la même rengaine: grâce à l’Europe il n’y a pas eu de guerre depuis 1945, le but de la construction européenne est la paix, nous faisons l’UE pour empêcher la guerre, la politique de l’UE consiste à conserver la paix entre les pays d’Europe, grâce à la construction européenne il n’y a pas de guerre entre l’Angleterre et l’Italie, ni entre l’Autriche et l’Espagne, c’est une réussite, nous arrivons à maintenir la paix, depuis 60 ans il n’y a pas eu de guerre grâce à l’UE, si nous ne donnons pas plus de pouvoir à la commission de Bruxelles, on risque un retour des guerres.

    En réalité, l’UE est en lui même une machine de guerre: c’est un système qui attaque, envahit, pille, détruit, confisque le pouvoir des peuples et leur dicte ses conditions, fait payer un tribut de plus en plus lourd, impose ses lois et ses intérêts.

    L’euro c’est l’inflation des dettes, et l’UE c’est la guerre totale aux nations et aux peuples d’Europe.

  17. Le libéralisme constitue un obstacle insurmontable à l’établissement d’un gouvernement mondial.

    Il est bien normal que les mondialistes rejettent cette théorie et surtout cette pratique .

  18. @BAC40

    Le libéralisme c’est le Nouvel ordre mondial.

    Ce sont les nations ou les structures ultra-libérales comme les USA et l’UE qui tentent d’imposer ce nouvel ordre mondial évoqué pour la première fois par Bush senior qui était lui-même un ultra-libéral et dont les mondialistes comme Cameron, Sarkozy ou DSK se réclament.

  19. Normal, puisque le libéralisme, en tant qu’utopie ou en tant que technique pseudo-scientifique, comme on voudra, ne fonctionne pas et ne fonctionnera jamais seul.

    Il a besoin d’un volet social pour compenser ses effets destructeurs, c’est la tenaille :

    http://verslarevolution.hautetfort.com/archive/2010/08/22/la-tenaille.html

    La troisième voie, en économie, c’est tout le contraire de cette complicité entre libéralisme oligarchique et socialisme dévoyé :

    http://verslarevolution.hautetfort.com/archive/2010/10/18/que-creve-le-systeme.html

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